
Ce qui est rare est cher
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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 09 Juillet 2008
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*** Hasards du calendrier et magie des fables
L'avenir se lirait-il dans les graphiques ?
*** Ce qui est rare est cher
Une équation infaillible sur les marchés...
*** Les déboires de Fannie et Freddie
Les jumeaux ont besoin d'argent... et ils ne sont pas les seuls
*** L'été de tous les dangers (2)
Inflation + stagnation de la croissance = un marché pas joli joli...
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JUSQU'OU IRA LE METAL JAUNE ?
Au cours des deux prochaines années, vous assisterez à la plus grande hausse du cours de l'or de toute l'histoire des marchés...
Une envolée qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $... voire au-delà.
Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment profiter de cette hausse sans plus attendre !
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Bonjour,
*** HASARDS DU CALENDRIER ET MAGIE DES FABLES
** Le CAC 40 retrouve ses niveaux du 8 juillet 2005 -- c'était donc il y a trois ans jour pour jour -- et inscrit en séance un nouveau plancher annuel à 4 224,08 points !
Bon sang, vous direz-vous, le trou d'air de jeudi dernier n'a pas suffi, voici que le marché parisien se retrouve emporté par une nouvelle spirale baissière en direction des 4 000 points, voir des 3 850 points ?
L'analyse technique, nous le savons, n'a pas que de fervents supporters. Même parmi ceux qui ne juraient que par les courbes et les chandeliers, beaucoup en sont revenus ou ont appris la modestie. Après quelques succès -- et peut-être un ou deux heureux coups de pouce du destin --, les pertes et les gains finissent par s'équilibrer. Aucune méthode ne permet en effet d'identifier au premier regard les vrais et les faux signaux et leur foi aveugle dans les graphes s'est émoussée au fil des ans.
Mais de temps en temps, les scénarios graphiques se remettent à fonctionner comme dans les manuels. Cette journée de mardi en fournit une saisissante illustration : non seulement le CAC 40 revient trois ans en arrière -- à l'exacte date anniversaire -- mais en plus, il revient au contact de son plancher annuel (4 224,13 points) avec une précision rarissime (de l'ordre du millième) puisque 0,05 points d'indice seulement séparent ces deux creux, inscrits dans des conditions identiques de capitulation des acheteurs sur fond de spectre de la crise des subprime.
Oui, parfois, en de telles circonstances, l'analyse technique semble rentrer en concordance avec la mécanique céleste et le profane ne pourrait manquer d'être troublé par des niveaux de coïncidence qui défient les lois de la statistique.
Mais aussi vrai que les aiguilles d'une horloge arrêtée donnent l'heure juste deux fois par jour, le genre de conjonction indicielle que nous décrivons aujourd'hui ne survient qu'une ou deux fois dans l'année. Un esprit sceptique n'y verra qu'un caprice du hasard mais, d'expérience, nous savons que ne pas en tenir compte peut conduire à de mauvaises prises de décision en matière d'investissements.
** Et des hasards, il y en a eu beaucoup hier. Le S&P 500 (à 1 242 points) a brièvement testé ses planchers de juillet, non pas 2005 mais 2006. L'Eurotop 100, quant à lui, inscrivait un plus bas en séance à 2 427,98 points... à comparer avec les 2 427,17 points du 3 juillet 2008 puis les 2 401 points du 7 juillet 2005.
Jetons à présent un coup d'oeil sur le pétrole. Il cotait 73 $ (un record historique) la veille de la fête nationale américaine, le 3 juillet 2006 ; mais également 73 $ le 9 juillet 2007 (il y a également un an jour pour jour), c'est-à-dire très exactement la moitié de sa valeur la plus élevée (145,7 $) inscrite... le 3 juillet 2008.
L'euro ne valait alors que 1,36 $ à la même date en 2007 et 1,28 $ en 2006, l'écart ressort donc respectivement à -15% et -20% (sur 12 et 24 mois) au détriment du dollar... contre +100% pour le pétrole.
Autrement dit, la "force" de la monnaie unique n'absorbe en fait que 17,5% du choc pétrolier sur les deux dernières années. Pour les 82,7% restants, les consommateurs américains et européens se retrouvent dos à dos, ce qui explique le faible écart des niveaux d'inflation bruts (cela se joue à 0,2% près) et une égalité quasi parfaite en taux central (hors alimentation et énergie).
** Nous attendons donc que la BCE nous démontre de quelle manière sa rigidité et sa quête d'un impossible "ancrage des anticipations inflationnistes" a mieux protégé le pouvoir d'achat des citoyens de l'Euroland depuis 2005. L'écart en termes de croissance de part et d'autre de l'Atlantique est en revanche abyssal : l'échelle va pratiquement du simple au double. Le sentiment de précarité a fait une percée fracassante sur le Vieux Continent, tandis que les Américains goûtaient aux délices d'une richesse certes factice mais pourvoyeuse de bonne humeur et d'une solide confiance dans l'avenir.
Bien sûr, les indices de confiance américains se sont effondrés en quelques mois et ils atteignent des abîmes inconnus depuis 30 ans -- voire depuis l'après crise de 29 --, mais ils ne font que s'aligner sur les courbes européennes qui stagnaient dans les profondeurs depuis plus d'un an.
Au moins sommes-nous accoutumés depuis longtemps à l'idée que la mondialisation rend notre quotidien plus difficile et l'avenir de nos enfants plus incertain. L'épargne fait partie des comportements acquis et cela nous permet en théorie de "voir venir" tandis que les Américains ont tout dépensé et ont endetté la génération suivante.
** Vous connaissez tous la fable de la cigale et de la fourmi... mais notre planète mondialisée fait aujourd'hui appel à un troisième personnage qui s'incarne dans l'abeille asiatique. C'est elle qui nourrissait la cigale, car la fourmi, c'est bien connu, n'est pas prêteuse, ce qui se traduit par une coopération zéro au niveau des politiques monétaires entre la BCE et la Fed. Elles sont juste tombées d'accord pour alimenter le marché -- les banques commerciales puis les banques d'affaires -- en liquidités, sans quoi c'était le krach systémique assuré.
Aujourd'hui, la maison de l'inconséquente cigale -- qui est également bien piètre architecte -- craque de toutes parts et menace de s'effondrer sur sa tête. Les promesses d'achat de l'immobilier aux Etats-Unis ont chuté de 4,7% à 84,7 au mois de mai 2008 et, sur un an, les promesses se sont contractées de 14% en mai. Le vrai problème, cependant, c'est que la ruche était suspendue sous un angle du toit tandis que les fourmis avaient creusé leur nid sous la véranda.
Nous pressentons que les laborieux butineurs, les jouisseurs dilettantes et les austères donneurs de leçons vont bientôt prendre la mesure de l'absurdité de leur sentiment de supériorité sur toutes les autres formes d'organisation.
En attendant cette funeste issue, nous faisons l'inventaire des signes précurseurs d'un rebond des marchés. Puisque tous les intervenants anticipent le pire, c'est que celui-ci a cessé d'être certain et la prochaine chute des indices ne devrait survenir que lorsque la confiance reviendra.
Philippe Béchade,
Paris
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Chris Mayer vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** CE QUI EST RARE EST CHER
** Les métaux super-légers et hyper-résistants sont les plastiques du 21ème siècle. Ces métaux sont très demandés et leur utilisation est sans limite, des turboréacteurs aux composants de rails. On assiste par conséquent à une grande poussée du côté des métaux rares si difficiles à fabriquer. Et ces métaux rares sont de bonnes opportunités pour les investisseurs. L'un d'entre eux est le vanadium.
- Pour certaines industries, comme l'aéronautique, trouver une façon de continuer leur activité malgré les problèmes de carburants devient une question de survie. Selon un récent article du Financial Times, cela a "provoqué un bond énorme dans le prix des métaux rares et difficiles à produire que l'on utilise pour l'économie de carburant des turboréacteurs".
- La course à l'efficacité énergétique va bien au-delà de l'aéronautique. Elle s'étend aux véhicules de chemin de fer et aux automobiles, aux centrales électriques et au forage à grande vitesse. La principale utilisation du vanadium : renforcer le métal. Associez-le au titane et vous obtenez le meilleur ratio force/poids de n'importe quel matériau provenant de l'ingénierie. Cela le rend quasiment irremplaçable dans l'aéronautique et autres industries. Les entreprises utilisent également du vanadium pour produire de l'acide sulfurique, et dans les centrales nucléaires. Le vanadium promet aussi de nouvelles avancées technologiques dans le domaine des batteries. D'énormes batteries au vanadium font tourner les fermes éoliennes et les centrales solaires.
** Dans le grand boom des infrastructures, le vanadium trouve sa place à la table des métaux rares et méconnus qui deviennent de plus en plus importants. Le prix du vanadium, comme celui de nombre de ces métaux, grimpe. Pendant la plus grande partie de l'année dernière, le vanadium coûtait 40 $ le kilo. En février, il a atteint les 90 $ le kilo. Il est légèrement redescendu depuis, mais a de nouveau atteint les 80 $ récemment.
- L'explosion du prix du vanadium n'est pas un mystère. La demande est importante, tandis que l'offre est réduite. Une grande partie de l'offre repose en Afrique du Sud -- et une grave pénurie d'électricité empêche de nombreuses mines de fonctionner à plein régime. En mars, Xstrata, qui produit près de 12% du vanadium mondial, a annoncé qu'il réduirait ses livraisons de 10% à 15% au cours du second trimestre. Et Highveld, un des plus gros producteurs de vanadium au monde, a déclaré en février que les pannes de courant étaient une "menace sérieuse" pour la future production.
- Le marché du vanadium présente aussi des bizarreries intéressantes. Par exemple, 98% du vanadium mondial provient de seulement trois pays -- la Chine, la Russie et l'Afrique du Sud. L'Afrique du Sud, nous le savons, fait face à des problèmes d'énergie. La province chinoise du Sichuan, dévastée par un tremblement de terre, était également un gros producteur de vanadium. Qui plus est, la Chine consomme désormais autant de vanadium qu'elle en produit. Les exportations de vanadium chinois sont donc sur le déclin. L'année dernière, la Chine a mis un frein à ses exportations de vanadium parce qu'elle avait besoin de ce métal. Cette année, la Chine est allée encore plus loin en mettant en place des barrières douanières.
- En Chine, l'utilisation de vanadium pour le métal est encore loin de celle des Etats-Unis. Si la Chine utilisait autant de vanadium que les producteurs de métaux américains, le marché devrait faire face à une augmentation de la demande de près d'un tiers. Le vanadium a donc le vent en poupe pour encore un moment.
- Le groupe russe Evraz est le plus gros producteur mondial de vanadium, avec près de 27% de l'offre. Nous pouvons sans risque affirmer que la Russie est un producteur irrégulier pour certaines matières premières. Et comme les Russes aiment changer les règles du jeu selon leur humeur, je ne me reposerais pas trop sur l'offre russe. Enfin, il n'y a pas de stock de vanadium ou de substitut de qualité égale.
- Alors où sont les opportunités ?
- Difficile de trouver une valeur pure play facile à acheter. La plupart des producteurs sont en Chine, en Afrique du Sud ou en Australie. Et ces producteurs fabriquent beaucoup d'autres métaux. Vous n'achèteriez pas des Xstrata uniquement parce que vous aimez le vanadium. Il vous faudrait également comprendre une foule d'autres métaux qui contribuent bien plus au fonctionnement de Xstrata que le vanadium. Denison Mines est une entreprise intéressante. Le vanadium représenterait un tiers des revenus de Denison Mines en 2008. Le problème avec Denison, c'est que c'est principalement une position sur l'uranium. Pour investir sur Denison, il faut que vous vous intéressiez à l'uranium ; le vanadium sera alors un bonus. Denison n'est sûrement pas très cher, mais je ne me suis pas vraiment penché sur la question.
- Certaines des meilleures opportunités d'investissement en sont encore seulement au stade de prospection, ou émergent à peine en tant que producteurs. Il y en a quelques uns en Australie, dont Windimurra Vanadium et Reed Resources. Les deux possèdent d'importantes ressources de métaux et chacun pourrait finir par représenter 6% à 8% de la production mondiale.
- L'une de mes opportunités préférées concernant le vanadium et sur laquelle je garde un œil, c'est Largo Resources. Largo possède la mine de vanadium le plus riche du monde, au Brésil. C'est proche des infrastructures et situé dans un pays plutôt favorable aux mines. L'entreprise devrait recevoir une étude de faisabilité en juillet. La production devrait commencer en 2010. C'est hautement spéculatif, mais prometteur.
- L'entreprise a également un projet de molybdène et de tungstène dans le Yukon, appelé Northern Dance. Ces métaux demandent également de grandes infrastructures.
- La rareté est une chose formidable quand vous êtes investisseur. Des entreprises possédant quelque chose de rare -- avec une demande à long terme juste derrière -- voilà la formule idéale pour trouver de bonnes idées d'investissement.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** LES DEBOIRES DE FANNIE ET FREDDIE
** Freddie Mac et Fannie Mae sont au grand empire américain ce que l'East India Company était à l'empire britannique au 19ème siècle... et la Compagnie de Louisiane était à la France au 18ème siècle. Gigantesque, stupide, et probablement fatal.
* Freddie et Fannie sont d'énormes prêteurs hypothécaires soutenus par le gouvernement américain. Dans la France du 18ème siècle, les spéculateurs pariaient sur les richesses de Louisiane, grâce à la Compagnie de Louisiane, affrétée par le gouvernement. Au 19ème siècle, ils plaçaient leur argent dans les richesses de l'Inde, grâce à la East India Company affrétée par le gouvernement. Et à la fin du 20ème siècle, ils jouaient la hausse des prix de l'immobilier grâce à Fannie et Freddie.
* Cette semaine, les jumeaux ont pris une volée de bois vert. Freddie a perdu 18%. Fannie a dégringolé de 16%. La valeur a chuté à son niveau le plus bas depuis 1995, effaçant chaque centime gagné grâce à la bulle immobilière. Sic transit gloria pecunaria. Ou quelque chose comme ça.
* Le problème immédiat, c'est que les prêteurs hypothécaires se trouvent à court d'argent. Ils doivent lever 75 milliards de dollars. Il y a quelques années, cela n'aurait pas été un problème. Tout le monde était prêt à mettre de l'argent dans le marché fou fou fou de l'immobilier US titrisé. Puis l'immobilier s'est cassé la figure.
* On apprenait lundi que les prix des maisons chutent dans 23 régions urbaines américaines sur 25, selon Case/Shiller. Les saisies grimpent à un rythme de plus en plus rapide, etc., etc.
* (Nous vous épargnons les détails... nous ne voulons pas vous perturber, cher lecteur).
* A présent, Freddie et Fannie ont donc un problème. Ils doivent trouver de l'argent -- beaucoup d'argent. Et c'est devenu "très difficile", selon les experts, d'obtenir ce genre de somme. Les investisseurs commencent lentement à faire leurs calculs. Le couple de prêteurs hypothécaires a besoin de plus d'argent. Leur secteur est en chute libre. Leurs capitaux disparaissent. Leurs nantissements perdent de leur valeur chaque mois : "hé, peut-être qu'on devrait vendre l'action !" Résultat de ces délibérations : une très mauvaise journée pour les jumeaux, avec des pertes totales de plusieurs milliards de dollars pour les actionnaires restant, trop lents ou trop benêts pour vendre leurs titres.
** En tout cas, Freddie et Fannie ont désormais besoin d'argent. Et si l'on en croit un rapport provenant de Bridgewater Associates, il en ira de même pour beaucoup d'entreprises... et de gouvernements.
* Le mémo confidentiel de Bridgewater -- qui est passé dans la presse suisse avant d'arriver à Ambrose Evans-Pritchard, du Telegraph, à Londres -- déclare que les pertes dues au credit crunch pourraient atteindre 1 600 milliards de dollars, soit quatre fois les estimations officielles du FMI.
* 1 600 milliards de dollars, ça fait beaucoup d'argent. Si Bridgewater a raison, le secteur financier tout entier sera vidé de sa substance. Vous vous rappellerez, cher lecteur, qu'après la disparition de l'industrie aux Etats-Unis, il restait la finance. Et la vente au détail. L'immobilier. Les services. Et c'est à peu près tout. Le centre du pouvoir économique est passé de Detroit et Trenton -- où l'on fabriquait des choses -- à Manhattan, où on les finançait. Les mères cessèrent de rêver un avenir de PDG de General Motors pour leurs enfants ; elles souhaitaient désormais qu'ils aillent à Wall Street. C'est là que se trouvait le véritable argent. La finance était la clé non seulement d'immenses profits en elle-même, mais aussi de la croissance des secteurs de la vente au détail et de l'immobilier. Les gens achetaient des biens durables et des biens de consommation à crédit. Pas de crédit, pas d'achats ; pas d'achats, pas d'économie de consommation.
* Eh bien, à présent, GM a perdu 75% de sa valeur... et le secteur de la finance n'est pas loin derrière.
* Et Bridgewater continue en disant qu'une perte de 1 600 milliards de dollars dans l'industrie financière signifiera une perte de 12 000 milliards de dollars de crédit pour l'économie dans son ensemble. Lorsque les prêteurs n'ont pas de capitaux, ils ne peuvent pas faire de prêts. Donc si un dollar de capital disparaît de leurs comptes, ce sont jusqu'à 10 $ de crédit qui disparaissent de l'économie.
* Dans les bureaux européens de la Chronique Agora, nous sommes habitués aux prix élevés. Un milliard de dollars ? Oh là là, on a dépensé ça rien que pour déjeuner, ou presque. 12 000 milliards, par contre, ça commence à faire une somme. 12 000 milliards soustraits à l'économie de consommation US, voilà qui commence à ressembler à la Grande dépression. Comme le Japon entre 1990-2006... en pire. Un effondrement du prix des actifs. Une hausse du chômage. Des banqueroutes. Des faillites.
* Bien entendu, aucune banque centrale, aucun gouvernement n'entrera sans violence dans cette bonne nuit. La Fed réduira ses taux... assouplira ses critères de réserve... et interviendra probablement directement sur les marchés. Les banques seront nationalisées, dans les faits... comme ce qui s'est déjà produit pour Northern Rock en Grande-Bretagne. Le gouvernement fédéral augmentera l'emprunt et les dépenses pour essayer de compenser l'argent disparaissant des marchés et de l'économie. Un déficit de 1 000 milliards de dollars ? Plutôt 2 000 milliards. Voire plus.
* Et les étrangers ? Les fonds souverains ? Ils ont beaucoup d'argent, eux. Ne pourraient-ils pas aider à la recapitalisation du système de crédit américain ? Hélas, les fonds souverains n'ont que 3 000 milliards de dollars, actuellement. Et les étrangers ? Nous sommes d'avis que lorsqu'ils réaliseront ce qui se passe, ils chercheront désespérément à se débarrasser des dollars et du papier US de toutes sortes. Au lieu de cela, ils voudront de vraies ressources, des usines, des marques, du béton et des terrains. Et ils auront de belles opportunités. A mesure que les prix des actifs chutent, ils pourront acheter plus de propriétés de valeur aux Etats-Unis à des prix plancher. Abu Dhabi a déjà acheté l'Empire State Building. Une brasserie belge, gérée par des Brésiliens, achète Budweiser.
* A suivre...
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*** La Chronique Agora présente ***
Les banques ne se font plus confiance entre elles... et cela ne fait qu'accentuer la crise de liquidité et de crédit, concluait hier Frédéric Laurent. Aujourd'hui, il en tire les conclusions qui s'imposent...
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L'ETE DE TOUS LES DANGERS -- 2ème PARTIE
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Par Frédéric Laurent (*)
Après Zorro, viendra le chevalier blanc !
Heureusement, au-dessus de nos têtes, nous avons notre gardien de l'intégrité... Monsieur Jean-Claude Trichet, président de la BCE. Il vient de décider de relever son taux directeur d'un quart de point. Mais que croit-il ? Qu'en relevant son taux directeur d'un quart de point, il enrayera l'inflation importée de Chine, la hausse des matières premières ? Non, ce qu'il risque, c'est de pénaliser encore plus l'activité économique en rendant l'accès au crédit plus coûteux pour les entreprises.
Suivez-moi bien : la dégringolade du billet vert n'incite pas vraiment à investir sur le dollar. Que tous les créanciers détenant cette devise se mettent à la vendre car elle vaut de moins en moins, et l'effondrement sera total ! Investir sur l'euro ? Pour le moment, le potentiel me paraît limité.
Mais la dépréciation du dollar explique en partie la montée du prix des matières premières : libellées en dollars, elles valent non seulement plus cher, mais surtout, les investisseurs les considèrent comme une nouvelle classe d'actif à part entière, les protégeant de l'inflation et des incertitudes qui règnent.
Oui mais... Pour nous, tous les jours, dans notre quotidien, nous ne vivons pas de nos investissements sur les matières premières -- même si cela rajoute un peu de confort et de sécurité à nos épargnes. Nous avons un travail, nous gagnons de l'argent, et pour nous, le coeur du sujet est la stagflation.
Jusqu'à présent, on naviguait entre déflation, inflation, sans savoir à quelle sauce on allait être mangés. Cette fois, on la tient, ce sera la stagflation. Oh, ne vous réjouissez pas trop vite, c'est peut-être le pire.
La stagflation : inflation + stagnation de la croissance (ou récession)
L'inflation causée par la hausse des matières premières vient se heurter à une économie dont la croissance est au ralenti.
Alors, que faire ? Eh bien, je pense que la meilleure des défenses c'est l'attaque. Il vous faut mettre en place une stratégie bien ficelée, trouver comment profiter de ces crises de marché et investir justement là où le bât blesse. C'est ce que nous faisons.
Dans le dernier numéro de Protection & Rendement, je conseillais ainsi à mes lecteurs d'acheter une société pétrolière plus qu'attrayante, si l'on considère que l'or noir devient de plus en plus une valeur refuge. Cette société, que l'on pourrait classer dans les opportunités, ressemble de plus en plus à une défensive en ces temps boursiers tourmentés. Elle a un rendement TRES attractif (plus de 7%), ce qui en fait une forteresse de plus à mettre dans votre portefeuille ! Pour la découvrir, n'attendez pas...
Meilleures salutations,
Frédéric Laurent
Pour la Chronique Agora
(*) Frédéric travaille depuis plus de 20 ans dans la gestion de patrimoine. Il a fait ses débuts dans une société d'assurance avant de s'intéresser de plus près à la finance et aux marchés. Il a alors travaillé pendant quelque temps pour Merrill Lynch, puis s'est exilé au Luxembourg, où il a appris jusqu'aux moindres détails de la gestion de fortune et de patrimoine.
Frédéric a ensuite fondé sa propre société de gestion de patrimoine. Cela lui permet de mener ce qu'il considère comme une véritable mission : aider les investisseurs comme vous à prendre réellement soin de leur patrimoine -- le protéger, le faire croître quoi qu'il arrive... sans prendre de risques. C'est ce qu'il fait semaine après semaine dans le cadre du service Protection & Rendement : n'attendez pas pour profiter de ses conseils, vos finances pourraient s'en trouver transformées !
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n'hésitez pas à vous abonner à l'une de nos lettres.
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