
Les risques systémiques dans une forme olympique
=============================
La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 14 Décembre 2007
=============================
*** Les risques systémiques dans une forme olympique
Pas étonnant que les banques centrales mondiales redoublent d'efforts...
*** La charge de la brigade lourde
Les banques centrales de la planète mettent en place un programme d'inflation coordonnée
*** Jusqu'où ira le marché du café ? (2)
Vous prendrez bien un petit café ?
----------------------------- (publ.)
C'est le moment ou jamais : accumulez les gains grâce au trading !
Que diriez-vous de gains quelle que soit la direction du marché... et de plus-values rapides atteignant jusqu'à 10% en quelques séances... voire plus si les conditions le permettent ?
Il suffit de cliquer ici pour tout savoir...
------------------------------------------------------
Bonjour,
*** LES RISQUES SYSTEMIQUES DANS UNE FORME OLYMPIQUE
** Spéculer sur les marchés s'apparente depuis une semaine à une gigantesque partie de pile ou face -- et peut-être même de roulette russe : plus on fait tourner le barillet, plus le risque du "coup de trop" augmente.
La volatilité des indices boursiers, des bons du Trésor et des devises s'accroît au fil des heures. La multiplication des initiatives conjointes de la Fed et de la Maison-Blanche entretient le sentiment qu'il s'agit maintenant d'éviter que ne survienne l'irréparable.
Nous écrivions la veille -- alors que Wall Street baignait dans l'euphorie la plus complète -- qu'"il suffit désormais de se fourrer dans un pétrin monstrueux et de perdre suffisamment d'argent -- au risque de faire faillite -- pour se présenter aux guichets de la Fed avec un document prouvant l'étendue du passif lié à l'effondrement des marchés dérivés de crédit pour un montant de liquidités permettant le respect des ratios de sécurité (fonds propres) exigés par les autorités de tutelle : SEC, Trésor, commission bancaire".
Et d'ajouter : "il faut vraiment appartenir à la vieille école pour estimer que la mise en place de mesures aussi extraordinaires, au lendemain d'un troisième abaissement des taux directeurs (escompte et prises en pension) et d'un gel des prêts à géométrie variable de type subprime, obéit à la nécessité d'éviter une catastrophe systémique comparable à 1929, mais à la dimension d'une économie globalisée".
Si notre propre banque centrale accepte aujourd'hui de participer à l'injection de liquidités à bas prix, c'est pour apporter sa pierre à la construction du sarcophage devant confiner le Tchernobyl financier de la crise des dérivés de crédit.
** Ce questionnement au sujet de la gravité réelle de la situation vient de briser net l'envol de Wall Street, qui se retrouve confronté à un autre péril occulté depuis le 21 novembre dernier : l'inexorable remontée des pressions inflationnistes qui menace plus que jamais le pouvoir d'achat des ménages américains.
Et les économistes se remettent à redouter un statu quo de la Fed en janvier après la publication jeudi après-midi des prix à la production US, qui ont explosé de +3,2% en novembre -- il s'agit de la plus forte hausse mensuelle depuis 35 ans !
Hors énergie et alimentation, l'indice grimpe également de 0,4% alors que la moyenne des estimations tournait autour de 0,2%.
La France n'est pas épargnée par la menace inflationniste : les prix à la consommation ont progressé de 0,5% en novembre, soit une hausse de 2,4% en rythme annuel, la plus forte enregistrée depuis trois ans et demi. La BCE n'est pas près de pouvoir donner un coup de pouce à la croissance, si jamais l'activité devait fléchir plus que prévu au quatrième trimestre en Europe.
** Ralentissement économique plus inflation, voilà enfin posés -- sans faux-semblant -- les termes de la pire équation envisageable pour les marchés : la stagflation. Et voilà que commence enfin à partir en lambeaux cette ridicule légende moderne de l'instauration d'un Goldilocks éternel.
Cela fait des mois que nous pourfendons le mythe de l'équilibre des risques, estimant que les deux avaient une probabilité d'occurrence équivalente. Les stratèges de Wall Street commencent à entrouvrir les yeux, et le tableau qu'ils contemplent est aussi sain et rassurant que la toile protéiforme et torturée de Francis Bacon vendue aux enchères jeudi matin pour 14,5 millions d'euros chez Sotheby's à Paris (un record pour une vente d'artistes contemporains organisée dans la capitale françaises).
Les acheteurs étaient par contre moins enthousiastes au sujet des actions, puisque les indices européens reperdaient d'entrée de jeu 1% avant d'aggraver leurs pertes au fil des heures précédant les premières statistiques américaines. Au final, le CAC 40 basculait jeudi soir sous les 5 600 points, à 5 591 points. Il reperd ainsi plus de 200 points en moins de 24 heures (il culminait la veille à 5 795 points vers 16h).
** L'indice phare parisien s'est en définitive avéré incapable d'inscrire une clôture au-dessus du seuil des 5 750 points, malgré deux incursions vers 5 770 (le 11/12) puis 5 795 points (le 12/12).
Ces débordements -- avortés in extremis -- invalidaient potentiellement le scénario d'une "tête/épaules" en cours de constitution depuis le 16 août dernier, les trois sommets constituant cette figure classique étant très aisément identifiables à 5 680, 5 880 puis 5 750 points.
Le pic observé mercredi vers 15h15 est assimilable à une aberration, mais il est fort probable que beaucoup de traders se soient fait piéger par le franchissement des 5 750.
Le CAC 40 replonge sous le support technique des 5 630 points et invalide le canal ascendant court terme inauguré le 21/11 vers 5 400 points. Le marché parisien s'inscrit plus que jamais au sein d'une vaste tête/épaules annuelle de séquence 5 770/6 170/5 870 points dont la "ligne de cou" transite vers 5 250 points (plancher du 1er décembre 2006, 14 mars 2007, 16 août 2007).
Le potentiel de baisse induit par cette formation fait froid dans le dos : elle annonce un objectif de 4 850 points puis 4 650/4 560 points (plancher de juin 2006).
Nous ne serions pas inquiet outre mesure des menaces pesant sur le seul CAC 40 si dans le même temps le Dow Jones ou le S&P 500 ne dessinaient pas également une "tête/épaules" tandis que la bourse de Francfort -- via le DAX -- matérialise de son côté un splendide double sommet historique (12 mars 2000/15 juillet puis 12 décembre 2007).
Cela fait beaucoup de coïncidences, et les risques de correction à moyen ou long terme sont si évidents, les pertes potentielles si effrayantes, qu'il n'est guère étonnant que la Fed et tout ce que Wall Street compte d'institutions financières vulnérables à un tel scénario s'efforcent de tordre le bras à l'évolution naturelle des cours de bourse.
Le mot d'ordre en ce vendredi ne va pas vous surprendre : il faut tenir jusqu'au 21 décembre, éviter coûte que coûte un accident avant la séance des "Quatre sorcières", tant il est vrai que préserver la tendance haussière jusqu'aux jeux de Pékin relève désormais de l'impossible exploit.
Les ferments d'une correction baissière majeure sont dans une forme olympique !
Philippe Béchade,
Paris
PS : Retrouvez Philippe Béchade dès cet après-midi au 0899 781 961. Ne manquez pas cette nouvelle mise à jour du Téléphone Rouge -- vous y retrouverez une vision claire et lucide des conditions boursières actuelles, et des conseils pour y adapter votre portefeuille.
(1,35 euros l'appel + 0,34 euro/minute)
------------------------------------------------------
Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, de retour aux US
*** LA CHARGE DE LA BRIGADE LOURDE
** Notre voyage continue... après l'Afrique du Sud, l'Inde et l'Australie, nous sommes à Baltimore, où nous sommes arrivé après 24 heures de voyage environ. Un petit conseil aux voyageurs : évitez les compagnies américaines. Leurs avions semblent plus vieux... plus fatigués... que ceux de Singapore Airlines ou Lufthansa -- et il en va de même pour le personnel naviguant.
* Le problème, avec le voyage moderne, c'est que l'être humain n'est pas conçu pour. Durant les milliers de générations nécessaires à l'évolution de notre espèce, personne n'a jamais dû faire face au décalage horaire. Ou aux plateaux-repas. Ou les contrôles de sécurités. Toutes ces choses ne sont pas naturelles et devraient être évitées.
** Et qu'est-il arrivé dans le monde de l'argent depuis que nous sommes monté dans l'avion ?
* Ah...
* "La charge des banques centrales", dit un article de Bloomberg. Il semble que la Fed, la BCE, la Bank of England et la Banque nationale suisse se sont réunies pour annoncer un programme d'inflation coordonnée. Enfin, elles n'ont pas appelé ça comme ça. Elles ont dit qu'elles s'assuraient simplement que les marchés aient du crédit, en augmentant l'offre de liquidités.
* Voyez-vous, les banques centrales sont toutes prises entre le marteau et l'enclume -- entre la force implacable de l'inflation et l'objet immobile de la chute des prix. Et les voilà dans la Vallée de la Mort.
* Vous vous rappelez la Charge de la Brigade Légère, cher lecteur ? Les Britanniques appelèrent Lord Cardigan, qui se trouvait sur son yacht privé, sur la Mer Noire. Sa Seigneurie, fraîchement débarquée sur le champ de bataille de la guerre de Crimée, s'emmêla les pinceaux... et envoya ses 600 cavaliers dans la mauvaise direction -- tout droit vers les canons russes.
* "Des canons à leur droite, des canons à leur gauche, des canons qui tonnaient en envoyant des volées de boulets", décrit Kipling -- jusqu'à ce qu'ils soient presque tous morts, à l'exception de Lord Cardigan himself, qui survécut miraculeusement sans une égratignure et rentra en Angleterre où il fut déclaré héros national.
* Eh bien voilà qu'arrivent les banquiers centraux -- digérant tout juste leur caviar et leur foie gras -- prêt à entrer dans la bataille. Mais contre quoi ? L'inflation ? Ou la déflation ? Contre la force implacable... ou l'objet immobile ?
* Voilà le problème, n'est-ce pas ? Ils ont des canons à gauche... et des canons à droite.
* Pour l'instant, ils considèrent l'artillerie de la déflation comme étant le plus gros souci. Bernanke a donc tiré quelques balles faiblardes dans cette direction mardi. Les marchés ont répliqué... en déclarant que la Fed n'utilisait pas assez de puissance de feu.
* Le Dow a tiré une volée lui aussi, mais ce n'était guère concluant. Et les canons, de l'autre côté, ont à nouveau fait feu. Le CRB, qui mesure le prix des matières premières, a atteint un nouveau sommet. Le pétrole est remonté. L'or aussi.
* Tout de même, nous pensons que la Fed a raison. Les canons à gauche -- le côté de la déflation -- feront le plus de dégâts à court terme. La menace de récession augmente. Ou peut-être sommes-nous déjà en récession. Sera-t-elle grave ? Nouriel Roubini déclare que ce sera pire qu'en 2001. Nous l'espérons ! Cette récession était si mollassonne qu'elle n'a rien fait du tout. Les dépenses de consommation ont continué à grimper. Rien n'a été corrigé -- sinon le prix des actions technologiques.
* Cette prochaine récession sera pire. Parce que les actions technologiques affectaient relativement peu de gens. A présent, c'est le marché immobilier qui baisse -- et les actions aussi. On trouve plus de gens possédant des maisons que de gens possédant des valeurs dot.com.
* Nous avons toujours l'impression que nous nous dirigeons vers ce "ralentissement à la japonaise" que nous attendions il y a sept ans de ça. Les taux d'intérêt continueront à baisser -- si nous avons raison. Et l'économie américaine entrera dans une récession épisodique qui durera de nombreuses années.
* Et qu'en est-il de la force implacable de l'inflation ? Nous doutons qu'elle s'arrête... pas avec les banques centrales de la planète chargeant de manière aussi martiale. Mais nous verrons...
----------------------------- (publ.)
COMMENT BATTRE LES HEDGE FUNDS A LEUR PROPRE JEU !
Ce sont les nouveaux seigneurs de la finance...
Ils font et défont les cours au quotidien...
La moindre de leurs réactions peut faire changer une tendance...
... et aujourd'hui, grâce à un système exclusif, VOUS pouvez investir comme eux !
Continuez votre lecture pour tout savoir...
------------------------------------------------------
*** La Chronique Agora présente ***
Nous avons vu hier les fondamentaux du marché du café. Où va-t-il aujourd'hui ? Ce sont les questions que nous allons nous poser aujourd'hui en compagnie d'Isabelle Mouilleseaux.
============
JUSQU'OU IRA LE MARCHE DU CAFE ? -- 2ème PARTIE
============
Par Isabelle Mouilleseaux (*)
Je vous le disais la dernière fois : le café est la matière la plus échangée dans le monde après le pétrole. C'est un marché important, mais pas seulement...
Le marché du café est spéculatif
Autre élément à savoir : le marché est très sensible, pour ne pas dire spéculatif. Les corrections succèdent aux envolées et inversement. Un peu à l'image du marché de l'argent pour ceux qui connaissent. Il y a donc de quoi faire...
Ces fortes variations sont le fait des spéculateurs, cela ne fait aucun doute, mais aussi de la météo qui joue un rôle très important dans la formation des cours. Or il est impossible de prévoir une saison à l'avance, si la météo sera clémente ou capricieuse, si El Niño ou sa petite soeur La Niña frapperont et avec quelle intensité... A moins que vous n'ayez quelques dons rarissimes qui m'intéressent grandement !
Bref : âmes sensibles, s'abstenir...
La production devrait baisser
Voici les dernières informations qui viennent de tomber :
On vient d'apprendre du ministère de l'agriculture que le Vietnam devrait cette année réduire ses exportations de café. Je vous rappelle que le Vietnam est le premier producteur mondial de robusta. Il devrait cette année exporter quelques 17,6 millions de sacs (un sac = 60 kg) contre 20 millions l'an passé. Un recul de 12% !
Et comme si cela ne suffisait pas, l'USDA vient de revoir à la baisse le stock de café mondial qui atteint un point bas. Un niveau que nous n'avions pas atteint depuis, tenez-vous bien... 1960 !
Une météo capricieuse pourrait faire grimper les cours
En cause non seulement la mauvaise météo au Vietnam, mais aussi la sécheresse qui se développe de plus en plus -- sur le Brésil, cette fois. Or ce pays est le plus gros producteur de café du monde. Il produit, je vous le rappelle, essentiellement de l'arabica. C'est La Niòa qui commence à faire parler d'elle là-bas...
Et ce n'est pas tout : l'Indonésie, troisième producteur mondial, est aussi touchée par une forte sécheresse. Le pays va donc également réduire sa production cette année...
La cerise sur le gâteau : un typhon est passé la semaine dernière à un cheveu de plantations majeures de robusta ! Nous l'avons échappé belle... et les marchés ont eu chaud ! Or, nous l'avons vu la dernière fois, la demande ne faiblit pas. Au contraire ! Elle continue de croître, lentement mais très sûrement...
Que nous dit le graphique de l'arabica ?
Nous avons touché début octobre dernier un point haut à 137 cents la livre, suivi d'un repli vers les 120 cents la livre. Cela ressemble fort à un pullback. Car que voyons-nous à présent ? Un rebond significatif du cours !
N'oubliez pas que depuis 2001 nous sommes dans une tendance haussière. Or le bas de ce grand canal haussier est une ligne de support solide pour notre cours de l'arabica.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le rebond auquel nous assistons depuis début novembre aura été vif et rapide. En effet, la résistance des 126 cents n'aura pas fait long feu... Hier matin, le café cotait déjà 130,80 cents la livre.
Et maintenant ?
L'objectif est clairement de passer outre la forte résistance des 137 cents qui n'a pas pu être franchie le mois dernier.
Si cela devait se produire, ce serait un signal d'achat important. Les capitaux afflueraient et l'on pourrait alors compter sur la poursuite de la hausse entamée en 2001. Un nouveau palier s'ouvrirait... Et à moyen terme on viserait les 150 cents.
En cas de repli, la ligne inférieure du canal haussier servira de support autour des 115 cents la livre. Elle a tenu en mai dernier et depuis 2001 a toujours bien résisté. Je lui fais confiance...
Meilleures salutations,
Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora
(*) Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d'être le plus grand boom du 21ème siècle... Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L'Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici pour s'inscrire, laissez-vous guider... et n'oubliez pas : c'est entièrement GRATUIT !
Source : http://www.edito-matieres-premieres.fr/0127/soft/retournement-cours-cafe-deux.html
==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
--------------------------------------------------------
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================
La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n'hésitez pas à vous abonner à l'une de nos lettres.
Pour plus d'informations :
http://www.publications-agora.fr