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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 09 Février 2010
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*** Investir dans l'or : mode d'emploi
*** Panique... sur les marchés, ou sur les routes ?
*** Les banques ont dicté leurs quatre volontés... la BCE les invite désormais à dicter leurs dernières !
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Bonjour,
Investir dans l'or : mode d'emploi
Marc Mayor
Marc Mayor
▪ L'or est souvent considéré comme un refuge en période de tempête
Quand les marchés s'effondrent, la demande pour le métal jaune augmente, engageant ainsi une pression haussière sur le prix de l'once. Les pertes potentiellement engendrées sur les investissements en action peuvent alors être compensées, du moins partiellement, par les éventuels bénéfices réalisés sur l'or.
Cette relation entre les actions et l'or n'a pourtant pas souvent été mesurée de manière précise ; dans la majeure partie des cas, elle n'a été qu'observée au jour le jour. Evidemment, la presse financière ne peut pas s'en plaindre. Quoi de plus facile que de titrer : "L'or monte, alors que les actions chutent". Pourquoi y chercher de la difficulté ?
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Les choses bougent pour l'or : profitez-en !
Dans les circonstances actuelles, l'or représente sans aucun doute LA meilleure solution pour vous protéger contre le chaos qui engloutit les marchés actuellement.
Nous sommes sans doute sur le point de connaître la plus grande hausse du cours de l'or de toute l'histoire des marchés... une hausse qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $... voire au-delà.
Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment vous positionner pour en profiter !
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Validez les corrélations avant d'investir
Pourtant, un investisseur sérieux se doit de s'assurer que toute corrélation -- négative dans ce cas -- soit significative sur le long terme, et non qu'elle soit une simple réaction anodine en un bon jour de janvier (par exemple).
Surtout, lorsque l'on parle de corrélation négative (c'est-à-dire, ici, de relation négative entre deux classes d'actifs – les actions et l'or), il faut savoir distinguer entre corrélation au jour le jour et corrélation lors d'événements exceptionnels.
Une telle distinction est primordiale
Pourquoi ? Parce que si l'on obtient en effet une corrélation significativement négative au jour le jour, ceci ne signifie pas que l'or est un refuge vis-à-vis du marché actions (ce que l'on appelle safe haven, en anglais).
Non, si tel devait être le cas, le prix de l'once serait alors considéré comme une couverture (un hedge), voire un simple outil de diversification par rapport au marché des actions. Ni plus, ni moins.
En revanche, si l'on obtient une corrélation négative lors d'événements rares, alors il est possible d'en conclure que l'or joue bel et bien un rôle d'actif refuge, comme cela fut le cas lors de la dernière chute brutale des marchés.
Ensuite, il faut connaître le meilleur timing pour y rentrer
Lors de krach, la réaction de l'or est-elle soudaine ? Et l'effet dure-t-il plusieurs semaines ou plusieurs mois ?
Beaucoup de questions qui sont demeurées pendant longtemps sans réponse. Car, étonnamment, peu de chercheurs se sont posé la question. Heureusement, trois professeurs de l'université de Dublin s'y sont attelés sérieusement, à travers deux articles récents.
Premier résultat, l'or possède une volatilité comparable au marché américain des actions, alors que son rendement moyen est inférieur.
Plus étonnant encore, que ce soit sur une base quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, le prix de l'once a même une volatilité plus élevée que l'indice mondial des actions (MSCI).
Ce premier résultat indique que le métal jaune n'est pas à considérer comme un investissement type "père de famille".
Effet stabilisateur
Par contre, les trois chercheurs trouvent que celui-ci joue, effectivement, un rôle important de stabilisateur, tant sur la durée (une couverture) que lors de périodes fortement baissières des actions (un refuge).
Ce deuxième résultat majeur confirme dès lors que le prix de l'once d'or fluctue, en moyenne, bel et bien à l'opposé des marchés actions.
Mais attention : les deux études montrent que tout n'est pas si simple !
Premièrement, l'effet refuge et l'effet couverture de l'or ne se vérifient pas sur toutes les places financières. Ces deux effets sont bien présents aux Etats-Unis, en France, au Royaume-Uni, l'Allemagne et la Suisse, mais ne le sont pas pour des pays tels que le Canada, l'Australie, le Japon et les quatre pays émergents les plus importants (ce que le département marketing de Goldman Sachs a nommé les BRIC -- Brésil, Russie, Inde et Chine).
L'effet refuge a un effet très limité dans le temps
Deuxièmement, et c'est certainement le résultat le plus intéressant de ces études, l'effet refuge a un effet très limité dans le temps.
En fait, les auteurs trouvent que l'or joue un rôle de refuge aux Etats-Unis uniquement pendant 15 jours après le déclenchement d'un krach. Passé ce cap, la relation or-actions passe à une notion de simple couverture (ou diversification des actifs) et les rendements de l'once s'atténuent, et deviennent même négatifs.
Entrer sur l'or après le décrochage actuel : une bonne idée
A la lecture de ces nombreux résultats, les investisseurs peuvent donc aujourd'hui se préparer en conséquence. Une forte chute des marchés étant dans l'air du temps (plus que jamais, au vu des valorisations extrêmes de certains groupes, et des conditions économiques des plus maussades), les conditions pour un nouveau rebond de l'or au cours de ces prochains mois sont réunies.
Evidemment, pour les investisseurs qui ne souhaitent pas miser sur un tel pari, et préfèrent gagner de l'argent lorsque les actions montent ET baissent, une approche neutre au marché, couplée à un money management rigoureux, est probablement la meilleure solution.
Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur son site internet Le Coin des Insiders. Vous pourrez également retrouver Marc bientôt dans sa propre lettre d'investissement : restez à l'écoute !
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Panique... sur les marchés, ou sur les routes ?
Bill Bonner
▪ C'était l'apocalypse neigeuse ce week-end à Baltimore. Vendredi, la ville était au bord de la panique. Le gouverneur O'Malley avait annoncé que la couche de neige pourrait être profonde d'un mètre... les camions de sel étaient partout, alignés autour du périphérique comme la garde nationale se préparant à stopper une invasion...
... et partout les gens rentraient chez eux -- ou achetaient de la nourriture et des vidéos, bref, l'essentiel...
"Combien de bouteilles de vin avons-nous en stock ?" avons-nous demandé à Elizabeth.
"Pas assez"... mais nous y reviendrons dans quelques lignes...
▪ Sur les marchés aussi, ça sentait la panique.
"Nous sommes clairement entrés dans le camp de la crainte et de l'inquiétude", a déclaré un initié.
Malheureusement, la suite des événements n'a pas été aussi claire que nous l'aurions souhaitée. Nous pensons que les actions vont probablement prendre le chemin de la baisse pendant longtemps. Il est très probable que la reprise du marché baissier, attendue de longue date -- au moins par nous ! --, a commencé. Nous avons eu notre krach. Nous avons eu notre rebond. Maintenant, nous sommes prêts pour la longue glissade vers la fin ultime, le terminus, tout-le-monde-descend.
Alors que nous écoutions la radio, l'annonceur a déclaré que seuls les fonctionnaires "essentiels" avaient dû se présenter à leur poste durant la tempête. Nous nous sommes demandé s'ils étaient vraiment essentiels, tous autant qu'ils étaient. On ne parlait tout de même pas de ceux qui surveillent les scarabées cornus d'Afrique... Ou ceux qui élaborent un nouveau système de santé pour le pays... Ou encore ceux qui travaillent à la révision de la sous-section 4.503.02 du Code des Impôts traitant des codicilles supplémentaires non-licenciés et post-datés sur les provisions traitant des dons aux fabricants manchots de raviolis-vapeur bénéficiant de recettes d'assurance-vie sur lesquelles la base suffisante avait été révoquée parce qu'ils n'avaient pas lu les explications en petits caractères. Ou quelque chose de ce genre.
Soustraire tous les employés fédéraux non-essentiels ? Qui reste-t-il ? Quelqu'un ? Probablement quelques gars au Pentagone qui s'assurent que les Canadiens ne sont pas en train de masser des troupes à la frontière.
Mais, me direz-vous, c'est un autre sujet, n'est-ce pas ? Pas exactement. La main-d'oeuvre fédérale est la seule qui se développe aux Etats-Unis. Le gouvernement est un secteur en croissance. Tout le reste ou presque décline.
Attendez. Les derniers chiffres nous disent que le chômage US a baissé de 0,3% le mois dernier. Est-ce que vous y croyez, cher lecteur ? Où est la SEC quand on a besoin d'elle ? Les autorités n'induisent-elles pas les investisseurs en erreur -- volontairement ?
Nous avons entendu une autre annonce à la radio, recrutant des employés du recensement. Encore des fonctionnaires ! Pourquoi ne pas demander aux employés non-essentiels de compter les gens ?
Nous n'avons pas de statistiques séparées, mais nous ne serions absolument pas surpris de découvrir que les chiffres de l'emploi fédéraux dissimulent autant qu'ils révèlent. Après tout, pour autant que nous puissions en juger, nous sommes toujours en période de désendettement du secteur privé. Ce qui signifie moins d'emplois. Les erreurs de l'ère de bulle doivent être réparées. Les emplois doivent être éliminés. Et l'emploi ne grimpera plus avant que le secteur privé ne trouve des moyens de remettre les gens au travail profitablement.
Mais comment faire ?
▪ Lorsque les premiers flocons sont apparus à 11h environ vendredi matin, nous avons presque eu pitié. Ils rencontraient une puissance de feu si imposante de la part des équipes de déneigement locales qu'ils n'avaient pas la moindre chance. Mais ils ont continué à tomber. Comme des soldats dans la Somme, ils se sont jetés sur les barbelés. Ils ont bravé le sel ! Et leurs compagnons d'armes continuaient de tomber.
A 15h, les équipes de déneigement avaient encore le dessus... les ouvriers levant le pouce en signe de victoire chaque fois qu'ils se croisaient. Les routes étaient mouillées, mais dégagées. Les ouvriers continuaient à répandre du sel alors que les flocons -- plus nombreux que les étoiles dans le ciel ou les dollars du déficit fédéral -- continuaient de chuter. Puis, à 16h, une couche blanche apparut sur le sol. La température chutait et la neige commençait à adhérer.
La neige s'est accumulée lentement... puis plus rapidement. Les camions de sel se sont peu à peu trouvés à cours de temps et de munitions. A 18h, le cours de la bataille a changé. La neige tombait sans discontinuer -- et tenait. Les équipes troquèrent le sel contre le chasse-neige. Ce qui ne servit à rien. Ils étaient dépassés. La neige continuait de tomber. Les petites routes furent perdues sous une épaisse couche de neige. Puis vint le tour des grandes routes. Enfin, l'US I-95 -- la grande artère de la Côte est -- se retrouva en territoire ennemi.
Nous roulions sur l'I-95 vers 19h. Nous étions allé chercher Maria à la Pennsylvania Station, à Baltimore. Notre fille était arrivée vêtue comme une star de cinéma... dans un manteau de laine dont le col et les manches étaient ornés de fourrure. Les chauffeurs de taxi l'ont regardée passer alors qu'elle montait dans la voiture et embrassait son père sur la joue. Puis nous sommes partis.
Le chaos régnait sur l'autoroute à ce moment-là. Il y avait des victimes des deux côtés de la chaussée : des véhicules abandonnés, des voitures coincées dans le fossé, des dépanneuses et des secours essayant de remettre les gens sur la route. Nous avions pris la précaution de mettre quelques blocs de ciment dans le coffre de notre camionnette. Elle a glissé quelques fois, mais sans jamais quitter la route. On ne pouvait distinguer la chaussée du bas-côté. Il n'y avait plus de voies clairement définies... et peu de trafic. Nous essayions simplement de nous tenir à distance des autres conducteurs... et de suivre la piste tracée par le camion qui nous précédait.
A 20h, la neige était maîtresse du terrain. Les équipes routières admirent leur défaite. Pas une seule route, dans toute la zone Baltimore-Washington, n'était sûre. A la radio, on demandait aux civils de ne pas prendre la route et de rester chez eux... jusqu'à ce que les troupes de déneigement puissent reprendre le contrôle de la situation.
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Les banques ont dicté leurs quatre volontés... la BCE les invite désormais à dicter leurs dernières !
Philippe Béchade
Philippe Béchade
▪ "On nous dit pô tout", affirme une humoriste qui pimente chaque dimanche après-midi l'une des plus inusables émissions du service public. Si jamais l'envie lui prenait de prendre un peu de distance avec l'actualité politique et les petits travers des grands de ce monde, elle découvrirait un gisement inépuisable de sujets de raillerie avec les turpitudes d'un capitalisme que certains -- tels George Soros, Joseph Stiglitz ou Robert Reich -- annoncent moribond.
Commençons notre tour d'horizon de l'horreur économique du moment avec la BCE. En fin de semaine dernière, son président a affirmé en substance que les efforts de consolidation du bilan de certaines banques exigent une confidentialité élevée. Cela afin d'éviter que des bruits alarmants circulent sur leur santé financière et la difficulté, apparente sinon avérée, de mise en place de solutions adaptées.
Autrement dit, si la perspective de dégradation des créances hypothécaires en 2010 et l'explosion du taux de sinistres liés aux activités de crédit en 2009 menace de constituer la seconde vague du tsunami de l'excès planétaire de dettes, vous, cher public, n'en saurez rien... car il y va de votre intérêt et de notre tranquillité d'esprit (ou l'inverse !).
La BCE veut faire dans le confidentiel, pour notre bien à tous, lorsqu'il s'agit du secteur bancaire. Mais comment réagit-elle face à des turbulences qui sautent aux yeux de tout le monde et qui semblent appeler des réponses énergiques ?
Nous avons commencé à vous alerter sur la montée en puissance de la thématique des dettes souveraines insoutenables bien avant que les "pâtés de sable" de Dubaï ne sombrent dans les eaux du golfe Persique, entraînant les plus grandes firmes d'investissement locales dans leur naufrage.
Nous vous avons ensuite tenu informé de la focalisation des inquiétudes sur ce sujet précis dans la plupart des débats officiels ou conversations officieuses relatées par les participants au Forum de Davos.
▪ Au cas où personne n'aurait pris la question au sérieux, la spéculation s'est déchaînée contre la dette grecque. M. Papandréou, le Premier ministre en exercice, s'est retrouvé sous le feu des projecteurs chaque fois qu'il poussait la porte d'une salle de conférence ou d'un hôtel de la station helvétique -- tandis que la Bourse d'Athènes et le marché obligataire local s'effondraient.
Il a fallu attendre 10 jours pour que la presse française ose évoquer une attaque en règle contre la dette des pays du "Club Méditerranée" (les salles de marché françaises adorent cette expression). Attaque menée de main de maître par une grande banque américaine spécialisée dans les credit default swaps (assurances contre la défaillance d'un émetteur obligataire) et une paire de hedge funds très puissants... et influents.
Bon, cela fait désormais plus de 15 jours que cette petite plaisanterie dure. Tous nos correspondants savent depuis longtemps qui fait quoi et quel est le but de l'opération : faire le maximum de plus-values sur les CDS achetés fin 2009 et obtenir des "rendements canon" lors des prochaines émissions de bons du Trésor grec ou espagnol.
Cette opération commando s'est accompagnée de prises de positions contrariennes (et haussières) sur le dollar dès le début du mois de décembre dernier -- alors que 90% des opérateurs se laissaient porter par la vague de carry trade en faveur de l'euro, du dollar australien, du pétrole, etc. Plus l'euro plonge (même pour de mauvais motifs), plus les vendeurs de la première heure (vers 1,5150 $) se remplissent les poches.
Autrement dit, le scénario qui se déroule depuis que les Bourses ont commencé à dévisser apparaît clair comme l'eau de roche qui remplit les baignoires à remous et les piscines de Davos.
▪ La BCE continue pourtant d'observer la scène les bras croisés. Le G7 est quant à lui demeuré muet sur cette brusque résurgence de l'instabilité des changes. Le credo du week-end concernait une taxation des banques pour récupérer une partie des sommes qui leur ont été avancées afin de leur éviter la faillite... Et pour une fois ce sont les grands argentiers anglais qui montent au créneau !
Pas un mot en revanche pour dénoncer de nouvelles attaques spéculatives qui vont rendre la gestion de la crise très difficile pour les pays européens. Ces derniers sont confrontés à des difficultés budgétaires certes incontestables... mais infiniment mois alarmantes et irréversibles que celles rencontrées par une bonne douzaine d'Etats de l'Union outre-Atlantique.
La raison de ce silence ? La BCE n'est pas fâchée que l'euro retombe sous les 1,40 $ -- et de nouveau sous 1,3650 $ lundi soir après le trou d'air de vendredi.
Elle fait ainsi d'une pierre trois coups. Cela améliore en effet la compétitivité de l'Europe (comprendre de pays exportateurs comme l'Allemagne, la Hollande, la France ou l'Italie)... cela restaure la possibilité de resserrer la politique monétaire sans être accusée d'étouffer la reprise... et cela donne une bonne leçon à la Grèce qui a intégré la Zone euro en falsifiant sa comptabilité publique (comme si la BCE et Bruxelles ne le savaient pas à l'époque !).
Si la Grèce vient se plaindre du manque de solidarité européenne (ce qui lui a valu un nouveau plongeon de la Bourse d'Athènes de 3,5% lundi), la BCE pourra lui objecter que tous les plans de sauvetage du monde ne pourront pas changer l'opinion du marché au sujet de la corruption et de la fraude fiscale qui gangrènent le pays. Ce en quoi elle n'aurait pas tort... mais est-elle si bien placée pour administrer des leçons de morale -- un de ses péchés mignons -- même aux membres les moins vertueux de l'UEM ?
La Grèce a au moins raison sur un sujet qui devrait interpeller tous les citoyens du Vieux Continent : l'Europe se montre incapable de parler d'une seule voix -- que ce soit pour (ne pas) secourir un pays en difficulté, ou pour mettre en échec ceux qui exploitent cyniquement la désunion de ses membres pour gagner de l'argent en causant le maximum de dégâts économiques possibles.
▪ Pour notre part, nous ne savons que penser du communiqué des membres de la BCE, en pleine tourmente sur les places financières. Les collègues de J.-C. Trichet approuvent la mise en place de "testaments" ("living wills") par les banques qui seraient menacées de faillite.
Leurs dernières volontés permettraient en théorie une liquidation rapide (reprise de certaines activités par des concurrents) et améliorerait leur gestion interne du risque. Ce serait une façon de réduire l'aléa moral : pile la banque gagne, face c'est le contribuable qui renfloue ses pertes... Cela sonnerait aussi le glas du "too big to fail". Pour l'heure, toutefois, les banques continuent surtout de dicter... leurs quatre volontés !
L'administration Obama semble sur la même longueur d'onde depuis que la ligne défendue par Paul Volcker (séparer les activités bancaires) l'emporte sur celle défendue par Robert Rubin (fractionner le bilan, c'est réduire la rentabilité).
▪ Wall Street ne semble guère apprécier, en tout cas, comme le démontre la lourde rechute du secteur financier : -3,6% sur Wells Fargo, -3,5% sur Bank of America, -2,5% sur Morgan Stanley, -2% sur Goldman Sachs... Le Dow Jones a enfoncé le palier des 10 000 points, sauvé par deux fois in extremis jeudi puis vendredi dernier.
Si les opérateurs européens avaient soupçonné une telle issue, Paris n'aurait pas rebondi de 1,22% hier en fin de journée. Cela après avoir perdu 0,4% à l'heure du déjeuner et inscrit un nouveau plancher annuel à 3 546 points, un niveau qui n'avait plus été testé depuis le 3 septembre 2009.
Les vendeurs ne désarment pas, et les volumes échangés en témoignent : 3,9 milliards d'euros c'est très supérieur aux précédents lundis de l'année 2010, avec leurs 2,5 milliards d'euros en moyenne.
Ni la chute pratiquement deux fois plus brutale du marché parisien par rapport aux places européennes vendredi, ni le rebond de l'euro au-delà des 1,3710 $ lundi n'ont suscité de correction technique haussière proportionnelle aux pertes subies en 48 heures (-6,5%).
Le CAC 40 n'a pas repris un pouce de terrain par rapport au DAX 30 (+1%) ou à l'Euro-Stoxx 50 (+1,3%). Cette évidence nous incite à craindre que la moindre mauvaise nouvelle concernant la croissance ou les profits des entreprises ne génère l'instauration d'une spirale baissière. Cette dernière constituerait le symétrique de la période d'inflation forcenée des indices boursiers s'étendant du 3 novembre 2009 au 11 janvier 2010 -- avec un prodigieux ratio de quatre séances de hausse pour une de timide consolidation... et cinq sur cinq d'occultation délibérée des vrais problèmes concernant les épargnants !
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