La Chronique Agora

 

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 11 Mars 2010
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Bonjour,

Comment créer de toutes pièces une onzième séance de hausse...

Philippe Béchade

▪ Le Nasdaq 100 aligne une onzième progression consécutive, c'est déjà en soi un record. Mais il y a plus fort encore : les technologiques progressent pour la dix-neuvième fois sur une série de 22 séances. Cela commence à tenir du prodige, voire du surnaturel !
 
L'une des conséquences les plus remarquables, c'est le recul de l'indice VIX du stress boursier au contact des 17,5, c'est-à-dire à proximité immédiate du plancher des 16,5 du 10 janvier dernier.

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Enfin un système de trading Forex
VRAIMENT profitable pour l'investisseur individuel !

Alors que la majorité des investisseurs perdent leur temps (et leur argent !) sur les marchés actions... sur le marché des changes se joue un tout autre jeu, avec des règles bien différentes !

Et aujourd'hui, c'est à votre tour de vous joindre à la partie : grâce à un système de trading en devises simple et efficace, vous avez désormais toutes les clés pour engranger des gains de professionnel alors même que les actions s'enfoncent dans le chaos.

Continuez votre lecture pour tout savoir...

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Vous pouvez interroger n'importe quel spécialiste de l'analyse technique. Même si la théorie invite à demeurer acheteur tant que le marché grimpe, 11 séances de hausse d'affilée, cela "n'existe pas". Un tel scénario n'est répertorié nulle part, il ne peut se prédéterminer par aucune méthode connue, ne répond à aucune modélisation algorithmique.
 
Un ratio de sept séances positives pour une seule de timide consolidation, sur un intervalle de quatre semaines, cela ne correspond pas non plus à une psychologie de marché telle que les chartistes l'entendent : ce n'est tout simplement pas le reflet d'un comportement humain.
 
Seules des machines en ont le pouvoir... ou plus précisément des programmes informatiques ayant pour caractéristique d'interdire tout mouvement de consolidation.
 
Leur rôle consiste apparemment à tuer toute amorce de correction technique -- quel que soit le contexte (bonnes ou mauvaises nouvelles) et quelle que soit l'évolution des taux et des parités de change. C'est évident depuis 10 jours puisque les amples fluctuations du couple euro/dollar n'ont eu aucune incidence durable sur les cours boursiers.
 
▪ Les valeurs bancaires avaient entraîné les places européennes à la baisse mardi matin -- elles reculaient en moyenne de 2,2%. Ce sont les mêmes qui se situaient aux avant-postes ce mercredi ; elles fusaient à la hausse, de 2,5% à 3% en moyenne.
 
Le Wall Street Journal croit savoir que la banque britannique Barclays PLC (qui ne se maintient à flot que grâce aux subsides de la Banque centrale d'Angleterre) se préparerait malgré ses difficultés de trésorerie à jeter son dévolu sur une banque de détail américaine. Les cibles les plus couramment citées sont SunTrust, Fifth Third Bancorp ou Comerica Inc.
 
Puisqu'il n'y a aucune actualité, pourquoi ne pas aiguillonner le microcosme financier avec la thématique des OPA ? Et ça marche... Mieux encore : ça court après le papier !
 
Mais attendez un peu... cet article date de mardi après-midi ! C'est donc du réchauffé !
 
Une seule certitude : les suiveurs s'en donnent à coeur joie. Ils ne savent pas pourquoi le marché monte (faites un sondage, ils étaient 90% à ignorer l'existence de l'article du Wall Street Journal publié avant-hier)... mais le franchissement de nouvelles résistances les incite à se ruer aveuglément à l'achat, en priorité sur les titres les plus volatils à la hausse.
 
Et ça monte d'autant plus vite qu'une dix-huitième ou dix-neuvième hausse au bout de 22 séances est de très loin le scénario le plus improbable... donc le plus profitable, un maximum d'observateurs -- nous les premiers -- étant pris à contre-pied.
 
▪ Le CAC 40 montait dans le vide mercredi (avec seulement trois milliards d'euros échangés) mais il monte. Il s'offre un net débordement du palier de résistance des 3 910/3 915 points (ex-zénith du 20 octobre 2009) et rejoint les 3 950 points. Ce dernier seuil marque une petite résistance court terme selon les chartistes ; il correspond au fixing d'ouverture du 4 janvier, première séance de l'année.
 
Ce mouvement perpétuel à la hausse ne repose sur pratiquement rien de concret -- et surtout pas sur de solides volumes... Mais cela n'empêchera pas les chartistes de parier sur une douzième séance de hausse consécutive sur le Nasdaq 100 jeudi, avec l'espoir que Wall Street et le CAC 40 suivent naturellement le mouvement.

▪ Autre illustration de la psychologie très particulière du marché (c'est du second degré... nous vivons une période d'intense manipulation des cours, la psychologie n'est même plus un alibi crédible) : la réaction du NYMEX lors de la publication d'une forte baisse des stocks d'essence (-2,9 millions de barils) la semaine dernière.
 
Cette prodigieuse nouvelle a fait grimper le pétrole de 1,5% en quelques minutes à New York. Il a retracé son zénith annuel des 82,5$ durant quelques secondes avant de rechuter vers 81 $ deux heures plus tard.
 
Mais de quel prodige parlons-nous ? Avec la cessation des intempéries début mars, les automobilistes américains ont recommencé à circuler normalement et sont allés faire le plein dans les centres commerciaux.
 
Même après cela, le niveau des stocks américains reste bien supérieur à la moyenne historique... Cependant, le marché a feint de ne retenir que l'aspect "rebond de la demande" -- ce qui était le phénomène le plus largement prévisible.
 
▪ Il y a manifestement une volonté de faire grimper coûte que coûte toutes les catégories d'actifs, et beaucoup d'acheteurs jouent les faux naïfs. Tenez, par exemple, la hausse de la production industrielle "plus forte que prévue" en France au mois de janvier (+1,6% après -0,2% en décembre) : n'allez pas croire que les usines se sont soudain remises à tourner à plein régime !
 
L'explication, c'est la forte hausse de la consommation d'électricité et de fioul avec la vague de froid du mois de janvier... car les milliers de mégawatts supplémentaires annoncés par EDF, c'est de la production, les millions d'hectolitres de fioul raffinés par Total, le surcroît de gaz distribué par GDF pour alimenter les chaudières des habitations, c'est aussi de la production.
 
Hors énergie, le rebond se limite à 0,9%, partant d'une base de comparaison très favorable puisque le mois de janvier 2009 avait été le pire des quatre dernières décennies. Il n'était donc pas difficile de faire mieux, un résultat contraire aurait même été stupéfiant !
 
Voilà comment un chiffre brut peut traduire fictivement un réchauffement de l'activité économique alors qu'il n'est que le reflet d'un pays qui a grelotté -- et continue de grelotter -- pour cause de descentes d'air polaire dans des volumes tout à fait inhabituels.
 
Et voilà comment les marchés justifient à l'emporte-pièce des hausses qui ne reposent sur aucun motif qui résiste à l'examen... Mais le temps que nous écrivions tout ce qui précède, de gros malins ont eu largement le temps de faire grimper le CAC 40 de 1% !
 
Et le temps que vous découvriez cette chronique, il pourrait en avoir reperdu autant.

 

PS : Que nous réserve la séance d'aujourd'hui ? Comment vous positionner pour en profiter au mieux ? Retrouvez Philippe Béchade au 0899 88 20 36* pour une analyse exclusive des coulisses boursières... et des conseils pour y adapter votre portefeuille.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
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Désépargne et fausse croissance

Bill Bonner

▪ Ce rebond dure depuis si longtemps que les gens pensent qu'il ne s'agit pas du tout d'un rebond, mais d'un nouveau marché haussier. Dans l'ensemble, mondialement, il a fait grimper les actions de 73%... ce qui en fait l'un des plus grands rebonds de tous les temps.

Que faut-il en penser ? Sommes-nous les seuls à penser que c'est tout de même un piège ? Qu'en est-il des problèmes qui ont mené à la crise de 2007-2009 ?

Si l'on n'y réfléchit pas trop, on pourrait penser que tout va bien. Aux Etats-Unis, les actions grimpent. Les profits des entreprises grimpent. Le PIB grimpe. L'immobilier et le chômage semblent stabilisés. Franchement, qu'est-ce qui ne va pas ?

La reprise est une affaire entendue, pour la plupart des gens. Les sauvetages organisés par les autorités ont été un succès retentissant... du moins selon eux. 12 mois se sont écoulés depuis le plus bas des marchés... et la fin du monde n'a pas eu lieu. Tout est redevenu normal, n'est-ce pas ?

Le problème en 2007-2009 était que trop de gens devaient trop d'argent. Et que s'est-il passé pour changer ça ? Le niveau d'endettement net a en fait grimpé aux Etats-Unis depuis 2007 !

Hein ? Comment ça ? Nous sommes en phase de désendettement, non ?

Eh bien... oui... mais uniquement dans le secteur privé. Les autorités continuent d'ajouter de la dette.

Commençons par le privé. Nous voyons que le chômage y est toujours aux environs des 10%. Les hommes adultes d'âge moyen, cependant, ont moins d'emplois que jamais. Selon un des chiffres que nous avons vu, seuls quatre sur cinq travaillent.

Mais voyons ce qui se passe dans l'économie au sens plus large. Est-elle saine ? Se développe-t-elle ? Ou les marchés boursiers ne sont-ils qu'un miroir aux alouettes... un piège baissier pour investisseurs insouciants ?

Le secteur privé américain est en plein désendettement. Non seulement le taux de chômage est élevé, mais la famille moyenne a aussi perdu beaucoup d'argent lorsque le prix de sa maison a baissé. Et dans la mesure où l'âge moyen des ménages américains se situe entre 40 et 50 ans, ils doivent aussi penser à la retraite et aux moyens de la financer.

Les actions ? Même si elles ont bien rebondi, le marché boursier est toujours bien au-dessous de ses sommets historiques... et reste dans le rouge pour les 10 dernières années. Un gain de 73% semble sympathique, mais il faudrait un gain de 100% uniquement pour récupérer les pertes du marché baissier de 2007-2009.

L'immobilier ? Une maison hypothéquée sur quatre est toujours "sous l'eau". Dans certaines zones, ce chiffre monte jusqu'à une sur deux. Et il y a peu de probabilités de voir les propriétaires se retrouver au sec avant longtemps. Les gens espèrent plus prendre leur retraite grâce aux gains faits sur leurs maisons.

Ce qui ne laisse guère de choix au ménage d'âge moyen. Il doit épargner. Rappelez-vous que le boom de 2003-2007 a été causé par la "désépargne". Aujourd'hui, la hausse du taux d'épargne signifie moins de dépenses pendant de très nombreuses années. C'est un changement de direction fondamental et important pour l'économie. Il restreindra la croissance des entreprises, ainsi que la croissance des profits.

Alors est-il possible de se débarrasser de la crise et de retourner à ses affaires habituelles ? Non. Impossible. On peut faire semblant que les choses sont revenues à la normale. Mais on peut aussi perdre son argent.

Parce que les choses ne sont pas normales du tout. Elles sont différentes. La période de 1982 à 2007 était -- en grande partie -- une période de boom, causée par de rapides augmentations de la dette, des prix des actifs et des dépenses de consommation. La période qui s'annonce est -- en grande partie -- une période de krach, où les prix des actifs, la dette privée et les dépenses de consommation chutent.

Tôt ou tard -- et probablement plutôt tôt que tard --, le marché boursier s'en rendra compte. Notre drapeau d'Alerte au Krach -- en lambeaux, tout délavé -- reste hissé.

▪ Nous sommes à Mumbai, en Inde, pour voir l'un de nos "partenaires stratégiques".

Dans le bureau où nous gérons le patrimoine familial, nous plaçons de gros paris sur de longues périodes de temps... travaillant avec des partenaires stratégiques ayant des connaissances approfondies sur des secteurs clés. L'an dernier, nous avons manqué le rebond des actions US. Mais nous avons de la chance, en termes d'amis et de partenaires commerciaux. Deux d'entre eux -- l'un dans le secteur des matières premières... l'autre en Inde -- nous ont aidé à plus que doubler notre investissement.

Au cours des 12 derniers mois, l'indice indien Sensex a grimpé de plus de 108%. Mais nous parions sur l'Inde à très long terme. Durant la récente crise financière, ce pari a semblé mal tourner. Les investisseurs étrangers ont retiré leur argent de l'Inde ainsi que des autres marchés émergents -- même si l'Inde n'était que très peu exposée à la crise bancaire elle-même.

Qu'est-ce qui attend l'Inde ? Une croissance de 7% du PIB cette année... 9% l'an prochain. Le premier chiffre est d'actualité. Le second est une prévision. Mais il y a de bonnes raisons d'être haussier sur l'Inde pour le long terme. Restez à l'écoute...

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Les choses bougent pour l'or : profitez-en !
Dans les circonstances actuelles, l'or représente sans aucun doute LA meilleure solution pour vous protéger contre le chaos qui engloutit les marchés actuellement.

Nous sommes sans doute sur le point de connaître la plus grande hausse du cours de l'or de toute l'histoire des marchés... une hausse qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $... voire au-delà.

Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment vous positionner pour en profiter !

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Grèce, "Club Med", France : vous prêteriez, vous, à ces Etats désargentés ?

Isabelle Mouilleseaux

▪ La tragédie grecque...
... est partout. Vous la lisez, l'entendez, la voyez tout autour de vous... sur vos écrans, à la radio, dans les journaux. Elle est omniprésente, sur toutes les lèvres, dans toutes les têtes, et fait le cauchemar des grands de ce monde.

La Grèce, Dieu soit loué, est un tout petit Etat. Mais malgré sa petite taille, il est capable à lui seul d'engendrer des remous titanesques, capables de faire trembler la planète finance. De quoi faire voler en éclats la Zone euro et sa frêle monnaie.

Je n'ose imaginer le chaos que ce serait si l'Italie ou l'Espagne étaient elles aussi confrontées à une incapacité de se financer et de faire face à leurs engagements. Car c'est bien cela "être en faillite". Et contrairement à ce que l'on peut croire, les choses peuvent basculer très vite.

▪ Car tout n'est suspendu qu'à un fil...
Un fil qui se tend, s'allonge, s'affine de plus en plus et se fragilise... Au bout de ce fil ? La confiance.

Tant qu'elle tient, le château de cartes tiendra, vaille que vaille. Mais au moindre signe de faiblesse, le vent se lèvera, la tempête menacera...

▪ Quand on sait que confiance et spéculation sont fortement liées...
... il y a de quoi avoir froid dans le dos. Les fonds spéculatifs exacerbent les mouvements à des fins d'enrichissement.

Si donc la confiance devait se fissurer, ce sera leur intérêt de transformer cette fissure en faille. Le risque sera alors de ne pas tomber dans la crevasse, parce qu'à ce stade, le plongeon dans le gouffre est assuré.

▪ Tout est imbriqué
Je joue sur les mots, je le sais bien... Ce qu'il faut retenir, c'est que tout est imbriqué. Quand on met en branle un mouvement, les éléments mécaniquement s'enchaînent, les engrenages s'enclenchent, le tout crée une dynamique et une force d'inertie, difficiles à casser.

Mieux vaut donc ne pas trop titiller la confiance. Mais voilà...

▪ Les faits sont implacables...
... et il est bien difficile de les faire mentir. Même si tout le monde essaie de les embellir, de cacher la réalité... les faits sont têtus ; et la réalité finit toujours par ressurgir. Tôt ou tard.

J'ai une question :
Feriez-vous confiance à un Etat qui présente systématiquement tous les ans depuis 30 ans un budget annuel déficitaire ?

Feriez-vous confiance à un Etat qui vit au-dessus de ses moyens depuis 30 ans (les belles Trente Glorieuses que voilà !!) et dont la dette publique atteint quelque 1 500 milliards d'euros, soit 88% du PIB ?

Et encore, je n'y mets pas les quelque 1 000 milliards de pensions à verser aux fonctionnaires qui ne sont pas provisionnés !

Feriez-vous confiance à cet Etat, littéralement "étouffé" par le paiement des intérêts de sa dette ? Et encore, estimons-nous chanceux : les taux d'intérêt sont au plancher ! Attention ! Quand ils vont monter, ça va faire très très mal...

Feriez-vous confiance à cet Etat, écrasé par le poids de sa dette, incapable de financer ses retraites et son système social, et qui, de part ses rigidités et son manque de flexibilité, est incapable de générer un taux de croissance suffisant pour renflouer ses caisses et absorber ses dettes ?

▪ Vous prêteriez, vous, à cet Etat désargenté ?
Je ne parle pas de la Grèce... je parle de Nous. De la France.

Si vous n'êtes pas tout à fait sûr de vouloir faire confiance à cet Etat qui est le vôtre, pensez-vous un seul instant que les fonds spéculatifs lui feront confiance ?

Nous devons notre survie à l'euro. Sans lui, jamais nous ne pourrions jamais nous financer avec des taux d'intérêt aussi bas. Si l'euro implosait, nous serions en situation de faillite.

▪ Pendant ce temps...
... les Islandais refusent en masse de "payer les pots cassés" des banques,
... les Grecs défilent en nombre dans les rues pour s'insurger,
... les Allemands, coeur de l'euro, ne supportent plus le "Club Med".

Et là, on nous sort LA solution du chapeau : le FME... Tout va bien dans le meilleur des mondes !

Vous doutez du FME ? L'or cote 820 euros l'once, toujours à des sommets historiques. Et 1 110 $. Le vent ne s'est pas encore levé...

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