La Chronique Agora

 
Le rebond du dollar et son influence sur le pétrole

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 09 Mai 2008
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*** Encore bravo, M. Trichet...
... Toujours pas un mot sur les vraies causes de l'inflation !

*** Le rebond du dollar et son influence sur le pétrole
Dan Denning se penche sur les tactiques de la Fed... et leur degré de réussite

*** Le Consommateuris Americanus, une espèce en voie de disparition
Heureusement, les autorités sont là pour le protéger

*** Platine et palladium : l'eldorado des PGM (2)
L'Asie et la Russie, des pays essentiels pour ce marché

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Découvrez...

* Les 4 tendances qui bouleverseront la donne pour les investisseurs en 2008, et comment les exploiter à votre avantage
* Les investissements qui vous permettront de battre le CAC 40 en toutes circonstances
* LE secret de la richesse -- aussi simple qu'efficace
* Les marchés boursiers chutent ? Peu vous importe : vous avez désormais le moyen de doubler votre patrimoine quoi que nous réservent l'économie et les marchés.

Vos investissements ne peuvent pas se passer de telles informations : continuez votre lecture pour tout savoir !

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Bonjour,

*** ENCORE BRAVO, M. TRICHET...

** Compte tenu de la rechute de 1,8% des indices américains mercredi, nous avions résolu de considérer comme nulle et non avenue la hausse de 0,68% du CAC 40 survenue quelques heures auparavant... et les indices européens sont bel et bien retournés à la case départ jeudi matin.

Vu le peu d'intérêt de commenter les volte-face stériles de Wall Street ou du CAC 40 depuis le début de la semaine, nous avions résolu jeudi de vous fournir quelques éléments de réflexion supplémentaires concernant la problématique de la flambée de l'énergie et d'expliquer par quels mécanismes l'agro-économie mondiale s'en trouvait déstabilisée.
 
** Les carburants verts ont d'abord été produits à partir du maïs, ce qui a fait bondir les cours de cette céréale. Symétriquement, les surfaces cultivées en blé ont été réduites, ce qui a fait grimper le prix du blé, incitant les agriculteurs à augmenter dès l'année suivante cette céréale, au détriment du soja... qui devenu plus rare est à son tour devenu plus cher : c'est ainsi que se propage l'effet domino (ou réaction en chaîne) que vous connaissez bien.

Nous avons démontré comment le déficit en eau -- et le renchérissement de cette ressource -- était accru par le développement de l'industrie de l'éthanol mais également par la priorité accordée à l'élevage bovin et porcin. Nous avons également expliqué comment la spéculation rendait, en quelques heures, comme ce fut le cas le 28 mars dernier, le prix des denrées alimentaires de base inabordables pour des centaines de millions d'habitants de la planète alors que la pénurie de céréales reste tout au plus marginale.

Ceci dit, les mesures protectionnistes adoptées successivement par l'Inde, le Vietnam, le Brésil et l'Egypte -- qui ont suspendu leurs exportations de riz -- ont provoqué des effets dévastateurs chez leurs principaux clients d'Afrique sub-saharienne, d'Asie centrale et d'Asie du sud-est.
 
Flairant le bon filon, un célèbre bancassureur belge s'est aussitôt empressé de proposer à ses clients une assurance-vie dont le rendement est adossé à la flambée des prix agricoles (histoire de garantir que les corn-flakes, les pâtes et le risotto pourront continuer à être au menu des épargnants le jour de leur retraite ?). Mais est-ce beaucoup plus choquant que de se constituer un portefeuille de valeurs orientées pétrole ou matières première ?
 
** Le mécanisme qui a poussé les cours de l'or noir vers de nouveaux sommets presque chaque jour qu'a compté cette semaine (le baril cote 124,5 $ au moment où nous écrivons ces lignes) semble moins complexe que celui que nous venons de décrire concernant les céréales. Cependant, la spirale haussière des dernières heures nous apparaît cette fois-ci assez incompréhensible : les stocks de pétrole brut américains se sont gonflés de 5,7 millions de barils du 26 avril au 3 mai (au lieu des 1,6 à 1,8 millions prévus).

Qui plus est, les réserves se sont accrues de 15 millions de barils en trois semaines. Résultat des courses : en un peu plus de 24 heures, le pétrole bondit en un peu plus de 121 $ vers 124,6 $.

Même si la situation pétro-stratégique demeure chaotique au Nigeria, les sabotages revendiqués par des organisations rebelles ou séparatistes ne datent pas d'hier ; les marchés sont accoutumés depuis des années aux ruptures ponctuelles d'approvisionnement en provenance de ce pays, quatrième ou cinquième producteur mondial selon qu'il parvient ou non à exploiter toute sa capacité de production.

Alors, quelle cause invoquer ? Une étude de Goldman Sachs qui étaye le scénario d'une envolée historique de l'or noir vers 150 $... et pourquoi pas 200 $ le baril d'ici fin 2009, voire fin 2008 si la machine continue de s'emballer ? La rumeur d'achats soutenus de la Chine à trois mois jour pour jour de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques ? Des raisons géostratégiques connues d'une poignée d'initiés (non, il ne s'agit pas d'une nouvelle variante de la théorie du complot) qui approuveraient -- en connaissance de cause -- les anticipations de Goldman Sachs ?

** Dans de telles conditions, ô combien nous semblent surréalistes les commentaires mensuels de J.C. Trichet, qui prétend préserver la stabilité monétaire par le biais d'un maintien inflexible de l'ancrage des anticipations inflationnistes. Comme si le maintien du "repo" à 4% pouvait nous protéger de la hausse mondiale des cours du riz après que le cyclone Nargis a noyé 5 000 kilomètres carrés du delta de l'Irrawaddy et dévasté l'une des plus grandes zones de production rizicole d'Asie du sud-est.

Comme si la "vigilance" -- plus que jamais d'actualité -- des membres de la BCE pouvait nous mettre à l'abri d'une spirale haussière des matières premières qui s'est enclenchée à la mi-janvier 2007... juste au moment où les prix de l'immobilier entamaient leur désescalade aux Etats-Unis, tandis que la bulle des subprime devait éclater six semaines plus tard.

De colossales masses d'argent ont commencé à se déplacer de la sphère des dérivés de crédit et des sous-jacents virtuels (des instruments comme les CDO, ABS, RMBS et autres CDS sont de pures fictions mathématiques) vers du "concret", c'est-à-dire les commodities, début 2007. Le mouvement s'est accéléré en septembre dernier... et la "phase maniaque" a peut-être débuté le 5 mai !

D'après J.C. Trichet, le strict encadrement des salaires serait le principal moyen de lutter contre l'inflation de second tour. Autrement dit... il faut laisser le pouvoir d'achat des ménages les plus pauvres continuer de se détériorer sous peine de voir le prix du pétrole et des céréales continuer de s'envoler. Il ne vient pas à l'esprit de M. Trichet (ou alors il cache bien son jeu) que détourner la spéculation du NYMEX ou du Chicago Board of Trade et inciter les agriculteurs à réorienter leur production pourrait donner de meilleurs résultats que la politique de l'euro fort... sur fond d'inflation bien plus forte encore !

J.C. Trichet reconnait du bout des lèvres que les turbulences sur les marchés commencent à affecter la confiance (en France, elle est au plus bas depuis 27 ans... elle ne chute pas que depuis les dernières fêtes de Pâques !) et que le rythme de la croissance ralentit.

** Les indices boursiers n'ont guère réagi jeudi à un communiqué de la BCE qui ne signale pas de progression notable du risque de ralentissement économique. Le marché parisien, qui reculait de 0,8% à une heure de la clôture (le dollar rechutant sous les 1,54/euro), a bénéficié d'un sérieux coup de pouce au cours du dernier quart d'heure de cotations et jusqu'au moment du fixing.

Le CAC 40 limitait au final son repli à -0,4%, dans des volumes voisins de 4,45 milliards d'euros, ce qui est plus qu'honorable pour une séance semi-fériée (célébration du 8 mai 1945).

Cette journée nous a permis de constater une nouvelle fois l'étendue de l'autisme des membres de la BCE face aux mécanismes économiques qui constituent les causes réelles de l'inflation ; elle nous également permis d'avoir la confirmation de l'existence d'un petit support graphique à 5 030 points sur le CAC 40.

En conclusion, rien qui nous rassure sur la capacité de nos sherpas à nous épargner une douloureuse stagflation... et rien qui nous permette d'écarter une rechute du CAC 40 sous les 5 000 points et encore moins en direction de ses planchers annuels.

Philippe Béchade,
Paris

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Dan Denning vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LE REBOND DU DOLLAR ET SON INFLUENCE SUR LE PETROLE

** Une opinion émerge actuellement des marchés financiers, affirmant que le marché baissier du dollar -- qui dure depuis maintenant sept ans -- pourrait toucher à sa fin. Ce point de vue, s'il gagne en ampleur, pourrait avoir d'énormes conséquences sur le prix des matières premières.

- Un rebond du dollar participerait sans aucun doute à faire baisser le prix du pétrole. Nous ne pensons pas que le prix des matières premières augmente uniquement parce que le dollar est faible, mais de nombreux traders internationaux en sont convaincus -- et utiliseront un rebond du dollar pour réduire leurs positions longues dans les futures en matières premières et les actions comme BHP Billiton et Rito Tinto.

- En réalité, les matières premières augmentent parce que la demande grimpe plus vite que l'offre. Mais cette réalité met en doute l'histoire du rebond du dollar... et sera donc probablement ignorée. Les haussiers sur le dollar ont été encouragés par les déclarations que la Fed a faites la semaine dernière. Elles pourraient indiquer (tout dépend de l'interprétation que l'on en fait) que les baisses de taux sont mises en attente aux Etats-Unis. Si la BCE baisse les taux et que la Fed ne bouge pas, hop ! On a un rebond du dollar (du moins par rapport à l'euro).

** Nous devons bien l'admettre, un léger rebond du dollar n'est pas impossible. Mais jetons un oeil à ce que la Fed a réellement dit. A-t-elle révélé que l'inflation était désormais sa préoccupation principale ? Pas tout à fait.

- Voici ce que la Fed a dit concernant l'inflation : "l'incertitude demeure en ce qui concerne l'avenir de l'inflation. Il sera nécessaire de continuer à surveiller son évolution avec attention".

- Oui. Oui, tout à fait. "Nous allons garder un oeil sur les chiffres de l'inflation tandis que nous augmentons l'offre monétaire et récupérons toutes sortes de déchets de nantissement que les banques pourraient jeter". Le grand plan de blanchiment des actifs continue.

- Soit le marché n'a pas remarqué, soit il n'a pas prêté attention au fait qu'après ses déclarations sur les taux d'intérêts, la Fed s'est enfoncée encore plus profondément dans la crise du crédit en proposant plus de prêts aux banques par l'intermédiaire de deux nouveaux "services".

- D'abord, la Fed a augmenté de 25 milliards de dollars la quantité d'argent qu'elle va accorder aux banques (d'affaires et commerciales). Venez à nous mesdames et messieurs les banquiers, empruntez plus s'il vous plait !

- Ensuite, la Fed a rallongé la liste des nantissements qu'elle va accepter pour les échanges d'actifs. La Fed étend désormais cette liste aux prêts automobiles garantis par nantissement, aux cartes de crédit débitrices et aux prêts étudiants. Elle agit de la sorte parce que la baisse de demande en titres adossés à ces actifs a eu un véritable impact politique durant une année d'élections.

- Nous ne savons pas si vous êtes aussi inquiet en lisant ces lignes sur les programmes de prêts de la Fed que nous l'étions en les écrivant. C'est assez préoccupant. Pour mieux le comprendre, il faut traduire en langage réel ce que la Fed a dit en langage banque centrale.

- Ce que cela signifie vraiment, c'est que la Fed a baissé ses taux d'intérêts le plus bas possible pour gérer la crise des prêts dans les banques. Et malgré cela, elle n'a pas réussi à convaincre les banques de se prêter entre elles, ou les investisseurs d'acheter des titres adossés à différents types de dettes de consommation.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Paris

*** LE CONSOMMATEURIS AMERICANUS, UNE ESPECE EN VOIE DE DISPARITION

** Cette semaine, le Dow a chuté. Le pétrole a grimpé. Le dollar aussi. Et l'or a perdu du terrain.

* Hausse, baisse... hausse, baisse... que se passe-t-il ? L'économie américaine se remet-elle ? Les marchés boursiers nous signalent-ils que tout va bien ? L'argent intelligent rachète-t-il les Etats-Unis d'Amérique ?

* Non. Non. Et non. Du moins pas selon notre humble, timide, regardons-par-dessus-notre-épaule et croisons-les-doigts avis.

* Oui, cher lecteur, à la Chronique Agora, nous avons parfois raison... parfois tort... et nous doutons toujours. De quoi doutons-nous aujourd'hui ? De tout ou presque. Mais cela ne nous empêche pas d'avoir des opinions.

* Commençons par examiner le cas du Consommateuris Americanus, une espèce qui a eu son lot de problèmes ces derniers temps. Son habitat est menacé par la chute des prix des maisons... sa nourriture est devenue plus chère. Quelles sont ses perspectives ?

* Un article de Bloomberg :

* "Les emprunts des consommateurs américains ont grimpé de plus du double du chiffre prévu par les économistes en mars, indiquant que le ralentissement de l'économie force les Américains à accumuler des dettes de cartes de crédit et autres formes de dette".

* "Les crédits à la consommation ont augmenté de 15,3 milliards de dollars sur un mois, à 2,56 milliers de milliards de dollars -- la plus grands hausse mensuelle depuis novembre, déclarait la Réserve fédérale à Washington. En février, le crédit a grimpé de 6,5 milliards de dollars, alors qu'on avait annoncé préalablement une hausse de 5,2 milliards de dollars. L'article de la Fed ne couvre pas les emprunts sécurisés par l'immobilier, comme les prêts sur la valeur immobilière".

* "Les consommateurs se tournent vers les cartes de crédit après que les banques ont resserré les conditions pour les emprunts sur la valeur immobilière ou autres. Les chiffres de mars montrent que les emprunts à la consommation US du premier trimestre se montent à 34 milliards de dollars, la somme la plus élevée depuis les trois premiers mois de 2001, date où l'économie américaine est entré dans sa récession officielle la plus récente".

* "'Les consommateurs sont coincés, parce que les revenus ne suivent pas l'inflation -- ce qui les mène à dépendre de plus en plus du crédit pour rester à flot durant le pire retournement immobilier depuis la Grande dépression', déclarait Chris Rupkey, économiste financier en chef à la Banque de Tokyo-Mitsubishi à New York. Les jours où l'on pouvait extraire de la valeur de sa maison pour la dépenser en biens et services sont bel et bien terminés'."

* Mais attendez... Les autorités veulent clairement protéger cette espèce en voie de disparation. Ces dinosaures votent, après tout ! Elles envoient donc des chèques de "réductions d'impôts"... elles baissent les taux... elles gavent les banques de liquidités de manière à ce qu'elles puissent aider les consommateurs avec plus de crédit, à des conditions plus faciles.

** Mais revenons-en à nos doutes et nos opinions...

*Le Consommateuris Americanus n'a pas l'air en pleine forme. Et alors ? Les journaux nous disent que "le pire est derrière nous". La crise du crédit est terminée, déclare Buffett. La crise de l'immobilier aussi, annonce le Wall Street Journal. Et regardez la Bourse...

* On dit que les marchés anticipent. On pense qu'il peut voir au-delà des grands titres... au-delà du bruit et des opinions... au-delà des théories... pour nous dire ce qui se passe vraiment.

* Regardez, disent les haussiers, le marché est en pleine forme ; il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Les chartistes nous annoncent que la prochaine évolution sera une hausse. Les adeptes de la Théorie de Dow disent que nous sommes toujours dans un marché haussier. Les rêveurs espèrent un Dow à 15 000.

* Bien entendu, ils ont tous raison sur un point : il n'y a pas de quoi s'inquiéter. On ne parle que d'argent. Mais quiconque pense que les marchés prédisent vraiment les futures tendances monétaires n'a pas été très attentif. Début janvier 1990, le principal indice boursier japonais dépassait les 39 000. Il grimpait en flèche depuis cinq ans. Il ne faisait aucun doute qu'il voyait encore plus de croissance et de prospérité à venir, n'est-ce pas ?

* Mais ce même mois, la Japan Inc. rencontra un sérieux problème. Le marché boursier s'effondra... et l'économie entra dans une longue période de ralentissement -- dont elle ne s'est toujours pas remise.

* Une décennie plus tard, aux Etats-Unis, les marchés enregistraient eux aussi des gains réguliers et impressionnants sur cinq ans. Le Nasdaq grimpait quasiment à la verticale. Il ne faisait aucun doute qu'il voyait encore plus de croissance et de prospérité à venir, n'est-ce pas ?

* Pas du tout. Le Nasdaq s'effondra... le Dow coula... et en termes réels, après une décennie, même sur le Dow, les actionnaires sont encore dans le rouge de 20% à 30%.

* Non, cher lecteur, les marchés boursiers sont souvent aveugles, sourds et muets. Ils ne peuvent rien voir en avance. Ils ne peuvent pas entendre les murmures d'avertissement. Et ils ne peuvent nous avertir de rien.

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LE SECRET DES PROFITS EST TRES SIMPLE...
Grâce à un groupe bien spécifique de valeurs, vous pourriez engranger des gains de 42,19%... 38,17%... 36,40%... 26,43%... 28,70%...26,90%... 22,90%... 40,19%... 96,24%... et bien d'autres encore !

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*** La Chronique Agora présente ***

Suite et fin de l'essai de Sylvain Mathon sur le marché très porteur du platine et du palladium -- notamment grâce au secteur des pots catalytique, en pleine expansion.

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PLATINE ET PALLADIUM : L'ELDORADO DES PGM -- 2ème PARTIE
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Par Sylvain Mathon (*)

D'exceptionnelles propriétés catalytiques
Les métaux dont nous parlons, je l'ai dit, possèdent d'exceptionnelles propriétés catalytiques -- entendez qu'ils favorisent les réactions chimiques. Platine, palladium et rhodium sont une composante indispensable des équipements dépolluants inventés par General Motors dans les années 70.

Le principe du pot catalytique est assez simple : on fait passer les gaz d'échappement dans une structure en nid d'abeille tapissée de ces métaux, afin de provoquer l'oxydation ou la réduction des éléments les plus toxiques (monoxyde de carbone, hydrocarbures imbrûlés, oxydes d'azote) et d'accroître la performance de la combustion. Certes, ça ne diminue en rien les émissions de CO2... Mais ça permet, à l'embouchure du conduit d'échappement, d'obtenir un air nettement plus respirable !

Le cours du palladium est étroitement corrélé à celui du platine : il peut se substituer à lui dans un certain nombre d'applications industrielles -- et comme on les trouve en général ensemble dans la nature, quand l'un se raréfie, l'autre suit le mouvement.

Le marché automobile en Asie explose
Rappelons l'évolution de l'industrie automobile mondiale : pour 2006, le marché automobile chinois s'inscrit en hausse de... 34%, avec 4,2 millions de ventes.

On n'arrêtera pas comme cela l'appétit des nouvelles classes d'accédants au rêve automobile... En même temps, les émergents vont devoir se préoccuper très vite de ces considérations environnementales qui sont, pour l'instant, le cadet de leurs soucis.

Bref, le pot catalytique a de l'avenir dans les émergents. C'est une bonne nouvelle pour le platine, et plus encore, sans doute, pour son cousin moins connu, mais tout aussi indispensable : le palladium. Car face à la rareté du platine, les nouvelles générations de pots catalytiques utilisent de plus en plus le palladium. Les cours de ces deux métaux ne sont pas près de redescendre...

A condition, bien entendu, qu'il n'y ait pas de détente de l'offre mondiale face à cette demande irrésistible. C'est ce dont les opérateurs ne sont pas tout à fait sûrs... et c'est ce qui alimente les spéculations sur ce marché.

Laissez-moi vous initier aux fondamentaux de l'offre PGM et vous parler d'un des secrets d'état les mieux gardés de toute la Russie...

Des millions de tonnes ont été secrètement cachées par la Russie !
Où trouve-t-on des PGM ? Oubliez les rivières équatoriennes qui ont livré depuis longtemps leurs trésors. Aujourd'hui l'essentiel des réserves se concentre dans une poignée de pays. En tête de liste, et de très loin : l'Afrique du Sud, avec 75% des ressources mondiales et la Russie, pour 15%. Les gisements russes sont situés dans l'Oural et surtout en Sibérie du Nord, autour des fabuleuses mines de nickel de Norilsk, découvertes dans les années 1960.

Une telle concentration appâte évidemment les spéculateurs. Au moindre problème local -- par exemple, ces délestages à répétition de la compagnie d'électricité Eskom, qui mettent en ce moment les mines sud-africaines en chômage technique --, les cours s'envolent...

L'inconnue ? La taille des réserves russes
Il reste cependant une inconnue -- et de taille. C'est le niveau actuel des réserves russes. Même si l'Afrique du Sud détient les gisements les plus prometteurs, c'est en Sibérie que, historiquement, l'exploitation a été la plus intensive. Aux heures glorieuses de son aventure industrielle, l'URSS a extrait et accumulé des milliers de tonnes de platine et de palladium -- et poursuivi cette activité tout au long des années 1970.

Après la chute du Mur, alors que le marché des pots catalytiques était en plein essor, la fédération, en quête de capitaux, a renversé la vapeur. Tout comme il bradait son uranium militaire, le pays s'est mis à écouler sur les marchés mondiaux une partie croissante de ses réserves. Dans le même temps, la Russie maintenait la production courante à travers sa société d'état Norilsk Nickel, leader mondial, qui a le monopole national de ces ressources. Cet afflux d'offre a provoqué une baisse marquée sur les cours du platine et du palladium.

Meilleures salutations,

Sylvain Mathon
Pour la Chronique Agora

(*) Globe-trotter invétéré et analyste averti, Sylvain Mathon, est un peu "notre" Jim Rogers... Après avoir travaillé durant dix ans au service de grandes salles de marché, il met depuis février 2007 toute son expertise en matière de finances et de matières premières au service des investisseurs individuels dans le cadre de Matières à Profits, une lettre consacrée exclusivement aux ressources naturelles... et à tous les moyens d'en profiter. Il intervient régulièrement dans l'Edito Matières Premières.

 

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