La Chronique Agora

 

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 04 Mars 2010
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Bonjour,

Investir sur les ressources agricoles : profitez du repli ! (2)

Nous abordions hier les questions de la surpopulation, de l'agriculture et de l'éternel problème "comment nourrir l'humanité ?" -- aujourd'hui, une piste s'offre à nous...

▪ Un entrepreneur de talent rachète des fermes en Ukraine
Charles Beigbeder. Le nom vous dit certainement quelque chose. Vous vous demandez pourquoi je vous en parle ici et maintenant, car a priori, il n'a pas lui non plus découvert la solution au problème de l'alimentation mondiale. Un instant : vous allez comprendre.

Charles Beigbeder est ni plus ni moins un de nos brillants entrepreneurs français. Toujours partant pour des solutions innovantes -- voire parfois iconoclastes pour certains --, il est un découvreur de tendances. Son premier fait d'armes remonte au lancement de la société SelfTrade. La finance sur Internet. Après avoir fondé la société, essuyé les plâtres et revendu avec succès, elle fait maintenant partie de Boursorama, et cible principalement le marché britannique.

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La baisse boursière pourrait reprendre du jour au lendemain... Réagissez !
Une forme d'investissement bien particulière a permis à une poignée d'investisseurs d'engranger des gains de l'ordre de 67,76%, 67,05%, 71,88%, 43,33%, 71,21% et 49,02%... alors même que les marchés connaissaient des difficultés extrêmes.

Pour découvrir comment réagir face à la débâcle qui menace en profitant des baisses, continuez votre lecture... mais agissez dès maintenant : les marchés, eux, n'attendront pas.

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Fort d'un joli pactole, l'idée lui est ensuite venue de créer puis de lancer Poweo, un fournisseur alternatif d'électricité, dont il est toujours président. Néanmoins, au moment où Poweo a conquis une part de marché, il décide de vendre ses parts. Deux raisons essentielles à cette décision : d'abord, il s'agit d'une entreprise ambitieuse qui, dans sa stratégie, a besoin de se doter de capacités propres de production. Pour cela la société a besoin de capitaux.

C'est donc Verbund, l'équivalent de l'EDF version autrichienne, qui a repris 47% du capital. Mais surtout, il dispose de moyens substantiels à la mesure des ambitions du groupe. La deuxième raison, c'est que notre entrepreneur a la bougeotte et fourmille de nouvelles idées. Comme celle qui nous intéresse aujourd'hui plus précisément.

Il vient d'investir dans la création de la société AgroGeneration, société installée en Ukraine, qui a loué pour 22 000 hectares de terres agricoles. Cette société a un positionnement ambitieux : être un producteur durable de matières premières agricoles. Il a décidé de créer cette société en Ukraine en 2007. Comme vous pouvez le constater, cet homme au parcours rapide et réussi dans l'entreprise sent que quelque chose d'énorme est en train de se passer du côté de l'agriculture, et notamment des céréales. Il s'est déjà positionné en ouvrant cette "ferme" qui remet en culture les terres de l'Ukraine communiste, laissées jusque-là en friche par manque de moyens.

Il n'a pas tort ; les chiffres tendent à démontrer qu'il y aura un besoin de 3,5 milliards de tonnes en 2050, contre seulement 2,5 milliards actuellement. Cette augmentation est due, encore une fois à l'augmentation des populations, mais également au changement de mode de vie et de mode d'alimentation des populations jusque-là émergentes. Avec la hausse de leur pouvoir d'achat, comme en Chine, la mode passe à l'alimentation à l'occidentale, donc consomme plus cher, plus riche, plus de viande... et il faut donc plus de céréales pour nourrir tout ce nouveau monde.

Seulement, cette petite société n'est pas encore cotée en Bourse. Elle prépare son augmentation de capital avant de s'introduire sur Alternext, mais, vous vous en doutez : à ce stade, elle est bien trop risquée pour nous. Pas question de se lancer dans un tel investissement pour le moment, même si elle peut se révéler être une vraie pépite, le risque est bien trop grand. Je la garde à l'oeil, et, d'ici quelque temps, si tout se passe bien, nous nous pencherons dessus.

[NDLR : Sur ce même thème, il y a des investissements beaucoup plus faciles et moins risqués à faire... comme l'a démontré Frédéric Laurent à ses lecteurs de Vos Finances : profitez vous aussi de ses recommandations !]

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Comment transformer un boom en krach

Bill Bonner

▪ Il y a des bonnes nouvelles... des mauvaises nouvelles... et beaucoup de nouvelles entre les deux.

Les consommateurs américains ont dépensé un peu plus qu'on l'attendait. Et l'industrie s'est elle aussi mieux débrouillé que prévu.

En revanche, les recettes fiscales du gouvernement fédéral US ont plongé au mois de février... et les prêts bancaires continuent de se contracter. La semaine dernière, ils ont diminué de 33 milliards de dollars -- c'est leur septième semaine consécutive de contraction.

Comment une économie peut-elle se développer alors que les banques prêtent moins d'argent ? Nous n'en avons pas la moindre idée.

Nous pensons que l'"expansion" rapportée dans les chiffres du PIB est en grande partie contrefaite. Il s'agit des dépenses gouvernementales et de l'argent brûlant qui s'infiltrent dans l'économie. Malgré tout, il est stupéfiant que les chiffres du PIB américain soient positifs.

L'euro a repris du poil de la bête -- grâce aux espoirs d'un règlement de l'affaire grecque. La Grèce fait encore la une des journaux. Elle n'avait qu'un mois pour régler ses problèmes. C'était il y a deux semaines. "L'heure tourne", disent les journaux. Selon toute probabilité, les Hellènes ne peuvent pas vraiment régler seuls leurs problèmes. La Grèce va avoir besoin d'un renflouage -- même limité et hésitant -- de l'Allemagne. Restez à l'écoute.

Il sera intéressant de voir ce qui se passera lorsque le Royaume-Uni aura des problèmes pour financer ses propres déficits. Les Allemands ne seront pas là pour l'aider. La Grande-Bretagne n'est jamais entrée dans l'euro. Elle sera seule.
 
▪ L'or a connu une belle remontée, lui aussi. Pourquoi ?

Nous n'en savons rien. Mais nous sommes d'avis que l'or va soudain grimper beaucoup plus. Nous sommes en période déflationniste. Cela signifie que tout va baisser. Mais par rapport à quoi ? Eh bien, par rapport à la monnaie. Par rapport à la véritable monnaie -- l'or.

L'or devrait continuer à grimper jusqu'à ce que cette période déflationniste soit terminée. Cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas plus de hoquets et de renversements du marché haussier de l'or. Mais l'une des tendances les plus sûres de notre époque est l'effondrement du système fiduciaire. Et ça ne peut qu'être bon pour l'or.

Chris Wood, de CSLA, déclare qu'il donne encore cinq ans à l'étalon-dollar. Peut-être un peu plus... Peut-être un peu moins. Mais une chose est certaine. Les gouvernements ne peuvent continuer à accumuler éternellement des déficits aussi gigantesques. Le jour du jugement viendra...

Les autorités espèrent qu'il viendra à l'heure et à l'endroit qu'elles choisiront. Elles veulent toutes se sortir facilement du pétrin... avec l'aide de l'inflation des prix à la consommation. Vous avez entendu les banquiers centraux parler d'augmenter la cible inflationniste de 2% à 4%. S'ils peuvent effectivement contrôler l'inflation aussi précisément, ce sera un miracle. En tout cas, c'est ce qu'elles espèrent faire.

Quelques années d'inflation à 4% feraient des merveilles. En 10 ans, on aurait ainsi éliminé un tiers de la dette américaine -- en termes réels, bien entendu (et en supposant qu'elle n'augmente pas encore plus rapidement). Non seulement ça, mais les dettes du secteur privé seraient également soulagées. A 6%... les dettes seraient réduites de moitié en une décennie. Avec un fardeau allégé de la sorte, le secteur privé pourrait entamer une nouvelle période de croissance. C'est là la véritable stratégie des autorités -- désendetter le secteur privé pour qu'il puisse se développer... et augmenter les recettes fiscales.

C'est ce qui s'est passé durant l'administration Reagan, d'ailleurs. L'inflation des années 70 a forcé les taux d'intérêt à grimper et causé la pire récession depuis la Grande dépression. Mais elle a aussi allégé les dettes -- à tel point que l'économie a pu se lancer dans une nouvelle poussée de croissance.

Cette croissance a vraiment rapporté dans les années 90... et durant les toutes premières années de l'administration Bush Jr. grâce à l'augmentation des revenus fiscaux, tant Clinton que Bush ont pu rembourser les dettes gigantesques des années Reagan... tout en accroissant les dépenses. L'économie a pu se sortir de la dette par la croissance.

Puis, avec la guerre contre le terrorisme et la micro-récession de 2001, la magie budgétaire des années 90 s'est perdue. Apparemment, Bush n'a jamais rencontré de projet de dépenses qui lui déplaise. Les dépenses ont explosé... en particulier la bombe à retardement de la santé, qui augmente automatiquement année après année.

Enfin est arrivée la dépression... plus connue sous le nom de Grande récession de 2007-2009. Les revenus fiscaux ont chuté. Les dépenses ont augmenté encore plus. A présent, les déficits s'accumulent rapidement. Et il ne semble pas y avoir de moyen de s'en sortir par la croissance. Toutes les conditions qui ont favorisé un boom au début des années 80 favorisent désormais un krach au début des années 2010.

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Enfin un système de trading Forex
VRAIMENT profitable pour l'investisseur individuel !

Alors que la majorité des investisseurs perdent leur temps (et leur argent !) sur les marchés actions... sur le marché des changes se joue un tout autre jeu, avec des règles bien différentes !

Et aujourd'hui, c'est à votre tour de vous joindre à la partie : grâce à un système de trading en devises simple et efficace, vous avez désormais toutes les clés pour engranger des gains de professionnel alors même que les actions s'enfoncent dans le chaos.

Continuez votre lecture pour tout savoir...

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Le nouveau mot à la mode

Françoise Garteiser

▪ Décidément, les marchés n'ont pas été logés à la même enseigne de part et d'autre de l'Atlantique hier. Ils n'ont pas réagi de la même manière à des nouvelles pourtant tout aussi mitigées en Europe qu'aux Etats-Unis.

Le CAC 40 a terminé sur une hausse de 0,80%, à 3 842,52 points ; le Footsie londonien a lui aussi grimpé, de 0,90%, tandis que le DAX, à Francfort, s'adjugeait 0,72%.

C'est la Grèce, notamment, qui a servi à soutenir la tendance ; les déclarations d'Athènes ont satisfait les investisseurs... pour l'instant. "Ces mesures sont suffisantes et je pense qu'elles atteindront l'objectif de réduction du déficit pour cette année. Je pense que cela est très bien et que la confiance va s'améliorer sur les marchés",déclaraitChristoph Weill, économiste chez Commerzbank interrogé par Reuters et cité dans Investir. "Pour sa part, Nick Matthews, économiste chez RBS, a jugé que ces nouvelles mesures étaient'un autre pas dans la bonne direction'même s'il est encore trop tôt pour dire que la Grèce est sortie d'affaire".

Si on ajoute à ça une nouvelle hausse de l'activité des services dans la Zone euro -- l'indice PMI Markit était en hausse le mois dernier, au-dessus de la barre fatidique des 50 qui marque la frontière entre expansion et contraction -- il y avait de quoi satisfaire les investisseurs... et les cambistes, puisque l'euro a continué de se renforcer, à 1,3725 $.

▪ Côté américain, en revanche, on est resté bien plus hésitant... voire tout simplement immobile. Le Dow Jones a reculé de 0,09% hier, pour terminer à 10 397 points. Le Nasdaq n'a pas bougé, à 2 281 ; le S&P 500, lui, a grimpé de 0,04%, à 1 119 points.

Il y avait pourtant des raisons de se réjouir (un peu) : l'indice ISM du secteur des services a grimpé le mois dernier, de 50,5 en janvier à 53 -- c'est plus que ce qui était prévu, et c'est aussi un plus haut depuis mai 2007.

Mais évidemment, il fallait aussi compter avec les chiffres de l'emploi... Selon le cabinet ADP, le secteur privé américain a éliminé 20 000 postes le mois dernier. Une "moins mauvaise nouvelle", puisqu'on n'avait pas vu chiffre si faible depuis deux ans. Mais -- car il y a toujours un mais... -- des révisions montrent  que les chiffres de janvier ont été triplés, avec 60 000 emplois détruits en deuxième estimation, contre 20 000 annoncés de prime abord.

Les chiffres officiels de l'emploi US seront publiés demain... on verra bien ce qu'ils nous réservent.

Et n'oublions pas de mentionner le "Livre Beige" de la Fed -- qui indique un léger mieux pour l'économie américaine : "La conjoncture économique a continué de s'améliorer (...) bien que les tempêtes de neige rudes du début de février aient freiné l'activité dans plusieurs régions", explique la Fed. Le rythme des licenciements a ralenti mais les plans d'embauche sont "en général mous".

Quelque chose me dit, cher lecteur, que "mou" est un terme destiné à devenir à la mode dans les mois et les années qui viennent : "croissance molle", "emploi mou", "performances molles"... Mou, morose, médiocre -- à vos dictionnaires des synonymes !

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