La Chronique Agora

 

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 26 Février 2010
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Bonjour,

Nucléaire et uranium : la tendance est de retour à la hausse

Byron King

▪ L'ère du "Non au Nucléaire" a été remplacée par l'ère du "Oui au Nucléaire"... et les valeurs de l'uranium sont un bon moyen de surfer sur la tendance.

L'industrie du nucléaire est sur le point de faire une belle percée, et de devenir une excellente opportunité d'investissement. Récemment, j'ai discuté avec des gens du secteur du nucléaire -- des minières aux fabricants de réacteurs en passant par ceux qui sont en contact avec le gouvernement et ceux qui signent les chèques. Tout ce que j'ai entendu me pousse à croire que 2010 sera -- enfin -- une bonne année pour l'industrie nucléaire.

Que ce soit aux Etats-Unis ou dans le reste du monde, le nucléaire se porte bien... et même de mieux en mieux. L'énergie nucléaire est principalement utilisée pour générer de l'électricité. Commençons par jeter un oeil à la façon dont le monde génère son électricité.

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LA DEUXIEME GRANDE DEPRESSION
Une catastrophe économique est en train de se dérouler : elle va réduire à néant l'épargne de millions de Français...

... alors que d'autres doubleront leur patrimoine dans le même temps.

Nos spécialistes avaient vu venir la catastrophe des subprime... la hausse spectaculaire de l'or... l'effondrement du système bancaire et financier. A présent, ils vous révèlent comment sortir gagnant d'une crise telle que nous n'en avions pas connu depuis les années 20 : continuez votre lecture pour tout savoir...

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Il existe 436 réacteurs en activité dans 30 pays à travers le monde, dont 104 sont aux Etats-Unis. Ces réacteurs ne produisent que 15% de l'électricité mondiale. La bonne nouvelle, c'est que 50 réacteurs sont actuellement en construction. Il y en a 137 de plus de prévus, ainsi que 295 propositions de construction en attente d'autorisation.

Et qu'en est-il de la Chine et de ses ambitions nucléaires ? Selon un article dans le New York Times du 16 décembre 2009, "au cours des dix prochaines années, la Chine se prépare à construire trois fois plus de centrales nucléaires que tous les autres pays du monde réunis".

Selon le Times, "l'industrie civile de l'énergie nucléaire" de la Chine (et soyez sûr qu'il existe aussi une industrie militaire du nucléaire en Chine) possède 11 réacteurs en activité, et 10 réacteurs de plus sont prévus par an pour les 15 années à venir. Cela représente 150 nouveaux réacteurs rien que pour la Chine.

▪ Alors où le secteur nucléaire mondial va-t-il trouver l'uranium nécessaire pour faire tourner ces nouveaux réacteurs ? C'est une excellente question. Rien qu'aux Etats-Unis, l'utilisation annuelle d'uranium pour le nucléaire est de près de 25 millions de kilos. Les Etats-Unis produisent moins de 1,8 million de kilos de ce carburant -- près de 7% -- et importent le reste.

Mais malgré la grande demande des Etats-Unis en matière d'uranium importé, l'industrie mondiale de l'extraction d'uranium n'a pas la capacité nécessaire pour répondre à cette demande. Une grande quantité du carburant nucléaire importé aux Etats-Unis vient des ogives nucléaires russes retirées de la circulation. Ces ogives datent de l'Union soviétique.

Si vous pensiez que les Etats-Unis avaient un problème avec le pétrole importé, vous savez maintenant que le pays a également un problème avec l'uranium. Je ne suis bien sûr pas le seul à le savoir. C'est un problème de sécurité nationale, et je peux vous dire que les choses sont sur le point de changer radicalement.

Discutons donc du carburant, l'uranium, qui est valorisé et échangé en tant qu'oxyde, le U3O8 (une poudre jaune, qu'on appelle souvent yellowcake.) Le prix du U3O8 a atteint un pic en juin 2007, à près de 135 $ la livre. Le prix n'a fait que baisser depuis, et a dégringolé fin 2008 suite à l'effondrement mondial et la chute de la Bourse.

L'oxyde d'uranium se vend actuellement autour des 40 $ la livre. Ce prix est le plus bas qu'il puisse atteindre, selon les personnes avec lesquelles j'en ai parlé. Un producteur m'a dit : "au cours actuel autour des 40 $, je peux difficilement payer les frais généraux pour maintenir le site en activité. En dessous de ce prix, je risque d'être obligé de fermer et de faire perdre de l'argent à d'autres personnes. Mais si les prix remontent, toute augmentation se verra tout de suite dans mes résultats financiers. J'espère donc très bientôt gagner de l'argent dans ce secteur".

Que veut-il dire par là ? Les entreprises d'extraction et les entreprises d'achat d'uranium s'accordent à dire que le prix de l'uranium va monter en 2010. La raison, c'est que les Russes vont bientôt être à court de vieilles ogives et que les autres fournisseurs vont revenir sur le marché avec plus d'offre.

Le point de vue à court terme, c'est que nous allons voir les prix de l'oxyde d'uranium tourner autour des 60 $ courant 2010. Les prix vont grimper encore plus haut à moyen terme, et certains prévisionnistes annoncent 250 $ et plus sur le long terme. Tout indique donc qu'il y a un bon investissement à faire ici.
[NDLR : Pour profiter de tout le potentiel de l'uranium... mais aussi de nombreuses autres formes d'énergie... continuez votre lecture !]

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La dépression va très bien, merci beaucoup

Bill Bonner

▪ Officiellement, la crise est terminée. Tout le monde le dit. Les banques centrales et les autorités économiques s'auto-congratulent. Voilà un an que la fin du monde n'a pas eu lieu... et ils s'en attribuent tout le mérite.

Bernanke a déclaré cette semaine qu'il maintiendrait les vannes monétaires grandes ouvertes pendant encore un temps... mais c'est juste parce que la reprise est fragile. Il parle également de "sortir" des programmes de relance, maintenant que l'économie se remet sur pied.

Sottises ! Balivernes ! Absurdités !

Les économistes grand public sont coupables de manquement à leur devoir. Ils devraient dire aux gens que cette "reprise" est une escroquerie. Ils devraient prévenir les investisseurs que les marchés pourraient s'effondrer du jour au lendemain. Ils devraient acheter de l'or et vendre des titres du Trésor US... et expliquer aux politiciens qu'on ne peut pas dépenser jusqu'à sortir d'une dépression, avec des dollars bidon gaspillés en projets inutiles !

Au lieu de ça, les idiots se donnent des tapes dans le dos... se félicitant d'avoir sauvé la planète de la destruction.

▪ Mais que s'est-il vraiment passé ? Et que se passe-t-il actuellement ?

Très bonne question, merci de l'avoir posée.

Pour commencer, un véritable phénomène économique est en train de se dérouler -- la dépression. Elle se porte très bien, merci beaucoup. Les ménages se désendettent. Les entreprises reconstruisent leurs trésoreries. Les gens perdent leurs emplois. Les taux d'épargne grimpent.

Quasiment tout se passe comme ça le devrait.

Les dépressions sont des phases de baisse des prix. Les marchés découvrent en permanence ce que les choses valent. Durant une dépression, ils s'aperçoivent que les actifs -- les actions et l'immobilier, généralement -- ne valent de loin pas autant que le pensaient les gens.

Voilà pourquoi notre drapeau d'Alerte au Krach est toujours hissé. Les prix seront sujets à des chutes brutales et soudaines jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin à de véritables niveaux de dépression. Dans la mesure où ça ne s'est pas encore produit... nous sommes d'avis que ça va venir.

Du côté de l'emploi, cette dépression a mis plus de six millions d'Américains au chômage. Et tous les mois, de plus en plus de gens rejoignent les rangs des chômeurs. Jusque là, ça va. L'économie américaine n'avait pas besoin d'autant d'installateurs de revêtement de sol en marbre, ni d'autant d'agents de refinancement hypothécaire (si seulement on pouvait faire quelque chose pour se débarrasser des lobbyistes !).

Le pire, durant une récession, c'est qu'elle garde les sans-emploi très longtemps dans la prison du chômage. Bon nombre d'entre eux finissent condamnés à perpétuité... ils ne travailleront plus jamais.

A cet égard, la dépression actuelle ressemble à la dépression japonaise de 1990-2010. Après l'éclatement de la bulle, les Japonais... qui vieillissaient plus rapidement qu'aucun peuple auparavant... se sont dit qu'ils devaient se mettre à épargner sérieusement. Ils ont donc réduit leurs dépenses... et ont épargné. Les dépenses nationales se sont effondrées. Heureusement le reste du monde -- en particulier les Américains -- jetait encore l'argent par les fenêtres. Et le Japon est une économie menée par les exportations. Même ainsi, avec leurs propres consommateurs qui dépensaient à contrecoeur, l'économie japonaise n'est allée ni très loin, ni très vite.

Les Japonais ont mis leur vaste épargne, directement ou indirectement, dans les obligations gouvernementales japonaises... aidant le gouvernement à financer ses gigantesques programmes de relance. Bien entendu, lesdits programmes étaient un vrai gâchis. L'économie ne s'est jamais vraiment remise... et maintenant, le gouvernement devrait encourir l'an prochain une dette brute équivalant à 200% du PIB, selon le FMI.

A titre de comparaison, les Etats-Unis devraient atteindre 100% du PIB l'an prochain. La Grande-Bretagne suit les Etats-Unis de près avec une dette à 94% du PIB.

Et les Américains entrent désormais aussi en mode d'épargne-retraite. Les plus nombreux -- les baby-boomers -- doivent économiser rapidement pour financer leurs retraites. Ils réduisent leurs dépenses... pas seulement temporairement... mais de manière permanente. Ils ne dépenseront plus jamais comme ils l'ont fait durant les grandes années de bulle, entre 2003 et 2007. C'est ce qui fait d'une dépression une dépression durable...

Autre facteur de dépression : le manque de prêts. Le crédit bancaire continue de chuter. Les ménages réduisent leurs dépenses parce qu'ils doivent sortir de la dette... et économiser de l'argent pour prendre leur retraite. Les entreprises réduisent aussi leur train de vie. Les nouveaux projets s'en sortent mal, généralement, durant une dépression. Les petites entreprises luttent... et font faillite. Les grandes entreprises obtiennent des renflouages et des subventions. Les dépressions sont des époques où il vaut mieux n'être ni emprunteur, ni prêteur.

La dette n'augmente qu'au niveau gouvernemental. Mais c'est une histoire pour un autre jour...

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Comment Charles Munger vit sauter la banque du casino de Basicland

Philippe Béchade

▪ Nous adorons les paraboles... et les rédacteurs de la Chronique Agora forment une vraie équipe. Si vous n'en étiez pas tout à fait convaincu, en voici la preuve.
 
Bill Bonner évoquait jeudi un conte moderne écrit par Charles Munger, le discret bras droit de Warren Buffett, et publié par Slate Magazine. Bill n'était pas parvenu à aller au bout de sa lecture suite à un de ces soucis temporaires dont Internet a le secret... Mais quelques heures plus tard, le lien était réparé et je peux reprendre le flambeau -- enfin plutôt le clavier... mais l'expression est moins glorieuse -- et vous conter la fin de l'histoire.
 
Juste un petit résumé de l'épisode précédent avant d'aborder la partie la plus picaresque de cette fable moderne. Les Européens découvrirent il y a quatre siècles, par-delà l'océan Atlantique, une île sauvage et pourvue de toutes les richesses naturelles et biologiques dont une civilisation entreprenante puisse rêver -- à l'exception du pétrole et du gaz naturel... un détail qui a son importance.
 
Instruites de leurs erreurs passées, les populations européennes qui décidèrent de s'établir sur cette île, dénommée Basicland, instituèrent un gouvernement démocratique. Il était garant de la propriété privée et de la sécurité des citoyens, et encourageait les initiatives individuelles et l'épargne. De vertueux principes qui permirent au Nouveau Monde, devenu étonnamment prospère, de se doter d'une monnaie solide et d'une réputation de partenaire commercial fiable.
 
Avec l'augmentation de la richesse vinrent le confort puis l'oisiveté. De nombreux citoyens de Basicland commencèrent à fréquenter assidûment les casinos pour meubler leurs heures perdues... mais comme par enchantement -- et comme le temps c'est de l'argent -- ils se mirent à gagner des fortunes, au lieu de les perdre comme sur le Vieux Continent. Cela grâce à des martingales basées sur des produits dérivés qui permettent de jouer au poker des sommes bien plus considérables que celles que l'on a en poche.
 
Vous supposez un peu hâtivement que les casinos n'allaient pas tarder à faire faillite à ce régime-là... Mais ce serait oublier qu'il est possible de fabriquer des jetons pratiquement à l'infini ; ils conservent une valeur théorique tant que l'ensemble des joueurs ne passe pas d'un seul coup à la caisse pour les transformer en espèces sonnantes et trébuchantes.

Tant de joueurs étaient devenus virtuellement si riches qu'ils ne pouvaient pas ramener cette fortune chez eux... alors autant laisser leurs piles de jetons dans un coffre à leur nom sur place pour revenir tenter leur chance au black-jack le lendemain.
 
▪ Les citoyens de Basicland réalisèrent bien vite que l'on s'enrichissait bien plus vite en misant son argent grâce aux dérivés dans le casino-miracle qu'en produisant quelque chose dont les gens ont besoin. Il ne fallut pas attendre très longtemps avant que les casinos pèsent 25% du PIB de l'île... et les croupiers, grassement rémunérés pour leurs étranges services de pourvoyeurs de fonds sur les tables de poker, engrangeaient pas moins de 22% de la richesse produite chaque année par l'ensemble des salariés du pays !
 
Alors que les exportations de biens et services représentaient 25% du PIB avant que les casinos ne se mettent à pulluler sur Basicland, ce chiffre chuta à 10%. Les importations de pétrole -- dont les joueurs étaient gros consommateurs pour se rendre en grosses berlines ou 4x4 au casino -- finirent par représenter 35% du PIB.
 
La réputation financière de Basicland commença à se gâter lorsque certains joueurs proposèrent de régler leur plein en jetons de casino. Il y avait peut-être déjà trop de queue pour faire le change : ça irait plus vite en réglant le pompiste par ce moyen... Cela ne devait pas poser de problèmes puisque ce dernier avait toutes les chances d'être lui aussi atteint par le virus du poker qui gagne à tous les coups.
 
Mais certains sceptiques commencèrent à s'interroger sur le fonctionnement de ce casino où il se jouait 100 fois les sommes en cash ultérieurement converties en jetons.
 
Comme l'écrivait John Maynard Keynes, "quand le développement d'un pays repose sur des opérations de type casino, la banqueroute n'est jamais très loin"... et c'est exactement ce qui est advenu. Basicland a joué son destin à quitte ou centuple... et a tout perdu.
 
Fin du récit de Charles Munger.
 
▪ Nous n'avons aucun mal à reprendre le fil de cette histoire pour le dérouler jusqu'à aujourd'hui. Les choses ont mal tourné lorsque les joueurs les plus avisés ont commencé à se faire payer leurs gains en espèces sonnantes et trébuchantes au milieu de l'été 2007. C'est à ce moment que le marché interbancaire s'est littéralement figé comme la banquise : les liquidités se sont transformées en glace bleue. On ne parvenait plus à en extraire quelques maigres éclats qu'à grands coups de hache.

Et c'est ainsi que l'on vit se former à l'automne 2008 devant les agences de grandes banques-casinos britanniques des files d'attente telles que l'on n'en avait plus observées depuis 1929.
 
Pour rassurer la population, le gouvernement de Gordon Brown, avec l'appui d'Alistair Darling, s'empressa de racheter les établissements en question. Après avoir refait les peintures et changé quelques ampoules pour rendre l'éclairage plus intime, il fit inscrire : "changement de propriétaire, les tables de jeu restent ouvertes".
 
Dix-huit mois plus tard, les casinos copieusement réalimentés en jetons tout neufs semblent fonctionner comme avant. De nombreux joueurs ont repris leur partie de poker et les piles de jetons qui s'entassent sur le tapis vert sont plus hautes que jamais (surtout chez "JP Goldman").
 
La tentation redevient très forte de passer à la caisse pour transformer ses jetons en quelque chose de plus tangible. Les soudains accès de faiblesse des marchés depuis le 11 janvier trahissent l'appel d'air créé par ceux qui désertent le casino.

▪ C'est ainsi que la séance de jeudi s'est très mal terminée en Europe... Coup de théâtre, toutefois : Wall Street, qui avait rouvert en repli de 1,5%, n'affichait au final que 0,2% de baisse pour le S&P 500 -- ou -0,08% s'agissant du Nasdaq.

Quelqu'un a dû annoncer au micro que des jetons allaient être distribués gratuitement aux clients les plus fidèles !

Le scénario était diamétralement opposé en Europe quelques heures auparavant. La consolidation initiale de -0,5% s'est transformée en violente correction après la publication à 14h30 de deux statistiques américaines jugées décevantes. On a notamment annoncé une hausse de 22 000 demandeurs d'emploi la semaine précédente aux Etats-Unis, ce qui porte le total à près de 500 000, après quatre semaines consécutives de dégradation.

Les commandes de biens durables ont reculé de 0,6% en janvier, hors secteur aéronautique. Le consommateur américain cherche par tous les moyens à réduire ses grosses dépenses.

Le CAC 40, qui dérapait brusquement sous les 3 700 points, a bien refermé dès 14h45 le gap des 3 669 points du 16 février dernier... mais il ne s'est pas arrête là. Il a rapidement perdu 2%, plombé par la rechute de Total et Technip puis, de proche en proche, celle de GDF Suez et EDF tandis que le baril de pétrole dévissait de 3,7%, à 77 $ sur le NYMEX.

Sans surprise, le dollar a battu de nouveaux records annuels face à l'euro (à 1,3475) avant de céder un peu de terrain (1,355) en début de soirée.

Mais qu'il s'agisse de l'euro ou du dollar, ce ne sont pas les meilleurs choix possibles pour qui s'apprête à changer ses jetons avant de déserter le casino. Une fois ressortis les poches pleines de papier-monnaie, les joueurs les plus avisés s'empressent de les convertir en actifs aurifères.

Charles Munger n'aurait pas désavoué un tel épilogue...

 

PS : Après la baisse d'hier, que nous réserve la séance d'aujourd'hui ? Comment vous positionner pour en profiter au mieux ? Retrouvez Philippe Béchade au 0899 88 20 36* pour une analyse exclusive des coulisses boursières... et des recommandations pour y adapter votre portefeuille.

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Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

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Investir dans le molybdène : une bonne idée

Isabelle Mouilleseaux

▪ Aujourd'hui, parlons du molybdène, qui cote 35 000 $ la tonne (15,98 $ la livre) sur le LME. Le cours a fortement décroché avec la crise, passant de 45 $ à 8 $ la livre. Il a, depuis le point bas de fin 2008, rebondi de quelque 100%. Cotant à l'heure où j'écris ces lignes 16 $ la livre.

Evolution du cours du molybdène en $ la livre
Evolution du cours du molybdène en $ la livre

La sidérurgie : débouché numéro un
Le molybdène est essentiellement utilisé dans la sidérurgie, pour réaliser des aciers spéciaux (anti-corrosifs). Notamment l'acier inoxydable -- inox -- qui représente à lui seul 25% des débouchés du molybdène.

Or vous le savez, la production d'inox a très fortement chuté ces deux dernières années dans les pays développés. En revanche, elle n'a pas cessé de croître en Chine et en Inde. +20% sur les trois premiers trimestres 2009 en rythme annuel pour la Chine !

La reprise économique attendue pour 2010 (si elle se concrétise !) permettrait à la production mondiale d'inox de redémarrer au rythme de 8% l'an. Ce qui ne manquera pas de tirer la demande en molybdène.

La Chine creuse l'écart et mène la danse
Comme pour le cobalt, la part de la Chine dans la consommation totale de molybdène est très importante.

En 2009, la consommation mondiale de molybdène se serait repliée de 9% selon les estimations. Mais la demande chinoise, elle, s'est affichée en totale contre-tendance, augmentant de 5% sur 2009. Toujours selon les estimations.

Et cet appétit chinois devrait se poursuivre, la consommation de molybdène devant croître au rythme de 9% l'an pour les cinq prochaines années dans l'empire du Milieu. Elle dépasse bien entendu largement le rythme de croissance de la consommation mondiale, attendu autour de 2% l'an dans les pays de l'OCDE.

Forte baisse de la production
Face à l'effondrement de la demande occidentale, les producteurs ont massivement réduit leur production minière fin 2008 et sur 2009.

En 2009, la production minière de molybdène (200 000 tonnes) aurait diminué de 12%. Alors qu'entre 2000 et 2008 la production minière augmentait au rythme annuel de 5%. Face au repli de la demande en 2008/2009, beaucoup de projets d'investissement ont été abandonnés, au mieux reportés. Ce qui pèsera sur l'offre future.

Le marché pourrait redevenir déficitaire
La Chine a poursuivi comme toujours sa politique de sécurisation des approvisionnements, en renflouant en permanence ses stocks stratégiques. Si bien que les excédents apparus sur le marché en 2008 et 2009 ont été absorbés par l'empire du Milieu.

On s'attend dans les prochaines années à une reprise de la demande, le marché pourrait ainsi redevenir déficitaire dans quatre ans.

Investir sur le molybdène ?
C'est une bonne idée. Et le seul moyen d'y accéder, est de passer par l'intermédiaire des minières. Il en existe de très belles, à fort potentiel. Minières qui se sont forts bien comportées depuis plus d'un an maintenant. Et qui seront en première ligne pour profiter de la reprise de la demande d'acier inoxydable, lorsque la reprise économique sera bien réelle.

La tendance long terme pour les cours de molybdène est haussière. Même si les cours seront à l'avenir encore plus volatils qu'ils ne le sont déjà, étant donné qu'ils sont aujourd'hui cotés sur le LME.

Selon Roskill, le cours moyen sur 2010 devrait être de 17 $ la livre, et devrait passer les 20 $ en 2011. Et l'apparition d'un déficit en 2014 pousserait le cours à 40 $.

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