
La fin de l'American Way of Life
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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 04 Juillet 2008
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*** Un silence qui en dit long... comme les déficits US
Un commentaire circonstancié de la décision de la BCE
*** La fin de l'American Way of Life
Avec un baril de pétrole près des 150 $, c'est le rêve américain qui coule
*** L'étrange politique des banques centrales
Ce n'est pas si facile qu'on pourrait le penser...
*** Misez sur le déficit d'infrastructures (2)
De quoi envisager des bénéfices pour le long terme...
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Bonjour,
*** UN SILENCE QUI EN DIT LONG... COMME LES DEFICITS US
** Les bulls n'ont peut-être pas encore gagné la partie... mais les bears qui abusent du champagne depuis une bonne semaine se sont montrés moins efficaces hier. Ils semblent devenus plus patauds, leurs coups de griffe sont moins précis, ils laissent certaines de leurs victimes préférées (les bancaires et les valeurs du BTP) s'échapper par des brèches dans la clôture... nous les sentons mûrs pour s'offrir une sieste bien méritée.
Avec l'été qui vient juste de débuter, il ne faut pas s'attendre à ce que les "ours" s'en aillent hiberner, mais si la température des marchés se réchauffe trop, ils pourraient être tentés d'aller se réfugier dans un coin ombragé durant une semaine ou deux, dans l'attente de conditions plus propices pour repasser à l'offensive.
Ceux qui ont goûté aux charmes de l'Andalousie savent que les bovidés à robe noire ne craignent pas le soleil... mais il ne faut cependant pas se laisser abuser par les lourdes silhouettes noires et cornues qui bordent les routes : ce sont de gigantesques panneaux publicitaires pour une célèbre marque de Jerez, dont les taureaux de combat sont l'emblème.
Quoi qu'il en soit, le CAC 40 est enfin parvenu ce jeudi à inscrire sa troisième hausse supérieur à 1% depuis le 20 mai dernier. L'indice phare a repris 1,1% et clôturé à 4 343 points -- un niveau qui demeure très comparable (à une poignée de points près) aux clôtures des 29 août et 28 octobre 2005.
Comme nous le supposions dès mercredi soir, il se pourrait qu'après 31% de repli par rapport au zénith de la mi-juillet 2007, la zone des 4 300 points puisse constituer un bon support. Nous avons failli douter lorsque le CAC 40 fut victime d'une nouvelle capitulation de -1,5% en début de matinée jeudi : plus de 90% des titres du SBF 120 s'enfonçaient alors dans le rouge.
L'indice phare a brièvement inscrit un plancher annuel à 4 224,13 points (il perdait alors 25% depuis le 1er janvier) mais ils est repassé de 4 325 à 4 358 points en moins de quatre heures de cotations (soit un gain en valeur absolue de 3% d'une seule traite). Il a ensuite terminé sur une succession d'allers-retours entre 4 300 et 4 340 points ; si la hausse l'a emporté, c'était in extremis : la fin de journée ne fut pas de tout repos pour les acheteurs !
** Les investisseurs n'ont pu puiser aucun réconfort dans les piètres statistiques américaines publiées ce jeudi. Les chiffres de l'emploi au mois de juin trahissent la poursuite de la dégradation du marché du travail aux Etats-Unis. Si le taux de chômage reste inchangé à 5,5%, en revanche, ce sont pas moins de 62 000 postes qui auraient été détruits le mois dernier, après -45 000 au mois de mai, -30 000 en avril, -80 000 en mars, -76 000 en février et -17 000 au mois de janvier... soit en tout près de -250 000 au premier semestre 2008.
L'autre mauvaise surprise du jour concernait la baisse de l'activité dans le secteur américain des services. Elle s'est contractée en juin, d'après l'enquête publiée par l'Institute for Supply Management (ISM). Son indice mensuel d'activité s'est fortement contracté, à un niveau de 48,2 en juin après 51,7 en mai... et l'indice d'inflation sous-jacente reste à la hausse.
Mais d'où est donc venu le regain d'optimisme qui s'est manifesté à partir du début de l'après-midi ? Le diagnostic économique de la BCE a en quelques sorte rassuré les marchés : la banque centrale prétend que son unique tour de vis de 25 points devrait éviter que la stabilité des prix soit menacée par une spirale haussière sur les salaires.
** J.C. Trichet minimise toujours le risque de récession et la vigueur de la croissance semble de nouveau surestimée... Cependant, les expressions "vigilance" ou "état d'alerte" ont disparu du communique final de la BCE, au profit de considérations plus rassurantes concernant la "proche réalisation des objectifs de stabilité des prix". C'est typiquement un discours préfigurant l'instauration d'un biais monétaire neutre (oui, mais jusqu'à quand ?).
Alors aurions-nous été injuste avec la BCE ? Nous serions-nous montrés exagérément sévère avec J.C. Trichet ("laxiste avec les puissants" -- et tout le monde se souvient du Crédit Lyonnais... "impitoyable avec les faibles" -- de nombreux intermédiaires financiers de taille modeste, mis en difficulté par des contrôles tatillons, n'ont jamais bénéficié de la "solidarité bancaire", laissée à la discrétion de la direction du Trésor) ?
Et bien nous répondons NON haut et fort, avec un aplomb qui n'a d'égal que celui de certains grands serviteurs de la République (titre auquel nous ne saurions prétendre) se tenant "droit dans leurs bottes".
Laissez-nous vous narrer une anecdote qui en dit plus long que les longs chapitres de la Chronique consacrés à démonter, pièce par pièce, la grille de lecture, le discours et la stratégie de la BCE. Elle nous a été livrée sur un plateau d'argent vers 14h50 ce jeudi !
** J.C. Claude Trichet se pliait depuis une vingtaine de minutes au fastidieux exercice des questions/réponses routinières avec des journalistes triés sur le volet, se montrant parfois faussement agressifs ("la hausse des taux est-elle justifiée ?", "y aura-t-il de nouveaux tours de vis monétaires ?", "le ralentissement de la croissance ne doit-il pas être pris en considération ?"...). Nous commencions à nous ennuyer ferme ; nous avons déjà vécu la même scène 36 fois -- et entendu 36 fois les mêmes contre-arguments -- ... et puis soudain, la tuile, le gros couac, l'impensable se produisit !
Un journaliste (nous n'avons pas retenu son nom... nous commencions à penser à d'autres choses) a lancé la question suivante -- comme s'il venait de lire nos précédentes Chroniques du début de la semaine : "mais ne voyez-vous pas qu'en faisant délibérément monter l'euro, vous provoquez la flambée du pétrole, elle-même responsable de l'inflation que vous prétendez combattre ?"
Et là, notre Jean-Claude national, le champion du monde de la langue de bois et des réponses qui embrouillent le questionneur est resté muet... Si, si, absolument authentique !
Il a juste réussi à bredouiller que le dollar était effectivement un peu faible, mais il n'a rien trouvé d'autre à dire... et s'en est tiré par la formule traditionnelle : "il ne nous reste que quelques secondes, nous allons devoir nous interrompre, quelqu'un a-t-il une autre question ?" (sous-entendu, surtout pas la même que la précédente !)
Oui, M. Trichet, le tout puissant et infaillible patron de la BCE, a séché comme un débutant sur une question du niveau de la Chronique Agora -- c'est tout dire !
Pour vous livrer le fond de notre pensée, notre inestimable Jean Claude sait pertinemment que la hausse de l'Euro fait grimper le pétrole... mais il sait surtout que cela torpille le Dollar, miné par des déficits structurels insurmontables !
Autrement dit, nous interprétons sa non-réponse comme un silence qui en dit long sur la nature réelle de sa stratégie monétaire : déboulonner le billet vert de son piédestal de devise de réserve internationale comme des manifestants en colère déboulonnent la statue d'un tyran un jour d'insurrection populaire !
Mais M. Trichet agit de façon plus discrète et plus sournoise ; il dévisse patiemment toute la nuit, pendant que les gouvernements et la Fed dorment, il laisse le dégrippant agir toute la journée... puis il revient avec sa clé de 25 (points de base) et extrait sans bruit les boulons un par un, jusqu'à ce que le dollar ne tienne plus en équilibre que par son seul poids. Il n'y a plus qu'à attendre une bonne rafale – viendra-t-elle de Chine ou du Proche-Orient ? -- et l'emblème de la toute puissance économique américaine s'affaissera tout seul, avec un bruit sourd... On entendra juste J.C. Trichet siffloter joyeusement l'air de la "stabilité monétaire".
Philippe Béchade,
Paris
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Kevin Kerr vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** LA FIN DE L'AMERICAN WAY OF LIFE
** Le monde continue de tourner et les ressources naturelles continuent à être utilisées. En dépit de ce raisonnement élémentaire, les "experts" continuent leur débat sur la diminution ou non des ressources en question. Mais les preuves sont évidentes, du moins pour votre chroniqueur.
- L'année passée, nous avons vu les prix exploser sur les marchés du pétrole et de l'agriculture. Et il se pourrait que ce ne soit que le début de la montée des cours, et non pas la fin, comme certains essaient de vous le faire croire. Personnellement, je pense que nous sommes à mi-chemin d'un nouveau record pour beaucoup de matières premières. Ce qui signifie que le pétrole atteindrait 200 $ (au moins) et l'or 1 500 ou 2 000 $. Les marchés de l'agriculture pourraient aller encore plus loin.
- Les matières premières essentielles se font de plus en plus rares. Nous devons donc nous attendre à voir encore plus de souffrances dans les pays les plus pauvres, pour commencer. Puis l'impact économique va remonter la chaîne alimentaire (pardonnez le jeu de mot).
- Les faits sont assez déprimants si on les observe attentivement. Mais très peu d'Américains en comprennent les ramifications.
- Dans son célèbre livre Vivre avec les morts et les mourants, Elisabeth Kubler-Ross décrit les différents stages du deuil :
• Le déni : "ce n'est pas possible".
• La colère : "pourquoi moi ? Ce n'est pas juste".
• Le marchandage : "laissez-moi vivre juste assez longtemps pour voir mes enfants recevoir leur diplôme".
• La dépression : "je suis tellement triste, plus rien ne vaut la peine".
• L'acceptation : "tout va bien se passer"
- En ce moment, le public américain traverse ces étapes de deuil. L'augmentation des prix n'est rien d'autre qu'un signal du marché qui signifie que les Etats-Unis perdent leur abondance économique et leurs ressources. Le rêve américain qui s'effrite, c'est comme la mort d'un membre de la famille. A l'instant même, je pense que les Américains sont entre la phase de déni et celle de colère.
** Aucune matière première n'a autant blessé le portefeuille des Américains que l'énergie. Pendant les dernières années, les prix du pétrole et de l'essence ont plus que doublé. Mais malgré ces augmentations très importantes, les Américains continuent de conduire leurs voitures. Il n'y a eu qu'une très faible baisse dans l'utilisation de l'essence -- seulement 1% environ.
- Ils continuent d'utiliser leurs gros véhicules utilitaires. Ils sont toujours seuls dans leurs voitures pour aller au travail. La plupart des gens n'utilisent quasiment pas les transports en commun (s'il y en a). Et ils adorent mettre la climatisation à fond pendant qu'ils regardent des documentaires sur le réchauffement de la planète et la disparition des ours polaires sur leur énorme écran plasma.
- Les Américains se plaignent. Mais ils sont toujours dans le déni. "Ce n'est pas possible", se disent-ils. "Le prix de l'essence va sûrement retomber sous la barre des 3 $ le gallon".
- Oui, ils aiment ronchonner quand ils font le plein de leurs gros 4x4, certainement parce qu'il est plus facile de se plaindre que d'appliquer des changements drastiques et pourtant nécessaires. Ils estiment qu'ils ont le droit de continuer à vivre de la sorte. Hé, après tout, ils l'ont mérité. Pas vrai ? Plutôt que de faire des choix difficiles, ils sont en plein déni et croient ce que le gouvernement et les média leur disent : tout va bien.
- Réalité et fiction sont souvent mêlées quand on parle du problème de la disparition de TOUTES les ressources naturelles. Prenez l'augmentation du prix du pétrole brut. Certaines personnes (dont beaucoup de politiciens) veulent rejeter la faute sur les traders et les spéculateurs. Beaucoup de gens accusent l'OPEP d'en être responsable. La liste des coupables n'en finit pas.
- Le fait est qu'il n'y a pas une seule raison pour que les Etats-Unis -- et avec eux tous les pays développés -- soient en pleine catastrophe énergétique ; c'est le fruit de toutes ces raisons et de biens d'autres encore. C'est l'apothéose de nombreuses années d'une mauvaise politique énergétique, de plans à courts termes (si l'on peut appeler ça des plans) et d'une overdose d'arrogance telle que seuls les superpouvoirs peuvent avoir.
- C'est comme une équipe de football qui dirait : "nous sommes n°1 et nous le serons toujours". L'équipe cesse donc de s'entraîner. Les joueurs ne font plus d'exercice et ne viennent plus à l'entraînement. Les entraîneurs se détendent et oublient de recruter et de chercher de nouveaux talents. Personne n'élabore de nouvelles stratégies ou ne prend la peine d'observer les adversaires pour voir où ils en sont. Et l'équipe s'attend pourtant à ramener un trophée chaque année. "Hé, on le mérite, pas vrai ?"
- Ou bien voyons à l'analogie du Titanic. Le bateau était une véritable oeuvre d'art. Il n'était pas "censé" pouvoir couler. Mais maintenant que l'eau envahit le bateau et que celui-ci s'enfonce de plus en plus dans la mer, ils se prennent de l'eau froide en pleine figure. Les législateurs tentent désespérément de boucher les trous dans la coque, mais ça ne fonctionne pas. Les gens intelligents (ou les plus chanceux) sont déjà dans les canots de sauvetage.
- Seul le temps nous dira si les Etats-Unis peuvent passer à la phase d'acceptation. Mais en attendant, les matières premières vont continuer de chuter.
- Pendant cette période, il va y avoir des opportunités incroyables pour les investisseurs. Et ces opportunités vont se faire de plus en plus nombreuses, comme à chaque fois que des décisions stupides sont prises.
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Le CAC 40 vacille :
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** L'ETRANGE POLITIQUE DES BANQUES CENTRALES
** La semaine n'a pas été terriblement gratifiante pour les investisseurs... et elle suivait l'un des pires semestres de l'histoire boursière. Si l'on en croit l'indice mondial MSCI, les investisseurs n'ont pas pris une telle raclée depuis 26 ans.
* La Royal Bank of Scotland a émis une "alerte au krach". Et la Banque centrale européenne a augmenté ses taux. Jean-Claude Trichet déclare qu'il y a un risque d'explosion des prix, alors que l'inflation des prix à la production atteint un sommet record en Europe.
* Le taux directeur américain est déjà moitié moins élevé que celui de la BCE. Le dollar semble n'être suspendu qu'à un fil. Avec la hausse de taux de la BCE, il pourrait chuter à pic.
* Nous avons essayé de comprendre l'étrange dynamique des politiques menées actuellement par les banques centrales. Pour l'instant, tout ce que nous avons compris, c'est qu'elles sont plus perverses et plus compliquées que nous le pensions.
* En deux mots, il est désormais évident pour tout le monde que l'économie mondiale prend deux directions à la fois. Les prix à la consommation grimpent -- comme si un boom était en cours. Les prix des actifs, les prêts, les introductions en bourse et la confiance des consommateurs baissent -- comme si un krach était en cours.
* Aux Etats-Unis, les ventes de voitures sont à un plancher de 10 ans. Et les propriétaires de 4x4 se font "brûler deux fois", dit un article. Non seulement ils paient leur carburant bien plus cher qu'ils le prévoyaient... mais en plus, lorsqu'ils cherchent à échanger leur char d'assaut contre une forme de transport plus modeste, ils en obtiennent moins qu'ils l'espéraient. Qui veut un 4x4 de nos jours ?
* Vous pensez que les choses vont mal ? Eh bien, réfléchissez à ceci. En Ukraine, l'inflation atteint les 30% par an. En Lettonie, elle est à 18%. L'Egypte subit une inflation de 16%. Et... ah oui... il y a le Zimbabwe. Le salaire du travailleur moyen, au Zimbabwe, est de 15 milliards de dollars zimbabwéens (Z$). Les malheureux sont tous milliardaires. Mais il faut 19 milliards de Z$ pour acheter un paquet de 10 biscuits -- si vous en trouvez. Une livre de margarine coûte 25 milliards.
* Les consommateurs sont pilonnés partout dans le monde. Idem pour les investisseurs. Les marchés boursiers européens ont perdu près de deux fois plus que Wall Street. Et nombre d'autres marchés de la planète ont perdu encore deux fois autant. La Chine et le Vietnam, par exemple, ont tous deux perdu plus de 50% par rapport à leurs sommets.
* Et le pauvre Japon ! La deuxième plus grande économie au monde semble incapable de se désembourber. Le Nikkei enregistre "sa plus longue séquence baissière en 43 ans", lisait-on hier dans la presse financière.
* Nos lecteurs ne nous laisseront pas oublier que nous avons un petit faible pour les valeurs japonaises. Non parce que nous pensons qu'elles finiront bien par grimper -- simplement, nous avons pitié d'elles. Où d'autre trouve-t-on un marché où les actions ont majoritairement baissé ces 18 dernières années ? Où peut-on trouver un endroit où les consommateurs préfèrent laisser leur porte-monnaie fermé et épargner leur argent... s'attendant à voir les prix baisser, et non grimper ?
* En fait, cette poussée d'inflation mondiale pourrait être positive pour le Japon, déclare Christopher Wood. Les prix grimpent enfin. L'inflation centrale est à son niveau le plus élevé de ces 10 dernières années. Qui sait ? Peut-être que les Japonais recommenceront à dépenser... voire à emprunter ?
* La version anglaise du magazine MoneyWeek souligne également que les banques japonaises sont solvables, elles. "Contrairement à leurs homologues occidentales, [les banques japonaises] ont de l'argent disponible à prêter".
* Nous continuons donc d'apprécier les valeurs japonaises... pour l'instant au moins. Mais revenons-en à l'ensemble du tableau...
** Que peut faire un pauvre banquier central ? Il s'attend à ce que le ralentissement économique réduise les prix. Peut-être devrait-il stimuler l'économie pour compenser ? Mais les prix grimpent, ils ne chutent pas. Peut-être devrait-il augmenter les taux pour freiner l'inflation ? Mais est-ce que cela n'aggraverait pas le ralentissement ?
* Un nombre croissants de mouches du coche déclarent qu'il est temps d'augmenter les taux afin de remettre l'inflation mondiale sous contrôle. Mais quel banquier central veut augmenter ses taux de manière significative quand le chômage grimpe et que la croissance ralentit ? Aucun.
* Nous étions tout prêt à offrir nos conseils aux banquiers centraux... à toute heure du jour ou de la nuit. Gratuitement. Jusqu'à présent, notre téléphone est resté silencieux ; nous supposons que c'est Ben Bernanke qui n'a pas appelé.
* Lorsque son appel arrivera, ceci dit, nous serons prêt : "augmentez les taux", lui dirons-nous.
* "En quoi est-ce que cela fera avancer les choses", demandera-t-il. "Les Etats-Unis ne risquent-ils pas de sombrer dans une récession à la Japonaise ?"
* "Non, ne vous inquiétez pas de ça... la situation est différente. Les Japonais avaient de l'épargne. Ils avaient une balance commerciale positive. Ils n'avaient pas de prêts subprime et ne devaient pas des milliers de milliards de dollars au reste du monde. Ils n'avaient pas 10 millions de personnes au bord de la faillite. Et ils n'avaient pas un budget militaire de 600 millions de dollars ou une guerre en Irak à financer. La situation des Etats-Unis est bien pire que l'était celle du Japon... Le Japon pouvait se permettre un ralentissement... pas les Etats-Unis".
* "Alors pourquoi me dites-vous d'augmenter les taux ?"
* "Les taux réels grimpent de toute façon... c'est ce qui arrive quand on entre dans une phase de contraction du crédit. Vous feriez aussi bien de les augmenter. En plus, nous voulons voir ce qui va se passer"...
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JUSQU'OU IRA LE METAL JAUNE ?
Au cours des deux prochaines années, vous assisterez à la plus grande hausse du cours de l'or de toute l'histoire des marchés...
Une envolée qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $... voire au-delà.
Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment profiter de cette hausse sans plus attendre !
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*** La Chronique Agora présente ***
Jean-Claude Périvier continue son tour d'horizon des infrastructures, de leurs avantages, leurs inconvénients, leurs perspectives et leur potentiel...
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MISEZ SUR LE DEFICIT D'INFRASTRUCTURES -- 2ème PARTIE
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Par Jean-Claude Périvier (*)
Et si la croissance mondiale calait ?
L'argument des tenants de cette hypothèse réside dans l'idée que la récession américaine pourrait bien mettre à mal la croissance du reste du monde. Je n'y crois pas. Et pour deux raisons.
Quels que soient leurs défauts, les Américains ont une capacité de résistance, d'innovation et de rebond jamais égalée dans le monde jusqu'à maintenant. Ils vont sans doute avoir une année avec un taux de croissance faible, quoique légèrement positif, mais je crois qu'ils seront les premiers à redémarrer, et de manière forte.
D'autre part, les pays émergents ne seront pas affectés par le ralentissement US comme ils avaient l'habitude de l'être. Ce sont maintenant d'immenses marchés intérieurs, leurs économies profitent de larges surplus (pas uniquement liés aux matières premières), disposent de réserves de change importantes et n'ont plus le même besoin qu'autrefois en capitaux américains. Au contraire, la faiblesse du dollar leur permettra d'obtenir ceux-ci à bon prix et d'importer des produits de la zone dollar moins chers qu'auparavant.
Une répartition mondiale
De plus en plus interdépendantes, les infrastructures constituent un moyen d'assurer la fourniture de biens et de services qui concourent à la croissance économique, à la prospérité -- et donc à la qualité de vie. La demande d'infrastructures va donc augmenter considérablement dans les décennies à venir, poussée par des facteurs majeurs d'évolution comme la croissance économique mondiale, le progrès technologique, le changement climatique, et l'urbanisation.
L'OCDE le confirme : la plupart des investissements en infrastructures devraient être réalisés dans les pays en développement, en particulier dans de grandes économies telles que les BRIC (le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine). Mais les pays développés représenteront eux aussi une partie non négligeable : il s'agira pour une large part d'investissements dans des infrastructures telles que la distribution d'eau et le traitement des eaux usées, les ports, les centrales électriques (nucléaires ou non), les énergies renouvelables. Prenez les Etats-Unis, une fois encore. 11% des ponts métalliques comme celui de l'I-35W sont connus pour avoir des faiblesses graves pouvant aller jusqu'à l'effondrement. Et ce type de problèmes aux Etats-Unis concernent aussi les routes, les écoles, les barrages, les réseaux électriques, les conduites d'eau...
Vous avez là de grands défis aux visages multiples : de nombreux réseaux dans les pays riches connaissent un vieillissement rapide. Les finances publiques ont des contraintes de plus en plus fortes, ce qui rendra le financement des infrastructures de plus en plus délicat et complexe. Il existe donc un "déficit d'infrastructures", qui doit être comblé.
Un réel modèle économique d'investissement
Le point commun de toutes les infrastructures, c'est qu'elles sont censées offrir un service collectif et ininterrompu aux populations. Ce service peut vous sembler gratuit, mais il est d'une manière ou d'une autre financé via l'impôt ; ou bien il peut être proposé moyennant le paiement d'une redevance, ou une tarification. Dans tous les cas, c'est vous qui payez ! Pour certaines infrastructures, l'autorité d'un régulateur est indispensable.
Autre point commun aux infrastructures : elles ont une durée de vie longue, ce qui donne une excellente visibilité à ce secteur pour l'investisseur de moyen/long terme. Les contrats de gestion des infrastructures comme les concessions par exemple assurent une grande stabilité du chiffre d'affaires et des investissements. Le plus souvent, la rentabilité est connue d'avance. Une fois que l'investissement est réalisé, les dépenses courantes de maintenance sont relativement faibles et stables. En conséquence, les augmentations de chiffre d'affaires ne sont pas proportionnelles à des augmentations de coûts opérationnels auxquelles elles seraient liées, et le cash flow en bénéficie d'autant.
Beaucoup d'infrastructures présentent un caractère monopolistique ou quasi monopolistique, ce qui leur procure évidemment un avantage compétitif unique, et ce pour une longue période. Par ailleurs, étant liée à la croissance économique ou à la croissance de la population, la demande en infrastructure est assez étanche aux changements de prix.
Et puis, vous vous en êtes rendu compte, les revenus d'une infrastructure sont souvent liés à l'inflation. Lorsque cette dernière pointe le bout de son museau, comme c'est le cas en ce moment, les tarifs augmentent, et vous n'y pouvez rien ! Mais si vous êtes du côté de l'investisseur, vous avez là une remarquable protection contre cette "maudite inflation".
Lorsque vous pensez "besoins en infrastructures", des images stéréotypées vous viennent à l'esprit : des pistes en place de route en Inde ou au Vietnam, des hôpitaux surpeuplés en Afrique, de grands barrages en Amérique du Sud... Tout cela existe et fait partie des efforts que les différents pays mettent ou doivent mettre en oeuvre.
Alors oui, les infrastructures sont un problème universel -- on pourrait dire un thème de la mondialisation --, et le potentiel est gigantesque pour qui saura en profiter.
Meilleures salutations,
Jean-Claude Périvier
Pour la Chronique Agora
(*) Parallèlement à sa carrière dans le conseil aux entreprises et l'intelligence économique, Jean-Claude Périvier s'intéresse à la Bourse et à l'investissement depuis 1986. Analyste de talent, il excelle à détecter et anticiper les tendances futures... pour en déduire les meilleures opportunités de gain dans sa toute nouvelle lettre d'information, Défis & Profits.
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2008
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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