
Courage : encore quelques mois à tenir (2)
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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 27 Mars 2008
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*** Trognon de pomme et racine de thuya
Il ne se passait rien d'intéressant sur les marchés. A la BCE, par contre...
*** La partie est terminée
Pour le monde de la finance comme pour M. Tout-le-Monde, il est l'heure de ranger ses billes...
*** Courage : encore quelques mois à tenir (2)
Une embellie au programme économique durant la seconde moitié de 2008 ?
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Bonjour,
*** TROGNON DE POMME ET RACINE DE THUYA
** Il ne se passait rien de passionnant hier sur les places boursières européennes ; cela s'est confirmé au fil des heures puisque la séance s'est conclue par un score d'une désarmante banalité, c'est-à-dire par une baisse de 0,33% sur le CAC 40. Nous avons donc décidé de nous abreuver aux meilleures sources d'inspiration, au premier rang desquelles nous plaçons, tel un vieux trognon de pomme oxydé sur un piédestal en argent massif, les discours du type "langue de bois ciselée dans de la racine de thuya" du patron de la BCE.
Comme d'habitude, nous avons donc perdu un précieux quart d'heure hier matin à suivre en direct l'intervention de J.C. Trichet devant la commission des finances du Parlement européen. Rien de nouveau sous le ciel bas et lourd de cette fin mars au climat totalement hivernal ; notre gloire monétariste nationale nous a délivré son inaltérable rengaine au sujet de l'impérieuse nécessité du maintien de la stabilité monétaire en anticipation d'un niveau d'inflation supérieur à 2% tout au long de l'année 2008.
La progression des salaires pourrait s'avérer problématique dans la mesure où elle risque d'alimenter une inflation de "second tour", liée à la hausse du pétrole (105,5 $ hier) et des matières premières. Quant à la chute régulière du pouvoir d'achat des ménages, elle ne fut même pas évoquée ; après tout ce problème ne concerne que les 350 millions d'individus qui composent le "tout venant" européen.
L'autre risque, c'est-à-dire celui d'un ralentissement économique induit par la récession qui frappe les Etats-Unis, ne fut évoqué qu'en toute fin de discours. Ce danger mineur fut expédié en une seule phrase : "les incertitudes concernant le rythme de la croissance se sont nettement renforcées".
J.C. Trichet a rappelé que les liquidités demeurent abondantes même si la crise des subprime a gelé certaines transactions interbancaires. Il a aussi rappelé que les taux étaient parfaitement adaptés à la situation actuelle : aucun assouplissement n'est donc envisageable dans un avenir prévisible. Les cambistes en ont déduit que le "repo" devrait demeurer fixé à 4% quoi qu'il advienne.
Nous avons attiré à plusieurs reprises votre attention sur l'autisme de la BCE concernant le gonflement démentiel de l'encours des dérivés de crédit. En effet, elle n'a pas anticipé l'explosion de la bulle, ni déploré les conséquences pour les banques européennes et les emprunteurs potentiels en Zone euro après qu'elle ait éclaté.
La BCE continue de se désintéresser dans ses discours officiels de la dégradation de la conjoncture outre-Atlantique, et enterre les espoirs de baisse de 50 points de base de son taux directeur d'ici le mois de juin. Que la Fed se débrouille toute seule et qu'elle continue de créer de l'argent gratuit qui détruit la valeur du dollar !
** Vous nous objecterez que J.C. Trichet évoque les "contacts étroits" entre les principales banques centrales, c'est-à-dire la Fed, la Banque d'Angleterre et la Banque centrale helvétique ; mais à aucun moment il n'a employé le terme de "coopération", ni parlé de "recherche de solution" en commun avec Ben Bernanke : tout un symbole !
Autrement dit -- et alors que chaque terme de ses interventions sont soupesés à la nuance sémantique près -- la BCE se contente de "participer" aux efforts collectifs pour alimenter les marchés en liquidités mais ne revendique nullement un rôle d'initiatrice. Le service minimum est donc de rigueur.
Nous sommes prêt à parier que si la Banque d'Angleterre ne faisait pas preuve de sa solidarité coutumière avec la Fed -- l'éclatement de la bulle immobilière a déjà fait sombrer Northern Rock et menace HBOS -- et que si la BNS ne redoutait pas de voir s'effondrer le géant UBS, la BCE traînerait ouvertement les pieds dans le cadre des prises en pension de créances immobilières, invendables sur le marché, en échange de Bons du Trésor libellés en dollars.
Si nous comparions la noyade du système bancaire américain à un épisode d'Alerte à Malibu, J.C. Trichet n'enfilerait le célèbre maillot rouge que parce que des milliers de baigneurs -- horrifiés par ce dramatique spectacle -- le pressent de se jeter à l'eau pour secourir leur idole, Ben Bernanke, qui se débat au milieu des éléments déchaînés.
Il se conterait alors de lui maintenir la tête hors de l'eau -- quitte à l'étrangler un peu au passage -- pour le ramener jusqu'à la plage. Et pas question ensuite de lui prodiguer un bouche à bouche ou un massage cardiaque. En effet, la priorité demeure la surveillance de l'avancement de la marée, qui affichera une amplitude supérieure à 2,5% voire 3% en 2008 avant un reflux graduel en 2009.
** Outre-Atlantique, Henry Paulson réaffirmait, quelques heures plus tard, que l'extension des pouvoirs et moyens d'action de la Fed, via la prise en pension de créances immobilières et l'ouverture de guichets de liquidités permanents accessibles aux principaux établissements bancaires du pays -- mais pas aux acteurs de seconde division -- constituait une initiative sans précédent, destinée à écarter le risque d'un blocage du système et d'un credit crunch.
Il s'agit cependant de mesures temporaires qui seront suspendues aux premiers signes de rétablissement d'un fonctionnement normal des marchés financiers. La Fed assume depuis 10 jours le rôle d'un prêteur en dernier ressort. Elle se retrouve donc engagée dans la garantie de montants de dettes titrisées d'une ampleur inégalée depuis sa création en 1913. La Fed fait tout ceci avec l'aval de la Maison-Blanche, où Ben Bernanke semble avoir pris ses quartiers depuis la mi-janvier.
Nous aurions aimé vous exposer les initiatives communes de la BCE et des plus hautes instances économiques et gouvernementales de l'Euroland... mais chuuut ! C'est un secret !
Mais non, rassurez-vous, nous plaisantons... nous ne vous cachons rien ! Et c'est bien ce qui nous consterne : il n'y a rien à cacher ! La BCE agit seule, ne prend conseil auprès de personne et n'a de compte à rendre à personne. Son triomphe ne sera pas d'avoir ramené la croissance ou le plein emploi -- même en l'espace de deux ou trois courtes années bénies dont nous pourrions nous souvenir avec émotion -- mais bien d'avoir fait mordre la poussière au dollar !
Ce dernier rechute brutalement sous les 1,5750/euro et les 99,1 yens, occasionnant un rebond symétrique du baril de pétrole au-delà des 105 $. Vous avez dit inflation de second tour ?
** Allez, pour nous agacer un petit peu les nerfs, nous qui payons nous-même notre plein de carburant contrairement aux inégalables hauts fonctionnaires de la BCE, nous vous communiquons quelques extraits du tableau du prix moyen de l'essence de 2003 à 2008.
Grâce à la "stabilité des prix" que nous confère l'euro, nous avons vu passer le tarif du sans plomb 95 de 0,98 euro le 31 décembre 2003 à 1,06 euro au 31 décembre 2004, puis à 1,36 euro au 31 décembre 2007 et à 1,45 euro à présent, prix moyen constaté sur les autoroutes françaises et dans les stations de l'agglomération parisienne lors du week-end de Pâques.
C'est pire pour le gazole qui affichait 0,78 euro fin 2003, 0,88 euro fin 2004, puis 1,25 euro fin 2007 et 1,35 euro à fin mars 2008... soit +75% en quatre ans et trois mois. Le fioul domestique a connu la même sanction.
Sachant que les prix de l'immobilier ont flambé de 33% dans l'Hexagone sur la période post-invasion de l'Irak, nous éprouvons quelques difficultés à expliquer à nos lecteurs -- en quelques formules simples et intelligibles -- en quoi l'action de la BCE constitue un bouclier contre l'inflation et pourquoi il reste impératif de contenir la hausse des salaires.
** Notre monde est décidément paradoxal et parfois cruel. Alors que l'inaction de la BCE comble de félicité les patrons allemands -- l'indice IFO (baromètre des milieux d'affaires outre-Rhin) rebondit de façon inattendue en mars (+0,7 points à 104,8)... les multiples initiatives -- désespérées ? -- de la Fed se soldent par un accès de pessimisme sans précédent depuis 35 ans des ménages américains.
Si les chiffres publiés aux Etats-Unis mardi dernier furent franchement consternants, l'ordinaire s'est un peu amélioré hier avec un rebond de 8,2% du prix de vente des maisons neuves en février. Le nombre de transactions, quant à lui, a reculé de 1,8%, ce qui est moins pire que prévu. Ces chiffres n'ont pu éclipser durablement la première mauvaise statistique inscrite au tableau du 26 mars : les commandes de biens durables chutent de 1,7% en février, contre une hausse de 0,5% anticipée. Le repli aurait pu être encore plus brutal sans la hausse de 5,4% des commandes aéronautiques.
Cela dit, nous n'avons pas tout perdu : l'or effectue une belle remontée à 950 $ l'once... mais avec un dollar sous les 1,58/euro, la hausse du Napoléon reste anecdotique !
Philippe Béchade,
Paris
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** LA PARTIE EST TERMINEE
** Qu'avons-nous là ?
* L'or enregistre un rebond. Avons-nous vu le creux de la vague ? Le moment d'acheter est-il venu ? Est-ce la dernière fois que nous verrons l'or sous les 1 000 $ de notre vivant ?
* Nous n'avons pas les réponses.
* Mais lorsque nous réfléchissons à ce marché haussier, nous nous rappelons toutes les fois où nous avons essayé "d'acheter les replis" sans véritable bonne raison. Lorsque l'or était à 500 $... nous avons attendu qu'il revienne à 450 $ pour nous renforcer. Et lorsqu'il était à 700 $... nous voulions qu'il passe à 600 $ avant d'en racheter. Souvent, il ne se repliait pas assez... voire pas du tout.
* Nous nous en serions mieux tiré en prenant une gigantesque position dès le début -- lorsque l'or était sous les 300 $ -- plutôt que de le poursuivre tout au long de la hausse jusqu'aux 1 000 $.
* Et nous revoilà... essayant d'obtenir un bon prix. Sommes-nous au plancher ? Ou bien sur une étroite corniche, à partir de laquelle l'or chutera de 100 $ supplémentaires... ou plus ? Est-ce qu'en achetant maintenant nous nous sentirons génial... ou idiot ?
* Hélas, il n'est pas donné à l'homme de connaître son destin.
* Nous devons tout de même prendre une décision. Acheter ? Vendre ? Ne rien faire ?
* En général, ne rien faire est un bon choix. Sauf que ces huit dernières années, l'inactivité, sur le marché de l'or, n'était pas judicieuse. Reculons donc la caméra, et essayons de voir l'ensemble du tableau.
** Les nouvelles sont plus troubles que jamais. Les spéculateurs ont vendu tant d'actions -- en anticipation d'une baisse des prix -- qu'ils garantissent pratiquement un rebond.
* Dès que les cours des actions grimpent ne serait-ce qu'un peu, les vendeurs à découvert encaissent des pertes. Ils n'ont aucun moyen de savoir de combien le marché va grimper, et combien ils finiront par perdre, si bien qu'ils doivent couvrir leurs positions en rachetant les valeurs qu'ils ont "shortées". Cette pression à l'achat fait grimper encore plus les cours... forçant de nouveaux vendeurs à découvert à se mettre à l'abri... et transformant un petit rebond en une vague haussière explosive.
* On constate également un niveau élevé de sentiment baissier chez les professionnels du marché -- ce qui est généralement un indicateur contrarien du fait que les prix vont grimper.
* Mais les nouvelles sous-jacentes sont toujours décourageantes.
* Les allocations chômage américaines viennent d'atteindre un sommet de trois ans, après la perte de 63 000 emplois en février -- le chiffre le plus élevé de ces cinq dernières années.
* Les prix des maisons ont lourdement chuté en janvier... de 11% environ par rapport à l'année précédente. Ils ont baissé tous les mois -- selon les chiffres de Case/Shiller -- depuis 13 mois. Les saisies se multiplient. Et les défauts de paiement subprime augmentent encore.
* Avec le prix de sa maison qui baisse et son emploi sur le fil du rasoir, le malheureux citoyen lambda est sous pression. "La confiance des consommateurs s'effrite", pouvait-on lire dans le Chicago Tribune. Les sondages montrent que les consommateurs n'ont jamais été moins optimistes depuis l'administration Nixon. Ce n'est pas étonnant. Les prix du carburant grimpent en flèche -- tout comme les prix de l'alimentation, et ce dans le monde entier. Dans plusieurs pays, des gens ont été tués lors d'émeutes pour de la nourriture... et en Occident, les budgets familiaux sont mis à mal.
* De manière tout à fait naturelle et prévisible, les Américains ne peuvent plus dépenser leur argent aussi librement. Les ventes au détail ont chuté de 0,6% en février. On prévoit qu'elles augmenteront au rythme le plus lent de ces 17 dernières années -- si elles augmentent. Et que peut faire une économie de consommation si les consommateurs cessent de consommer ? Comment va-t-elle se développer lorsque les poches des ménages seront vides ?
* Pendant ce temps, à Wall Street, les choses ne sont guère plus reluisantes. Il apparaît que les magiciens de la finance ont fait les mêmes bêtises que les ménages ordinaires -- avec juste un peu plus d'effet de levier et de coupes de champagne. A présent, leurs obligations à haut rendement sont en difficulté. Leurs accords de private equity sont en difficulté. Leurs MBS, SIV et CDS sont en difficulté. Leurs clients municipaux sont en difficulté. Et comme personne ne sait vraiment qui a le plus de difficultés, les prêteurs hésitent à louer leur argent. Ils le conservent dans leurs coffres -- craignant qu'un emprunteur ne puisse pas le leur rembourser... et qu'ils en aient besoin à leur tour.
* Goldman a fait les gros titres hier -- avec une estimation du total des pertes liées aux prêts subprime ayant mal tourné se montant à 460 milliards de dollars. C'est à peu près le triple de ce qui a été annoncé à ce jour. Ce qui signifie que d'autres révélations sont à venir... Personne ne sait vraiment où les pertes vont apparaître... et l'effet qu'elles auront sur les valeurs en capital. Ainsi, même si l'argent coule comme du sirop depuis le robinet des banques centrales... lorsqu'il arrive aux banques elles-mêmes, il ressemble plus à du miel, collant aux doigts des banquiers et bouchant tout le système financier.
* Les grandes fusions-acquisitions ne peuvent pas se réaliser. Nous apprenons aujourd'hui que l'accord Clear Channel s'est enlisé -- les banques hésitent à le financer. Les accords plus modestes se bloquent aussi : "les petites sociétés découvrent que le crédit se resserre", rapporte le New York Times.
* Dans le monde de la finance comme pour M. Tout-le-Monde, la situation est la même -- "la partie est terminée", comme le résume The Economist.
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Ce marché a perdu 17% depuis le 1er janvier 2008...
Les investisseurs le fuient à toutes jambes...
Les analystes lui prédisent une année désastreuse...
Une seule conclusion s'impose pour vous :
ACHETEZ !
Mais pas n'importe quoi : continuez votre lecture pour en savoir plus...
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*** La Chronique Agora présente ***
Suite et fin de l'analyse de Raphaël Garaud sur la situation économique actuelle -- et ce qu'elle nous réserve pour les mois à venir. Une embellie semble se dessiner pour le second semestre 2008...
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COURAGE : ENCORE QUELQUES MOIS A TENIR -- 2ème PARTIE
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Par Raphaël Garaud (*)
De nos difficultés naîtra la solution
Euro qui s'envole, dollar en baisse, Etats-Unis en plein marasme et faiblesse de la croissance européenne... quelles seraient les solutions à ces problèmes de fond ? La hausse des matières premières impacte évidemment les prix des produits finis. Mais la BCE maintient le cap et veut être un rempart contre l'inflation. On ne sait pas encore comment, mais ne perdons pas tout espoir. En plus, l'euro fort permet encore d'amortir l'impact de la hausse des matières premières, libellés en dollars.
Pour contrer nos productions trop chères, il faut produire et donc investir dans les pays qui ont une monnaie faible par rapport à l'euro, et de faibles coûts de main d'oeuvre. Les grands groupes se sont diversifiés et implantés dans des zones émergentes majeures et dans des pays peu industrialisés. Des efforts de productivité, de rationalisation, et de R&D ont été accomplis pour enrayer le flot de produits étrangers concurrents importés à bas prix.
Et cette dynamique continue. Certaines industries ont connu de belles réussites à l'international (aéronautique, transport, électricité nucléaire par exemple). Nous avons des productions rentables. Ce sont donc dans ces secteurs, et dans ces types d'entreprises que nous pouvons investir.
Mais nous pouvons aussi nous montrer plus audacieux et investir directement dans les zones économiques qui bénéficient de ces délocalisations, et qui sont en pleine croissance. C'est pour cela que ce mois-ci, dans le cadre de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine, nous allons investir en Europe centrale, où tout le potentiel de développement et de croissance reste à venir. Dans le contexte actuel il faut cibler de forts potentiels et des tendances fortes (d'où aussi ma préférence pour les secteurs de la santé et de l'environnement).
Et puis, petit cocorico national, nous avons un atout dans notre manche : le tourisme. Pour la France, c'est une chance à saisir qui peut nous valoir un retour sur investissement très lucratif. Il semblerait que nos gouvernants en prennent conscience. Mieux vaut tard que jamais !
Nous pouvons être raisonnablement optimistes à court terme
L'année 2007 a été bonne pour les sociétés. Je vous avais dit que le premier trimestre de 2008 serait très difficile -- et en effet, il l'est. La situation est peu limpide encore en ce moment et la Bourse a horreur du manque de visibilité ; nous ne sommes donc pas complètement sortis d'affaire. Mais comme je vous le disais, les banques centrales comme les gouvernements vont sans doute tout faire pour décanter la situation et faire renaître l'optimisme.
Le second trimestre devrait donc déjà marquer un léger mieux car les Etats-Unis devraient se reprendre en main énergiquement. Il y va de leur propre survie en fait, car si le dollar baisse de trop, la confiance s'évanouira... et la confiance est un moteur qui doit tourner rond, sous peine de gripper toute la machine !
Je pense donc qu'une forte réaction aura lieu bien avant les élections de novembre. Ils ne peuvent maintenir la population si longtemps dans une telle incertitude, dans de telles difficultés qui dégrade le moral des ménages, sans prendre de gros risques.
Donc pour le deuxième trimestre, prudence encore sur les marchés, mais on verra la lumière au bout du tunnel !
Un second semestre plus porteur
En Bourse, le second semestre 2008 devrait être vraiment meilleur. Si tout se passe bien et si les mesures ont été efficaces, la croissance américaine et celle de la Zone euro devraient reprendre des couleurs. Mais ne vous emballez pas encore ! En Bourse, ce sont les marchés qui décideront.
Toutefois, nous aurons de belles surprises avec les résultats de sociétés bien managées. Elles ont fait état de prévisions très prudentes pour 2008 et elles laisseront la porte ouverte à une année 2009 de meilleure facture si tout se passe comme prévu.
Les Etats-Unis tireront encore le train de la croissance, mais la zone asiatique ne sera pas en reste. Espérons juste qu'une surchauffe ne vienne pas brouiller les cartes ! Cependant, jusqu'aux Jeux olympiques nous n'avons pas grand'chose à craindre de ce côté-là. L'Empire du Milieu voudra donner une parfaite image.
Les marchés dans ce contexte réaliseront alors que les belles valeurs sont TRES décotées, et se repositionneront en masse. Les spéculateurs reviendront sur le devant de la scène, puis les acheteurs leur emboîteront le pas, et les cours repartiront de l'avant. Chance pour nous, nous n'aurons pas quitté le navire, et nous en profiterons immédiatement.
Je ne suis pas devin évidemment, mais un tel scénario me semble plus que plausible. Aussi, je ne m'inquiète pas, et je maintiens ma stratégie. Faites-en autant, et nous devrions passer la tempête sans trop de dommages.
Meilleures salutations,
Raphaël Garaud
Pour la Chronique Agora
(*) Raphaël Garaud est le rédacteur en chef de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine. Ce service d'information financière offre à ses membres des moyens exclusifs et fiables de protéger et d'accroître leur patrimoine. Actions, fiscalité, immobilier, investissements alternatifs... Vos Finances - La Lettre du Patrimoine ne laisse rien au hasard lorsqu'il s'agit de faire fructifier votre capital.
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