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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 05 Mars 2010
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Bonjour,
L'homme le plus stupide d'Amérique
En exclusivité, un extrait du Nouvel Empire des Dettes, la nouvelle édition -- mise à jour et enrichie -- du livre de Bill Bonner et Addison Wiggin : de la Révolution française à la Révolution financière, certaines choses ne changent pas...
Où s'était-il fourvoyé ? La question lui est probablement venue à l'esprit, peut-être même au moment où il montait sur l'échafaud en ce 21 janvier 1793. Les Bourbons avaient été la famille la plus brillante d'Europe. Ils avaient dirigé les pays les plus grands et les plus riches depuis Henri IV. Et à présent, ils siégeaient sur tous les trônes au travers de l'Europe. Mais, dans la langue même du peuple, Louis XVI se fit raccourcir. Il était censé être un souverain absolu. Ah... voici la dynamite ! Il le crut. Il avait encerclé le parlement avec des troupes et s'était mis le pays à dos. Et à présent, il n'avait plus aucun contrôle sur rien. Pas même le pouvoir de sauver sa peau.
Pauvre Louis ! Il avait déjà la tête dans le sac. Et la corde autour du cou. Il a dû se sentir l'homme le plus stupide de France.
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Nos analystes avaient prédit la catastrophe des subprime... la crise de l'immobilier US... la hausse spectaculaire de l'or... le krach boursier de 2008... l'effondrement du système bancaire et financier...
A présent, il vous révèlent comment sortir gagnant de la crise :
découvrez vite leur stratégie anti-dépression...
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Dick Fuld a dû se sentir aussi plutôt stupide. Sa compagnie avait survécu à la guerre civile, aux banqueroutes du chemin de fer à la fin du XIXe siècle, à la panique des banquiers de 1907, au krach de 1929, à la Grande dépression, à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre froide ; Lehman Bros. avait survécu aux scandales, à la prohibition et au disco. Mais elle ne put sauver sa tête face à la plus grande explosion financière de l'histoire.
John Edwards gagna le titre de "l'homme le plus stupide d'Amérique" quand la presse eut vent qu'il trompait sa femme et se lançait dans la course à la présidence en même temps. Mais en 2007-2008, Edwards avait encore plus de défis quotidiens. En janvier 2007, l'industrie financière estima la valeur de Lehman Bros. -- une compagnie qu'elle connaissait bien -- à 48 milliards de dollars. Le 15 septembre 2008, l'offre s'effondra à zéro. Alors vinrent de plus inquiétantes nouvelles : la compagnie d'assurance la plus importante du monde, AIG, faisait faillite. Martin Sullivan l'avait mise au tapis, disaient les analystes. Elle avait besoin d'un renflouement de 85 milliards de dollars.
Personne ne fut présent pour sortir Louis d'affaire quand il en eut besoin. La France n'était pas trop grande pour échouer ; elle était trop grande pour renflouer. Et tout s'était si bien déroulé ! Quand Jacques Turgot était contrôleur général, il s'était débarrassé des frontières douanières intérieures, avait revu les contrôles des prix, et avait aboli les guildes de commerce et la corvée (le système de travail forcé pour bâtir les routes). Le système politique avait aussi été réformé, évoluant vers une démocratie parlementaire.
Mais en cours de route vinrent ces courageux Américains pour semer la pagaille. Ils amenèrent la France à entrer en guerre avec l'Angleterre. La France fournit l'argent, le matériel et les troupes -- débarquant 5 000 soldats à Rhode Island et finalement gagnant la guerre en bloquant Lord Cornwallis à Yorktown.
"Le premier coup mènera l'Etat à la banqueroute", fut l'avertissement lancé par Turgot au roi. Il avait à peu près raison. En 1786, les Français étaient dans une situation désespérée, avec la moitié de la population de Paris sans emploi et une dette nationale égale à 80% du PIB. Les Français comptaient sur les Américains pour commencer à rembourser leurs sept millions de créances, mais les Etats-Unis aussi étaient à sec. Et, très vite, le crédit français devint si mauvais que le roi ne pouvait plus continuer à emprunter aux usuriers d'Amsterdam pas plus qu'à ses propres financeurs à Paris. En ayant emprunté trop, Louis n'avait plus de marge de manoeuvre. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était monter les marches de l'échafaud comme un vrai monarque.
Environ deux siècles plus tard, les têtes tombèrent à Wall Street. Mais qui fut le plus crétin ? Certes Dan Mudd et Dick Syron de Fannie et Freddie étaient toujours en piste. Même avec le vent dans le dos (ils empruntèrent de l'argent à un coût moindre que leurs concurrents parce que chacun savait que le gouvernement ne les laisserait pas tomber), ils ne pouvaient rester dans la course. Finalement, comme prévu, la Fed a dû intervenir et les sortir d'affaire.
Les 15 dernières années avaient été bien trop gentilles avec la finance. Wall Street était essentiellement -- un pourvoyeur de dette ; et pendant l'explosion, nul ne refusait de prêter. Les profits financiers s'envolaient. Depuis 1980, les profits du secteur financier américain en part du PIB représentèrent jusqu'à 200%. Les industriels et les dirigeants auraient pu empocher la mise et se retirer dans leur manoir de Greenwich. Mais dans le dos de ce succès hors norme grandissait une monstrueuse bosse d'auto-illusion ; les maîtres de l'univers commencèrent à croire en leur propre rire grotesque. Les marchés financiers étaient parfaits, disaient les universitaires. Omniscients et clairvoyants, ils ne pouvaient faire erreur ! Les patrons des grandes compagnies financières ont dû croire qu'ils dînaient à la table des dieux ; ils avaient l'addition pour preuve.
Bien sûr, certains patrons de Wall Street furent plus malins que les autres. En se vendant à Bank of America, Merrill Lynch par exemple échappa à l'échafaud ; mais elle devint une pupille de la nation, à peu près comme Fannie et Freddie avant qu'ils ne soient absorbés complètement.
L'Ancien Régime à Wall Street était dominé par seulement cinq grandes compagnies d'investissement. En à peine quelques semaines, à l'automne 2008, leurs bombes de dettes ont explosé... et la totalité de l'industrie bancaire d'investissement indépendante a disparu.
[NDLR : Vous voulez lire la suite ? Pré-réservez votre exemplaire du Nouvel Empire des Dettes sans plus attendre !]
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Peak Oil, ce n'est pas fini
Joël Bowman
▪ Collez votre nez assez près de votre écran d'ordinateur, et les chiffres du jour ne tardent pas à perdre leur signification. Les journalistes ne rapportent les faits qu'après qu'ils ont eu lieu, et inventent des raisons au fur et à mesure pour justifier tel ou tel mouvement.
"Les investisseurs oublient leurs inquiétudes concernant XYZ, et affichent leur confiance en la reprise", pourrait-on lire dans un journal après que le Dow Jones est monté d'un demi point.
"Les investisseurs demeurent en retrait tandis que les inquiétudes concernant XYZ diminuent les espoirs de reprise", pourrait annoncer un autre le même jour.
Au quotidien, il est tout bonnement impossible de savoir ce qui se passe dans les centaines de milliers d'esprits qui manipulent des centaines de milliards de dollars sur les marchés mondiaux. Peut être qu'un gestionnaire de hedge fund vient de se faire quitter par sa femme... et qu'il en perd sa concentration, ce qui le pousse à liquider sa position chez XYZ plutôt que celle chez ABC. Peut être qu'il a obtenu des informations en interne, mais qu'elles se sont révélées fausses. Dans ce cas, il se pourrait que la première chose qu'il fasse demain matin en arrivant au bureau, ce soit de racheter l'action. En réalité, il existe tant de variables, tant de facteurs séparés et distincts, qu'il est totalement impossible de tracer une ligne droite entre la cause A et la conséquence B en un laps de temps si court.
▪ N'ayant pas la patience ou l'envie d'étudier des tendances à si petite échelle, nous nous concentrons aujourd'hui sur celles qui se déroulent sur une période plus longue. Une chose que nous pouvons savoir presque avec certitude, c'est qu'on ne peut pas consommer une ressource limitée à l'infini. Cela s'applique aux ressources naturelles, comme le pétrole, et à d'autres choses, comme la patience des créanciers étrangers.
Beaucoup d'encre a coulé au sujet du Peak Oil au cours des années précédentes. Même si le problème a été récemment mis de côté en faveur de la crise financière mondiale, la situation n'est pas pour autant moins inquiétante qu'elle ne l'était quand le brut a atteint les 147 $ le baril. Malgré la baisse temporaire de la demande mondiale en énergie, l'avenir est peut-être encore moins encourageant aujourd'hui qu'il ne l'était auparavant.
L'année dernière, l'Agence internationale de l'énergie a annoncé que le taux de déclin pétrolier dans le monde entier représentait environ le double de ce qui était prévu à peine un an plus tôt (le chiffre précédent de 3,4% a été révisé pour atteindre les 6,7%). De nouvelles recherches détaillées ont poussé l'économiste en chef de l'AIE, Faith Birol, à estimer que l'offre en pétrole conventionnel atteindrait un plateau dès 2020... et cela seulement, a-t-il dit, "si l'OPEP investit de façon opportune".
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On prend les mêmes et on recommence... à l'envers
▪ La séance d'hier ressemblait à celle de mercredi... à l'envers. Là où les marchés américains s'étaient montrés hésitants et les marchés européens plus positifs... c'est l'inverse qui s'est produit, avec des places européennes bien timides, et des marchés américains dans le vert.
Normal, ceci dit. La France a appris hier que son taux de chômage était revenu au-dessus des 10% -- il n'y avait pas franchement de quoi hisser le drapeau de la victoire. Les investisseurs européens ont également choisi de se concentrer sur l'immobilier américain : la baisse de 7,6% des promesses de vente (contre une hausse de 1% attendue) a pesé sur leur moral.
Le CAC 40 a ainsi perdu 0,37%, à 3 828,41 points. Le Footsie a reculé de 0,11% à Londres, tandis qu'à Francfort, le DAX a cédé 0,36%.
Aux Etats-Unis, la journée s'est terminée dans le vert : le Dow Jones a grimpé de 0,46%, à 10 444,14 points. Le Nasdaq a pris 0,51%, à 2 292,31 points, et enfin le S&P 500 s'est adjugé 0,37% à 1 122,97 points.
Les Américains semblent donc avoir choisi d'ignorer l'immobilier pour cette fois... et de se concentrer sur le reste de l'actualité économique : la baisse des inscriptions hebdomadaires au chômage mais aussi la productivité américaine et les commandes à l'industrie.
Pour la productivité, c'est un chiffre révisé à la hausse qui a été annoncé hier : +6,9% au quatrième trimestre 2009, contre 6,2% annoncé précédemment. Et en ce qui concerne les commandes à l'industrie, on a appris qu'elles avaient grimpé de 1,7% en janvier, après avoir augmenté de 1,5% en décembre.
De bonnes nouvelles donc... mais nous recommanderions aux investisseurs de ne pas mettre la charrue avant les boeufs. Comme le rappelle souvent Bill Bonner, même durant la Grande dépression, on a enregistré des périodes de croissance... Et comme la proverbiale hirondelle et son printemps, deux mois de hausse des commandes industrielles ne font pas une reprise.
▪ La demande de pétrole, en tout cas, semble remonter aux Etats-Unis -- le brut léger est à un sommet de sept semaines, malgré un léger recul hier (- 65 cents à 80,22 $). Joel Bowman le dit lui-même dans cette Chronique, le Peak Oil n'a pas fini de faire parler de lui !
L'euro a marqué un petit recul lui aussi. Les bonnes intentions grecques ne suffisent pas à soutenir la monnaie unique, qui est passée à 1,3553 $ hier. Ce n'est guère brillant, mais à l'heure actuelle, comme l'explique Bill Bonner ci-dessous, j'aurais tendance à me faire plus de soucis pour la livre sterling...
Enfin, pour trancher le débat, il y a toujours l'or, qui continue de bien se porter, à 1 134,50 $. Vous je ne sais pas, cher lecteur, mais entre billets de papier et métal jaune, je sais sur qui je préférerais parier à long terme !
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La baisse boursière pourrait reprendre du jour au lendemain... Réagissez !
Une forme d'investissement bien particulière a permis à une poignée d'investisseurs d'engranger des gains de l'ordre de 67,76%, 67,05%, 71,88%, 43,33%, 71,21% et 49,02%... alors même que les marchés connaissaient des difficultés extrêmes.
Pour découvrir comment réagir face à la débâcle qui menace en profitant des baisses, continuez votre lecture... mais agissez dès maintenant : les marchés, eux, n'attendront pas.
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Après la Grèce, le Royaume-Uni ?
▪ L'histoire grecque est universelle... Son histoire sera bientôt jouée au Royaume-Uni... puis ce sera au tour des Etats-Unis.
Un petit résumé : des innocents sont séduits par la dette. Ils tombent amoureux des déficits. La dette se révèle être une vile tentatrice. Nos héros sont ruinés.
L'intrigue n'est-elle pas plus ou moins la même en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis ?
Et voilà que la livre sterling dégringole. Elle est passée sous les 1,50 $ mardi. Au lieu de la considérer comme un refuge par rapport à l'euro, chahuté, les investisseurs fuient la devise britannique. Pourquoi ? Ils se disent que ce qui s'est produit en Grèce pourrait aussi arriver en Grande-Bretagne. Le déficit budgétaire britannique -- à 12% du PIB -- est à peu près équivalent à celui de la Grèce, deux fois supérieur à la moyenne européenne.
▪ "Si vous voulez vraiment un problème budgétaire, regardez le Royaume-Uni", déclare Mark Schofield, stratégiste chez Citigroup.
Non seulement le gouvernement doit beaucoup d'argent, mais il en va de même pour les citoyens ordinaires. Le niveau général de dette est le deuxième au monde, selon une étude McKinsey -- juste derrière le Japon.
A cause de la chute de la livre sterling, il est plus dangereux de prêter de l'argent à la Grande-Bretagne. Les investisseurs doivent s'inquiéter non seulement d'un risque de défaut de paiement... mais également d'une perte due au déclin de la devise. Cela devrait faire grimper le coût de financement des déficits britanniques, mettant le pays dans le même pétrin que la Grèce. Comme la Grèce, la Grande-Bretagne a besoin des prêteurs étrangers pour financer ses déficits. Et comme la Grèce, elle sera forcée de promettre des mesures d'austérité, si les prêteurs rechignent.
"C'est une bombe à retardement", explique Nick Hopkinson, de Property Portfolio Rescue, une entreprise qui assiste les propriétaires surendettés. "On trouve plus de 400 000 personnes avec des arriérés, alors que leurs taux hypothécaires n'ont jamais été moins chers. Lorsque les taux grimperont, bon nombre de gens basculeront dans le précipice".
"Si les taux grimpent, ce sera une situation très dangereuse pour moi... Cela pourrait me mener à envisager la banqueroute", a déclaré Sheridan King, entrepreneur britannique. "Nous luttons pour nous en sortir avec toute cette dette", a-t-il ajouté. "Il est temps que le gouvernement mette de l'ordre dans ses affaires".
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