La Chronique Agora

 
Amateurs de sensations fortes, en voiture !

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 18 Juillet 2008
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*** Amateurs de sensations fortes, en voiture !
Petite leçon de pilotage boursier

*** Crise des subprime : le Japon aussi
Où l'on apprend que les dettes gouvernementales aussi peuvent mal tourner

*** Le pétrole à 95 $ ?
Inflation, bulle et marché auront leur mot à dire...

*** Le nouveau feuilleton boursier de l'été ! (2)
L'or noir n'a pas fini de faire parler de lui

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+55,71% en 9 séances... +51,67% en 5 jours... +31,33% en 2 jours... +20,86% en 4 jours...
+42,11% en 24 heures... +40,35% en 6 jours... +37,50% en 24 heures...

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Bonjour,

*** AMATEURS DE SENSATIONS FORTES, EN VOITURE !

** Faut-il y croire ou pas ? Il y a-t-il un piège ? Faut-il enclencher le turbo ?

Beaucoup d'investisseurs se posent la question... et nos lecteurs s'attendent à ce que nous leurs proposions des éléments de réponse car, à l'évidence, les marchés sont parvenus à un tournant. Certains diront qu'il s'agit d'un véritable tête à queue, lié à une vitesse baissière excessive depuis le début du deuxième semestre 2008.

Dans l'hypothèse la plus favorable, la "main invisible" qui pilote les indices boursiers comme un enfant capricieux ses petites voitures télécommandées vient de leur faire effectuer un demi-tour comme si le mouvement de correction était arrivé en bout de circuit. Dans ce cas, le crissement de pneus dû au freinage à l'approche des 4 000 points à Paris -- et des 1 200 points sur le S&P 500 -- devrait préfigurer un redémarrage en trombe vers les tribunes situées à mi-chemin de la grande ligne droite entre les bornes 5 140 points et 4 002 points.

Le bolide haussier vient d'enclencher la cinquième vitesse en moins de 48 heures et affiche déjà une vitesse de croisière de +225 points au compteur. Même s'il carbure en surrégime et doit faire un arrêt au stand, cela pourrait nous situer le CAC 40 vers 4 550/4 570 points, ce qui serait un score honorable et justifierait une petite mise "pour la forme" : un gain de 300 points supplémentaires, cela ouvre de belles perspectives !

Mais il y a une autre hypothèse : la "main invisible" affectionne l'ambiance "rallye de l'Acropole", les routes caillouteuses et poussiéreuses -- ça dérape à tout bout de champ et, lorsque le vent souffle, la visibilité est quasi-nulle. Dans le cas qui nous occupe, le CAC 40 vient alors simplement de s'engager dans une épingle à cheveux et il repartira à la baisse dès le prochain virage -- qui pourrait se situer au niveau de la borne kilométrique 4 340 points ou 4 430 points, car le balisage du parcours se mesure au mètre près chez les champions.

** Si nous suivons jusqu'au bout la logique de notre allégorie, le débat entre "circuit de F1" et "course de côtes" sera vite tranché. Regardez un graphique du CAC 40 sur la période partant du 19 mai (5 140 points en clôture) jusqu'au 15 juillet (4 060 points également en clôture) : l'indice nous a fait un "tout droit" façon grand prix de Formule 1.

Après le passage du virage en épingle (orienté plein sud) qui se négocie les deux pieds sur la pédale de frein, les bolides repartent dans l'autre sens (direction plein nord) durant un bon demi-kilomètre (disons 500 points s'agissant du CAC 40), ce qui laisse un peu de temps pour faire grimper le moteur à son régime de rendement maximum avant de décélérer.

Nous ne sommes jamais à l'abri d'une flaque d'huile ou d'un débris sur la piste. Une sortie de route à caractère accidentel est toujours possible mais, en se montrant suffisamment vigilant, "ça devrait passer". Nous miserons donc sur la poursuite du rebond des indices boursiers (+6% ou +7% supplémentaires), tout en gardant un oeil sur le prix du pétrole : le coût du carburant, aujourd'hui, cela compte... même si nous ne redoutons plus la panne sèche.

Si l'hypothèse de la reprise en "V" (comme dans vitesse et vélocité) est la bonne, alors cela démarre plutôt bien. Paris clôture sur un gain de 2,76%, dans un très gros volume (7,8 milliards d'euros). Cela trahit des rachats massifs de ventes à découvert sur nombre de dossiers victimes d'un phénomène de spirale baissière qui débouche sur des niveaux de valorisation parfois absurdes. Saint-Gobain a ainsi repris 9% après une perte annuelle de 50,5%.

** Le CAC 40 a clôturé hier à proximité de ses meilleurs niveaux du jour : l'indice affichait 3% vers 15h45 et se hissait vers 4 250 points. Il a juste raté le passage d'une vitesse vers 16h30 mais s'est bien rattrapé en profitant de l'aspiration de Wall Street à partir de 17h15.

Les places européennes gagnent 2,6% en moyenne, grâce surtout au titre Nokia qui bondit de 8%. On peut cependant noter quelques disparités : si Madrid gagne 3,15%, Milan se contentait de 1,62% -- les Ferrari ont été victimes de petits problèmes de réglages.

Outre-Atlantique, après quelques ratés durant le tour de chauffe (la première heure de cotations sur le NYSE), le S&P et le Dow ont retrouvé la bonne carburation. La puissance des huit cylindres (spécialité mécanique américaine) pouvait de nouveau s'exprimer ; les deux indices prolongeaient le rally haussier de la veille avec des gains de 1,85% sur le Dow, le S&P 500 et le Nasdaq progressant plus modestement de 1,20%.

Le démarrage timide de Wall Street demeure porteur d'espoir. Les opérateurs américains n'ont guère manifesté d'enthousiasme malgré la bonne surprise que constituait le rebond de 9,1% des mises en chantier au mois de juin aux Etats-Unis -- le recul avait été de 3,3% en mai. Les permis de construire ont également progressé plus fortement que prévu de 11,6% après -1,3% au mois de mai.

Les marchés américains n'ont pas vraiment enclenché le turbo en cette veille de week-end mais des hausses de 30% à 35% sur des valeurs bancaires ou des compagnies aériennes lors de la seule séance de mercredi laissaient présager des runs (accélérations) indiciels qui pourraient s'apparenter à une course de dragster.

En outre, J.P. Morgan Chase (+13,9%) a rassuré en dévoilant un bénéfice net trimestriel de deux milliards de dollars, en repli de 55% d'une année sur l'autre, mais supérieur aux attentes du marché après la prise en compte du rachat de Bear Stearns.

** L'indice de la Fed de Philadelphie a cependant mis un bémol à cette euphorie. Il s'établit à -16,3 ce mois-ci, contre -17,1 en juin. A titre de comparaison, les économistes attendaient un indice autour de -15. Ce chiffre indique une nouvelle contraction de l'activité industrielle sur la côte est des Etats-Unis en juillet. Cependant, le FMI revoit fortement à la hausse ses prévisions de croissance outre-Atlantique pour 2008, de 0,5% à 1,3% -- et de 1,4% à 1,7% dans la Zone euro.

Résultat immédiat, après une chute de 10% en trois jours, le cours du baril brut rebondissait de 2% à New York, à 136 $.

Mais Wall Street ne s'en est guère ému : les valeurs parapétrolières ont poursuivi leur consolidation avec -5% en moyenne pour Peabody, XTO Energy ou Murphy Oil.

Le principal se situe plutôt du côté des trimestriels. Google perdait jeudi soir plus de 10% en transactions hors séance (après une clôture stable). Le groupe a dévoilé un bénéfice de 1,25 milliard de dollars, soit 4,63 $ de profit par titre, inférieur de 2% au consensus de 4,72 $.

Peu après la clôture, Microsoft annonçait également des résultats inférieurs aux attentes : 46 cents par titre au lieu des 0,49 anticipés, pour un chiffre d'affaire trimestriels de 15,84 milliards de dollars mais qui est susceptible de se contracter à 14,65 milliards de dollars au troisième trimestre 2008.

Cette prudence de la direction de Microsoft a déçu les analystes : le titre chutait de 4,5% à 5% après le communiqué -- et après +1% en séance.

** Une petite pause des indices américains aujourd'hui, loin de compromettre les chances de poursuite du rally haussier, permettrait à la mécanique de ne pas s'emballer. Les rachats de positions à découvert sont montés un peu trop vite dans les tours et une averse de résultats -- souvent éloignés du consensus -- risque de rendre la chaussée glissante.

Nous aimons les sensations fortes et le pilotage sur le fil, pas les dérapages incontrôlés.

Philippe Béchade,
Paris

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Dan Denning vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** CRISE DES SUBPRIME : LE JAPON AUSSI

** On entend enfin parler des banques asiatiques. Jusqu'à maintenant, les plaintes et les lamentations dues à la crise du crédit ne résonnaient qu'en Europe et en Amérique du Nord. Mais il y a également des banques importantes au Japon. Et ce mardi, trois d'entre elles ont admis posséder un total de 45 milliards de dollars de titres adossés à la dette émis par Fannie Mae et Freddie Mac.

- Mitsubishi UFJ, Mizuho Financial et Sumitomo Mitsui Financial ont chuté de près de 5% durant la séance à Tokyo tandis que les investisseurs digéraient la triste nouvelle. Le journal japonais Nikkei a annoncé que Mitsubishi possédait près de 31 milliards de dollars d'obligations GSE (government-sponsored enterprises, sociétés financées par le gouvernement US) tandis que l'exposition au risque de Mizuho se montait à 11,3 milliards de dollars et à 1,9 milliard de dollars pour Mitsui.

- "Nous devons être plus prudents en ce qui concerne ce problème", a dit Yoshimi Watanabe, directeur de l'Agence japonaise des services financiers. Bonne idée. Les investisseurs japonais, comme beaucoup d'autres investisseurs dans le monde, ont traité la dette GSE comme une dette gouvernementale. Et nous savons tous qu'une dette gouvernementale est toujours remboursée, c'est bien ça ?

- Eh bien... en principe. Après tout, les gouvernements obtiennent leurs revenus par la menace. Vous risquez d'aller en prison si vous ne payez pas vos impôts. Donc en théorie, un gouvernement devrait toujours pouvoir verser les intérêts sur ses obligations. En théorie.

** En pratique, la mauvaise gestion des finances d'une nation est une chose bien plus courante qu'on pourrait le penser. Quand le gouvernement russe n'a pas pu payer sa dette gouvernementale en 1998, il s'en est pris à ce pauvre John Meriwether et à son équipe de prix Nobel d'économie chez Long Term Capital Management.

- Le model LTCM prévoyait que les spreads de taux d'intérêt entre la dette à long terme et la dette à court terme devaient converger. Le modèle ne comprenait pas l'éventualité d'un défaut de paiement des obligations gouvernementales. Le modèle a explosé et Alan Greenspan a organisé un renflouement de 3,5 milliards de dollars, ce qui semble désuet à la lumière de l'énorme dette GSE actuelle (6 000 milliards de dollars).

- Incidemment, Bear Stearns avait refusé de participer au plan de Greenspan, à l'époque, et avait demandé à récupérer son argent de LTCM, lui valant ainsi l'hostilité de ses partenaires de Wall Street... qui ont probablement tiré un certain plaisir de la fin de Bear en mars. Bear Stearns a refusé d'aider un frère, et n'a reçu aucune aide quand sa chance a tourné.

** Serait-ce lancer une rumeur que de dire que les obligations GSE pourraient subir des défauts de paiement ? Tout dépend de la personne à qui vous posez la question. La Securities & Exchange Commission (SEC) américaine a décidé de mettre fin aux ventes à découvert sur Fannie Mae et Freddie Mac. Un analyste nommé David Trone, qui prétend que les financiers sont maintenant victimes de spéculateurs peu scrupuleux et de rumeurs, approuve.

- Selon Trone : "puisqu'il est impossible de gérer les fausses rumeurs, la meilleur solution pour protéger les institutions financières fragiles serait de mettre un terme à la vente à découvert pendant un certain temps". Trone a également affirmé que la malheureuse société Lehman Brothers est victimes de fausses rumeurs blessantes et que son PDG, Richard Fuld, devrait racheter sa banque pour la protéger des spéculateurs. Peut-être faudrait-il arrêter de lancer des rumeurs selon lesquelles Lehman, Fannie et Freddie sont suffisamment capitalisés.

- On ne peut qu'admirer l'audace de ceux qui affirment que la crise financière actuelle est due aux rumeurs et à la spéculation. Cela prouve que mentir n'est pas si compliqué que ça. Il suffit seulement d'avoir l'air convaincu.

- Il faut être soit un idiot soit un menteur pour suggérer que les problèmes de Lehman découlent des rumeurs. D'où viennent les problèmes de Lehman ? D'une mauvaise gestion du risque, d'un énorme effet de levier, d'une volonté de prendre des risques avec l'argent des actionnaires, et de parier sur le marché subprime.

- On n'a entendu personne à Wall Street se plaindre des actionnaires quand ils offraient des stock options généreuses. Maintenant que le marché rend l'industrie financière responsable de ce qui a été fait avec les capitaux des actionnaires, les inconvénients à être coté en Bourse dépassent largement les avantages. De plus, quand l'action s'effondre, à quoi servent les stock options ? Maintenant qu'il y a des bénéfices à récupérer, les dirigeants semblent bien moins enclins à avoir des actionnaires.

- Les banques d'affaires existent pour enrichir les banquiers d'affaires. N'oubliez pas une chose : l'industrie de la finance a pour mission de vous vendre des nouveaux produits d'investissement. Et plus elle vous en vend, mieux elle se porte.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LE PETROLE A 95 $ ?

** Le prix du pétrole baisse. Il est encore proche de son sommet historique, bien entendu -- mais il glisse...

* "Le pétrole est une bulle prête à éclater", déclarent certains analystes. "Pas du tout, le pétrole réagit simplement à l'offre et à la demande", affirment d'autres.

* Quel est le fin mot de l'histoire ?

* Comme d'habitude, vous pouvez compter sur vos rédacteurs de la Chronique Agora pour vous le révéler -- net, propre et sans bavures.

* Le problème, c'est que le monde réel est toujours un peu faussé. Il y a des taches. Et les bavures, c'est bien connu, sont fréquentes.

* Sur le marché pétrolier, nous voyons à la fois une bulle... et une matière première utile réagissant aux forces économiques. Si vous voulez voir une "bulle pure", regardez la folie des tulipes en Hollande, l'affaire du Mississippi en France ou la débâcle des dot.com à New York. C'étaient des bulles "pures" parce que ni les tulipes, ni les actions du Mississippi, ni les dot.com n'avaient de véritable valeur économique. Leurs prix étaient basés à 100% sur la spéculation -- et non sur l'offre et la demande. Et il n'est donc rien resté lorsque la spéculation a disparu. Leurs cours pouvaient revenir à zéro, en d'autres termes.

* Le prix du pétrole arrivera-t-il à zéro ? Non... aucune chance. Si le marché du pétrole est dans une bulle, c'est une bulle nuancée de trois conditions très importantes : 1) le pétrole est peut-être la ressource naturelle la plus utile au monde ; 2) de plus en plus de gens en veulent ; 3) il est évalué en grande partie en dollars dont la valeur, par rapport à tout le reste, est en train de baisser.

* Normalement, on peut mettre de côté les deux premières conditions. Tout le monde sait que le pétrole est utile. Tout le monde sait que les Chinois, les Indiens et tous les autres étrangers en deviennent dépendants -- tout comme les Occidentaux ces 50 dernières années. Ces conditions ne surprennent personne... et les marchés peuvent en faire abstraction. Elles étaient évidentes sur les places pétrolières il y a deux ans... elles sont évidentes aujourd'hui.

* Bien entendu, même si elles sont évidentes, cela ne signifie pas pour autant que les investisseurs s'en sont aperçus. Et sur le marché pétrolier actuel, on dirait que les investisseurs réalisent soudain quelque chose qu'ils auraient dû comprendre il y a bien longtemps. Mais nous pensons que la véritable surprise, pour la plupart des investisseurs, est la troisième condition. Au cours des 15 dernières années -- une période connue sous le nom de Grande Modération -- l'inflation semblait faire une longue sieste. L'orchestre jouait fort. On faisait circuler les boissons. Tout le monde était à la fête -- sauf l'inflation. Peut-être n'est-elle pas en ville, se sont dit certains. Ou peut-être qu'elle est morte. En tout cas, l'inflation était absente.

* Et puis la vieille rabat-joie est arrivée -- et les gens ont commencé à chercher leurs manteaux et à se dire au revoir.

* "Les prix à la consommation subissent leur hausse la plus élevée de ces 26 dernières années", titrait un article révélateur mercredi. Même le Wall Street Journal annonçait une hausse des prix -- à 2 $ le numéro.

** Si vous êtes un nabab du pétrole dont le seul actif consiste en 100 milliards de dollars de pétrole enfouis sous les sables du désert, vous faites attention. Le dollar a perdu environ 25% de son pouvoir d'achat -- selon la mesure utilisée -- au cours des cinq dernières années. Si les taux d'inflation restent les mêmes, notre malheureux nabab risque de perdre plus de 25 milliards de dollars d'ici 2013. S'il ne pense pas faire de bonnes affaires aux cours actuels, il est susceptible de réduire un peu le débit de son pipe-line -- diminuant la production jusqu'à ce que le prix grimpe.

* D'un autre côté, si le prix du pétrole grimpe assez, il pensera probablement qu'il devrait en profiter tant que ça dure. Il augmentera alors la production -- faisant baisser le cours.

* Nous avons tendance à penser que le marché a probablement eu une réaction excessive par rapport aux circonstances. Lorsque les investisseurs ont réalisé à quel point la demande augmentait... ils ont fait grimper les prix. Quand ils ont vu à quel point l'inflation augmentait... ils ont encore fait grimper les prix. Enfin, lorsque les spéculateurs ont vu les prix grimper à ce point, ils les ont poussés plus haut encore.

* A présent, le pétrole est mûr pour une correction. Il y a dix ans, une once d'or achetait environ 10 barils de pétrole. Aujourd'hui, elle n'en achète plus que sept. Comme le pétrole, l'or a réagi à l'augmentation du taux d'inflation. Quant au reste, il y est probablement indifférent. Donc si l'on ajuste le prix du pétrole à l'inflation, il devrait probablement se vendre 95 $ le baril environ.

* En ce qui concerne les forces de l'offre et de la demande -- M. le Marché en sait plus long que nous. Mais M. le Marché, en dépit de toute son expérience, a tendance à en faire un peu trop. Sa réaction a probablement été excessive face à l'augmentation de la demande mondiale. Désormais, la croissance décline partout dans le monde ; là aussi, sa réaction risque d'être excessive.

* Alors où ira le prix du pétrole ? Nous aimerions pouvoir vous le dire. Il pourrait tout à fait passer sous les 100 $. Mais il ne sombrera jamais aussi bas qu'une dot.com effondrée ou un bulbe de tulipe écrasé.

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Pour l'or, les 1 000 $ sont proches -- mais ce n'est qu'un début !
Au cours des deux prochaines années, vous assisterez à la plus grande hausse du cours de l'or  de toute l'histoire des marchés... 

Une envolée qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $... voire au-delà.

Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment profiter de cette hausse sans plus attendre !

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*** La Chronique Agora présente ***

Le pétrole a augmenté de 45% depuis le 1er janvier, et de 1 291% en dix ans. C'est une belle bulle... mais à quel stade en sommes-nous exactement, se demandait hier Raphaël Garaud ? Le plein sera-t-il plus cher pour partir en vacances ou sur la route du retour ? La réponse ci-dessous...

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LE NOUVEAU FEUILLETON BOURSIER DE L'ETE ! -- 2ème PARTIE
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Par Raphaël Garaud (*)

Dans un scénario de bulle, les cours commencent d'abord par monter normalement et régulièrement, sur une longue période. C'est la partie saine de la hausse : elle est tirée par une demande industrielle en augmentation. Puis la hausse s'accélère : elle attire de nouveaux venus, les investisseurs. Nous entrons alors dans la phase deux d'un cycle bullier : celle où les gros investisseurs exploitent le filon. Enfin, les cours s'emballent : tout le monde veut avoir sa part du gâteau, et se jette sur le plat ; on entre en plein délire boursier, complètement irrationnel. Les cours s'emballent, la bulle se gonfle, se tend comme une baudruche et puis, pouf... éclate brutalement.

Les cours se dégonflent et le marché subit une première consolidation. Normale au départ, mais la chute entraîne la chute : l'inquiétude puis la panique se répandent ; la boule de neige prend de la vitesse.

Nous voilà aujourd'hui dans la zone des 140 $. Nous avons eu ces derniers mois une première forte accélération de la hausse. Mais rien n'est encore terminé : l'accélération pourrait porter le cours du pétrole à 160/170 $ -- avant une ultime hausse violente qui pourrait entraîner l'or noir à 190/200 $ le baril, voire un peu plus si la fièvre spéculative gagne en intensité.

Je ne prétends pas deviner ce qui va se passer dans les prochains mois mais mon expérience des marchés m'a appris à reconnaître une "bulle". Et il n'y a aucune raison que cela ne se reproduise pas, les mêmes causes provoquant très souvent les mêmes effets.

Que choisir ?
Qu'il soit de circonstance, contraint ou forcé, l'engouement pour l'or noir ne se dément pas -- faute de mieux pour le moment.

Seulement, les économies perdent peu à peu du terrain. Depuis plusieurs mois, le chômage progresse aux Etats-Unis, le rythme des activités économiques ralentit. Les entreprises vont devoir réduire leur activité, moins produire, et donc moins consommer de pétrole. Vous pensez donc logiquement que le pétrole ne pourra pas rester si cher puisqu'il y aura une baisse de la consommation ; la bulle ne tardera pas à se dégonfler.

En théorie, je suis d'accord avec vous... sauf que la BCE vient de relever ses taux. Cette noble croisade pour un "euro fort", chère à Jean-Claude Trichet, et pour lutter contre l'inflation, a un petit défaut.

Cette hausse des taux en zone euro va à l'encontre des efforts de M. Bernanke pour soutenir le dollar, qui est trop faible. La Fed souhaite justement arrêter la descente du billet vert dans les abîmes, afin de faire retomber les pressions inflationnistes. Or un dollar faible alimente la hausse du brut car ce dernier se paye en dollars... et plus le dollar se déprécie, plus les cours du brut montent, les producteurs défendant bien leurs intérêts.

Il y aurait comme un dilemme ne croyez-vous pas ? La question que je me pose est la suivante : la Fed ne va-t-elle pas être obligée de remonter ses taux ?

Meilleures salutations,

Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora

(*) Raphaël Garaud est le rédacteur en chef de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine. Ce service d'information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d'accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs... Vos Finances - La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu'il s'agit de faire fructifier votre capital.

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