La Chronique Agora

 

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 09 Mars 2010
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Bonjour,

VIX : tout va bien sur les marchés... pour le moment

Sébastien Duhamel

▪ J'aimerais faire un point aujourd'hui avec vous sur l'indice de volatilité du S&P 500, le fameux VIX (Volatility Index), indice du CBOE (Chicago Board Options Exchange). Il est essentiel de jeter un coup d'oeil régulièrement sur cet indice lorsque l'on traite les marchés et en particulier en ce qui concerne les produits dérivés.

▪ Un indicateur d'humeur
Le VIX est surnommé parfois "indice de la peur". Il mesure l'état de nervosité des marchés financiers. Calculé par le CBOE, il se base sur le prix des options -- notamment les call et les put -- du S&P 500.

Un VIX élevé est le reflet de marchés anxieux. A l'inverse, un VIX bas traduit une certaine décontraction voire de l'optimisme de la part des marchés. Bien évidemment il existe des nuances et des exceptions mais ça n'est pas notre sujet aujourd'hui.

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LA DEUXIEME GRANDE DEPRESSION
Une catastrophe économique est en train de se dérouler : elle va réduire à néant l'épargne de millions de Français...

... alors que d'autres doubleront leur patrimoine dans le même temps.

Nos spécialistes avaient vu venir la catastrophe des subprime... la hausse spectaculaire de l'or... l'effondrement du système bancaire et financier. A présent, ils vous révèlent comment sortir gagnant d'une crise telle que nous n'en avions pas connue depuis les années 20 : continuez votre lecture pour tout savoir...

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Chaque pic sur le VIX se traduit par un point bas sur les marchés. Les opérateurs sont particulièrement nerveux en période de baisse, jusqu'à atteindre un paroxysme de panique, où les marchés deviennent complètement déconnectés de la réalité.

▪ Un révélateur de tendance
Le VIX me semble particulièrement intéressant à suivre dans un marché baissier. Il m'a permis, l'an dernier, de vous indiquer, parmi d'autres éléments, que nous étions au début d'un rebond significatif sur les marchés.

Aujourd'hui, dans une tendance toujours haussière à moyen terme, l'idée est donc de regarder si l'indice nous confirme un quelconque signe d'essoufflement ou non sur les marchés.

Graphique du VIX

▪ Retour sur 2008/2009
Comme vous le savez, le VIX a fait un plus haut en octobre 2008, alors que le Nasdaq ou le Nikkei faisaient leurs points bas, montrant le paroxysme de la nervosité des marchés. Et ce, même si le S&P comme le CAC 40 ont ensuite eu besoin de faire un point bas en mars 2009.

Ceci montre aussi que l'indice du VIX doit être utilisé selon moi pour les grandes tendances sur plusieurs mois, et surtout sur plusieurs années, dans des situations exceptionnelles comme nous en avons connues en 2008/2009.

▪ Et depuis, où en est-il ?
Mais revenons à l'évolution du VIX depuis. Il s'inscrit clairement dans un canal baissier résistance proche des 25. Il avait tenté de s'extirper de celui-ci début février, mais, après avoir quasiment atteint la résistance horizontale des 29,57, il n'est finalement pas parvenu à clôturer au-dessus de ce canal. C'était donc une fausse cassure, signe que la nervosité allait ensuite diminuer et les marchés rebondir. C'est un des éléments qui me rendaient haussier à court terme sur le point bas de février.

▪ Une baisse de tension manifeste
Aujourd'hui, le VIX a violemment repris sa tendance baissière à l'intérieur de son canal, et il n'est plus qu'à quelques encablures de ses points bas de janvier, alors que le S&P 500 n'est pas loin de ses plus hauts de janvier.

Les indicateurs mathématiques, en particulier le RSI à 14 jours, confirment que la tendance reste nettement baissière sur le VIX, restant sous la zone de neutralité des 50, et également sous sa ligne de signal.

En ligne de mire, un nouveau test des plus bas de janvier, voire une accélération baissière vers le support des 15,82, correspondant aux plus bas de 2008 et 2007, est donc à envisager dans les prochaines semaines sur le VIX. C'est un niveau de support très important.

▪ Le rebond sera-t-il au rendez-vous ?
Une lecture "contrarienne" du VIX, peut nous permettre d'envisager un test des plus hauts du S&P 500 à 1 150 points, voire éventuellement faire un nouveau plus haut, la résistance majeure des 1 200 points. Nous n'en sommes plus très loin. Le test de cette zone coïnciderait avec un test du support majeur sur le VIX, et pourrait donc donner lieu à un regain de tension sur les marchés.

Mais pour l'heure, rien n'indique sur le VIX un point haut sur le S&P 500. Nous pouvons donc être optimistes, encore pour quelques jours ou quelques semaines...
[NDLR : Le VIX fait partie des indicateurs que Sébastien Duhamel surveille au quotidien... pour ensuite aider ses lecteurs à engranger des gains de l'ordre de 60,75%, 77,43% et même 109,38% : ne manquez pas ses prochains conseils !]

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L'inflation... et ses contre-indications

Bill Bonner

▪ Puisque les autorités américaines ne peuvent pas sortir de la dette par la croissance... elles devront passer par l'inflation.

Le problème, toutefois... c'est que les banques centrales n'ont pas un contrôle très au point sur l'inflation. Elles peuvent contrôler la quantité d'argent figurant dans la base monétaire de la Fed. Mais elles ne contrôlent pas vraiment ce qui se produit ensuite. Pendant longtemps, les prix ne réagissent pas nécessairement... parce que, durant une dépression, la vélocité de la devise ralentit jusqu'à se traîner littéralement.

Les banques ne prêtent pas ; l'argent ne circule pas... et il ne vient pas nourrir les prix à la consommation. Puis les gens réalisent soudain que leurs dollars perdent de la valeur... et ils sont tout à coup très pressés de s'en débarrasser. La vélocité augmente -- rapidement. C'est comme si on avait mis l'argent liquide dans un accélérateur de particules. Au lieu d'inflation à 6%, l'IPC passe à 12%... ou 100%.

▪ L'autre problème se trouve sur le marché obligataire. Les Etats-Unis vont devoir emprunter 1 600 milliards de dollars supplémentaires cette année. Ils devront ensuite continuer à emprunter plus de 1 000 milliards annuels pendant des années. Il n'y a pas de surplus -- jamais -- dans quelque prévision budgétaire plausible que ce soit.

Que feront les investisseurs obligataires de tout ça ? Que se passera-t-il s'ils voient l'inflation augmenter ? Et s'ils ne veulent plus prêter ? Et si les rendements du bon du Trésor US à 10 ans (qui grimpent lorsque les prix obligataires baissent) passent à 5%, voire plus de 15%, comme ils l'ont fait au début des années 80 ?

Alors, au lieu d'une dépression déflationniste, on verra une dépression inflationniste. Comment se déroulera-t-elle ? C'est au-delà du champ d'investigation de notre Chronique du jour. En plus nous n'en savons rien. Mais une chose est presque certaine -- l'or grimpera.

L'or, c'est ce que les gens achètent lorsqu'ils craignent un effondrement du système monétaire. A mesure que le jour du jugement se rapproche, l'or verra son statut changer : de moyen de stocker de la richesse, il passera à celui de couverture contre l'inflation et/ou une crise monétaire... puis à celui de position spéculative.

On trouve actuellement aux Etats-Unis des publicités pour des entreprises offrant de racheter votre or contre des dollars papier. Le public n'a toujours pas la moindre idée de ce qui se passe ; si les gens savaient ce qui nous guette, ils voudraient garder jusqu'à la dernière pièce d'or qu'ils possèdent.

On pourrait voir à l'avenir des publicités avec un message parfaitement opposé. Les entreprises voudront vous vendre de l'or -- à des prix bien plus élevés qu'aujourd'hui. Les chauffeurs de taxi vous donneront des tuyaux sur la meilleure minière junior du moment... et votre coiffeur vous dira en confidence quelle pièce d'or est sa préférée.

Lorsque cela se produira, nous devrons nous rappeler de vendre. Mais c'est encore loin...
[NDLR : C'est encore loin... et vous avez encore le temps de vous positionner pour profiter de la hausse  -- n'attendez pas pour agir !]

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Depuis 1999, les small caps réalisent des performances jusqu'à six fois supérieures à celles du CAC 40...
Avec les 5 critères hyper-sélectifs de notre nouveau système de détection de valeurs FOCVS, investissez exclusivement sur les 15% de leaders qui tirent ce marché à la hausse !

Ne manquez pas les prochaines opportunités détectées par FOCVS  pour accumuler des gains de 62,4%... 22,1%... 13,3%... 28% : il suffit de continuer votre lecture...

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Souvenirs, souvenirs... et mémoire sélective !

Philippe Béchade

▪ Souvenirs, souvenirs... C'était il y a un an jour pour jour. Le CAC 40 venait d'inscrire son plus bas depuis la mi-mars 2003, à 2 456 points en milieu de séance -- avant d'en terminer juste au-dessus des 2 500 points.

Voici ce que nous écrivions le lundi 9 mars 2009, sans imaginer que le marché parisien s'apprêtait à enregistrer le plus spectaculaire rebond de son histoire :

"Le CAC 40, qui cédait 1,5% à la veille du week-end, effectue le retracement des niveaux planchers de la période du 11 au 13 mars 2003 et de la zone des 2 554 points. Le score hebdomadaire du SBF 120 (plus représentatif de la tendance) s'avérait négatif de 6,5%".

"L'essentiel de cette chute s'expliquait par un nouvel effondrement collectif des valeurs financières. Aux Etats-Unis, ce sont pas moins de 651 000 emplois qui ont été détruits en février après 655 000 (révisé de 598 000) en janvier et après un mois de décembre catastrophique (-681 000 au lieu de -577 000). Le taux de chômage repasse de 7,6% à 8,1%".

"La barre des 10% de sans-emploi devrait être franchie avant l'été aux Etats-Unis. Le taux de chômage réel est quant à lui de 15% ; il existe en moyenne quatre demandes pour un poste à pourvoir -- et encore, ce n'est que par le truchement d'une pyramide des âges plus favorable aux entrants sur le marché du travail".

"Paris pulvérise au passage tous ses records de séquence de repli avec 16 séances de baisses sur une série de 19 et seulement 10 journées de hausse sur les 44 dernières, soit un ratio inférieur à 4 contre 1".

"Le cumul des pertes avait atteint 21% entre le 1er janvier et le 17 mars 2008 -- c'était sans précédent depuis 2003. Le score 2009 dépasse désormais les -21,5% compte tenu d'un nouveau plancher annuel inscrit à 2 521 points vendredi".

"Ne cherchez pas, il n'y a aucun précédent depuis 70 ans -- et comme un bulldozer fou qui tombe en panne, ce ne sera certainement pas à proximité d'un point de ravitaillement indiqué sur la carte (...), en d'autres termes, ça peut rebondir n'importe quand".
 
▪ Un an plus tard, nous voyons le CAC 40 flirter avec les 4 000 points (à 2% près hier matin). Il a repris 60%, le S&P 70% et le Nasdaq -- au plus haut de l'année 2010 à 2 333 points -- a quant à lui regagné très exactement 80% depuis un plancher de 1 265 points.
 
Très franchement, lorsque nous dressons le portrait des économies occidentales 12 mois après qu'elles ont entamé leur convalescence, nous ne constatons rien de comparable avec le redressement amorcé en mars 2003. Ce dernier se caractérisait par un rebond de l'immobilier, de la consommation, de l'investissement et de l'emploi... et une envolée, jugée phénoménale à l'époque, de 50% pour Wall Street.
 
L'économie américaine navigue encore largement sous la ligne de flottaison dans tous les compartiments clés un an après la culmination de la crise. La hausse de 5,9% du PIB américain n'est que le fruit de la fiction statistique et de l'injection massive et sans réelle cohérence de centaines de milliards de dollars dans le système bancaire.
 
La mauvaise dette du privé (banques et assureurs) a été transférée vers le secteur public -- c'est-à-dire le contribuable. Le mot d'ordre demeure "pas de crédit" ; les ventes de logements neufs ont plongé de 11,2% en janvier, les reventes de logements anciens de 7,2%, et les stocks d'invendus sont remontés à plus de neuf mois début 2010.

Mais il y a pire : la moitié des ménages américains ayant emprunté en 2006 et 2007 perdent de l'argent sur le bien qu'ils ont acquis à l'époque. 25% d'entre entre eux sont en difficulté... pour ne pas dire dans l'incapacité de faire face à leurs remboursements après le rehaussement du montant des échéances prévu dans leurs plans de prêts à mensualités révisables.
 
Ils étaient 13% à avoir fait défaut fin 2008, 15% en mars 2009. Et ils seront probablement 30% à se retrouver sous l'eau d'ici la fin du premier semestre 2010. C'est à ce moment-là que se matérialisera une très forte accélération des réajustements à la hausse des mensualités sur les prêts "Alt-A" et "ARM" va se matérialiser au deuxième trimestre 2010. Et ce processus ira de plus en plus vite tout au long de l'été prochain pour culminer -- comme en 2008 -- au moment de la rentrée.
 
▪ Dans le même temps, les indices de confiance retombent vers leurs niveaux d'avril 2009 dans la région du Michigan (littéralement sinistrée avec un taux de chômage officiel de 15% et plus de 20% des logements en vente mais qui ne trouvent pas preneur).
 
Le rythme des mises en faillite de banques ne ralentit pas depuis le début de l'année. Elles sont déjà plus de 20 à avoir été liquidées par la FDIC. Cette dernière réclame une hausse des cotisations auprès de celles qui sont encore valides, prévoyant une ardoise de 400 milliards de dollars cette année dans le secteur des prêts immobiliers. Cela nous semble très optimiste car nous parions sur un montant deux fois plus important en incluant les surfaces commerciales.
 
En ce qui concerne la remontée des embauches dont les marchés se sont si bruyamment réjouis vendredi dernier, elles sont pour une large part dues au recrutement de personnel temporaire pour le prochain programme de recensement national. Nous espérons que ces nouveaux fonctionnaires seront dotés de bonnes chaussures de marche... car plus d'un million d'Américains vivent désormais dans les bois et ne figurent plus sur aucun registre officiel (emploi, impôts, permis de conduire, assurance maladie, carte d'électeur).
 
Ils seraient plus de trois millions à être sans domicile fixe (1% de la population américaine) et 15 millions (soit 5% des citoyens des Etats-Unis) en situation d'extrême précarité, avec des niveaux de ressources qui les situent bien en deçà du seuil de pauvreté. Cette proportion a plus que doublé en 18 mois ; les personnes concernées ne survivent que grâce à la charité publique (congrégations religieuses, fondations, oeuvres de bienfaisance).
 
Ce sont les nouveaux "non-consommateurs". C'est de très loin la catégorie qui progresse le plus rapidement : du jamais vu depuis les années 30. C'est aussi une réelle nouveauté par rapport à la précédente période de récession s'étendant de début 2001 à mi-2003.
 
Ceci se traduit très concrètement par un recul annuel de 2% du chiffre d'affaires de Wal-Mart (pourtant le numéro un mondial du hard discount) sur le territoire américain en 2009.
 
▪ En dépit de tout ce qui précède, le Nasdaq pulvérisait lundi soir un nouveau record annuel à 2 335 points -- soit un score supérieur de 80% à celui du plancher du 9 mars 2009.
 
Mais où se situe donc l'embellie économique justifiant cet anti-krach haussier ? En Chine... où le volume des crédits accordés par les banques vient de chuter de près d'un tiers en six semaines ? En Inde... où la bulle immobilière est en train d'exploser tandis que les infrastructures ferroviaires et routières restent gravement déficientes ?
 
Les ventes de voitures particulières, achetées à crédit dans 90% des cas, ont fusé de 20% en février, mais il n'y avait déjà plus de place pour circuler autour de Bombay, Madras ou Bangalore... Et que dire de Calcutta qui présente toujours, pour les automobilistes et les touristes, un visage comparable à celui qui prévalait peu après l'indépendance !

Peu importe. Wall Street n'a que faire de ses réalités qui dérangent : le S&P 500 s'apprête à retracer les 1 150 points, et le Nasdaq est attendu vers 2 500 avant fin mars.
 
▪ Les relais à la hausse ont cependant fait défaut de ce côté-ci de l'Atlantique lundi. Les places européennes n'ont pu aligner une sixième séance de gain consécutif sur une série de sept.
 
A la mi-journée, le S&P 500 conservait encore ses chances de matérialiser un "sept sur sept" qui tiendrait davantage de la réplication mécanique des achats techniques (qui ne sont jamais très éloignés de la manipulation indicielle) que de la conviction haussière.
 
A Paris, la règle de la hausse du lundi a pourtant été respectée lors des premiers échanges... et jusqu'à 20 minutes de la clôture.
 
Le CAC 40 affichait une progression de 0,4% dès l'ouverture, établissant un plus haut vers 3 924 points, son meilleur niveau depuis la clôture du 20 janvier (3 928 points). Cependant, ce scénario traduit bien plus la désertion des vendeurs -- qui obéissent au principe "on ne vend pas un rally haussier" -- que la détermination des acheteurs. En effet, il ne s'est échangé que 2,45 milliards d'euros hier, un volume très faible.
 
Mais le plus important était de donner le sentiment que le rally amorcé le 9 mars 2009 est irréversible. Aussi irréversible que la faillite d'une vingtaine d'Etats américains, habilement camouflée par les médias derrière les déboires de la Grèce... et dont Wall Street s'efforce depuis début janvier de tirer le meilleur parti, faute de véritable reprise aux Etats-Unis.

 

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