La Chronique Agora

 
Faut-il enterrer le GOR ?

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 07 Juillet 2008
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*** Le temps des soldes...
... après les prix cassés, opération coup de balai...

*** Une baisse du pétrole dans les 6 prochains mois ?
Les lecteurs australiens de Dan Denning lui donnent du fil à retordre...

*** Le secret de la richesse
Il est imparable... et tient en une phrase

*** Faut-il enterrer le GOR ?
Le lien entre pétrole et or semble rompu

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Bonjour,

*** LE TEMPS DES SOLDES...

** Beaucoup de commentateurs évoquent la période des soldes sur les marchés financiers : c'est bien de saison, et cela colle parfaitement avec le timing de la correction sur les places européennes. Nous trouvons la métaphore particulièrement pertinente car ce à quoi nous assistons depuis 10 jours coïncide à merveille avec le canevas marketing et la rhétorique qui s'appliquent au déstockage des boutiques et des grands magasins.
 
Tout commence par des soldes privées : vous pouvez faire mettre de côté les articles qui vous plaisent avant le commun des mortels et passer régler le tout avec une remise prédéfinie dès que le coup d'envoi officiel (c'est-à-dire fiscal) est donné.
 
Dès lors, toutes les vitrines se couvrent d'affiches "Soldes à -30%, -40% et même -50%". En ce qui concerne les -30%, nous y sommes largement sur les actions françaises par rapport au 4 juillet 2004 !
 
Les vrais connaisseurs savent que dans ce genre d'évènement commercial, il faut soit acheter dès l'ouverture si l'on a repéré une pièce n'existant qu'à quelques exemplaires (et encore, pas dans toutes les tailles)... sinon il faut se montrer patient. C'est pourquoi nous avions fait quelques courses une quinzaine de jours auparavant et sélectionné une liste de titres offrant --avant même que le CAC 40 casse sa tendance haussière long terme sous les 4 530 points -- des rendements supérieurs à 4,50% (voire beaucoup plus) et dont nous apprécions les métiers, les perspectives et le management.
 
Puisque nous étions à la tête de beaucoup de liquidités depuis la mi-mai, nous avons ramassé les valeurs qui nous plaisaient, à des prix qui nous paraissaient déjà très avantageux... mais cette année, avec une inflation à 4% (et plus) et la crise des subprime, la majorité des investisseurs n'a plus beaucoup d'argent à dépenser.
 
** Après les soldes VIP, voici que les étiquettes passent rapidement de -30% à -40% sur certains dossiers. Depuis le mercredi 3 juillet, c'est le temps de la "deuxième démarque" : certains cours affichent allègrement -50% depuis l'automne dernier. Nous savons que d'ici quelques jours, nous verrons fleurir des annonces telles que "prix sacrifiés" -- comme s'ils ne l'étaient déjà !
 
Les heureux possesseurs de comptes généreusement approvisionnés (et nous espérons que nos lecteurs en font partie, s'ils ont vendu les marchés comme nous le recommandions dès le mois d'avril) devraient bénéficier de 15% de rabais supplémentaires s'ils détiennent des cartes UBS, Barclays, Goldman Sachs. Les analystes de ces grandes maisons déversent dans la presse et sur les chaînes d'informations économiques un impressionnant flux d'études négatives concernant la quasi-totalité des secteurs de la cote (dégradations de notations, abaissements drastiques des objectifs de cours).
 
Voilà un phénomène annonciateur de la troisième démarque : des titres se négocient avec des remises de -60% à -70% sur les neuf derniers mois. Cependant, en bons connaisseurs du cycle marketing des soldes, les stock-pickers les plus avertis savent que le meilleur reste à venir avec la grande braderie : tout à 10 euros, tout à cinq euros... y compris sur des marques qui ne vendent jamais un produit à moins de 50 euros. Enfin arrive l'étape ultime : l'opération coup de balai !
 
A partir de la troisième démarque, beaucoup de boutiques vendent à perte, mais les stocks coûtent cher avec un loyer de l'argent remonté à 4,25% jeudi dernier... Dans ces conditions, mieux vaut vider les rayons, même avec des marges négatives, plutôt que de rester avec des produits plus vraiment "dans le coup" sur les bras -- en espérant se refaire avec la nouvelle collection cet automne.
 
Nous, c'est l'opération coup de balai qui nous intéresse. Ce que vaut intrinsèquement le produit, les gérants (des stocks d'actions) s'en fichent : leur défi consiste à afficher un taux de liquidité maximum -- s'il a été décidé de réduire coûte que coûte l'exposition sur les titres libellés en euros.
 
Nous adorons le pouvoir d'achat phénoménal que nous procure soudain un billet de 100 euros sur notre compte titres lorsque 1 000 euros n'auraient pas suffi à remplir la moitié de notre caddie virtuel six semaines auparavant. Rien de plus excitant que de faire ses courses dans un "marché idiot", où les vendeurs paniquent parce qu'un imbécile crie au feu... alors que l'épaisse fumée qui envahit les travées provient d'un stand de grillades situé à l'extérieur de la halle couverte.
 
** Mais noir c'est noir (comme la fumée) et aucun des motifs d'optimisme prévalant encore fin mai/début juin ne reçoit plus le moindre écho. Côté conjoncture, c'est la stagflation qui se profile... Côté résultats des entreprises, le pire serait à venir dès la semaine prochaine... Côté géopolitique, les tensions avec l'Iran pourraient dégénérer de la pire des manières et embraser un peu plus les cours de l'or noir.
 
Il faut remonter aux troisièmes trimestres 2001 et 2002 pour retrouver des niveaux de déprime boursière et d'aversion au risque comparables à ce qui se dessine depuis le début du mois de juin. Les places européennes alignent une cinquième semaine de baisse consécutive, avec des écarts une nouvelle fois très significatifs (-2% à -3%).
 
Le climat de capitulation se caractérisait vendredi par une très mauvaise fin de journée (-1,8%), une très mauvaise fin de semaine (-3%), un très mauvaise début de troisième trimestre (-3,85% sur les quatre premières séances de juillet)... La spirale baissière frappe avec la même puissance destructrice l'ensemble des places européennes : elles lâchaient 1,65% en moyenne, et le recul cumulé depuis le premier janvier dépasse -24% sur le Vieux Continent.
 
Pas questions d'accuser Wall Street ou les mauvaises statistiques américaines : les Etats-Unis étaient en congé vendredi et tous les marchés étaient clos pour cause de fête nationale.

Le calme régnait également sur le front pétrolier avec un baril de brent oscillant vendredi à Londres entre 145 $ et 146 $. De son côté, le dollar conservait les 1,50% repris jeudi, à 1,57/euro.
 
Autrement dit, la chute des indices s'explique surtout par une formidable montée en puissance du phénomène d'aversion au risque. Il engendre une fuite effrénée vers la liquidité, quitte à brader complètement la cote et ignorer des critères d'évaluation tels que la valeur d'actif ou le rendement net.
 
** Sur le front des valeurs, les financières restent ancrées dans le rouge suite à une étude négative de Goldman Sachs qui estime que les banques européennes pourraient encore devoir lever entre 60 et 90 milliards d'euros afin d'améliorer la situation de leur capital après la crise financière.

Pourtant, UBS a déclaré que ses résultats pour le deuxième trimestre au 30 juin, prévus le 12 août prochain, "sont susceptibles d'atteindre ou de rester légèrement en retrait du seuil de rentabilité ". L'établissement financier helvète ajoute qu'une "nouvelle levée de fonds propres n'est pas nécessaire".
 
Beaucoup d'investisseurs misaient sur un phénomène de fait accompli après la réunion de la BCE et la hausse du "repo" à 4,25%... mais ce sont à présent les trimestriels du deuxième trimestre 2008 qui font office d'épouvantail : les acheteurs ont aujourd'hui peur d'avoir peur !

Philippe Béchade,
Paris

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Dan Denning vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** UNE BAISSE DU PETROLE DANS LES 6 PROCHAINS MOIS ?

** En temps normal, nous sommes ravis de publier des lettres critiques. Mais l'une de celles que nous avons reçues la semaine dernière était tellement grossière et injurieuse que nous n'avons pas pu la publier. Si nous avions enlevé tous les jurons, il ne serait plus rien resté du texte. Mais l'idée principale de la lettre, c'est que nous avons deux points de vue sur le pétrole... et que nous sommes des crétins qui se contredisent et se déguisent sans doute en femmes à leurs heures perdues.

- Revenons sur les faits : d'un côté, nous annonçons que la production mondiale de pétrole a atteint un pic, qu'elle ne dépassera probablement jamais les 94 millions de barils par jour et qu'à long terme, les prix vont augmenter. D'un autre côté, nous affirmons que nous pensons que les prix ont atteint un plafond pour l'année, autour des 145 $. Est-ce contradictoire ? Indécis ? Idiot ? Qui rédige la Chronique Agora, Hamlet ?

- Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit concernant le pétrole. Ce qui est formidable avec les marchés financiers, c'est qu'il n'y a pas de place pour la subjectivité dans la performance. Soit vous avez raison, soit vous avez tort. Vos actions montent ou elles ne montent pas. Impossible de se cacher.

- En ce qui concerne l'or noir, c'est toute la planète qui est en train de repenser sa relation au pétrole -- et qui décide de payer plus. Il le faut. Mais vous avez aussi des pertes économiques importantes dues au prix du pétrole. Il est clair que l'augmentation des prix de l'énergie attaque déjà la demande. Puisque tout s'équilibre, les prix élevés vont peu à peu réduire la demande.

- Le gros défaut dans notre théorie, c'est la valeur du dollar américain par rapport aux biens concrets. Un dollar plus faible signifie des prix plus élevés pour le pétrole et l'or -- sans compter les dégâts que le prix du pétrole peut faire dans l'économie réelle. Nous allons arriver à un stade où les producteurs et les consommateurs de pétrole vont devoir décider d'échanger leurs marchandises dans une devise plus stable. Mais ça aussi, c'est un grand changement pour les marchés, et cela n'arrivera pas si vite, ni sans heurts.

** L'autre possibilité, ce serait de penser que nous vivons les prémices d'un effondrement hyper-inflationniste mondial. Les banques centrales ont perdu tout contrôle sur les prix. Guidés par une offre serrée, une demande en pleine explosion, des taux d'intérêts réels négatifs, et un système de devise mondiale liée au dollar, les prix des biens concrets vont devenir incontrôlables tandis que les prix des capitaux financiers s'effondrent. Si c'est le cas, alors les perspectives de notre position pétrolière semblent compromises. Mais dans de telles circonstances, le pétrole ne sera plus le principal sujet d'inquiétude.

- Quoi qu'il en soit, il existe des cycles dans les cycles, même dans un marché haussier. Pour l'instant, nous pensons que le pétrole va baisser et non pas monter dans les six prochains mois. Mais nous évoquons encore plein d'actions sur l'énergie dans nos lettres d'informations... et ce pour de très bonnes raisons.
[NDLR. : Pour profiter de telles recommandations sans plus attendre, suivez le guide...]

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Ce marché a perdu 17% depuis le 1er janvier 2008...
Les investisseurs le fuient à toutes jambes...
Les analystes lui prédisent une année désastreuse...

Une seule conclusion s'impose pour vous :
ACHETEZ !

Mais pas n'importe quoi : continuez votre lecture pour en savoir plus...

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LE SECRET DE LA RICHESSE

** La semaine dernière, la Banque centrale européenne, menée par Jean-Claude Trichet, a décidé de lutter contre l'inflation -- quoique modestement. La BCE a augmenté ses taux d'un quart de points, comme elle avait menacé de le faire, portant son taux directeur 2,25% plus haut que son équivalent américain.

* Cela resserre le noeud coulant qui étrangle les économies anglo-saxonnes. Elles s'affaiblissent rapidement. Et la hausse des taux européens leur met des bâtons dans les roues pour réduire leurs propres taux, tant au Royaume-Uni qu'en Grande-Bretagne.

* Le marché boursier britannique a baissé de près de 20% ces 12 derniers mois. La confiance des consommateurs est à son plus bas en 18 ans. Charlie Bean, vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre, affirme que la Grande-Bretagne se trouve confrontée à "la série de circonstances la plus délicate depuis le début des années 1990 au moins, voire avant".

* Les prix des maisons chutent au Royaume-Uni. Les banques vacillent. Les constructeurs immobiliers enregistrent perte sur perte.

* Un rapport de la Sovereign Society nous donne plus de détails :

* "La dette des prêts hypothécaires résidentiels, en tant que pourcentage de l'économie, est au taux record de 51% au Royaume-Uni. Au Danemark et même en Suisse, pourtant célèbre pour son 'conservatisme', elle frôle les 100%".

* "Et on peut parier que cette folie de l'immobilier se répand à d'autres parties des économies européennes. En Grande-Bretagne, la dette de consommation se monte désormais à 1 400 milliards de livres sterling, plus que n'importe quel pays au monde -- Etats-Unis compris, avec une population cinq fois supérieure. Parallèlement, les propriétaires britanniques doivent désormais 164% de leur revenu disponible, contre 138% pour les Etats-Unis".

* "Le boom de l'immobilier européen a également profondément entamé les marchés financiers. Même au sommet de l'immobilier, par exemple, les titres adossés aux créances hypothécaires résidentielles représentaient moins de 1% du PIB aux Etats-Unis. Pourtant, au Portugal, en Espagne, aux Pays-Bas, en Irlande et en Grande-Bretagne, ils varient entre 3% et 7,5%".

* "Malgré cela, le Danemark, l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Irlande ont commencé à enregistrer une baisse des prix de l'immobilier, projetant jusqu'à 9% de pertes cette année. Pas étonnant que le Danemark ait été la première économie européenne à annoncer, la semaine dernière, qu'elle était officiellement tombée en récession. Nombre d'entre elles pourraient bientôt lui emboîter le pas -- en particulier l'Irlande, la Grande-Bretagne et l'Espagne".

** "Les emplois US disparaissent et les salaires stagnent", titrait l'International Herald Tribune vendredi.

* Les pertes d'emploi durent depuis six mois consécutifs. Et pour ceux qui travaillent encore, les salaires baissent, déclare l'International Herald Tribune "au moment même où les travailleurs doivent faire face à des prix record pour le carburant et l'alimentaire".

* Barack Obama a déclaré que le problème illustrait "les politiques économiques ratées de ces huit dernières années". Il aurait dû remonter un peu plus loin encore. Le problème a commencé il y a 25 ans -- voire avant. Les Américains se sont mis en tête que s'ils se déclaraient "libres", ils seraient libres... et que s'ils appelaient leur économie "une économie de libre entreprise", cela les rendrait riches -- quoi qu'ils fassent.

* Ce qui rend les gens riches n'est pas la libre entreprise mais ce qu'on en fait. Et là, nous vous donnons un petit secret. Si vous voulez vous enrichir, travaillez dur... et faites en sorte de dépenser MOINS que vous gagnez. Oui, moins. C'est comme ça que ça fonctionne.

** Et pour terminer, la police du Kentucky a arrêté une femme pour avoir échangé des faveurs sexuelles contre du carburant. Le procureur a déclaré être attristé de voir des gens vendant leur corps pour de l'essence. Elle a finalement été accusée de commerce sans permis.

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+79,31%... + 50%... +41,18%... +108%...
La crise boursière n'affecte pas tout le monde de la même manière !

Alors que la dégringolade des marchés affole la majorité des investisseurs depuis le début de l'année, certains accumulent les plus-values à deux -- voire trois chiffres !

Pour déverrouiller de tels profits, il suffit de cliquer...

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*** La Chronique Agora présente ***

Que se passe-t-il ? La plus grande incertitude règne sur la santé de la finance mondiale... et pourtant, la relation qui enchaînait le pétrole à l'or depuis presqu'un siècle semble rompue. Simone Wapler mène l'enquête...

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FAUT-IL ENTERRER LE GOR ?
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Par Simone Wapler (*)

La crise se développe. La plus grande incertitude règne sur la santé de la finance mondiale. Pourtant, la relation qui enchaînait le pétrole à l'or depuis presqu'un siècle semble rompue. Que se passe-t-il ?

Pour commencer, il faut se souvenir que le nombre de barils de pétrole que peut acheter une once d'or a toujours été fluctuant depuis le début du 20ème siècle : il s'inscrit dans une bande assez large qui va de sept à 28, en négligeant le pic dû au début du premier choc pétrolier.

A la fin de la dernière crise financière majeure, en 1980-1981, l'or achetait environ 20 barils de pétrole. Je considère que la crise actuelle a véritablement commencé en 2000 avec le dégonflement de la bulle internet. Depuis cette date, le GOR (Gold Oil Ratio, ratio or/pétrole) s'inscrit entre 7 et 14. En août 2005, un plus bas a été atteint en clôture avec 430 $ pour l'once et 70 $ pour le baril, soit un ratio de 6,14.

La spéculation sur le pétrole : attention aux idées reçues
Depuis cet été, la spéculation s'est portée sur le pétrole pour plusieurs raisons :

- L'or est un actif improductif
- Les intervenants sur les marchés appartiennent à une génération qui a toujours connu la monnaie fiduciaire et ignore le principe que la monnaie puisse être garantie par un actif physique
- Le pétrole était vu comme ayant un potentiel de hausse du fait de la théorie du Peak Oil (réserves déclinantes).

Bref l'or noir est devenu la valeur refuge qui présente plusieurs avantages par rapport à l'or jaune :

- Il est productif (il sert à produire de l'énergie)
- Il est utile et pas simplement décoratif
- La demande est inélastique (on en aura toujours besoin).

Tout le monde parle de la spéculation sur l'or noir, mais pourtant, un détail est troublant : la déclaration des courtiers du COMEX américain (le Commitment of Traders, ou COT, publié par cette place de marché) montre que les positions des traders non commerciaux ne sont pas si importantes. En fait, elles sont de 44 % alors que des niveaux de 49 % ont déjà été atteints par le passé. Les spéculateurs acheteurs longs -- ceux qui espèrent que le prix va monter mais n'ont aucun autre intérêt à détenir du pétrole -- ne sont donc pas si nombreux que cela, comparés à ce qui se passe, par exemple... pour l'or. Sur le Nymex, le COT montre que les spéculateurs détenteurs de contrats longs ne sont que 2 % contre un plus haut de 18 %.

Contrairement à une idée reçue, la spéculation sur le pétrole est loin d'être intense. Elle est loin de records précédents et elle est inférieure en volume à la spéculation qui règne sur l'or.

L'or : pas encore remonétisé dans les esprits
La demande d'or est élastique. Celle qui provient de la bijouterie se tarit lorsque les prix deviennent trop élevés. La demande industrielle est secondaire et la demande monétaire a disparu puisque les banques centrales détiennent seulement 10% de leurs réserves en or. Les prix actuels de l'or sont essentiellement tirés par la demande d'investissement. Cette demande provient non pas des banques centrales mais des investisseurs privés qui sentent la situation se détériorer. Les bullions ont ainsi été surnommés la Banque centrale du peuple. Mais ce processus débute à peine. Il n'en est pas au stade de massification, stade qui témoignerait que l'or est en train de se remonétiser.

Les coûts de l'énergie constituent en moyenne un tiers des coûts de production de l'or. Une augmentation de 50% du prix du baril doit donc se traduire par une augmentation de 16,6% du prix de l'once pour que les marges des producteurs restent inchangées. Ce n'est pas ce qui se produit depuis le début de l'année.

En conclusion, l'or est en retard sur le pétrole, même au niveau actuel du GOR. Le GOR renaîtra de ses cendres lorsque l'or sera remonétisé dans la psychologie des investisseurs institutionnels. Cette étape arrivera avec la faillite des banques. Cette faillite semble aujourd'hui presque inéluctable au vu de la détérioration des créances des entreprises mises à mal par la récession.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Simone Wapler est analyste, journaliste et ingénieur de formation. Elle a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux, Les Echos, Chart's... Spécialisée dans les valeurs industrielles, les matières premières, les énergies, l’or, les minières Simone Wapler est passionnée par et les investissements "tangibles". Elle analyse chaque mois le secteur aurifère et les marchés étrangers dans le cadre de L'Investisseur Or & Matières et elle intervient régulièrement dans l'Edito Matières Premières et La Quotidienne de MoneyWeek.

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(c) Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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