
=============================
La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 10 Mars 2010
=============================
Bonjour,
Les CFD vous coûtent moins cher que d'autres produits dérivés
Mathieu Lebrun
▪ Aujourd'hui, donc, vous allez voir que trader avec des CFD vous revient moins cher qu'un trade avec d'autres types de produits dérivés tels turbos et warrants (produits que j'ai aussi, longtemps et beaucoup traités !).
▪ Qu'est-ce qu'un CFD...
Les CFD, ou Contracts for difference, sont des produits dérivés qui vous permettent de profiter des variations des cours d'un sous-jacent sans avoir à le détenir. Vous traitez sur marge. Qu'est ce que cela signifie ? C'est tout simple.
Vous n'investissez pas la totalité du montant de la transaction, mais vous en immobilisez seulement une partie : la marge. Celle-ci varie en fonction du courtier choisi mais aussi et surtout en fonction de la liquidité et de la volatilité du sous-jacent.
__________________________
Depuis 1999, les small caps réalisent des performances jusqu'à six fois supérieures à celles du CAC 40...
Avec les 5 critères hyper-sélectifs de notre nouveau système de détection de valeurs FOCVS, investissez exclusivement sur les 15% de leaders qui tirent ce marché à la hausse !
Ne manquez pas les prochaines opportunités détectées par FOCVS pour accumuler des gains de 62,4%... 22,1%... 13,3%... 28% : il suffit de continuer votre lecture...
__________________________
Par exemple, cette marge est de 10% pour les actions du CAC 40, soit un effet de levier de 10.
Avec un exemple, ce sera plus clair. Vous avez un compte-titres classique. Vous ne souhaitez (ou ne pouvez) investir que 1 000 euros sur le titre Air France-KLM ; vous pensez qu'il va monter de 5%. Admettons, pour l'exemple, qu'Air France-KLM cote 10 euros : vous ne pourrez acheter que 100 actions. Dans ce cas, si vous avez raison vous ne gagnerez que 50 euros.
Avec les CFD, si vous avez 1 000 euros à investir, ce n'est pas 100 actions mais 1 000 CFD que vous pouvez acheter. Votre exposition sera alors de 10 000 euros, pour un investissement de 1 000 euros. Et si le cours d'Air France-KLM progresse de 5%, vous gagnez 5% de 10 000 euros soit cette fois, 500 euros. Cela représente 50% de votre investissement de départ.
Bien. Le décor est planté. Rentrons maintenant dans le vif du sujet.
▪ Mesure du coût réel d'une prise de position
Vous investissez sur les marchés pour une seule et unique raison : gagner de l'argent. Pour aborder la question de l'investissement, la notion de point mort est un élément crucial à déterminer. Il s'agit en effet du niveau à partir duquel vous ne perdez plus d'argent, une fois pris en compte les spreads de cotation et commissions de transactions inhérentes à toute prise de position.
Quoi de mieux qu'une comparaison entre une position prise sur une valeur française, d'un côté en warrants, et de l'autre en CFD pour nous faire une petite idée de la situation.
▪ Prenons le cas d'un warrant call sur Accor pour lequel la fourchette bid-ask est de 0,49 euro/0,50 euro. Cette fourchette signifie que vous pouvez acheter ce warrant au cours de 0,50 euro et le revendre instantanément à 0,49 euro. Cela vous coûte donc 1 centime, soit un écart de fourchette de 2% (0,01 euro/0,50 euro). Et, je ne vous parle pas des cas censés être, en théorie, exceptionnels mais qui sont malheureusement très fréquents dans la pratique. Je pense ici aux cotations où l'écart bid-ask ne se limite pas à 1 centime (il y a souvent des spreads de 2 ou 3 centimes chez certains émetteurs) ou encore aux écartements de spreads intempestifs qui peuvent conduire à des exécutions très éloignées du prix théorique dès que la volatilité pointe le bout de son nez.
De manière générale, disons que le coût inhérent à une prise de position sur un produit dérivé de type warrant tourne autour des 1,5% pour un produit assez réactif.
En d'autres termes cela veut dire que cela vous coûte instantanément environ 1,5% de votre capital investi -- élément que l'on a d'ailleurs trop souvent tendance à oublier.
A ces 1,5% viennent s'ajouter les frais de transactions pris par votre courtier. En ce qui me concerne, mon expérience personnelle m'a conduit à constater que, pour une position de 500 euros, les frais de courtiers tournent en général autour de 10 euros sur les warrants. Dans ces conditions, faisons alors le point sur ce que cela coûte un aller-retour sur un warrant :
=> Avec mes 500 euros, je peux acheter un lot de 1 000 warrants (500 euros/0,50 euro). Dès lors, le coût de ma position peut se calculer ainsi : 1 000 (quantité) x 0,01 (spread "perdu") + 2 x 10 euros (commissions des ordres aller et retour) = 40 euros. Le coût de la prise de position sur ce warrant sur Accor est au final de 30 euros, soit 6% de la somme investie.
▪ Comparons maintenant à ce que cela me coûte dans l'hypothèse d'une prise de position CFD sur Accor, toujours (avec un levier très légèrement inférieur ici). La fourchette bid-ask sur le CFD Accor chez Saxo Banque, par exemple, est en ce moment de 38,44 euros/38,46 euros (la même que celle de l'action elle-même d'ailleurs). Je peux donc acheter à 38,46 euros et revendre instantanément à 38,44 euros.
Cela veut dire que cela vous coûte instantanément environ 0,05% de votre capital investi. Aussi, en investissant toujours la même somme de 500 euros (soit 130 CFD achetés en levier 10), je perds instantanément 130 x 0,02 euro = 2,60 euros. Chez Saxo Banque, les frais de transaction pour une position prise sur une valeur française étant de 5 euros au minimum, toujours dans l'hypothèse d'un aller-retour instantané, cela me coûte au total : 2 x 5 euros (ordres aller et retour) + 2,6 euros (spread "perdu") = 12,60 euros.
Dans ce cas, c'est seulement 12,6 euros de frais laissés au broker, soit 2,5% de ma somme investie.
La conclusion est ici sans appel : la position en CFD est tout simplement moins onéreuse.
[NDLR : Mathieu Lebrun ne se contente pas de parler des CFD... il les trade aussi -- et ça pourrait vous rapporter des gains rapides et plutôt considérables : restez à l'écoute !]
__________________________
Les choses bougent pour l'or : profitez-en !
Dans les circonstances actuelles, l'or représente sans aucun doute LA meilleure solution pour vous protéger contre le chaos qui engloutit les marchés actuellement.
Nous sommes sans doute sur le point de connaître la plus grande hausse du cours de l'or de toute l'histoire des marchés... une hausse qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $... voire au-delà.
Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment vous positionner pour en profiter !
__________________________
Une crise étonnamment normale
▪ Si vous ne lisez pas les journaux, vous risquez de manquer quelque chose. Et bien entendu, si vous les lisez, vous risquez d'attraper quelque chose.
Il ne s'est rien passé qui mérite d'être commenté hier sur les marchés... nous allons donc nous concentrer sur quelque chose qui ne vaut pas la peine d'être commenté... une chose si basse que nous devons creuser pour la trouver... une chose qui vaut si peu que nous avons du mal à imaginer que nous en parlons... une chose qu'on trouve dans les journaux...
Nous parlons bien entendu de politique.
La température grimpe, dans l'orgie politique. On a fait circuler la drogue. Désormais, on commence à se déshabiller...
"La France garde le cap au milieu des bouleversements économiques", titre un article dans l'International Herald Tribune. Garder le cap ? Forcément. Elle continue de subventionner, renflouer, protéger, cajoler et mettre le nez dans toutes les affaires de son économie -- exactement comme elle le faisait avant que la crise ne débute. Si elle ne l'avait pas fait, continue l'article, la France n'aurait peut-être pas été la première grande économie à se sortir de la récession mondiale.
D'un autre côté, les Français ne se sont jamais beaucoup endettés... donc peut-être qu'ils n'étaient pas si exposés que ça à la crise de dette mondiale.
Bref. Les journaux ne savent pas quel est le problème, mais ils sont convaincus que l'interférence gouvernementale est la solution.
Dans le Financial Times, Clive Crook halète lui aussi. Il est d'avis que "le ralentissement exigeait des mesures de relance importantes", et que les efforts de relances américains ont freiné une récession pire encore. Il explique ensuite que les relances des autorités US n'ont en fait rien stimulé ; elles n'ont fait que compenser le déclin des dépenses au niveau des Etats individuels. Les revenus fiscaux locaux ont chuté, les Etats américains ont donc moins dépensé. Les revenus ont décliné de 87 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois, leur plus grande chute jamais enregistrée. Les autorités fédérales compensent en dépensant beaucoup.
▪ Dans le même temps, le New York Times nous dit que toute cette récession est derrière nous. L'économie est "étonnamment normale", dit le journal.
Il manque 11 millions d'emplois pour que l'économie US revienne au plein emploi. Pas franchement normal. Mais le mois de février a vu une hausse inattendue du crédit à la consommation, rapporte le Times. Et le chômage semble avoir atteint son plus bas, ajoute le Wall Street Journal.
Etonnamment normal ?
Eh bien, il y a une grande différence entre quelque chose qui semble étonnamment, confortablement normal... et quelque chose qui fonctionne vraiment normalement.
Alors quoi ?
Le New York Times a raison ; c'est une économie qui semble étonnamment normale...
Les zombies aussi peuvent avoir l'air étonnamment normal. Pour peu qu'on les lave un peu.
__________________________
L'étrange non "non-anniversaire" du Chapelier Fou...
▪ Il ne s'est pour ainsi dire rien passé sur le Vieux Continent (+0,03% pour l'Eurotop 100, +0,05% sur l'Euro-Stoxx 50) mardi soir ; la surprise est venue des Etats-Unis.
Le Nasdaq 100 alignait en effet une dixième séance de gain consécutive -- eh oui, un 10 sur 10 à la hausse et +7% en ligne droite, excusez du peu ! Tout cela avec un écart complètement inattendu de +1% à 1 911 points au bout de trois heures et demie de cotations, alors qu'un repli de 0,3% était anticipé en pré-ouverture sur la base des mêmes éléments d'actualité.
Le Nasdaq Composite engrangeait également 0,85% à la mi-séance alors que rien dans les nouvelles macro- ou micro-économiques du jour ne justifiait cette euphorie apparente... si ce n'est que les investisseurs célébraient ce mardi le premier anniversaire du rebond amorcé le lundi 9 mars 2009.
Avec ce coup de pouce indiciel qui semble sortir tout droit d'un haut-de-forme confectionné par le Chapelier Fou d'Alice au Pays des Merveilles, l'indice électronique affiche une progression de 85% en 52 semaines. Ce record n'est sans doute pas près d'être battu -- et il apparaît surréaliste compte tenu de la lenteur de l'amélioration de la conjoncture et du niveau de progression des profits ces 12 derniers mois... mais aussi au cours des 12 prochains !
Les valeurs technologiques reviennent ainsi à seulement 15% de leurs sommets de fin octobre 2007, soit 2 240 points le 31/10/2007. C'est comme si la croissance occidentale avait simplement connu un petit passage à vide en 2008 et s'apprêtait à retrouver un rythme de croisière équivalent à ce qu'il était avant l'éclatement de la bulle du crédit.
Sur le même intervalle de mars 2003 à mars 2004, sur des bases de rebond économique autrement plus concrètes et spectaculaires de part et d'autre de l'Atlantique, le Nasdaq 100 n'avait repris que 60%... après avoir vu sa valeur divisée par plus de cinq en trois ans.
▪ Un tel comportement boursier ne saurait s'expliquer par des motifs rationnels, même si les stratèges essaient de nous faire croire que l'argent gratuit peut tout justifier. Rempliriez-vous votre frigo de dizaines de kilos de cabillaud à la fraîcheur douteuse au seul prétexte qu'il n'y a qu'à se servir puisque le poissonnier vient d'abandonner son stock d'invendus en plein soleil ?
En étant peu scrupuleux, il y a peut-être une bonne affaire à réaliser en ramassant le tout, en le couvrant de glace pilée (pour masquer les odeurs) et en allant le vendre à la sauvette sur le bord d'une nationale dans une région où personne ne vous connaît. En corrompant un inspecteur sanitaire, vous pourriez même apposer un certificat de fraîcheur daté de la veille !
La parabole vous paraît de mauvais goût ? Mais qu'est-ce que certains banquiers ont fait de si différent ces dernières années ? Ils ont placé auprès d'autres investisseurs institutionnels des stocks de dérivés de crédit avariés bénéficiant d'une notation "triple A" complètement usurpée, la complaisance des agences de rating flirtant avec la complicité active.
Et qu'est-ce que les analystes de grandes firmes de Wall Street font de si différent en ce moment ? Ils doublent d'un mois sur l'autre les objectifs de cours de sociétés cotées dont ils savent pertinemment qu'elles vont procéder à une augmentation de capital dans les six mois qui viennent (du fait de l'augmentation des sinistres et autres mésaventures auxquelles elles vont être confrontées).
En ce qui concerne la dernière série de hausses -- et le fameux 10 sur 10 du Nasdaq 100 --, le message est clair : nous, les firmes les plus puissantes de Wall Street ou de la City, prenons la main quand bon nous semble, nous tirons -- ou faisons chuter -- les cours comme nous le désirons. Si vous êtes majoritairement acheteurs, nous vendons. Si vous couvrez vos positions, nous rachetons... même si cela n'a aucun sens par rapport à la conjoncture ou à l'actualité (plus les chiffres sont mauvais, plus l'immobilier s'enfonce dans la crise, plus il y a de chômage, plus la Bourse monte... puisque les taux vont demeurer bas !).
L'essentiel est que vous ne compreniez rien au fonctionnement du marché et que vous passiez votre temps à courir après les cours. L'alternative "raisonnable" consiste à suivre aveuglément la tendance, sans jamais au grand jamais émettre le moindre jugement de valeur sur l'évolution des actifs que vous possédez ou l'orientation des indices, fut-elle totalement absurde.
Et en un jour comme ce mardi 9 mars, comme il n'y a strictement aucune nouveauté à se mettre sous la dent (pas de statistiques, pas de trimestriels, pas d'intervention de la Fed) et que les indices avaient plafonné la veille, voilà que survient un mouvement que personne n'avait vu venir. Tous les suiveurs s'empressent de l'exploiter : payer d'abord, comprendre pourquoi ensuite... mais cela n'en vaut guère la peine, c'est le plus souvent une perte de temps ! En tout cas, cela engendre une rafale d'achats stop qui ne sont reliés à aucun fait concret. Nous ne savons pas qui a libéré le nuage d'azote à Wall Street ce mardi 9 mars mais les effets euphorisants en ont été spectaculaires.
▪ En Europe, la composition de l'air était demeurée standard -- et l'actualité parfaitement insipide -- durant toute la séance. Les actions ont donc clôturé sur une note faiblement positive à travers toute l'Europe, une manière plutôt discrète de célébrer le premier anniversaire du plus spectaculaire rebond boursier de l'histoire.
Le fléchissement de l'euro (-0,3% à 1,3575 $) aurait pu peser sur la tendance -- ce qui avait semblé être le cas à la mi-journée lorsque Paris reculait de 0,5%, jusque vers 3 876 points. Il ne semble pas, cependant, qu'il y ait eu de réel lien de cause à effet : c'est Wall Street qui a permis d'effacer la consolidation initiale, sans rebond des volumes puisqu'il ne s'est échangé que trois milliards d'euros sur le CAC 40 (après un bien médiocre 2,5 milliards la veille).
Ce qu'une séance avait fait, la suivante l'a défait. Avec un repli de 0,18% suivi d'un rebond de 0,17%, Paris se retrouve à la case départ au bout de 48 heures.
Le rebond du pétrole sur le palier des 80 $ (après une chute de 2% à la mi-journée) a été interprété comme un signe positif. Le baril s'affichait mardi soir au-dessus des 81,5 $ sur le contrat avril... Pourtant, très curieusement, les valeurs pétrolières et parapétrolières restaient parfaitement stables et insensibles à cette série de fluctuations.
Il se pourrait que la hausse des deux premiers tiers de la séance à Wall Street ait un rapport avec des anticipations positives concernant le moral des ménages américains. Toutefois, il semblerait plutôt que certains gros investisseurs aient procédé à une sorte d'habillage des bilans en arrachant à la hausse certains des titres qui ont le plus progressé depuis un an.
Cela a été particulièrement évident sur AIG (+12,6%, au lendemain de l'annonce de la cession de sa filiale d'assurance-vie Alico à son concurrent Met-Life).
Un gros ramassage s'est également opéré sur Fannie Mae (+7,5% à 1,08 $ en "after hour"), Freddie Mac (+7,5% au final à 1,28 $, après un gain de 18% en séance) et enfin Citigroup (+8% à 3,85 $).
Mais la manoeuvre a peut-être été jugée trop visible par quelques initiés. Les indices historiques américains sont retombés en territoire négatif à une demi-heure de la clôture.
Au final, le Dow Jones grappille symboliquement 0,11% à 10 564,5 points ; il avait débordé les 10 600 points à la mi-journée. Le S&P 500 grignote 0,17% à 1 140 points, après avoir culminé vers 1 146 points et retracé à 0,4% près son zénith annuel de la mi-janvier. Si le Nasdaq 100 alignait une onzième séance de hausse consécutive ce mercredi, ce serait une sorte de record... mais sur quel potentiel de hausse miser pour justifier une nouvelle prise de risque ?
Nous rappelons que la correction de la mi-janvier a débuté à Wall Street alors que le VIX (indice du stress) venait de tester un plancher de 18 mois à 16,5 points, avec des opérateurs unanimement haussiers. Le plus bas du jour a été inscrit ce mardi à 17,5 points : gare à une prise à contre-pied du consensus qui parie désormais sur une réédition du scénario économique et boursier 2004/2005 -- comme s'il ne voyait aucune différence par rapport à 2003/2004.
PS : Si vous voulez savoir ce qui fait bouger les marchés aujourd'hui -- et surtout comment en profiter --, c'est très simple : composez le 0899 88 20 36* !
*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.
Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.
__________________________
Fraude systématique et prêts en difficulté
▪ La meilleure raison de se positionner sur les actions en ce moment, ce sont les opportunités de multiplier votre investissement par cinq ou 10. Ce sont les Cygnes Noirs positifs de Taleb, ces événements de grande ampleur et de faible probabilité qui sont bons pour votre portefeuille. Il vaut mieux posséder un portefeuille de technologies d'avant-garde ou des gisements potentiels de minerais liés à la hausse des cours des matières premières que des grandes valeurs. Pourquoi ?
Le marché boursier en tant que méthode pour générer de l'argent à long terme et de façon sûre est devenu lettre morte. Les choses ne se passeront plus jamais comme ça. Les actions ont grimpé de près de 70% depuis leurs planchers du 9 mars de l'année dernière. Le rebond reflationniste engendré par l'expansion monétaire et budgétaire l'année dernière dissimule d'énormes faiblesses structurelles dans l'économie mondiale.
Mais surtout, la Bourse risque désormais une chute colossale similaire à celle de 2007, au moment de l'histoire de Bear Stearns. Depuis, le périmètre des marchés mondiaux a été progressivement envahi par les forces de la destruction de richesse. Les investisseurs se réfugient dans un cercle de plus en plus petit d'institutions et de devises "saines" -- ce qui ne fait qu'augmenter les risques de dépréciations d'actifs supplémentaires.
Le coeur du problème, c'est que la maladie mondiale causée par trop de dette a été soignée par d'autres dettes, ce qui n'est pas du tout la solution. La France et l'Allemagne pourraient renflouer la Grèce. Mais qui va renflouer l'Europe ? Et qui va renflouer les Etats-Unis quand la dette publique pourrait atteindre les 716% du PIB des Etats-Unis dans le scénario alternatif de Bureau du Congrès US chargé du budget ?
Bien évidemment, si vous pensez vraiment que les actions sont bon marché en ce moment, le mieux à faire serait de les acheter et de les conserver. Ca a déjà fonctionné. Mais nous nous demandons, étant donné les forces démographiques du monde occidental, s'il ne va pas simplement y avoir plus de vendeurs que d'acheteurs dans les années à venir, quand les baby-boomers liquideront leurs positions.
C'est vrai, nous demandons là un changement radical par rapport à la sagesse conventionnelle qui a prévalu pendant les trois dernières décennies. Mais ces deux dernières années ne vous ont-elles pas montré que le monde est vraiment différent aujourd'hui, et que ce qui a fonctionné pour vous dans les marchés d'investissement pourrait ne plus fonctionner ?
▪ Ou si vous préférez que nous le disions en termes plus concrets, voyez ce que Karl Denninger a dit au sujet de la fraude systématique des bilans aux Etats-Unis. Denninger montre que la suspension des règles interbancaires pour les banques américaines n'a pas -- et quelle surprise ! -- entraîné une amélioration de la qualité des actifs.
Mais ce n'est qu'au moment de la liquidation, quand les banques sont reprises par la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), que les banques admettent qu'elles ont des portefeuilles de prêt à des valorisations plus élevées que les prix du marché pourraient le laisser croire. Elles ne réalisent leurs pertes que lorsqu'elles sont techniquement insolvables sur leurs valeurs d'actifs fictifs. Vous vous demandez combien de banques font la même chose.
Denninger déclare, d'après les dépréciations d'actifs sur les entreprises saisies par la FDIC, que les pertes totales sur les prêts bancaires pourraient représenter entre 1 500 et 3 000 milliards de dollars. Imaginez l'impact que cela pourrait avoir sur les marchés du crédit. Et si la Fed essayait de le dissimuler, imaginez ce que cela pourrait faire (et ce que cela va faire) au dollar. Et maintenant, imaginez pouvoir acheter de l'or à 1 124 $ l'once.
Bien évidemment, l'hypothèse sous-jacente à une reprise, c'est que le nantissement de la banque retrouverait sa valeur quand le marché de l'immobilier se remettrait. Et cela pourrait arriver, au fil du temps, grâce à des taux d'intérêts bas et une mémoire courte.
Mais au moins aux Etats-Unis, ce n'est pas près de se produire. On pourrait plutôt s'attendre à une seconde baisse, tout aussi destructive. C'est pourquoi les banques continuent à détenir d'importantes réserves à la Fed. Elles savent qu'elles vont en avoir besoin.
La croyance sous-jacente à tout ça, c'est que le boom du crédit s'est déjà dégonflé et que les actifs ne vont pas tomber plus bas. Cette fiction continue de régner aux Etats-Unis -- il suffit de voir les tentatives ratées et désastreuses de modifier les prêts hypothécaires en appliquant des termes plus longs et des taux d'intérêt plus bas. Mais le problème principal -- le fait que la maison ne vaut tout simplement plus autant -- reste totalement ignoré.
Voilà un an que le rebond dure. Les grands falsificateurs du monde ont gonflé les prix -- sûrement pour que les initiés puissent vendre à moindre perte, ou, dans le cas des banques d'investissement, à profit. Mais l'économie réelle est encore écrasée de dettes.
__________________________
(©) Les Publications Agora France, 2002-2010
-----------------------------------------------------------------------------------
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
__________________________
La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora.
Vous souhaitez recevoir la Chronique Agora quotidiennement ?
c'est par ici...
Une question, une remarque ? Il suffit de nous écrire à
la-redaction@publications-agora.fr