La Chronique Agora

 
L'emploi US laisse les marchés indifférents

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 03 Décembre 2009
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Le Monopoly de la Fed va nous ramener à la case départ !

Philippe Béchade

▪ Wall Street semble reparti du bon pied depuis lundi. Les indices américains alignent une troisième séance de hausse consécutive -- sauf le Dow Jones qui s'effrite de 0,18%. Cela ne fait toutefois que ramener les actions américaines vers le sommet du corridor de consolidation quasi horizontal qui les emprisonne depuis le 16 novembre.

Le Dow Jones, par exemple, n'a pas enregistré de fluctuations supérieures à 1,7% en valeur absolue depuis plus de trois semaines. Au-delà de l'arrimage au dollar, les interventions permanentes pour interdire l'émergence de la moindre vague de consolidation alors que les actions sont surévaluées de 20% à 25% selon les estimations des experts de Pimco, Kantor Fitzgerald ou Meredith Whitney (et même de certains stratèges de la Société Générale) ne sont pas le fruit du hasard.

Des indices boursiers sous contrôle qui accélèrent brutalement à la hausse en quelques séances... et qui ensuite ne vont nulle part durant des semaines, c'est du pain béni pour les vendeurs de volatilité !

Les soudaines montées en flèche indicielles font grimper le delta des produits dérivés à maturité courte -- les vendeurs d'options d'achat se font proprement "déchirer". Ensuite, dès que le mouvement perd de sa vélocité, les initiateurs du mouvement commencent à "shorter" l'ensemble des produits dérivés à effet de levier afin d'encaisser du cash : il suffit de maintenir le sous-jacent au sein d'un étroit canal... et recommencer le mois suivant.

C'est un gigantesque jeu de dupes qui ne reste profitable que parce que les marchés, dirigés par la liquidité, sont totalement déconnectés du monde réel.

▪ C'est une sorte de Monopoly où la banque centrale (la Fed) décide chaque matin s'il faut injecter les 20 milliards de dollars qui permettent de faire flamber les prix... ou s'abstenir afin que les joueurs fassent tranquillement un tour du circuit en se contentant d'encaisser leurs loyers.

Les 20 milliards en question sont naturellement attribués de manière totalement discrétionnaire. L'économie réelle ne reçoit jamais un centime ; il faut qu'elle se débrouille avec ses propres moyens, qu'elle sollicite le contribuable quand les caisses sont vides.

Une fois re-cavée, il lui faut souvent moins d'une demi-douzaine de coups de dés pour se faire ratisser. "Retour à la case départ : vous devez verser 2 000 milliards pour continuer " !

Lorsque le pion de l'économie réelle tombe sur la case "chance", vous pouvez être certain que la carte du dessus du paquet indique "impôts : vous devez payer un supplément de 150 milliards de dollars chaque mois pour combler les déficits"... ou "erreur des banques d'affaire en votre défaveur : vous devez injecter 200 milliards dans AIG"... ou encore "votre société hypothécaire Fannie Mae fait faillite : vous devez avancer 500 milliards, sinon tous vos électeurs perdent leur maison".

L'une des dernières cartes imprimées tout spécialement pour le Monopoly version 2009 s'intitule : "Dubaï est collé avec 80 milliards de dollars d'investissements immobiliers écrasés par un soleil de plomb : provisionnez au plus vite 40 milliards ou achetez 200 tonnes d'or auprès du FMI".

Les concepteurs du jeu réfléchissent sur l'opportunité d'introduire des nouveautés encore plus croustillantes dans la version 2010. Ils songent notamment à : "la bulle spéculative généralisée explose à Shanghai, vos T-Bonds américains perdent 20% de leur valeur, les taux d'intérêt de la Fed passent de 0,13% à 4% en quelques semaines".

Pour compenser, il sera possible de tirer la carte "vous avez acheté 200 tonnes d'or fin 2009 : bravo, vous avez doublé votre mise en six mois et vous encaissez immédiatement 7,5 milliards de dollars de plus-values".

▪ Pour l'heure, l'once d'or vient de pulvériser un nouveau record absolu à 1 200 $/once -- mais l'envolée du "baromètre de la peur" ne trouble pas Wall Street. Les indices américains entraînent à la hausse l'ensemble des bourses mondiales dans leur sillage -- et même Tokyo depuis le 1er décembre.

Cependant, le secteur bancaire américain ne participe pas à la vague d'euphorie des dernières 48 heures. Par ailleurs, les volumes d'échanges sur le S&P ou le Nasdaq ne cessent de se contracter depuis début novembre, en totale contradiction avec une tendance qui demeure obstinément bullish.

A Paris non plus, les volumes ne sont pas à la hauteur de l'optimisme apparent reflété par le CAC 40 : tout juste 2,9 milliards d'euros ont été négociés ce mercredi.

L'indice phare n'a effectué qu'une brève -- même si elle fut vigoureuse -- incursion au-delà des 3 800 points, à une heure de la clôture. Il s'est hissé jusque vers 3 811 points, son meilleur score depuis le 25 novembre dernier... mais la journée s'est achevée sur un gain de 0,5%, à 3 795,9 points, grâce à un nouveau coup de pouce de +0,15% au moment du fixing.

Le chiffre du jour est passé pratiquement inaperçu dans la courbe du CAC 40. L'enquête mensuelle d'ADP révèle que les entreprises américaines ont détruit 169 000 emplois en novembre au lieu de 150 000 anticipés. Le total d'emplois détruits depuis le début de la récession en décembre 2007 dépasse les 7,4 millions !

C'est le 24ème mois de contraction du marché du travail selon ADP. Il s'accompagne également d'une baisse régulière des salaires à l'embauche (sauf à Wall Street). Seul signe rassurant, 1,2 million de postes proposés n'ont pas trouvé preneur en novembre : il existe donc un petit réservoir d'emplois à pourvoir... mais 25 millions de chômeurs se les disputent -- cela fait 20 personnes par emploi disponible.

Après une banqueroute au Monopoly, une partie de "chaise musicale" (la chaise est volontairement conjuguée au singulier) devrait détendre nos amis américains !

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L'or prend-il le mors aux dents ?

Bill Bonner

▪ L'or a dépassé les 1 200 $ en clôture. Les lecteurs qui nous subissent de longue date peuvent enfin marcher la tête haute. Nous avons acheté le métal jaune au début du marché haussier. Les lecteurs plus récents qui n'ont pas d'or enterré dans leur jardin se demandent peut-être s'il est trop tard.

Voici une réponse rapide : non. Nous sommes toujours loin de la destination finale de l'or. Notre "Transaction de la Décennie" consistait à acheter de l'or durant les creux et vendre les actions durant les rebonds. L'idée de cette transaction était que l'or et les actions allaient dans des directions opposées. Les actions étaient censées baisser. L'or était censé grimper. Ils finiraient par se rencontrer à un moment ou à un entre, pensions-nous.

Mais ces derniers temps, ils prennent la même direction. Les actions grimpent en même temps que l'or.

Cela pose un petit dilemme. Nous pensons que les actions ont plus de chances de baisser que de grimper. L'or baissera-t-il aussi ? Oui, probablement.

Est-ce que ça signifie que vous ne devriez pas acheter d'or en ce moment ? Pas forcément. Si vous faites du trading, nous vous conseillons d'attendre. L'or est prêt pour une correction.

Mais c'est généralement une erreur que de faire des allers-retours durant un grand marché haussier. Si le trade se retourne contre vous, vous vous retrouvez sur le banc de touche alors que le marché continue son avancée. Vous ratez le meilleur.

Et pour l'or, le meilleur est encore à venir. Parce qu'on ne parle pas simplement d'un marché haussier -- mais d'une fortune potentielle. L'or n'est pas encore entré dans la phase de bulle. Il est simplement dans un marché haussier très vigoureux. Il finira par décoller comme une flèche... grimpant de 100 $ en une seule journée, par exemple. Nous en aurons le souffle coupé. Et mieux vaudra être déjà entré lorsque ça finira par se produire.

Pour autant, 1 200 $ est-il le meilleur prix qu'on puisse obtenir pour entrer sur le marché de l'or ? Probablement pas. Mais ce n'est pas mauvais. Vous pouvez attendre mieux... mais n'attendez pas trop longtemps.

Selon John Hussman, la probabilité d'assister à un krach boursier au cours des 12 prochains mois est de 80%. Si les actions chutent, l'or chutera probablement aussi. Et il pourrait rester longtemps à terre.

▪ Nous maintenons notre pavillon d'Alerte au Krach... avec l'idée que le krach en question viendra plus tôt plutôt que plus tard. Jour après jour, la bulle enfle... et l'épine se rapproche. La Grèce ? La Grande-Bretagne ? Les Etats-Unis ?

L'immobilier ? Le PIB ? Les obligations ? Les ventes de Noël ? Tant d'épines... si peu de temps.

L'une des plus grosses épines, ce sont les emprunts record des gouvernements. Plus ça continue... plus l'épine devient grande, aiguë... et proche.

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L'or à 1 200 $ !
Et ensuite ? Les 2 000 $ ne sont sans doute qu'une étape...

Continuez votre lecture pour tout savoir de la hausse de l'or -- et comment en faire profiter concrètement vos investissements.

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Dubaï n'était rien... une simple piqûre de moustique. Ca gratte. Ca gonfle. Mais ça ne cause pas de dommages durables. Les choses pourraient être bien pires. A présent, le gouvernement de Dubaï annonce que Dubaï World doit se débrouiller seul. Bonne chance aux prêteurs.

C'est une décision plutôt intelligente. Si seulement les Etats-Unis avaient fait de même avec AIG, General Motors, Fannie Mae et d'autres grands débiteurs... toute cette affaire serait peut-être retombée comme un soufflé... et nous en serions à ramasser les débris pour nous remettre au travail.

Au lieu de cela, les politiciens et les banques centrales ont piétiné de leurs gros sabots des plates-bandes où les investisseurs craignaient de s'aventurer. Ils se demandent maintenant comment en ressortir.

▪ L'Allemagne a annoncé que son déficit ne serait pas aussi profond que prévu. Au lieu de 49 milliards d'euros, il ne sera que de 39 milliards -- sous les 3% du PIB cette année. La France a elle aussi annoncé une réduction de ses déficits -- à moins de 3% du PIB d'ici 2013.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, en revanche, se sont emballés -- avec des déficits dépassant les 12% du PIB et aucun plan crédible pour des réductions substantielles. Ces déficits sont largement structurels -- c'est-à-dire qu'ils sont le produit de nombreuses années de mauvaise gestion ; ils ne résultent pas uniquement des sottises commises cette année en réponse à la crise. Il est difficile de les réduire parce qu'ils prennent en compte les budgets de la sécurité sociale, des indemnités de chômage et les mesures militaires -- autant de choses qu'il est très difficile de limiter.

Oui, les actions finiront par réagir. L'or baissera avec elles. Puis, à un moment ou à un autre, l'or et les actions se désolidariseront... et l'or partira pour la stratosphère.

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Enfin un système de trading Forex
VRAIMENT profitable pour l'investisseur individuel !

Alors que la majorité des investisseurs perdent leur temps (et leur argent !) sur les marchés actions... sur le marché des changes se joue un tout autre jeu, avec des règles bien différentes !

Et aujourd'hui, c'est à votre tour de vous joindre à la partie : grâce à un système de trading en devises simple et efficace, vous avez désormais toutes les clés pour engranger des gains de professionnel alors même que les actions s'enfoncent dans le chaos.

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Téléphonie mobile, un message à ne pas prendre à la légère (1)

Ingrid Labuzan

Nokia est devenu l'un des numéros un sur le secteur de la téléphonie mobile. Selon le site spécialisé clubic.com, les utilisateurs de mobiles Nokia sont 1,1 milliard dans le monde. Chaque seconde, la marque ne vendrait pas moins de 13 téléphones.

Et pourtant, après plus d'une décennie florissante, le champion fait désormais figure de traînard. Ses derniers résultats ont été plus que décevants. Pour la première fois en 10 ans, Nokia est dans le rouge. Pour le troisième trimestre, ses pertes sont estimées à 559 millions d'euros. Le mobile Nokia ne séduit plus autant qu'avant, en particulier sur un segment spécifique : celui des téléphones intelligents, les Smartphones, équipés d'une puce Wi-Fi. Selon les résultats d'une étude de la société In-Sat, Nokia est tombé à 35,5% de parts de marché au deuxième trimestre 2009, contre plus de 50% un an auparavant. Le Finlandais est coursé par Apple et ses 18,5% de parts de marché et RIM (BlackBerry), à 18,5%.

Depuis, au cours du troisième trimestre 2009, les ventes de téléphones Nokia, tous modèles confondus, ont encore reculé de 20%. Pendant que Nokia annonçait des pertes, Apple affichait des profits insolents, en hausse de 47%. Voilà, c'est fait, pour la première fois Apple gagne plus d'argent dans le secteur des téléphones que la société historique Nokia.

Cet exemple est emblématique des grands bouleversements que traverse aujourd'hui le secteur de la téléphonie mobile : modernisation des appareils dans les pays développés, expansion des mobiles traditionnels dans les pays émergents. Mais partout, la diffusion des combinés s'accompagne de la création de nouveaux services.

Des services qui pourraient changer notre manière de vivre, nos comportements. La révolution des télécoms est en marche, lisez la suite pour savoir ce que les téléphones de l'avenir permettront de faire. Et qui seront les Nokia de demain.

Le téléphone portable, bientôt universel
"Il semble très probable que la télédensité mondiale de téléphones portables sera supérieure à 100% d'ici une décennie, et probablement même avant", affirme Hamadoun Touré, secrétaire général de l'International Telecommunication Union, un organisme international régulateur du secteur des télécoms, fondé en 1865. Par télédensité, on entend le nombre de téléphones pour 100 personnes.

Cela ne veut évidemment pas dire que tout le monde a un téléphone, car certaines personnes ont deux appareils ou plusieurs cartes SIM, ce qui compense pour ceux qui n'en possèdent pas. Le seuil de 100% a été dépassé en Europe de l'ouest depuis 2007. Depuis, plusieurs autres pays développés ont franchi ce cap et c'est désormais autour des pays en développement de l'atteindre -- c'est le cas de l'Afrique du Sud -- ou de s'en approcher. Le Ghana était à 98% en janvier dernier et le Kenya et la Tanzanie devrait être à 100% en 2013.

Bientôt, tout le monde aura un portable. Imaginez donc le potentiel de croissance pour les opérateurs du secteur. Et surtout, le nombre de services qui vont être imaginés et mis en place autour de ce nouvel appareil, désormais indispensable.

Des technologies toujours plus avancées
Nous touchons ici à un secteur stratégique, dans le sens où il est en perpétuelle évolution, modernisation, s'étendant vers des champs où nous n'aurions jamais imaginé aller. Ce qui en fait également un secteur difficile à appréhender, justement parce que ses futurs champs d'action sont encore inconnus du commun des mortels.

Les télécommunications en général, et donc la téléphonie mobile, sont intéressantes car elles combinent à la fois des innovations technologiques et une baisse des prix, qui les rendent de plus en plus accessibles.

Nous verrons la suite dès demain...

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