La Chronique Agora

 
FED et rebond des marchés : beaucoup de bruit pour rien

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 17 Décembre 2007
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*** Washington face au nouvel axe Moscou-Pékin
Les choses se compliquent pour la Maison-Blanche sur l'échiquier mondial

*** Investissez dans la pierre
Mais pas n'importe laquelle, nous dit Chris Mayer

*** L'hiver sera rude
Pour les consommateurs comme pour les banques centrales...

*** FED et rebond des marchés : beaucoup de bruit pour rien
Ce que les analystes techniques savaient...

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Avez-vous l'une de ces bombes à retardement financières dans VOTRE portefeuille ?
De véritables bombes sont désormais enclenchées sur les marchés... et elles pourraient causer des dégâts spectaculaires pour des centaines de milliers d'investisseurs.

Sauf que vous n'êtes pas obligé d'en souffrir avec tout le monde...

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Bonjour,

*** WASHINGTON FACE AU NOUVEL AXE MOSCOU-PEKIN

** Le repli hebdomadaire du CAC 40 n'est pas énorme (2%), mais vendredi soir, trois titres seulement affichaient un bilan clairement positif. Lafarge s'est envolé de 15,8% (grâce à l'opération Orascom), EADS de 2,8% (le cinq millième Airbus vient d'être livré à Quantas) et Peugeot de 2% -- après des hausses de recommandations de Deutsche Bank et Goldman Sachs -- tandis que Bouygues, Vinci et L'Oréal affichaient une quasi stabilité (+0,05%).

Le rally de fin d'année ne semble pas au rendez-vous et le mois de décembre ressort négatif de 1,5%. Mais il reste une semaine pour parfaire les habillages de bilans avant la trêve des confiseurs et la semaine écourtée du 24 au 28 décembre.

Les valeurs bancaires et financières resteront les grandes perdantes de l'année et de la semaine écoulée. AXA a chuté de 3,85%, BNP Paribas de 4,15%, Société Générale et Natixis de 5,5%, Unibail Rodamco de 6% et Accor et Klépierre, dans ce même registre immobilier, ont perdu entre 4,25% et 4,5%.

La volatilité a régné en maître dans tous les secteurs de la cote mercredi et jeudi, avec des écarts en intra-day qui ont atteint ou dépassé les 3%. Par contraste, la séance de vendredi fut beaucoup plus calme puisqu'elle s'est conclue sur une modeste hausse de 0,25% dans de tout petits volumes. Moins de 4,9 milliards d'euros échangés contre 6,4 milliards la veille, soit une baisse d'activité de 20% en 24 heures).

Après les spectaculaires retournements de tendance successifs des séances de mercredi et jeudi, la prudence l'a emporté. Les opérateurs ont limité leurs prises d'initiatives, de peur de voir leurs stratégies prises à contre-pied suite à des coups de théâtre imprévisibles orchestrés par les banques centrales ou provoqués par des chiffres économiques inattendus.

** De ce point de vue, la grande nouveauté de ces dernières 48 heures, c'est que l'inflation apparaît soudain beaucoup plus menaçante aux Etats-Unis. A tel point d'ailleurs que le scénario d'une quatrième baisse du prime rate fin janvier est sérieusement remis en cause.

La hausse de 0,8% des prix à la consommation -- publiés à 14h30 vendredi dernier -- a confirmé la flambée du PPI dévoilée jeudi (3,2%) puis l'envolée de 11,4% des prix à l'importation, publiés dans l'indifférence générale mercredi. C'est la progression la plus marquée depuis septembre 2005... Et même en excluant l'alimentation ou l'énergie, l'indice CPI ressort bien au-dessus des attentes, avec une hausse de 0,3% d'un mois sur l'autre, contre une prévision de 0,2% (soit +2,3% annuel).

Dans la zone euro, le taux d'inflation annuel a augmenté de 0,5% (soit 3,1% sur un an) au mois de novembre, contre 2,6% en octobre (à comparer avec +1,9% un an auparavant).

** Vendredi, les indices boursiers ont accusé le coup en milieu d'après-midi : -0,5% en moyenne sur le Vieux Continent. Mais les acheteurs semblaient s'être remobilisés en fin de séance, constatant qu'à 5 550 points -- au plus bas vers 16h30 --, le CAC 40 risquait de perdre près de 3% sur la semaine, contre 2% pour l'Euro Stoxx 50, lequel affichait -1,4% au final.

A la mi-journée vendredi, le Dow Jones et le Nasdaq reculaient de 0,6% et 0,5% : les technologiques ont cédé ainsi 2% sur la semaine, tout comme les vedettes du CAC 40 pour cause d'interrogations récurrentes au sujet de l'ampleur de la croissance mondiale en 2008.

Aux Etats-Unis, la stagflation devient une réelle menace. Les prix à la consommation ont largement dépassé le consensus des économistes -- inflation limitée à +0,6% -- puisque la dérive atteint +4,3% en rythme annuel, alors que la croissance pourrait rechuter sous les 2% au quatrième trimestre 2007 puis jusqu'en avril 2008.

Le tassement saisonnier de l'activité dans le secteur immobilier risque d'affecter l'ensemble des compartiments économiques en début d'année. Le secteur du crédit risque d'alimenter la hausse du chômage avec la multiplication des plans de licenciements anticipés en début d'année prochaine, les fêtes marquant une trêve relative des "dégraissages" d'effectifs.

Les mauvais chiffres de l'inflation aux Etats-Unis affaiblissent l'hypothèse d'une poursuite de la politique d'assouplissement de la politique monétaire de la Fed. Le dollar a repris 1,25% à 1,445 pour un euro -- et +1,5% sur la semaine. Il refranchit le cap des 113,3 contre le yen.

Par ailleurs, l'annonce d'une hausse plus forte que prévue de la production industrielle américaine à +0,3% en novembre, contre +0,1% attendu par les économistes, plaidait également en faveur d'un statu quo de la Fed en janvier prochain.

** Alors que le billet vert se redressait contre toutes les devises, le baril de brut reperdait symétriquement 1,5%, sous les 91 $, après avoir approché les 95 $ moins de 48 heures auparavant.

L'Agence internationale de l'énergie a révisé en hausse de 115 000 barils par jour ses prévisions de demande de pétrole pour l'année 2008, à 87,8 millions de barils par jour -- soit une hausse de 2,5% sur un an.

Le seul pays susceptible d'accroître fortement sa production est la Russie de Vladimir Poutine : de quoi donner des cauchemars aux conseillers économiques de G.W. Bush car le patron du Kremlin --qui porte le titre de Président cette année ou de Premier ministre l'an prochain -- ne va pas manquer de faire le meilleur usage possible de cette pièce maîtresse sur l'échiquier politique mondial.

Les Chinois attendent quant à eux les Jeux olympiques pour faire la démonstration de leur puissance, assurés qu'ils sont de monter sur la troisième marche du podium en termes de PIB, derrière l'Euroland plombé depuis cinq ans par un euro fort.

Nous constatons déjà que l'axe Moscou-Pékin renforce ses liens afin de damer le pion à Washington. Le moment est bien choisi puisque selon toutes probabilités, l'année 2008 et le début 2009 seront marqués par une phase de transition qui risque de paralyser les initiatives hégémoniques de l'Amérique.

Philippe Béchade,
Paris

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Chris Mayer vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** INVESTISSEZ DANS LA PIERRE

** "Investissez dans la pierre", conseille le milliardaire Sam Zell, magnat de l'immobilier, "surtout la pierre étrangère". Selon Zell, investir dans l'immobilier rapportera des retours sur investissement plus sûrs que les actifs papier.

- Si vous êtes du même avis que Zell, vous voudrez des actions Cohen & Steers (CNS). C'est le seul gestionnaire d'actifs immobiliers coté en bourse dont j'ai entendu parler. Qui plus est, c'est une affaire fabuleuse, disponible -- pour l'instant -- à un très bon prix.

- Les hommes de CNS sont à la tête d'environ 35 milliards de dollars. Depuis 2001, l'entreprise a augmenté cette pile de capitaux de près de 40% par an. C'est un mélange de fonds d'investissement et de comptes indépendants qu'ils gèrent pour des clients.

- Comme tous les gestionnaires d'actifs, Cohen & Steers touche des honoraires, dont une partie de la valeur de marché des actifs dont ils s'occupent. Par conséquent, les ventes de l'entreprise augmentent également de 40% par an. Le plus gros de ce que gère la société touche à l'immobilier.

- Parmi ces actifs, le secteur qui augmente le plus rapidement est celui des actifs immobiliers hors Etats-Unis. L'immobilier étranger ne constituait que 30% de la totalité en 2005. Fin 2006, il s'élevait à 41%. Au troisième trimestre 2007, l'immobilier hors Etats-Unis atteignait les 54% du total.

** Là, tout de suite, vous devez avoir une ampoule qui s'est allumée au dessus de votre tête, comme dans les dessins animés. Vous penchez sérieusement pour plus d'actifs immobiliers cotés en bourse, surtout à l'étranger. Plus d'actifs immobiliers cotés en bourse signifie plus d'honoraires pour Cohen & Steers, s'ils conservent leur part de marché. Et Cohen & Steers étend rapidement son panel d'actifs immobiliers étrangers.

- Et le meilleur reste à venir.

- Cohen & Steers n'a pas de dettes et engrange une grosse marge brute. Ils profitent de marges bénéficiaires de 40% et de marges de bénéfice net de 26%. L'entreprise va probablement générer environ 100 millions de dollars de marge brute en 2008 avec un minimum de dépenses d'équipement. Vous pourriez acheter toute l'entreprise pour seulement 1,3 milliards de dollars. C'est un très bon prix pour une entreprise de cette qualité.

- La valeur est à 35% de son maximum, puisque le marché a vendu tout ce qui touchait à l'immobilier. Le consensus, pour Cohen & Steers, repose sur l'idée que les actions de l'immobilier vont certainement chuter, et avec elles, les revenus de Cohen & Steers. Mais il existe des moyens de repousser ce risque.

- Tout d'abord, on assiste à une hausse extraordinaire des actifs immobiliers étrangers. Ensuite, près de 11 milliards de dollars de ce que CNS gère est constitué de fonds d'investissement à capital fixe. Or une augmentation considérable des honoraires est prévue pour ces fonds d'investissement.

- Ce qui fait que même si les actifs de Cohen & Steers n'augmentent pas du tout -- chose qui semble fort peu probable -- tout est prévu pour une augmentation des honoraires qui permettrait de pousser gentiment les bénéfices vers le haut.

- Cohen & Steers a un excellent historique, d'après ce que je sais. La société semble bien placée dans la compétition. Elle me rappelle Brookfield Asset Management, un autre gestionnaire d'actif spécialisé dans un domaine bien précis. BAM est maître en matière d'infrastructure. Cohen & Steers est maître en matière d'immobilier. Il est loin devant dans la compétition à l'étranger.

- Cela me rappelle également une autre tendance dans la gestion d'argent en ce moment. De plus en plus de gens cherchent à embaucher des spécialistes. Plutôt que d'embaucher un gestionnaire d'actifs qui s'occuperait de plusieurs choses différentes, les gens préfèrent avoir affaire à une personne qui s'occupe d'une seule chose et la maîtrise parfaitement. Si l'on suppose que la tendance va aller en s'accentuant, Cohen & Steers est extraordinairement bien placé.

- J'apprécie également le fait que Martin Cohen et Rober Steers possèdent 60% des capitaux. Ils sont là avec vous. Ils sont très motivés pour rapporter aux actionnaires puisqu'ils sont les plus gros actionnaires. Je suppose qu'il y a un risque -- celui qu'ils ne s'occupent que d'eux --, mais ce risque est partout. Plus encore, je dirais, quand vous êtes au lit avec une équipe de gestion qui ne possède aucun actif.

- Avec la quantité de cash flow générée par Cohen & Steers, si les actions perdent trop, rien ne les empêche de sortir du marché, pour redevenir "privés". Quoiqu'il en soit, l'entreprise ne va pas tarder à amasser beaucoup d'argent. De l'argent pour racheter des actifs et payer des dividendes spéciaux. De l'argent qui offre des possibilités à l'entreprise.

- Je suis très excité en ce qui concerne Cohen & Steers. Ils ont l'air d'avoir un bel avenir devant eux. C'est une chance unique. Ils possèdent une pile grandissante d'actifs qui "transpirent" littéralement des honoraires. Achetez et préparez vous au décollage. Cela pourrait être un bon investissement pour les années à venir. A court terme, préparez vous à ce que les actifs mettent au défi d'anciennes augmentations -- un gain de près de 50%.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Baltimore

*** L'HIVER SERA RUDE

** Il pleuvait à Baltimore la semaine dernière. Aujourd'hui, le ciel est couvert. On annonce de la pluie, du verglas et de la neige.

* Faut-il s'en étonner ? On est presque en hiver. Et l'hiver est traditionnellement une saison difficile.

* "Les choses ont tellement changé", nous disait un ami hier. "Maintenant, quand on voyage, par exemple, on passe d'une voiture chauffée à un terminal chauffé, puis à un avion chauffé, puis à un taxi chauffé, puis à un bureau chauffé. On ne sait plus quel temps il fait dehors. Et on s'en fiche assez".

* "Je pense que c'est en partie pour ça qu'on est si blasés au sujet des menaces économiques et financières. Il ne semble tout simplement plus y avoir de monde réel. Tout est contrôlé. Tout est sous contrôle. Nous avons cette illusion... que nous pouvons contrôler le temps... que nous n'avons jamais à le subir".

* Mais l'hiver reste une période maigre pour bon nombre de gens. Dans USA Today :

* "La hausse des prix du carburant engendre une crise parmi les seniors et les gens aux revenus modestes, qui ne peuvent se permettre de chauffer leurs maisons".

* "C'est un hiver vraiment effrayant. Je ne sais pas ce que vont faire les gens", déclarait une âme charitable.

* Le taux central d'inflation américain n'est toujours pas inquiétant. Mais il n'inclut pas la nourriture ou le carburant. Le carburant de chauffage résidentiel devrait grimper de 30% par rapport à l'an dernier. Le propane a grimpé de 250%.

** Les gens accusent désormais la Chine de tous les maux. La nourriture grimpe ? La Chine est trop affamée. Le carburant grimpe ? La Chine utilise trop d'énergie. A présent, on accuse même la Chine de la hausse du prix des sapins de Noël.

* "La demande chinoise fait grimper en flèche les prix des sapins de Noël", déclare un article. Il continue :

* "La hausse de la demande chinoise et le boom des bio-carburants font grimper les prix des sapins de Noël en Allemagne. Les producteurs affirment être incapables de suivre la demande du géant économique asiatique".

* "Selon le HDH, organisation allemande de l'industrie forestière, la demande de sapins de Noël grimpe à cause de l'augmentation des exportations et du nombre croissant de foyers à une seule personne. Pendant ce temps, l'offre d'arbres a diminué parce que plusieurs milliers d'hectares de plantations forestières en Allemagne ont été consacrées à des utilisations plus profitables, comme les cultures dédiées au biocarburant, plus lucratives".

* Les Chinois sont donc avides de sapins de Noël aussi !

** Les commentateurs se demandent encore ce que font les marchés. En hausse, en baisse... en hausse, en baisse -- où vont-ils ? Nous n'en savons rien. Mais il nous semble encore qu'il y a bien plus de risque à la baisse qu'il n'y a d'espoirs de récompenses à la hausse. La récession semble inévitable. Les revenus chutent. Où est le potentiel de hausse ?

* Même Alan Greenspan déclare que l'économie US "se rapproche du point mort". Comment le saurait-il ? Il doit l'avoir lu dans les journaux.

* Selon toutes probabilités, les actions ont commencé à chuter. La marée se retire. La grande vague de liquidités qui a porté tous les prix des actifs à la hausse -- des appartements londoniens au soja en passant par l'art trash -- baisse. Nous l'avons vu d'abord à la marge -- les plaines basses du subprime qui ont commencé à s'assécher cet été. Nous commençons à le discerner dans les secteurs plus profonds de l'économie.

* Mais attendez... nous savons ce que vous pensez, cher lecteur. Qu'en est-il de toutes les nouvelles liquidités que les banques centrales mettent dans le système ? Cela ne va-t-il pas renverser la situation ? Cela ne va-t-il pas renverser la marée ? Cela ne va-t-il pas empêcher une récession ?

* Oui, les banquiers centraux font des heures supplémentaires. Ils ont lancé un effort concerté et coordonné pour s'assurer que les banques ont de l'argent. Comme le dit le Financial Times, Ben Bernanke a sorti son hélicoptère (en référence à l'une de ses remarques, avant qu'il ne devienne chef de la Fed, où il déclarait qu'il larguerait de l'argent par hélicoptère si nécessaire pour éviter une crise à la japonaise).

* Les banques centrales peuvent peut-être tuer un boom. Mais elles ne peuvent pas nécessairement ressusciter un boom déterminé à mourir. A l'occasion, elles rencontrent le problème que les économistes appellent "pousser sur la ficelle". Elles mettent de l'argent à disponibilité des banques. Mais ces dernières n'arrivent pas à fournir l'argent aux gens qui en ont vraiment besoin. Vous vous rappelez ces gens qui ne peuvent pas payer leur chauffage ? Eh bien, entre un riche banquier de Wall Street et un pauvre homme de Detroit, on trouve une légion d'intermédiaires -- dont pas un seul ne veut perdre d'argent. Qui veut prêter de l'argent à quelqu'un qui ne le remboursera peut-être pas ? On a déjà essayé ; ça n'a pas marché. Qui veut prêter à un prêteur prêtant de l'argent à des gens qui ne peuvent pas le rendre ? Idem. Qui veut investir dans une dette basée sur un prêt à un prêteur qui prête à des prêteurs prêtant à des milliers de gens ne pouvant rembourser ? Déjà fait. C'est à ce moment-là que la ficelle commence à se tordre. Les autorités injectent de l'argent "dans le système" -- mais le système n'en veut pas.

* Est-ce cela qui est en train de se passer ? Est-ce ce qui va se passer ? Nous ne pouvons pas l'affirmer. Mais nous pouvons vous dire que cela arrive de temps en temps. C'est arrivé au Japon récemment. Et cela ne peut qu'arriver aux Etats-Unis, tôt ou tard. C'est à ce moment-là, bien entendu, que Ben Bernanke commencera vraiment à chercher un hélicoptère.

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Un véritable séisme énergétique pourrait mettre fin pour toujours à l'ère du pétrole bon marché, effaçant plus de 150 ans de prospérité occidentale et oblitérant la richesse de millions d'investisseurs... quasiment du jour au lendemain.

PANNE SECHE !
LE JOUR OU LE MONDE SE RETROUVERA A COURT D'ENERGIE

Restez les bras croisés et perdez tout... ou agissez AUJOURD'HUI et engrangez des gains de deux, voire trois chiffres sur des valeurs parfaitement positionnées pour grimper en flèche alors que le chaos s'installe.

 

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*** La Chronique Agora présente ***

Après les montagnes russes de la semaine dernière, c'est la question que tout le monde se pose -- où vont les marchés ? Sébastien Duhamel, expert en analyse technique, nous livre son sentiment sur la question.

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FED ET REBOND DES MARCHES : BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN
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Par Sébastien Duhamel (*)

L'analyse technique : détecter les signaux à l'avance
Les marchés financiers sont volatils depuis quelques mois, dans une situation pour le moins incertaine. Mardi, la baisse des taux d'intérêt américains a déçu les opérateurs et les marchés restaient moroses. Mercredi, l'annonce de la Fed a dopé les opérateurs : les marchés prenaient +2% en quelques minutes, le "bar des liquidités" était ouvert ; jeudi, la fête était finie, ils se réveillent avec un mal de crâne...

Les marchés partent dans un sens ou dans l'autre du jour au lendemain, les opérateurs voyant tantôt tout noir ou tout vert. Résultat : à force de décrocher dans un sens ou dans l'autre, les marchés font du sur-place.

Mais voyez-vous, mon outil de travail est l'analyse technique et elle seule peut nous aider à comprendre et à encadrer ces fortes variations. Jeudi par exemple, en analysant les graphes et les différents outils techniques, on pouvait déjà détecter des signaux qui nous indiquaient ce retournement fort et violent de l’après midi.

Le 12 décembre : une journée exceptionnelle pour les marchés...
Le 12 décembre, la Réserve Fédérale américaine faisait savoir qu'elle s'était entendue avec la BCE et les Banques centrales britannique, canadienne et suisse pour contenir les pressions sur les marchés du crédit -- notamment en créant des lignes d'urgence pour les banques en mal de liquidités, pour plus de 20 milliards de dollars.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la réaction première des marchés a été univoque : avant même que la nouvelle ne tombe sur nos écrans, à 15h00 précises heure de Paris, le CAC 40 enregistrait un bond de 1,71% en cinq minutes. Signe de la vigueur du consensus, en cinq minutes, le RSI 21 s'envolait en zone de surachat, poussant passagèrement jusqu'au seuil des 80% -- rarement atteint à cette échelle, avant une correction technique.

... Mais que l'on pouvait anticiper dès le matin
Quelle portée donner à l'événement ? L'analyse technique peut nous aider à y voir plus clair. Il faut tout d'abord se rappeler que la veille, la Réserve Fédérale avait abaissé son taux directeur d'un quart de point seulement, à 4,25%. Cette baisse va, bien sûr, dans le sens des marchés : pourtant nombre d'observateurs l'ont accueillie avec déception, car ils espéraient davantage (un demi-point) pour endiguer la crise immobilière américaine.

Si bien que suite à l'annonce du 12 décembre, les anticipations à l'ouverture des marchés européens étaient très baissières. On pouvait en effet légitimement s'attendre à un gap (écart de cotation) baissier ce matin-là, et d'une ampleur importante, d'au moins -2%.

Contre toute attente, quand j'observai avec attention mon écran mercredi matin, non seulement le marché cash n'ouvrait qu'en baisse de 1,3%, mais les futures européens, tel l'Eurostoxx 50, ouvraient avec un gap haussier de 1%, montrant leur force par rapport à la clôture d'hier après la Fed (l'Eurostoxx future, contrairement au CAC future, clôture en effet à 22h).

On pouvait donc déjà s'interroger sur ce phénomène au niveau technique... Ce vif rebond a ensuite été confirmé dans l'après-midi -- courtesy of the Fed ! La déception suite à la baisse des taux d'un quart de point est donc oubliée, mais jusqu'à quand ?

Que peut-on anticiper maintenant ?
Malgré la vigueur du mouvement, rien n'indique qu'il soit durable. Il permet d'inscrire le CAC 40 dans un canal ascendant à très court terme (horaire)... Mais la borne supérieure de ce canal est proche, à 5 850 points. Or ce niveau est aussi celui d'une forte résistance horizontale contre laquelle le cours a échoué à franchir par deux fois, en octobre et novembre. La dynamique de hausse pourrait donc faire long feu dans les semaines qui viennent.

La comparaison avec le DAX allemand est éclairante : le rebond a poussé l'indice d'outre-Rhin à 1% de ses tops de l'année. A vrai dire, le Dax va et vient dans un range horizontal depuis février 2007, borné par le haut vers les 8 060/8 065 points. Là encore, un retour au contact de cette zone semble très probable.

A l'inverse, la baisse n'est pas non plus acquise : le statu quo domine. On le trouve exprimé, pour la plupart des indices européens, par des configurations de trading range et le CAC ne fait pas exception à la règle. L'indice hexagonal oscille entre 5 850 points (plus hauts du 1er novembre), et la zone des 5 577/5 547 points, le gap haussier entre le 4 et 5 décembre. Le canal ascendant de très court terme que je mentionnais ci-dessus correspond à un aller simple au sein de cet intervalle.

L'annonce de la Fed : beaucoup de bruit pour rien
Au final, je crois que les précédentes journées ont fait beaucoup de bruit pour rien.

L'annonce de la Fed n'aura servi qu'à infléchir un marché résolument baissier, le 11 au soir, pour ramener à l'équilibre les anticipations des opérateurs. Il s'agissait de rassurer après une baisse de taux jugée insuffisante. En distillant habilement ses communiqués, la Réserve Fédérale a joué un rôle de régulation et prouvé, une fois encore, qu'elle savait souffler le chaud et le froid comme personne.

... car aucun signal n'est confirmé sur le moyen terme !
Qu'attendre, alors, du CAC ? A grande échelle, il reste inscrit dans un grand canal haussier, en place depuis 2003. La validité de ce canal s'est confirmée en août dernier avec un rebond sur la borne basse à 5 217 points. Reste à savoir si cette tendance peut se prolonger -- ou bien si le retournement se profile...

Pour le moment, la lecture des signaux techniques est incertaine, comme souvent dans les configurations de pause durable. On attendra la sortie du range des 5 850/5 577 -- que ce soit à la hausse ou à la baisse -- pour se prononcer sur l'évolution de l'indice à moyen terme.

Comment détecter des opportunités ?
En attendant, des trades sont toujours jouables à court terme : encore une fois, l'analyse technique me permet de détecter de belles opportunités à court terme. A la hausse comme à la baisse, il y a toujours des valeurs à jouer sur le SRD et des profits à prendre ! Il suffit d'avoir les bonnes analyses et de savoir repérer les bons signaux. C'est ce que je m'efforce de faire chaque jour dans le service Agora Swing Trading... dont je m'occupe, alors si vous avez besoin d'un guide pour y voir clair dans les marchés... continuez votre lecture.

Meilleures salutations,

Sébastien Duhamel
Pour la Chronique Agora

(*) Trader de talent et expert de l'analyse technique, Sébastien Duhamel se spécialise dans le "swing trading" -- une méthode boursière qu'il applique au quotidien dans le cadre du service Agora Swing Trading.

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