
La fin de Boomland
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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 11 Juillet 2008
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*** La chute des bourses fait la une du JT de 20h : le rebond est proche !
Certains signes ne trompent pas...
*** John Templeton, In Memoriam
Un investisseur de légende nous a quittés
*** La fin de Boomland
Une page se tourne dans l'histoire économique
*** La BCE fait ce que les autres auraient dû faire depuis longtemps ! (2)
Les pays émergents et les Etats-Unis doivent agir eux aussi
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+79,31%... + 50%... +41,18%... +108%...
Ne vous laissez pas impressionner par les soubresauts des marchés !
Alors que la dégringolade boursière affole la majorité des investisseurs depuis le début de l'année, certains accumulent les plus-values à deux -- voire trois chiffres !
Pour déverrouiller de tels profits, il suffit de cliquer...
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Bonjour,
*** LA CHUTE DES BOURSES FAIT LA UNE DU JT DE 20H : LE REBOND EST PROCHE !
** Les places boursières occidentales semblent se diriger tout droit vers une sixième semaine consécutive de repli -- et une septième sur une série de huit. La bourse de Paris en fournit la meilleure illustration : un bilan hebdomadaire redevenu négatif de 0,8% après la chute de 2,5% survenue hier -- avec des volumes que nous qualifierons de relativement modestes puisque 5,2 milliards d'euros seulement ont changé de mains, ce qui trahit surtout la capitulation des acheteurs.
Le CAC 40, lanterne rouge parmi les indices phares de l'Euroland, vient d'inscrire une plus basse clôture annuelle ainsi que de tester un nouveau plancher (4 210 points) qui remonte au 25 juillet 2005. Le support des 4 224 points (des 3 et 8 juillet) a été nettement enfoncé en fin d'après-midi, alors que l'indice phare affichait une perte voisine de 3%. Quelques rachats techniques de dernière minute lui ont cependant permis d'en terminer juste au-dessus des 4 230 points.
La perte globale se monte maintenant à 25% depuis le 1er janvier ; ce score semble enfin impressionner la direction de l'information des grandes chaînes nationales. La chute des marchés survenue jeudi 10 juillet arrivait en troisième position dans le sommaire de la "grand'messe" du 20h... juste derrière la passe d'arme de l'après-midi au Parlement européen entre Nicolas Sarkozy et Daniel Cohn-Bendit au sujet de la présence du chef de l'Etat français aux J.O. de Pékin et l'enquête sur les meurtriers présumés de deux jeunes Français à Londres.
Les journalistes du 20h de France 2 ont consacré un sujet de plus de deux minutes à la capitulation boursière en Europe sur fond de crise du système bancaire américain, à la déprime des ménages (leur moral est au plus bas depuis 20 ans) et aux craintes de conflit avec l'Iran -- maintes fois évoquées dans nos Chroniques depuis la mi-juin.
Ces trois soucis majeurs engendrent d'importants mouvements de "ventes à tout prix" où le seul impératif est d'accroître le montant des liquidités dans les portefeuilles.
Les indices paneuropéens chutaient jeudi de 1,9% en moyenne. Francfort a tenté de résister avec -1,3% mais le FT 100 a dévissé de 2,2% à Londres.
La Banque d'Angleterre a maintenu son taux directeur inchangé à 5% alors que, selon Halifax, le marché immobilier britannique (prix et activité) chute au rythme le plus rapide observé depuis 20 ans. Les médias économiques anglais somment les autorités monétaires de trouver un moyen d'éviter que la correction prenne une ampleur catastrophique qui déboucherait sur un effondrement de la croissance et de la consommation... sans oublier un lot de nouvelles victimes bancaires d'un syndrome de type Northern Rock, HBOS ou Bradford & Bingley.
** Ils ont quelques bonnes raisons de vouloir prendre les devants car l'exemple des Etats-Unis donne froid dans le dos : le Congres s'inquiète ouvertement de l'avenir de Fannie Mae et Freddie Mac.
Les plus hautes autorités de l'administration américaine et la Fed sont à leur chevet. Ben Bernanke et Henry Paulson conviennent que la situation économique est pour le moins "très tendue"... mais Freddie Mac et Fannie Mae seraient, selon le patron de la Fed, "suffisamment capitalisés".
Nous avons vu Bernanke -- car le débat était retransmis en direct sur les chaînes économiques américaines -- répondre avec une gêne évidente, le regard se perdant dans le vague, les mains crispées... et la tournure employée était tout sauf empreinte de conviction : "à mon avis, ces institutions seraient [appréciez cette mise au conditionnel] en mesure d'assurer leur mission, la solidarité du gouvernement avec les établissements de crédit est totale [tout comme leur impuissance à régler le problème ?], une bonne partie de leurs créances hypothécaires sont intégralement garanties par l'Etat" -- depuis peu, mais elles le sont à hauteur de 200 milliards de dollars, si nos souvenirs sont bons.
Au-delà du débat sur une éventuelle recapitalisation -- à la charge du contribuable d'une manière ou d'une autre --, c'est le fonctionnement de tout le marché du crédit immobilier qui est en jeu... et donc la crédibilité de Ben Bernanke et Henry Paulson !
Les réponses parfois évasives de ces deux éminents personnages n'ont pas convaincu Wall Street. Les anticipations de faillite de Fannie Mae et Freddie Mac ne s'estompent pas. Les deux titres ont plongé de respectivement 13,8% et 22% hier soir. Freddie Mac s'effondre même de 50% en une semaine et de 90% en un an, passant de 68 $ à 6,75 $ au plus bas en début de séance.
Les effets psychologique d'une banqueroute de ces deux géants -- les montants en jeu dépassent 1 500 milliards de dollars d'encours -- seraient comparables à l'effondrement des caisses d'épargne américaines au début des années 1990 puis en 1994.
La crise du l'immobilier américain étant loin d'être terminée, le secteur du crédit a reçu une nouvelle volée de bois vert. Lehman a plongé de 12% (soit -75% depuis le 1er janvier), Washington Mutual de 11% (-62% en sept mois), Wachovia et AIG de 8%.
Mais AIG n'est pas un spécialiste du crédit, c'est le numéro un de l'assurance aux Etats-Unis... que fait-il dans cette liste ? Posez-vous seulement la question de la composition du portefeuille de créances détenu par cet assureur. Fannie Mae et Freddie Mac sont les premiers émetteurs d'obligations du secteur commercial au monde et AIG l'un des plus gros acheteurs de ce type de papier noté triple A... mais pour combien de temps encore ?
** Lorsque la peur de l'avenir s'empare des marchés, alimentée par la diffusion des images du succès des tirs de missiles de croisière par l'armée iranienne, le pétrole fait instantanément figure de valeur refuge, à plus forte raison lorsque la situation géopolitique se tend comme depuis ce 10 juillet. Il a donc bondi de 5% à 142 $.
Le billet vert rechutait symétriquement sous les 1,58 face à l'euro malgré la contraction de 2,6% de la production industrielle en France au mois de mai 2008. Hors énergie et alimentation, l'indice a baissé en mai de 2,5% par rapport à avril après une hausse de 1,7% le mois précédent.
Le dollar est sur la mauvaise pente mais cela ne semble pas inquiéter grand monde -- tout du moins, pas sincèrement ! Il y a cependant une heureuse exception, qui s'incarne dans la personne du député du Texas, Ron Paul. Il n'hésite pas à ruer dans les brancards et pointer d'un doigt accusateur Ben Bernanke et Henry Paulson devant la fine fleur des membres de la commission financière du Congrès, peu habitués à ce genre d'éclats.
** C'est l'image du jour et nous allons tenter de vous la résumer. Laissez-nous d'abord vous brosser un rapide portait de Ron Paul, éphémère dernier rival du sénateur McCain à l'investiture du parti républicain en 2008. Original, un franc tireur, il est, à notre connaissance, le seul représentant du parti libertarien du Congrès.
Cet ancien médecin obstétricien est un adepte de thèses économiques très radicales qui renvoient aux conceptions américaines originelles de la libre entreprise -- inspirées du discours fondateur de Thomas Jefferson. Il s'était rendu célèbre en février 2006 en prononçant un discours qui marqua les esprits devant la Chambre des représentants. Son titre ? Ah oui, bien sûr... c'était The end of the dollar hegemony ["La fin de l'hégémonie du dollar", ndlr.].
Un des temps forts de son discours fut la démonstration que les derniers projets de guerre ou de coups d'état mis sur pied par les Etats-Unis visaient des pays, hier l'Irak et le Venezuela, à présent l'Iran, qui prônent ou militent aujourd'hui encore en faveur de l'abandon du dollar comme monnaie de règlement des exportations pétrolières !
Mais revenons-en à son intervention du jour, que nous avons pris un grand plaisir à suivre en direct et dans son intégralité car elle ne durait que cinq minutes, soit le temps alloué à chaque membre du Congrès pour poser ses questions au patron de la Fed. Nous vous livrons un petit résumé des meilleurs moments. Ron Paul a attaqué par l'interpellation suivante : "mais qui est en charge du dollar dans ce pays ?".
"Cela fait 10 ans que le dollar perd de son pouvoir d'achat, 10 ans que la banque centrale imprime des billets verts alors que le pays ne produit pas de richesses et s'enferre dans les déficits commerciaux -- et ne parlons pas du coût de la guerre en Irak" [Ron Paul est ouvertement pacifiste et opposé aux opérations en cours, NDLR]
"Mais comment en est-on arrivé à des taux à 2% (ou 1% trois ans auparavant) alors que l'inflation réelle avoisine 10% ou 12% pour les ménages [ce sont les chiffres qu'il a cités... ils sont donc bien pires que les nôtres] ? Pourquoi la Fed ne tente-t-elle rien pour endiguer les bulles successives qui éclatent les unes après les autres ?"
Et de répondre dans le même élan "tout cela parce que chaque fois que l'économie menace de ralentir, vous [la Fed] injectez plus d'argent, baissez des taux déjà trop bas, puis vous [la Maison-Blanche, représentée par Henry Paulson, NDLR] réduisez la fiscalité, alors que le budget fédéral est déjà en lourd déficit !"
"Que comptez-vous faire alors que le dollar est au bord du gouffre ? Et vous, Monsieur Paulson, quelle est votre position à ce sujet ?"
L'interpellé a senti qu'il était temps de répliquer de façon puissante, de se fendre d'une réponse de gabarit historique. Il a donc pris son air le plus inspiré, a plaçé la main sur son coeur et a déclaré : "je souhaite un dollar fort". Et d'expliquer qu'il "avait foi dans la capacité des Etats-Unis à se tirer des plus mauvais pas grâce à son extraordinaire capacité d'adaptation aux crises".
Et les crises de rire face à de telles assertions creuses, hors sujet et grandiloquentes, cela se soigne comment, Monsieur Paulson ?
Philippe Béchade,
Paris
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Eric Fry vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** JOHN TEMPLETON, IN MEMORIAM
** John Templeton, âgé de 95 ans, est mort avant-hier. Il va manquer à beaucoup de monde. Templeton était un investisseur contrarien de légende et un philanthrope infatigable.
- En février 1987, le fonds Templeton Emerging Market Fund a fait son entrée à la Bourse de New York. A cette époque, très peu d'investisseurs s'intéressaient aux actions de marchés émergents. Et après la chute de la bourse en octobre de cette même année, les investisseurs prêts à s'intéresser aux actions de marchés émergents se sont faits encore plus rares. Le Templeton Emerging Market Fund qui se vendait autour des 14 $ à l'issue de sa première journée en bourse, a chuté à 6 $ avant la fin de l'année.
- Sir John Templeton n'aurait pas voulu qu'il en soit autrement. Cet hyper contrarien semblait adorer l'adversité. Il s'est construit une carrière -- et une fortune -- en investissant pendant ce qu'il appelait les instants de "pessimisme maximal". Le père de votre chroniqueur a adopté la même philosophie avec autant de passion. Dans les derniers jours tendus de 1987, il a acheté quelques centaines d'actions du Emerging Market Fund et les a données à son fils, votre correspondant.
- Bien que ravi de recevoir de l'argent en cadeau, quelle qu'en soit la forme, nous n'étions pas certain de vouloir conserver cette action bizarre et un peu ennuyeuse. Nous l'avons donc conservée suffisamment longtemps pour faire quelques milliers de dollars, puis nous l'avons vendue pour acheter les parts d'une petite entreprise pharmaceutique qui a finalement fait faillite. C'est ainsi qu'a commencé une éducation très onéreuse dans l'art, la science, la déception et le bonheur de l'investissement.
** Fort heureusement, cette éducation a commencé avec John Templeton. Votre chroniqueur a peut-être abandonné le Emerging Market Fund un peu tôt, mais il n'a pas abandonné les principes de John Templeton, du moins pas volontairement. En réalité, il a même essayé de travailler pour ce monsieur...
- Dans les années 1980, votre chroniqueur étudiait la théologie à l'Université Pepperdine, mais il investissait aussi beaucoup en bourse, "pour s'amuser". Ne sachant pas encore si nous voulions consacrer notre avenir au Seigneur ou au dieu de l'argent, nous avons tenté de faire les deux à la fois. Nous avons donc envoyé une lettre étrangement tournée à John Templeton, lui demandant un poste dans son organisation, que ce soit du côté des œuvres de bienfaisance ou du côté des investissements.
- Quelques jours plus tard, une lettre manuscrite, de la main de Sir John Templeton, est arrivée. Je ne me souviens pas précisément de ce que disait la lettre. Mais je me souviens qu'elle contenait de vraies paroles d'encouragement, même s'il n'y figurait pas l'expression "vous êtes engagé". Je me souviens surtout d'avoir été sous le choc de recevoir une lettre manuscrite de la main de l'investisseur le plus talentueux du monde.
- Sir John ne se sera jamais douté de l'influence qu'aura eue cette petite lettre manuscrite sur celui qui l'a reçue. Cette simple lettre m'a poussé à tenter d'atteindre un avenir qui pourrait ressembler à celui de John Templeton. Je ne dis pas que j'ai réussi. Mais j'ai réussi à acheter une poignée d'actions étrangères exotiques pendant ces vingt dernières années et j'ai appris quelques petites choses sur l'achat d'actions dont personne ne veut. Quant au côté "milliardaire philanthrope" de l'histoire de John Templeton... j'y travaille.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** LA FIN DE BOOMLAND
* Le Dow a repris sa baisse. Les commandos de la déflation ont continué leur contre-attaque.
* C'est la guerre. Et la guerre, c'est l'enfer, comme l'a dit le général Sherman avant de réduire Atlanta en cendres.
* Le pétrole est stable. L'or reprend du poil de la bête.
* Ces derniers jours, les combats les plus durs ont eu lieu dans le secteur financier.
* "La Fed considère que les perturbations pourraient se poursuivre l'année prochaine", affirme le New York Times.
* La presse new-yorkaise nous apprend que Steve & Barry's, qui vend des vêtements au détail dans 200 boutiques, vient de déclarer faillite. Fannie Mae et Freddie Mac sont toujours mis à rude épreuve. Les deux sociétés ont désespérément besoin de fonds. Mais même si elles sont soutenues par le gouvernement américain et clairement "too big to fail", les investisseurs sont bien plus près de leurs sous en ce moment. Fannie a dû payer 74 points de base supplémentaires, par rapport au taux du Trésor US, pour obtenir son argent -- bien plus que par le passé. L'action de Freddie a chuté à 10 $. Fannie a atteint les 15 $. Tous deux avaient atteint jusqu'à 60 $, si notre mémoire est bonne.
* Bloomberg nous annonce que la dette de Wall Street est "déclassée par les traders en produits dérivés". Evidemment, ces derniers connaissent mieux que quiconque la dette en question.
** Ce qui est étonnant -- pour nous, en tout cas -- c'est qu'ils ne déclassent pas la dette gouvernementale. Nous pensons que le cycle du crédit a tourné la page. Après un quart de siècle de baisse, il nous semble que les rendements ont formé un triple plancher majeur. En d'autres termes, les prix des obligations (qui grimpent à mesure que les rendements baissent, rappelez-vous) ont atteint trois sommets successifs, plus ou moins à la même altitude, en 2003, 2005 et une fois encore en 2007.
* Mais si nous sommes sur la pente descendante, elle est douce, jusqu'à présent. La dernière fois que nous avons regardé, mercredi, le bon du Trésor US avait un rendement de 3,88%.
* Nous devons faire une petite pause et reprendre notre souffle. A quoi pensent les acheteurs obligataires ? A la sécurité, sans doute. Ils voient le dernier assaut de déflation -- avec des cours boursiers en chute partout dans le monde... Wall Street qui s'effondre... la Fed maintenant nerveusement son taux directeur à 2%... le pétrole qui décline, après avoir peut-être atteint un sommet -- et cherchent un trou où se cacher. Et quoi de mieux que les bons du Trésor US... profondément enterrés par la confiance et le crédit du gouvernement américain, et libellés en dollars tout-puissants ?
* Eh bien, euh... c'est précisément là le problème. Le trou est peut-être plus profond qu'ils le pensent.
* La sagesse conventionnelle veut que l'inflation ne soit pas une menace durable. L'expérience du dernier quart de siècle montre que de petites poussées de hausse des prix sont souvent remplacées par une période plus longue de stabilité. Mais on parle là d'un quart de siècle durant lequel les Chinois baissaient les prix des biens manufacturés... les coûts de main d'œuvre étaient maintenus au plancher par l'afflux de millions de personnes dans l'économie moderne... et avant que le cycle des prix des matières premières ne se mette à la hausse.
* C'était également la période où les taux d'intérêt chutaient... et où des quantités quasi-infinies d'argent étaient disponibles pour augmenter les dépenses de consommation et la production. Cette période est terminée.
* Néanmoins, des millions d'investisseurs s'attendent à ce qu'elle continue. Ils pensent qu'une économie mondiale qui ralentit poussera les forces de l'inflation à retourner dans leurs baraquements, et qu'ils peuvent continuer à obtenir des coupons obligataires de 3,88% sans passer pour les dindons de la farce.
* Qui sait ? Peut-être ont-ils raison. Nous pensons tout de même que ce sont des benêts. Même s'ils finissent par avoir raison, la marge de sécurité des T-Bonds est aussi fine qu'une lame de rasoir -- ils ne peuvent que se couper.
* La vraie question, pour nous à la Chronique Agora, est de savoir comment le monde finira. Le monde tel que nous le connaissons... Boomland... le monde du crédit en expansion constante et des prix des actifs en hausse permanente... a pris fin, pensons-nous. Se terminera-t-il en fanfare ou en soupirs ? Finira-t-il avec la fanfare de l'inflation ? Ou les soupirs des prix agonisant ?
* "Les deux", continuons-nous de penser.
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*** La Chronique Agora présente ***
Que faire pour sortir de la crise où l'économie mondiale s'enlise de plus en plus profondément depuis des mois ? Augmenter les taux d'intérêt ! Après un bref passage en revue des circonstances actuelles + lien vers 1ère partie de l'essai, Isabelle Mouilleseaux nous explique aujourd'hui que la BCE montre l'exemple, mais ne devrait pas être la première à agir...
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LA BCE FAIT CE QUE LES AUTRES AURAIENT DU FAIRE DEPUIS LONGTEMPS ! -- 2ème PARTIE
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La partie n'est pas gagnée
Les pays émergents doivent remonter leurs taux significativement. Tant que les taux réels resteront négatifs, l'activité économique tournera en surchauffe, la demande de matières restera très forte et nous ne sortirons pas de la crise inflationniste.
Certes, cela entraînera une remontée forte des devises émergentes, yuan en tête, et mettra à mal la compétitivité de ces pays dont le modèle économique repose sur les exportations.
Inutile de vous dire que la partie n'est pas gagnée ! Les Emergents hésitent à se couper le bras, d'autant que la demande interne n'est pas encore suffisamment développée pour prendre la relève si les exportations fléchissaient.
Et les Américains ? Ils se sont mis dans de beaux draps !
Je pense sincèrement qu'ils sont désarmés, dos au mur. Ils ne peuvent vraiment rien faire. Idéalement, ils devraient remonter leur taux directeur. Or je crains fort qu'une hausse des taux au "pays du surendettement" plongerait l'économie, la consommation et l'immobilier américains dans un trou noir pour plusieurs années, et risquerait de faire imploser le système bancaire encore fragile...
Lâcheté et impuissance
Pour l'instant, personne ne bouge pour enrayer le cercle vicieux. Aucune initiative, ni de la part des Emergents, par manque de courage politique, ni de la part des Etats-Unis, totalement piégés. C'est atterrant.
La BCE ouvrira donc le feu !
Et ça, c'est une aberration !
Nous devrions être les derniers à remonter nos taux, bien après que les Emergents aient largement remonté les leurs et que les Etats-Unis aient eux aussi enclenché le processus de relèvement des taux. Mais devant la lâcheté des autres...
Trichet frappe du point sur la table pour montrer l'exemple. Bravo. Un geste fort, courageux surtout. Et non sans risque d'ailleurs... car le piège du ralentissement économique est grand ouvert devant nous. Et comme le processus inflationniste ne vient pas de chez nous, une hausse des taux n'a que très peu d'impact face à une inflation des matières premières.
Mais que faire d'autre ? L'inaction serait pire...
Comme le dit Patrick Artus : "la BCE est un îlot de vertu dans un océan de turpitudes".
Maintenant, il ne reste plus qu'à croiser les doigts très fort : pourvu que les autres banques centrales suivent. Stand up and fight !
La cerise sur le gâteau ?
J'entendais Marc Fiorentino proposer une solution intéressante. Il faudrait idéalement la coupler avec ce que je viens de dire pour assurer une efficacité maximale :
- Une action concertée sur le marché des changes pour acheter massivement du dollar.
- Relever massivement, et sur toutes les places en même temps, les marges de trading sur le brut pour limiter la spéculation. Voilà une idée intéressante -- car n'oubliez pas que la hausse des taux ne peut pas grand-chose contre l'inflation importée liée à la hausse des prix des matières, brut en tête.
En attendant, l'or, l'argent et le brut ont de beaux jours devant eux !
Meilleures salutations,
Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora
(*) Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché des matières premières.
L’Edito Matières Premières est bien plus qu’une chronique quotidienne. C’est un pôle d’activités centré sur les matières premières qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous pouvez recevoir gratuitement l’Edito Matières Premières en cliquant ici.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2008
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