La Chronique Agora

 

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 02 Mars 2010
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Bonjour,

Les zombies prennent le dessus !

Bill Bonner

▪ La tendance la plus importante, aujourd'hui, est le passage des ressources du secteur privé vers le secteur public.

Durant les années de bulle, le secteur privé a commis une grosse, grosse erreur -- en endossant bien trop de dettes.

A présent, il corrige ses erreurs... à contrecoeur, dans la douleur, en traînant des pieds et tandis que le gouvernement interfère. Au lieu de laisser les morts reposer en paix, les autorités leur injectent de l'adrénaline dans les veines... les transformant en zombies.

C'est un travail coûteux... alors le gouvernement commet aujourd'hui la même erreur que celle commise par le secteur privé il y a quelques années de ça. Il prétend que des dépenses nourries de dettes sont comme de la croissance. Ce n'est pas le cas.

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LA DEUXIEME GRANDE DEPRESSION
Une catastrophe économique est en train de se dérouler : elle va réduire à néant l'épargne de millions de Français...

... alors que d'autres doubleront leur patrimoine dans le même temps.

Nos spécialistes avaient vu venir la catastrophe des subprime... la hausse spectaculaire de l'or... l'effondrement du système bancaire et financier. A présent, ils vous révèlent comment sortir gagnant d'une crise telle que nous n'en avions pas connue depuis les années 20 : continuez votre lecture pour tout savoir...

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La "croissance" des autorités est encore plus pernicieuse et factice que la croissance de l'ère de bulle dans le secteur privé. Au moins les gens voulaient-ils vraiment des maisons... simplement, ils ne pouvaient pas se permettre de les payer.

Aujourd'hui, les dettes, le passif, les dépenses -- tout cela passe entre les mains du gouvernement... et aspire la vie du secteur privé. Prenons les biens durables aux Etats-Unis : seuls 4,4% d'entre eux en moyenne étaient achetés par le Pentagone au cours des 17 dernières années. Mais depuis le début de la crise financière, les dépenses durables de l'industrie privée ont diminué... tandis que les dépenses du Pentagone ont grimpé. Les chiffres les plus récents montrent que 8% des commandes durables sont désormais le fait de l'armée US.

Une reprise ? N'y comptez pas. Les dépenses gouvernementales donnent l'apparence d'une reprise. Les chiffres peuvent montrer une augmentation des biens durables vendus, mais les chars et les voitures blindées ne mènent pas à une véritable croissance. Ils génèrent une croissance zombie à la mode soviétique... faite par et pour le gouvernement. Le reste de l'économie diminue.

▪ Tout le monde dit que l'euro tombe en pièces... que l'Europe elle-même ne peut survivre en tant qu'unité politique.

L'Europe semble manquer des choses mêmes qui font un système politique vigoureux. Elle n'a pas de langage commun, par exemple (on trouve plus de 200 langues et dialectes différents en Europe). Elle n'a pas de culture commune... de religion commune... ou de racines communes.

Les Grecs sont descendus dans les rues. Ils sont contrariés parce que leur gouvernement essaie de réduire les "services". Ce ne sont pas les services qui manquent à quiconque. C'est l'argent. Les émeutiers sont en grande partie des gens qui vivent, d'une manière ou d'une autre, aux dépens des autres... grâce au gouvernement. Ils travaillent pour le gouvernement... ou reçoivent des subventions.

Le malheureux gouvernement grec est coincé. Comme dans quasiment toutes les autres démocraties, les politiciens ont acheté des votes en donnant de l'argent et des emplois. Ce qui mène à une guerre d'enchères... dans laquelle les partis politiques luttent pour s'attirer la faveur des électeurs en offrant de plus en plus de "services". L'un donne du pain. L'autre préfère des jeux. Qu'il s'agisse de bons alimentaires ou de guerres étrangères... le prix est élevé. Et en fin de compte, les enchères dépassent la capacité de l'économie à les financer.

La Grèce en est arrivée à ce point. Il en va de même pour la moitié des Etats-Unis. Ils sont à cours d'argent. C'est "le Jugement Dernier" en Illinois, titre un journal. C'est "l'état d'urgence" dans le New Jersey.

Les prêteurs ne veulent pas leur donner plus d'argent. Sagement, ils s'inquiètent de ne pas être remboursés. Les prêteurs exigent donc des taux d'intérêt plus élevés pour couvrir cette augmentation des risques... ce qui met le budget grec encore plus dans le rouge.

Les Grecs pensent que les Allemands devraient leur venir en aide. Pourquoi ? Parce que, dans un certain sens, ce sont les Allemands qui les ont mis dans ce pétrin. Personne n'aurait prêté autant d'argent aux Grecs sans l'euro fort soutenu par les Teutons... et la promesse implicite que si les Grecs avaient des problèmes... comme tout le monde savait que ce serait le cas... le reste de l'Europe leur viendrait en aide.

Et que croyez-vous qu'il arriva ? Les Grecs ont eu des problèmes. Et les Allemands ne veulent pas leur venir en aide. Ils ont épargné. Ils ont mieux géré leur propre économie. Ils font partie des rares pays d'Europe qui vivent -- tout juste -- selon les termes du traité qu'ils ont tous signé, dans lequel ils acceptaient de maintenir les déficits sous les 3% du PIB. Le déficit allemand est légèrement supérieur à 3%. Les Grecs en sont loin -- avec un déficit de 12,7%.

Aux Etats-Unis, la situation est un peu différente. L'économie et la population sont plus homogènes. Et une bien plus grande partie de l'argent est entre les mains du gouvernement central. Les Allemands ne voient pas pourquoi leur épargne devrait être utilisée pour renflouer les Grecs. Ils ont leur économie. Les Grecs ont la leur. Aux Etats-Unis, même s'il y a des différences régionales, on trouve une seule économie... et un gouvernement qui la ruine pour tout le monde.

Les Etats-Unis s'en sortent-ils mieux ? La planification à grande échelle rend-elle le dollar US ou l'économie US plus forts ?

En réalité, la souplesse de l'expérience européenne est une force, non une faiblesse. Ce qui endommage une devise papier n'est pas un acte d'omission, c'est un acte de commission. Ce n'est pas le fait de ne pas fournir d'argent et de crédit qui tue la monnaie papier ; au contraire, c'est la volonté d'en fournir des quantités illimitées. Jusqu'à présent, c'est ce qu'ont choisi de faire les Américains. Les Européens -- ou au moins les Allemands, non.

Nous allons donc parier sur l'euro à long terme... Tant l'euro que le dollar sont des devises "élastiques". Ils ont tous deux été étirés jusqu'à la déformation. Mais on trouve plus de gens tirant sur le dollar que sur l'euro.

A court terme, tout peut arriver. Le dollar a probablement plus de raisons de grimper que de baisser. Mais à long terme, nous misons sur l'euro.

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Japon et Chine ne sont pas à la même enseigne

Françoise Garteiser

▪ Allez, commençons par une bonne surprise : le Japon donne des signes d'amélioration. Le taux de chômage nippon a atteint son plus bas niveau depuis 10 mois (à 4,9%). Et la consommation des ménages grimpe depuis six mois consécutifs, à 1,7%.

Oh là là... On n'est qu'en 2010, et déjà la partie "achat" de notre Transaction de la Décennie semble se justifier ! Imaginez un peu ce que ce sera en 2020 !

Comment ? Que dites-vous ? "Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué" ? Bon, d'accord... mais un peu d'enthousiasme ne nuit pas, si ?

▪ En attendant, le concurrent actuel du Japon au poste de deuxième économie de la planète -- la Chine, donc -- semble marquer un peu le coup. On apprenait hier que la Chine s'enfonçait dans le rouge (excusez ce jeu de mot lamentable...), avec un déficit "plus important que prévu cette année, de plus de 1 000 milliards de yuans (108 milliards d'euros) a annoncé lundi Yin Zhongqing, directeur adjoint de la commission de l'Economie et des Finances du Congrès national du peuple", disait Investir.fr ce matin.

Ajoutez à ça une politique monétaire de plus en plus contestée (après les Etats-Unis, c'est le FMI qui critique désormais la sous-évaluation du yuan... et même François Fillon adjure la Chine de lâcher un peu la bride à sa monnaie nationale), et on obtient une année 2010 qui sera sans doute assez chahutée pour l'empire du Milieu.

▪ Sera-t-elle plus harmonieuse pour les économies occidentales ? Permettez-moi d'en douter -- malgré le joli début de semaine des marchés. Il suffit de regarder les statistiques économiques publiées hier : aux Etats-Unis, l'indice ISM du secteur manufacturier a baissé le mois dernier, de 58,4 à 56,5 -- alors qu'on attendait une baisse moins importante. L'activité industrielle américaine est en baisse... qu'en est-il de l'immobilier ?

Là encore, ça baisse : les dépenses de construction ont reculé de 0,6% en janvier -- le chiffre annualisé est le plus bas depuis juin 2003.

Et le revenu des ménages américains ? Décevant lui aussi, avec une hausse de 0,1% -- contre +0,4% attendus. L'épargne est en baisse à 3,3%... mais les dépenses, elles, progressent de 0,5%.

Moins de revenus, moins d'épargne, plus de dépenses... décidément, le consommateur américain n'a rien appris, rien retenu. La phase d'assainissement n'est pas terminée qu'il se remet à avoir des conduites à risque !

▪ Toutes ces considérations ne semblent pas voir affecté les marchés hier, en tout cas. Le CAC 40 a grimpé de 1,64%, à 3 769,54 points (après un mois de février en repli). Côté américain, la hausse était aussi au rendez-vous : +0,76% pour le Dow Jones, à 10 404 points... +1,58% pour le Nasdaq, à 2 274 points... et +1,02% pour le S&P 500, à 1 116 points tout rond.

L'euro et le dollar ne savent plus très bien où ils vont, entre humeur plus sereine sur la Grèce et statistiques contrastées -- la monnaie unique est à 1,3520 $. Idem pour le pétrole, qui ne sait plus à quel saint se vouer, entre ralentissement chinois et vagues signes de reprise en Occident. Il a terminé la séance d'hier en baisse, le WTI cotant actuellement 80,35 $ à New York. Et l'or ? Il va plutôt bien... à 1 114 $ au second fixing hier.

▪ Un tout dernier mot : Philippe Béchade étant absent toute cette semaine, c'est moi que vous retrouverez tous les jours jusqu'au 9 mars, date du retour de Philippe.

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La baisse boursière pourrait reprendre du jour au lendemain... Réagissez !
Une forme d'investissement bien particulière a permis à une poignée d'investisseurs d'engranger des gains de l'ordre de 67,76%, 67,05%, 71,88%, 43,33%, 71,21% et 49,02%... alors même que les marchés connaissaient des difficultés extrêmes.

Pour découvrir comment réagir face à la débâcle qui menace en profitant des baisses, continuez votre lecture... mais agissez dès maintenant : les marchés, eux, n'attendront pas.

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Le marché obligataire fait encore saliver

Alexandra Voinchet

▪ Il n'est pas trop tard pour profiter de la montagne de dettes émises par les entreprises. La poule couve encore des oeufs d'or. Pour les places boursières, qui, très opportunistes, aimeraient s'adjuger une part des montants brassés. Et pour vous, investisseur, qui pouvez espérer de belles performances cette année encore.

2009 a été une année record en matière d'offre, avec 2 173 milliards de dollars émis dans le monde par les entreprises de bonne qualité, ou investment grade (notées de AAA à BBB), selon Citigroup.

Et 196 milliards de dollars levés par les émetteurs jugés plus risqués, ou high yield. Record en matière de performance. La catégorie investment grade a affiché un rendement de 15%, selon Dexia Asset Management. Du jamais vu depuis 77 ans. L'indice global High Yield a enregistré une performance supérieure à 60%, battant tous les records, note Wesley Sparks, responsable des gestions américaines de taux de Schroders.

Qu'en sera-t-il en 2010 ? "Historiquement, les périodes de croissance économique modérément positives sont associées aux meilleurs performances du crédit. Une croissance de 1 à 3% du PIB offre un contexte idéal pour les rendements des crédits d'entreprises, d'après Morgan Stanley", analyse Wesley Sparks, de Schroders. L'obligataire continuera à être une source de rendement en 2010. Pour autant, ne vous attendez pas à des retours aussi spectaculaires.

"Les trois dernières meilleures années en matière de performance du secteur à haut rendement (1985, 1991 et 2003) ont été suivies d'une année de performance totale élevée des obligations à haut rendement, de l'ordre de 10% à 20% [...]. Avec une performance de ce secteur supérieure à 60% en 2009, il serait cohérent, avec l'expérience historique, que l'année prochaine enregistre une performance positive à deux chiffres", poursuit Wesley Sparks. De l'ordre de 12% pour le high yield, avance-t-il.

Pour le grade d'investissement, Dexia Asset Management attend un rendement de 4,5% à 5%. Ces perspectives restent appétissantes, alors que le monétaire ne rapporte rien, que les obligations à 10 ans du Trésor français offrent un coupon de 3,5% et que le CAC abandonne 9% depuis le début de l'année.

▪ De nouvelles portes d'entrée sur le marché
Ces records et la masse d'argent drainée n'ont pas laissé insensible. En France, Bercy s'est mis à rêver de Paris comme place financière majeure pour les obligations émises en euro. Alors que "les émetteurs français [...] procèdent actuellement à 85% de leurs émissions depuis le Luxembourg", Christine Lagarde "veut réanimer le marché primaire parisien" et créer une plate-forme européenne de négociation, écrit L'Agefi.

Voilà qui ne concerne que les investisseurs institutionnels, qui ont déjà des outils à leur disposition. Ce n'est pas votre cas. Impossible pour vous d'aller sur le marché primaire, où les obligations s'échangent, lors de leur émission, par paquets de plusieurs centaines de milliers d'euros. Impossible aussi de mettre votre nez dans le marché secondaire, qui fonctionne de gré à gré.

A de rares exceptions près -- émissions réservées aux particuliers, certaines assurances-vie --  votre meilleur moyen d'accéder au crédit corporate reste les fonds. Pourtant, outre-Manche, le London Stock Exchange (LSE), qui a senti le filon, a créé un "livre d'ordres électronique accessible aux petits investisseurs intéressés par les obligations" d'entreprises britanniques ou d'Etats européens, explique le Wall Street Journal Europe. Mise de départ pour une obligation corporate : 1 000 livres sterling.

Pas d'emballement. D'abord, cette nouveauté n'est pas si nouvelle que ça : le LSE retente le coup en Grande-Bretagne, copiant un service qui a déjà été lancé en Italie (où il dirige la Bourse). Ensuite, sa création ne garantit pas que les particuliers britanniques vont pouvoir saisir les "bons coups", que raflent en premier les institutionnels. Enfin, le marché obligataire est complexe.

Acheter quelque chose simplement ne garantit pas que vous réaliserez une bonne affaire. Profitez de l'engouement pour l'obligataire en vous plaçant sur des fonds qui ont fait leurs preuves, avec un horizon de placement de deux à trois ans (via des fonds à échéance).

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