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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 01 Mars 2010
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Bonjour,
Bientôt la parité euro/dollar ? On parie que non !
Philippe Béchade
▪ La séance de vendredi a été placée sous le signe des rumeurs contradictoires concernant la dette grecque. De violents mouvements spéculatifs et erratiques se sont produits sur le marché des changes.
Le spectaculaire rebond de l'euro (+1% à 1,3675 $ à l'ouverture à New York, avant une rechute vendredi soir vers 1,3600) a complètement éclipsé la série de mauvais chiffres publiés aux Etats-Unis.
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Enfin un système de trading Forex
VRAIMENT profitable pour l'investisseur individuel !
Alors que la majorité des investisseurs perdent leur temps (et leur argent !) sur les marchés actions... sur le marché des changes se joue un tout autre jeu, avec des règles bien différentes !
Et aujourd'hui, c'est à votre tour de vous joindre à la partie : grâce à un système de trading en devises simple et efficace, vous avez désormais toutes les clés pour engranger des gains de professionnel alors même que les actions s'enfoncent dans le chaos.
Continuez votre lecture pour tout savoir...
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Les économistes vont avoir matière à réviser leurs anticipations avec la chute de 7,2% des reventes de logements anciens... Sans compter la baisse de l'indice de confiance de Chicago (de 74,4 à 73,6) et la quatrième hausse hebdomadaire du chômage, avec près de 500 000 demandeurs d'emploi.
Ces piètres indicateurs avaient fait retomber l'Euro-Stoxx 50 à l'équilibre vers 16h15. Cependant, la glissade du dollar sous 1,3650/euro a dopé Wall Street en fin d'après-midi et provoqué une vague de rachats de découvert de forte intensité en Europe ; l'Euro-Stoxx 50 a repris 1,65%.
Le CAC 40 est repassé en une heure de 3 640 vers 3 708,8 (+1,87%). La perte hebdomadaire s'est trouvée considérablement réduite, passant de -3,5% à -1,6% (après +4,75% la semaine précédente).
La tendance s'était fortement dégradée à partir de lundi dernier, les investisseurs succombant à de nouveaux doutes concernant la pérennité de la reprise. Ils se sont largement désengagés des valeurs cycliques du secteur automobile (Renault perdant 6,5% et Peugeot 6,2%), de l'énergie (Total lâchait -4,65%, CGG Veritas -4,4% et EDF -3,2%) ainsi que des matériaux de base (Lafarge chutant de 5,5%, Arcelor de 3,1%, Schneider de 3,4%).
▪ Mais ces replis sont devenus presque anecdotiques en regard de l'influence exercée par le marché des changes. C'est lui qui a donné le tempo à Wall Street et en Europe tout au long de la semaine passée.
Les cambistes avaient depuis jeudi comme principal sujet de conversation l'anticipation prêtée à George Soros d'une rechute de l'euro à parité avec le dollar. Ils ont tourné casaque sur la rumeur de l'implication d'une grande banque allemande (KfW) dans le programme de refinancement de la Grèce -- à hauteur de 15 milliards d'euros sur une émission de 25 milliards.
▪ La brouille entre l'entourage d'Angela Merkel et l'équipe de M. Papandréou serait moins irréversible que la presse germanique le laisse transparaître -- de façon tout à fait délibérée, le lectorat étant très majoritairement hostile à toute manifestation de mansuétude envers la Grèce. La "réconciliation" entre les deux gouvernements européens, que tout oppose sur le plan économique, pourrait cependant être scellée d'ici une semaine.
Luis Zapatero, qui dirige la présidence tournante de l'Union européenne, a tout intérêt à ce que l'Allemagne, la Hollande, les pays nordiques et l'Angleterre ne stigmatisent pas trop agressivement les pays trop endettés du sud... car l'Espagne est la prochaine cible sur la liste des hedge funds.
Nous constatons depuis le début de l'année une rafale de dégradation affectant les dérivés de crédit immobilier... Les caisses d'épargne ibériques s'acheminent vers une crise comparable à celle qu'avaient connue les Savings & Loans américaines à l'entame des années 90.
En ce qui concerne la dégringolade de l'euro pouvant conduire à l'établissement d'une parité avec le dollar... c'est exactement le genre de rumeurs que nous aurions pu faire courir si nous étions dans la peau de George Soros et commencions à ressentir l'urgence de matérialiser les 10% de gains engrangés en vendant la monnaie unique à découvert début décembre 2009 !
Ceux qui veulent gagner gros sur le marché des changes évitent généralement la publicité !
▪ Mais même sans ces rumeurs, que nous jugeons fantaisistes, le dollar avait de bonnes raisons locales de consolider après le test des 1,3452/euro jeudi après-midi. Il n'y a toujours aucun signe d'embellie du côté du secteur immobilier aux Etats-Unis ; les reventes de logements existants ont plongé de 7,2% en janvier par rapport à décembre, pour atteindre un plus bas depuis sept mois, à 5,05 millions d'unités en rythme annualisé. Les économistes de Wall Street prévoyaient sûrement des ventes pénalisées par les mauvaises conditions climatiques dans plusieurs Etats du Nord... mais pas à une telle débâcle.
Comme les économistes s'y attendaient, la croissance du PIB des Etats-Unis au quatrième trimestre n'a pas fait l'objet d'une révision très significative. L'économie américaine a crû à un rythme de 5,9%, soit un chiffre révisé en hausse symbolique de 0,2% (réévaluation de "l'effet restockage"), partant d'une estimation initiale de 5,7%.
Cette progression succède à une reprise de 2,2% au cours du troisième trimestre et une contraction de 0,7% au deuxième trimestre. Cette accélération algébrique masque le fait que la consommation des ménages a ralenti à 1,7% -- ce qui est certainement plus proche du rythme de croissance réel de l'économie outre-Atlantique... et où en seraient les dépenses des ménages sans les béquilles budgétaires que Washington a fait voter il y a tout juste un an ?
Contre toute attente, l'activité industrielle s'accélère une nouvelle fois dans la région de Chicago en février, d'après l'association locale des directeurs d'achat. L'indice d'activité PMI de Chicago s'inscrit en effet en hausse à 62,6, contre 61,5 en janvier... mais cette région sinistrée bénéficie -- vous le devinez -- d'un soutien volontariste de la part de Washington.
Cela ne suffit pas à soutenir la confiance des consommateurs : le baromètre mensuel de l'Université du Michigan a rechuté à 73,6 en février (73,7 en estimation préliminaire) contre 74,4 en janvier. Avec 40% de logements à vendre à Détroit et dans ses environs, et un taux de chômage qui flirte avec les 25% (et 50% chez les jeunes), le nord des Etats-Unis commence à ressembler de plus en plus aux pays du "Club Méditerranée" contre lesquels la spéculation menace de se déchaîner.
C'est toujours la même paille dans l'oeil des riverains de la Grande bleue qui empêche de voir la poutre qui obstrue l'oeil des riverains des Grands Lacs...
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Petit guide de survie anti-dépression
▪ La dépression se porte bien !
Les chiffres du chômage US ont été annoncés ; ils sont plus hauts que prévus.
Et les ventes de maisons neuves, en janvier, étaient à leur plus bas niveau. Les experts se sont empressés d'accuser la neige. Mais les ventes étaient en baisse même dans des régions ayant une météo meilleure que la normale.
Les revenus des ménages américains stagnent depuis 10 ans. Les actions ont subi une décennie perdue, elles aussi. Et Ben Bernanke déclare maintenant qu'il faut être prudent... parce que la reprise est loin d'être acquise.
Le chef de la Fed n'en a pas la moindre idée. Mais les citoyens moyens savent ce qui se passe. Ils savent combien il est difficile de trouver un emploi. Si on est dans le secteur immobilier... ou qu'on a seulement un an ou deux d'université derrière soi... on n'a vraiment pas de veine. L'âge de la retraite pourrait arriver avant que l'on retrouve un travail.
Voilà pourquoi il y a une telle chute de la confiance des consommateurs.
Mais regardez le bon côté des choses. Construire plus de maisons pour des gens qui ne pouvaient se permettre d'y vivre n'était pas exactement la meilleure stratégie économique. Et toutes ces personnes qui évaluaient les hypothèques et vendaient des maisons peuvent désormais trouver des emplois plus utiles. De vrais emplois. Pour faire des choses plus utiles. Quels seront ces vrais emplois ? Nous ne le savons pas encore. Il pourrait falloir beaucoup de temps avant de le découvrir. En attendant, on a une dépression sur les bras...
... Autant en profiter !
Comment profiter d'une dépression ? Eh bien, la première chose est de vous assurer que vous ne vous tenez pas sur son chemin...
Vous ne le savez peut-être pas, cher lecteur, mais en plus d'écrire la Chronique Agora, votre correspondant a un travail sérieux...
Oui, le matin, nous sommes philosophe moral... nous insultons gratuitement les autorités, des professions complètes et des nationalités entières. Nous leurs sommes reconnaissant... ils rendent la vie si distrayante ! Imaginez quel genre de monde nous aurions si les gens s'occupaient de leurs affaires et vivaient leur vie... Ils seraient plus riches et plus heureux, nous n'en doutons pas... mais qui pourrions-nous montrer du doigt en riant ?
Non, cher lecteur, le monde a besoin des gaffeurs, des idiots, des politiciens (est-ce que nous nous répétons ?), des escrocs (pardon... encore une répétition) et des mégalomanes. Il a besoin de quelqu'un pour défier les dieux de temps à autre. Sans ça, les dieux n'auraient pas le plaisir de leur rabattre le caquet. Et nous n'aurions pas le plaisir d'observer.
Pour en revenir à nos moutons... quels moutons ? Ah oui, le fait que nous avons aussi un travail sérieux. En plus d'écrire sur le monde de l'argent, nous devons également y vivre.
Vous voyez, nous avons un Bureau Familial... un petit groupe de chercheurs et d'analystes qui doivent en fait prendre des décisions... L'après-midi, nous devons décider. Que faire ? Long ou short ? Acheter ou vendre ?
L'une des choses que nous avons besoin de surveiller, ce sont nos émotions. En dépit de nos méditations, de notre cynisme et de notre détachement, nous sommes humain aussi. Nous nous attachons émotionnellement à nos idées. Ensuite, nous hésitons à les abandonner... aussi épouvantables qu'elles se révèlent être.
Nous nous rappelons... avec tristesse... que nous avons traîné des pieds après le marché haussier de l'or à la fin des années 70. Nous ne voulions pas vendre. Nous avons donc retardé... hésité... et lorsque nous avons enfin réalisé à quel point nous nous trompions, nous n'avions plus besoin de vendre. Le marché baissier du métal jaune était terminé ! L'or avait atteint son plancher. Il avait chuté de 70% par rapport au sommet. Bien plus en termes réels.
Mais rien de tel qu'un marché baissier de 20 ans dans votre classe d'actifs préférée pour vous aiguiser les idées. Nous avons réalisé qu'il nous fallait un meilleur moyen...
▪ Lorsqu'on investit de l'argent réel, on a besoin de discipline... et de quelques règles. Dans notre Bureau Familial, nous avons développé une approche méthodique qui nous laisse choisir des thèmes d'investissement très soigneusement -- après beaucoup de réflexion, de consultations et de délibérations. Elle nous empêche ensuite de faire des changements... sauf, à nouveau, avec beaucoup de réflexion et de discussions. Nous avons également notre propre système de timing -- et il faudrait presque une décision du Congrès US pour y contrevenir. Si le système dit qu'il faut sortir... nous sortons.
Pourquoi vous expliquer tout ça ? Parce que vous devez suivre des règles aussi -- ou vous allez souffrir avec tout le monde, dans cette dépression.
Quelle est la première règle d'une dépression ? Conserver ses liquidités. Durant une dépression, le cash grimpe. Tout le reste baisse.
Quasiment tout le monde perd, durant une dépression. Tous les actifs chutent. Par rapport à quoi ? Par rapport à l'argent... aux liquidités. La chose à faire est donc évidente. Débarrassez-vous de vos investissements. Réduisez vos dépenses. Tenez bon. Ne faites rien. Attendez que la dépression ait suivi son cours.
Si l'on suit l'exemple du Japon, la situation pourrait durer pendant encore 10 à 20 ans -- avec des prix chutant dans tous les domaines ou presque, en particulier pour les actions et l'immobilier.
Il va être difficile de rester sans rien faire durant un ralentissement si long. Vous allez être tenté de spéculer... de revenir sur le marché... Vous ne voudrez pas rester en arrière.
Pourtant, dans une vraie dépression, rester en arrière est ce que vous pouvez espérer de mieux.
▪ Il y a un an ou deux, nous aurions pensé qu'on ne pouvait pas augmenter la masse monétaire à tel point sans de graves conséquences inflationnistes. L'inflation -- avec un retard d'environ 18 mois -- était une certitude absolue. Maintenant que nous sommes plus proche de la situation, nous voyons que l'inflation pourrait être difficile à éviter... mais qu'elle est également difficile à générer. Le Japon n'y est pas parvenu. Et la Fed de Bernanke en semble incapable elle aussi.
Les banquiers centraux parlent d'augmenter leurs cibles d'inflation de 2% à 4% afin de se donner plus de flexibilité pour gérer des situations comme la crise des deux dernières années. Mais ils rêvent. On ne peut pas vraiment contrôler l'inflation si parfaitement. Peut-être ne peuvent-ils pas vraiment la contrôler du tout, sinon de manière grossière et maladroite. Ils ont triplé les réserves monétaires mondiales, ces sept dernières années. Les prix de l'or et du pétrole ont réagi plus ou moins en ligne avec la base monétaire. Mais la plupart des prix à la consommation dépendent lourdement des investissements en Chine... des prix de l'immobilier aux Etats-Unis... et d'un million d'autres choses que les économistes de la Fed ne peuvent même pas commencer à contrôler.
Bien entendu, in extremis, comme l'a expliqué Ben Bernanke autrefois au monde, une Banque centrale peut toujours créer de l'inflation incontrôlée. Ils ont "une technologie appelée planche à billets", a-t-il dit. Faites tourner la planche à billets... faites savoir aux gens que vous la faites tourner... et vous aurez de l'inflation en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Mais les coûts financiers et économiques de la planche à billets sont si élevés qu'aucune Banque centrale... et certainement aucune Banque centrale d'un pays civilisé... n'est jamais assez imprudente ou hardie pour s'y risquer. C'est l'option nucléaire du monde monétaire. Il faut être vraiment désespéré pour choisir l'option nucléaire. Nous ne pensons pas que Bernanke et son équipe y auront recours... avant longtemps.
Ceci dit, il y a aussi des armes conventionnelles... comme celles qu'on utilise en ce moment. L'une en particulier -- l'assouplissement quantitatif -- présente une belle puissance de feu. Elle n'est pas nucléaire. Mais elle peut quand même faire de gros dégâts. Restez à l'écoute.
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La Chine en tête... à bien des égards
▪ Nous n'avons plus que la Chine en tête.
Et il en va de même pour M. Tout-le-Monde. ABC News et le Washington Post ont interrogé 1 000 Américains et ont découvert que...
- 41% pensent que le XXIe siècle sera le "siècle chinois" ;
- 40% pensent que ce sera encore un "siècle américain" ;
- une mince majorité pense que les Etats-Unis joueront un rôle moins important dans l'économie mondiale pendant ce siècle qu'au cours du précédent ;
- mais une majorité pense aussi que ce sera soit une bonne chose, soit, au pire, sans importance.
Nous essayons d'être optimistes et de prendre le dernier point comme un signe que le monstre protectionniste ne rôde plus parmi les masses.
Pendant ce temps, il y a d'autres problèmes...
▪ La Chine vient juste de repousser à une date ultérieure plusieurs "échanges" militaires entre Pékin et Washington -- des visites de dignitaires et autres événements du même type. C'est la première conséquence réelle, concrète, de la vente de 6,4 milliards de dollars de matériel militaire à Taïwan de la part des Etats-Unis.
La rumeur dit que la Chine va acheter les 191,3 tonnes d'or que le FMI a annoncé la semaine dernière vouloir mettre sur le marché. Pour l'instant, seules les agences de presse russes rapportent cette information ; elle doit encore être confirmée par les sources occidentales.
Nous prenons note de ces développements en gardant à l'esprit quelques délais encore flous...
▪ Le mois prochain, le Pentagone doit publier son estimation annuelle des forces militaires chinoises. En général, elle contient des données alarmistes, et Pékin répond souvent avec colère, mais la plupart du temps, ce n'est que du théâtre. Qu'en sera-t-il cette fois ci ? Nous verrons bien...
▪ Avril ouvre la fenêtre officielle dont le secrétaire au Trésor US pourrait profiter pour qualifier la Chine de "manipulateur de devise". Nous entendons dire à Washington que l'administration Obama est tentée de relancer l'emploi en relançant les exportations -- ce qui signifie un dollar plus faible en général, et surtout un dollar plus faible face au yuan. Nous allons garder un oeil attentif là-dessus.
Tout ceci nous reste à l'esprit tandis que nous méditons sur un court article que nous avons lu, rédigé par un homme qui vit en Chine depuis douze ans. "Ce que les gens ne comprennent pas", écrit-il, "c'est que ce pays est désormais plus capitaliste que les Etats-Unis" :
- pas d'impôts sur les bénéfices ;
- pas d'impôts sur la propriété ;
- pas d'impôts locaux ou nationaux ;
- un impôt raisonnable de 35% pour ceux qui gagnent le plus ;
- des impôts sur les entreprises de 0% pendant trois ans puis de 15% par an ensuite.
"Et surtout, ce n'est pas une économie casino comme les Etats-Unis. La Chine va vendre 30% de véhicules de plus cette année que ce qu'il va se vendre aux Etats-Unis... 93% de ces véhicules vont être payés cash".
"Pour un prêt immobilier, vous avez besoin d'un apport de 30%. Pour qu'une entreprise privée obtienne un prêt, il faut justifier des actifs de la compagnie, c'est-à-dire le site et les équipements. Il n'y a pas d'effet de levier ici".
"C'est un pays dans lequel il n'y a qu'un parti, mais au moins il se concentre sur son peuple. [Aux Etats-Unis], nous avons un système à deux partis, qui nous ont tous les deux laissés tomber. Toutes les économies du Tigre asiatique avaient besoin d'un gouvernement central solide pour sortir de la pauvreté. Ce n'est pas un bon système pour notre culture, mais cela fonctionne pour la leur".
"Des systèmes de trains à grande vitesse qui fonctionnent, 50 nouveaux aéroports au cours des cinq dernières années -- il faut le voir pour le croire".
Nous allons en Chine au mois de mai. Nous espérons pouvoir ouvrir une entreprise à Pékin. Mais qu'en dites-vous ? La Chine serait-elle aujourd'hui, avec tous ses défauts, plus capitaliste que les Etats-Unis ?
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Or : attention aux escroqueries
Marc Mayor
▪ Un milliard de dollars par jour en fumée...
Il y a quelques semaines, je parlais d'une véritable bombe dans le paradis du métal jaune. Le gouvernement vietnamien avait ordonné, au 1er janvier de cette année, que toutes les plates-formes de trading sur l'or fermeraient leurs portes d'ici mars.
Ceci ne sera évidemment pas sans conséquence pour le marché mondial, puisque le Vietnam est le huitième plus important acheteur d'or au monde.
Coût de l'opération ? Un milliard de dollars par jour qui s'envole sur une simple décision gouvernementale.
▪ Aux Etats-Unis ? Presque un réflexe...
Aux Etats-Unis, pas besoin de telles mesures : le système est trop bien huilé. Le quidam qui ne possède qu'une babiole en or offerte par sa grand-mère est rapidement repéré par l'initié, qui profitera de sa détresse et de son ignorance, puisque le trading sur l'or est quasiment institutionnalisé.
En temps de crise, ça devient presque un réflexe : se séparer des bijoux de famille devient un passe-temps pour le chômeur endetté. De l'autre côté du spectre, il y a des sociétés, parfois cotées en Bourse, comme Dollars 4 Gold, Get Gold Cash ou encore Cash 4 Gold.
▪ Une histoire qui pèse son poids en or...
Une équipe de journalistes de la chaîne ABC a assemblé des bijoux 14 carats, puis les a fait analyser par un gemmologue. Après avoir vérifié que chaque pièce était effectivement de 14 carats, l'expert a pesé le tout ; en vertu du prix de l'or au moment de la transaction potentielle, il déclara aux gens de la télévision que l'on pouvait espérer retirer jusqu'à 350 dollars de chaque paquet de bijoux en question.
Alors, l'équipe de télé s'est rendue chez un bijoutier de Manhattan avec un paquet identique, et a demandé une offre. Résultat 345 dollars, très proche du montant que le précédent expert avait laissé espérer.
▪ La différence entre les pros et les opportunistes ?
La voici :
Enfin, trois paquets ont été envoyés par la poste aux trois plus gros acteurs du secteur. Get Gold Cash a d'abord offert 206,15 $ (soit environ 40% de moins) ; devant le refus du client, l'offre est ensuite montée à 275 $, encore 20% en dessous des prix du marché.
Dollars 4 Gold a d'abord prétendu que les bijoux envoyés étaient du 10 ou 12 carats. Leur offre : 89,71 $, c'est tout juste 25% de leur juste valeur.
Cash 4 Gold a fait encore mieux : 66,05 $, une décote de plus de 81% par rapport au prix réel ! Devant le refus du client, l'offre est ensuite montée à plus du double.
▪ Escroquerie...
Selon un ancien employé de l'une de ces sociétés, il s'agit d'abord de faire traîner les choses : si le client lui demande si son paquet est bien arrivé, l'employé ne doit répondre par l'affirmative que trois à quatre jours après l'avoir reçu, même si le paquet est déjà à bon port.
La société émet le chèque dans les 24 heures, mais ce dernier peut rester encore trois ou quatre jours dans les mains de la société, et son envoi peut évidemment prendre entre deux et quatre jours supplémentaires.
▪ ... et mauvaise foi
Pourquoi ? Car la garantie "satisfait ou remboursé" n'est valable que si le client contacte la société dans les 10 jours suivant la facturation. Or, que dit la publicité ? "Vos chèques en 24 heures". Ce n'est pas complètement faux. Le chèque est bel et bien émis dans les 24 heures suite à la réception des bijoux.
▪ Oups ! Désolé, perdu...
Et si vous avez le malheur d'envoyer des pièces inestimables, voici ce qui peut arriver : oups, le paquet "se perd" et la société vous rembourse 100 dollars comme montant d'assurance maximale.
▪ Le petit épargnant qui trinque
En fin de compte, entre les deux anciens protagonistes de la guerre du Vietnam, peu de différences : c'est le petit épargnant qui trinque. Peu importe le régime. Il n'en reste pas moins que les initiés se réservent tout l'or, sachant bien qu'il vaut mieux détenir un métal que les hommes considèrent comme précieux depuis la nuit des temps, plutôt que des billets qui finiront, un jour ou l'autre, par perdre la totalité de leur valeur.
Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur son site internet Le Coin des Insiders. Vous retrouverez également Marc prochainement dans le cadre de sa propre lettre d'investissement pour les Publications Agora : restez à l'écoute !
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