
Méfiez-vous des conseillers financiers intéressés
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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 20 Avril 2009
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*** Rebond boursier : le début... ou déjà la fin ?
Six semaines de hausse consécutives pour les marchés
*** Pariez sur l'électrification de la Chine
Il reste encore de gros travaux d'infrastructures à faire...
*** Fin de rebond et capitulation
Combien de temps avant que les investisseurs ne désertent les actions ?
*** Méfiez-vous des conseillers financiers intéressés
A qui confier votre épargne ?
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Les choses bougent pour l'or : profitez-en !
Dans les circonstances actuelles, l'or représente sans aucun doute LA meilleure solution pour vous protéger contre le chaos qui engloutit les marchés actuellement.
Nous sommes sans doute sur le point de connaître la plus grande hausse du cours de l'or de toute l'histoire des marchés... une hausse qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $... voire au-delà.
Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment vous positionner pour en profite !
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Bonjour,
*** REBOND BOURSIER : LE DEBUT... OU DEJA LA FIN ?
** Eh bien voilà ! Nous l'attendions avec impatience, nous le prévoyions depuis longtemps, nous nous en sommes languis, nous avons eu quelques faux espoirs... mais le rebond est bien là. Six semaines de hausse à la file pour Wall Street -- et une séance flamboyante pour le CAC 40 vendredi -- ont signé une vraie remontée des cours, au lieu de quelques poussées hésitantes dans le vert.
La prochaine question, c'est... touche-t-il déjà à sa fin ?
Examinons les faits : le CAC 40 a terminé la séance de vendredi sur une hausse de 1,77%, à 3 091,96 points (il a même touché les 3 100 durant la séance). A Londres et à Francfort, le Footsie et le DAX ont quant à eux fini avec des hausses respectives de 0,98% et 0,92% sur la journée. Ce matin, en revanche, notre indice national subissait des prises de bénéfices et était en baisse...
Mais revenons à vendredi, et intéressons-nous aux places américaines, car ce sont elles qui ont fait l'actualité -- notamment grâce aux publications de General Electric et de Citigroup. Les deux sociétés ont annoncé des résultats trimestriels meilleurs que prévus... ce qui a redonné du coeur aux investisseurs.
C'est ensuite l'indice de confiance du consommateur de l'université du Michigan qui est venu rassurer -- que dis-je, enflammer les investisseurs : les analystes avaient prévu une hausse légère, de 57,3 en mars à 58,5 en avril... mais finalement, l'indice est ressorti à 61,9. De quoi décider pas mal de frileux à rejoindre les marchés.
C'est ainsi que le Dow Jones clôturait à 8 131,41 points -- soit une hausse de 0,07% sur la journée. Le Nasdaq engrangeait dans le même temps une petite grimpette de 0,16%, à 1 673,07, et le S&P 500 s'adjugeait 0,5%, terminant la semaine à 869,60 points.
Alors, ce rebond ? Encore là pour longtemps... ou déjà en phase descendante ? Si vous voulez mon avis, cher lecteur, M. le Marché ne s'est pas encore assez amusé. Il reste trop d'investisseurs encore sur le banc de touche, hésitant à se lancer dans la partie. Non... mieux vaut les rassurer encore... leur donner quelques publications "moins mauvaises que prévues"... leur lancer quelques statistiques encourageantes... leur faire miroiter une fin de récession "pour le deuxième semestre 2010", comme en Grande-Bretagne... Bref, les attirer, les rassurer -- pour ensuite mieux leur couper l'herbe sous le pied !
Mais nous n'en sommes pas encore là.
** Pour l'instant, tout va de nouveau pour le mieux dans le meilleur des mondes -- et il n'y a qu'à regarder le métal jaune pour s'en persuader : l'once d'or a baissé, perdant encore 1,50 $ entre le premier et le second fixing à Londres, terminant la semaine à 870,5 $. Les investisseurs pensent ne plus avoir besoin de refuge... ou alors ils sont certains de pouvoir le trouver ailleurs : dans le dollar, par exemple.
Le billet vert connaît en effet un joli rebond, poussé encore par la différence de stratégie entre les banques centrales de la planète. L'euro est en baisse, à un plancher d'un mois par rapport au dollar, à 1,2966 $ (sous les 1,30 $).
Comme l'explique La Tribune, "la Bank of England (BoE) a choisi d'adopter une stratégie 'à l'américaine', de baisse massive du coût de l'argent. Le principal taux directeur a été ramené en quelques mois à 0,5%, à coups de réductions massives. Les autorités britanniques ont en cela suivi les exemples de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque du Japon qui ont presque abaissé leur taux à zéro. La Banque centrale européenne (BCE), elle, a adopté une stratégie beaucoup plus conservatrice. [...] Pour les investisseurs, les autorités de la Zone euro ne font pas assez pour soutenir leur économie. Par conséquent, tous les indicateurs macroéconomiques négatifs en provenance des pays de l'Eurogroupe sont particulièrement mal reçus. Dans les autres pays occidentaux, Etats-Unis et Royaume-Uni en tête, les devises résistent mieux à un mauvais chiffre macroéconomique et elles réagissent mieux aux bonnes nouvelles".
On refera les comptes à l'heure de l'inflation... qui ne manquera pas d'arriver, sous une forme ou une autre, à plus ou moins longue échéance !
** Pour terminer, un petit mot du pétrole, qui se maintient en forme : le baril de WTI New York a terminé la semaine à 49,96 $... et son rebond à lui, c'est certain, ne fait que commencer. Il y a là des affaires à faire, comme nous l'expliquera très prochainement Isabelle Mouilleseaux : restez à l'écoute !
Françoise Garteiser,
Paris
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Chris Mayer vous donne les dernières nouvelles Wall Street
*** PARIEZ SUR L'ELECTRIFICATION DE LA CHINE
** Tandis que la Grande Dépression II continue de tenir le siège sur les économies mondiales, la croissance chinoise continue de se montrer prête à prendre son véritable essor. Même si la Chine est désormais la deuxième -- ou la troisième plus grande économie mondiale, c'est toujours un pays relativement pauvre. Et ses ressources sont à peine exploitées.
- Le vaste potentiel de la Chine est difficile à saisir dans sa totalité. Déjà, la Chine a construit le plus grand bâtiment du monde (le terminal aéroportuaire de Pékin) et le plus grand pont transocéanique. Elle possède le train le plus rapide du monde et le plus grand barrage. Comme l'observe John Pomfret, ancien directeur de l'antenne du Washington Post à Pékin : "c'est un pays de constructeurs, de grands projets, de gigantisme". Il appelle les ingénieurs chinois "les plus grand preneurs de risque du monde. Des crétins avec des tripes".
- Le chemin de fer Qinghai-Tibet a été une autre prouesse de l'ingénierie. Les ingénieurs chinois, déjà considérés comme les meilleurs constructeurs ferroviaires du monde, ont construit un chemin de fer sur le permafrost complexe et instable qui relie Lhassa et Golmud dans l'arrière-pays chinois. La voie de chemin de fer s'étend sur des centaines de kilomètres, parcourant un plateau dangereux.
- L'auteur Abrahm Lustgarten, dans China's Great Train ["Le grand train de la Chine", NDLR.] décrit la région comme "une intermittence de marais, de lacs gelés et de permafrost humide qui se soulèvent et se déplacent de façon plus rapide que dans n'importe quel autre environnement géologique sur terre". Par endroits, les sables mouvants sont suffisamment profonds pour engloutir un char d'assaut. C'est aussi le plus haut chemin de fer sur terre -- au sommet, il atteint une altitude de plus de 5 060 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les wagons du train sont pressurisés comme dans un avion, et de l'oxygène est diffusé à l'intérieur.
- Après que cette partie du chemin de fer Qinghai-Tibet a été mise en service en 2006, le Tibet a commencé à dévoiler ses richesses. Le ministère chinois du Territoire et des Ressources a révélé d'énormes découvertes de ressources naturelles -- de gros filons de cuivre, de zinc, de plomb, de fer, d'or, d'argent et d'autres minéraux.
- "Ces nouvelles réserves font du Tibet l'une des régions les plus riches du territoire chinois", écrit Lustgarten, "et cela pourrait changer tout le système de dépendance du pays aux importations de cuivre et de fer". Le Tibet pourrait contenir 18 millions de kilos de cuivre -- un tiers du total de la Chine. Il y a plus d'un milliard de tonnes de minerai de fer de grande qualité.
- Encore une fois, selon Lustgarten : "parmi les découvertes faites au Tibet se trouve le premier fournisseur substantiel en fer riche, un filon nommé Nyixung, qui contiendrait à lui seul pas loin de 500 millions de tonnes -- suffisamment pour mettre au chômage 20% des importateurs de fer chinois".
- En dehors des minéraux, il y a également du pétrole en abondance. Sinopec estime que 65 milliards de barils de pétrole vont devenir accessibles au Tibet. "Une découverte qui, si elle est prouvée", écrit Lustgarten, "ferait de la région le prochain plus grand site pétrolier jalousé par le monde entier".
- Ce qui rend ces projets viables au niveau économique, c'est le chemin de fer Qinghai-Tibet. Comme le déclare Lustgarten : "les avant-postes de l'ouest sont reliés par des infrastructures de transport en pleine expansion -- des routes, des lignes de transport d'électricité, des pipelines et des chemins de fer -- construits à une vitesse qui ferait passer Dwight Eisenhower pour un fainéant".
- Il semble donc que désormais, le Tibet va jouer le rôle de grande frontière occidentale de la Chine, un peu comme l'Amérique à l'ouest du Mississippi au XIXe siècle. Mais comme pour le reste du monde, le rythme de croissance a récemment ralenti. Les doigts de la dépression ont touché le monde entier. Personne ne peut dire combien de temps cela va prendre pour sortir de ce chaos.
- A plus long terme, cependant, il semble idiot de parier contre le grand dragon oriental. En réalité, certains signes positifs ont émergé récemment. Le China Electricity Council rapporte que la consommation en électricité a augmenté de près de 7% en décembre, d'une année à l'autre. Et l'énorme entreprise électrique chinoise prévoit une explosion de la consommation une fois que l'économie mondiale sera de nouveau sur pied.
- Mon ami Dan Amoss, rédacteur de l'excellent Strategic Short Report, m'a envoyé un récent article de Bloomberg sur les dépenses en électricité de la Chine. Le State Grid Corp. de Chine, le plus grand distributeur d'énergie du pays, prévoit de dépenser 14,6 millions de dollars dans la construction de lignes à haute tension au cours des trois ou quatre prochaines années.
- "Les lignes transmettront l'électricité de centrales hydro-thermiques -- ou de centrales thermiques fonctionnant au charbon -- jusqu'à l'ouest, l'est ou le centre de la Chine de façon plus efficace et à des prix plus bas que les lignes conventionnelles", rapporte Bloomberg.
- Cette information suggère que le ralentissement de l'économie mondiale n'a pas eu d'impact sur les investissements de la Chine en matière de projets sur l'énergie. En Chine, la demande en énergie augmente encore. Et elle a augmenté ses dépenses sur les réseaux d'énergie de 18% l'année dernière.
** Qui a l'opportunité de participer à cet énorme projet ?
- ABB Ltd. aura une chance de l'emporter. ABB est un constructeur de réseaux électriques et d'infrastructures. 12% de l'activité de la société provient de la Chine. Elle y travaille depuis 1907, quand elle y a installé une chaudière à vapeur. Aujourd'hui, ABB emploie près de 13 000 personnes sur place. Et la Chine est le meilleur marché d'ABB pour les nouvelles commandes.
- Les services publics chinois ont des budgets qui augmentent de 8% à 10% par an, et ce jusqu'à 2011. Le pays a encore une longue route à parcourir pour satisfaire toute la demande. La consommation d'énergie per capita est bien en dessous de celle des pays occidentaux.
- D'ici à 2030, la Chine devrait pouvoir couvrir un tiers du total de l'augmentation de la demande mondiale en énergie. Pour satisfaire cette demande, la Chine va investir beaucoup dans les éoliennes et l'hydroélectrique, le nucléaire, les lignes à haute tension et plus encore. ABB a des possibilités d'intervenir dans tous ces domaines. Dans l'éolien, par exemple, ABB est le plus grand fournisseur électrique des fabricants d'éoliennes (la Chine est riche en électricité éolienne, avec près de 10% du total mondial.)
- Pour résumer, ABB est un pari à long terme sur l'électrification de la Chine et des autres marchés émergeants. La valeur est également bon marché, à seulement sept fois les bénéfices estimés pour 2008. Qui plus est, l'entreprise a un bilan solide, avec près de sept milliards de dollars en liquidités.
- ABB est un bon choix, en dessous des 16 $ l'action, si vous pouvez la conserver à long terme.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** FIN DE REBOND ET CAPITULATION
** La "Fin du rebond est proche", déclare Barrons.
* Notre vieil ami Marc Faber annonce qu'il s'attend à une chute de 10% du marché boursier avant que le rebond ne reprenne.
* Peut-être. Ce rebond prendra fin un jour. Mais il lui reste probablement du chemin à faire. Il reste encore pas mal de gogos qui ne s'y sont pas laissés prendre.
* Un autre vieil ami, Rick Ackerman, pense que le problème de ce rebond, c'est la capitulation... ou plutôt le manque de capitulation. Il n'y en a pas eu, dit-il. Et on ne peut pas avoir un véritable plancher sans elle. Pas de capitulation, pas de plancher.
** Les nouvelles provenant de l'économie vont de mal en pis.
* La dette de carte de crédit a subi son plus gros plongeon des 32 dernières années aux Etats-Unis... peut-être même de l'histoire. Les encours de cartes de crédit ont chuté de 9,7% en février. Et le nombre de comptes de cartes de crédit ouverts baisse lui aussi.
* Que se passe-t-il quand les gens ne peuvent pas rembourser leurs prêts ?
* "Les défauts de paiement grimpent en flèche aux Etats-Unis", disait un article de Reuters il y a quelques jours. Rappelez-vous que les défauts de paiement ne sont que le début du procédé. Ensuite viennent les saisies et les enchères -- qui font à leur tour baisser les prix plus encore.
* Et lorsque les prix de l'immobilier chutent, il en va de même pour le nantissement soutenant les actifs des banques et d'autres institutions financières. Leurs problèmes ne sont donc pas terminés. Le pire est encore devant nous, non derrière nous.
* Mais en dépit des mauvaises perspectives économies, les investisseurs pensent que le pire est passé pour les marchés actions. Les marchés anticipent, disent-ils, au-delà des prévisions économiques immédiates. C'est vrai -- mais ils ont aussi pour adorable habitude de ne voir que ce qu'ils veulent voir.
* "En janvier 2008, lorsque le S&P était dans la première phase de ce qui allait devenir un effondrement catastrophique", explique Rick Ackerman, "les fonds d'investissements (en actions américaines) valaient environ 6 500 milliards de dollars. Et voilà qu'à peine un an plus tard, en février 2008, nous constatons que la valeur de ces fonds a chuté de 48% environ, à 3 400 milliards. Mais devinez quoi : sur cette période, les rachats par anticipation nets ont atteint un total de 2% seulement, soit environ 100 milliards de dollars ! Ce que cela signifie, explicitement, est que les investisseurs de fonds d'investissement ont suivi ce marché baissier tout au long du déclin".
* Les investisseurs n'ont pas déserté les actions -- en dépit du gigantesque déclin des cours. Cela signifie qu'il reste encore beaucoup de ventes à faire.
* "Ce marché baissier prendra fin", continue Rick, "comme tous les autres marchés baissiers de l'histoire : avec une vente massive d'actions à des prix qui feront paraître les cours actuels exorbitants en comparaison".
* Voilà pourquoi on utilise des ordres suiveurs pour les seuils de sécurité : pour être sûr que lorsque la braderie commencera, vos actions seront vendues les premières -- longtemps avant que la plupart des investisseurs ne finissent par capituler.
[NDLR : Adaptez votre portefeuille avant la capitulation : nous sommes là pour vous y aider, avec des conseils concrets et des stratégies simples et claires -- suivez le guide !]
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Depuis la mi-septembre, une poignée d'investisseurs a engrangé des gains de 67,76%, 67,05%, 71,88%, 43,33%, 71,21% et 49,02%... alors que les marchés se faisaient littéralement saigner à blanc.
Pour découvrir comment réagir face à la débâcle actuellement en profitant des baisses, continuez votre lecture... mais agissez dès maintenant : les marchés, eux, n'attendront pas.
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*** La Chronique Agora présente ***
L'investissement de votre épargne mérite bien un minimum de temps. Quel que soit l'investissement que vous choisirez, il faut surtout qu'il réponde précisément à vos besoins. A qui donc se fier ? Frédéric Laurent, de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine vous donne quelques conseils concrets pour faire les bons choix.
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MEFIEZ-VOUS DES CONSEILLERS FINANCIERS INTERESSES
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Par Frédéric Laurent (*)
Un mois de réflexion pour l'achat de sa voiture, une semaine pour un téléviseur, mais seulement une demi-heure de rendez-vous à sa banque, avec un interlocuteur qui va vous vanter les mérites du dernier placement miracle. Cherchez l'erreur.
L'investissement de votre épargne, objet de sacrifices de toute une vie de travail, mérite bien un minimum de temps. Quel que soit l'investissement que vous choisirez -- un contrat d'assurance vie, un portefeuille de titres, un investissement dans l'immobilier locatif --, il faut surtout qu'il réponde précisément à vos besoins. A qui donc se fier ?
L'ambiguïté de la rémunération du conseiller
De trop nombreux abus sont constatés avec les prétendus bons conseils, prodigués par les vautours de la profession. En cause : leur mode de rémunération.
Pourtant, dans les pays anglo-saxons, presque tous les conseillers financiers sont payés sur la base d'honoraires. C'est le même principe que pour les avocats : les honoraires sont facturés au temps passé.
Ce mode de rémunération, pourtant logique, n'arrive pas à percer dans l'Hexagone. Chez nous, les conseillers, qui doivent vivre de leurs prescriptions, ont trouvé un autre système : ils se rémunèrent sur des commissions provenant des produits souscrits. Du coup, on se doute que le conseil n'est plus forcément donné avec toute l'objectivité souhaitée.
Pire, les commissions elles-mêmes font souvent preuve d'opacité. Cela aboutit pour les clients à des ventes forcées, à des recommandations inadaptées.
Ayez toujours à l'esprit que ce n'est pas parce que vous vous adressez à une banque que vous devez lui accorder toute votre confiance aveuglément.
Des conseils pour le profit... des conseillers
En plein milieu de la crise la plus noire qu'ait connue notre société, n'avez-vous pas entendu votre conseiller de clientèle vous vanter que c'est le moment de tout investir sur un PEA ? Ce conseiller, généralement fraîchement sorti d'une école de commerce, n'a aucune expérience en matière de marchés financiers. Obligations et actions peuvent même se confondre dans son esprit. Surtout, ces jeunes banquiers subissent la pression de leur hiérarchie.
L'objectif de la direction : faire rentrer du contrat, que ce soit un contrat d'assurance vie, un PEA, un livret épargne, un Livret A ces derniers mois, un crédit à la consommation... Bref, tout ce qui se vend et qui rapporte à la banque, avant de vous rapporter à vous.
Les dirigeants donnent à leurs banquiers des objectifs souvent irréalistes et leur font miroiter primes, bonus ou variable sur leur salaire de base. Le portrait paraît caricatural, mais la sécurité de votre argent mérite que vous portiez attention à celui qui vous conseille. Tout est fait pour vendre, parfois même à l'encontre de vos propres intérêts.
Un système de commissions pousse-au-crime
Dans presque toutes les banques françaises, les conseillers de clientèle reçoivent des commissions. Avec pour principale logique, l'intérêt... de la banque. Ainsi, le conseiller va percevoir neuf euros pour 15 000 euros placés en fonds actions sur un contrat d'assurance vie, alors qu'il ne touchera que 0,90 euros pour placer la même somme en fonds en euros.
Pis, cette commission est récurrente, c'est-à-dire que la banque va toucher une commission pour chaque année de vie du contrat. Cette commission est beaucoup plus importante sur les fonds en actions.
En ce moment, il semble évident que les clients recherchent avant tout la sécurité, représentée ici par le fonds euro. Mais avec de telles carottes, bien souvent le conseiller sera, inconsciemment peut-être, amené à trouver les meilleurs arguments pour vous faire choisir, au moins en partie, les fonds actions.
En l'absence de formation spécialisée, ils vont avant tout chercher à répondre aux objectifs fixés par leur hiérarchie et... à conserver leur place en ces temps difficiles.
Repérez les mauvais signes
Soyez encore plus prudent que par le passé, car les banques doivent maintenant regagner de l'argent, c'est une question de survie. Un air hautain, surtout chez un jeune conseiller de 23 ans, est souvent signe d'inexpérience. Un argumentaire avec un phrasé mécanique peut cacher l'incompétence.
Prenez garde le jour où votre conseiller vous appelle pour vous proposer le "meilleur placement, sans risques". Il s'agit souvent de terminer un stock de produits financiers ou de vous passer une "patate chaude".
Malheureusement, trop souvent, les conseillers sont là uniquement pour placer le produit le mieux commissionné. Si vous avez le sentiment que c'est le cas, demandez à bénéficier des services de la banque privée de votre établissement (généralement réservés aux gros patrimoines).
Enfin, suivez régulièrement l'évolution des propositions que vous suggère votre interlocuteur, car un patrimoine se gère sur le long terme et la diversification est le garant de sa protection.
Meilleures salutations,
Frédéric Laurent,
Pour la Chronique Agora
(*) Diplômé d'un DESS de Gestion Internationale de Fortune, Frédéric Laurent exerce ses activités de conseil et de gestion depuis une vingtaine d'années. Il a choisi de se mettre efficacement au service de l'investisseur particulier – bien souvent mal conseillé par les institutionnels. C'est dans ce but qu'il a rejoint les Publications Agora en intervenant régulièrement dans la rubrique Patrimoine de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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