La Chronique Agora

 
Les 2 secteurs phares qui nous guideront en 2008

=============================
La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 12 Décembre 2007
=============================

*** Prêts à récolter quelques stères de bois mort ?
La bulle d'espoir se dégonfle... pas la bulle du crédit

*** Une livre de chair pour UBS
La crise du subprime fait une nouvelle victime...

*** Nouveau capitalisme... vieilles sottises
Qu'est-ce qui pourrait convaincre un gestionnaire de fonds de se reconvertir en cuisinier ?

*** Les 2 secteurs phares qui nous guideront en 2008
Une sélection qui devrait vous permettre de surperformer les marchés...

----------------------------- (publ.)

Depuis des années, quelques privilégiés gagnent des millions d'euros grâce à une forme d'investissement qui leur permet de démultiplier les performances du marché. Jusqu'à récemment, les investisseurs individuels avaient toutes les peines du monde à profiter de tels gains...

Aujourd'hui, découvrez ENFIN cette forme d'investissement méconnue de la plupart des Français -- et profitez de gains dignes des professionnels !

Un clic suffit...

------------------------------------------------------

Bonjour,

*** PRETS A RECOLTER QUELQUES STERES DE BOIS MORT ?

** La déception est à la hauteur des espoirs nourris par les marchés américains depuis 10 jours : les investisseurs, les cambistes, les commentateurs s'étaient crus autorisés à anticiper un geste fort de la Fed... mais elle a joué "petit bras" mardi soir.

Pour Wall Street, un seul slogan, scandé à mi-voix, faisait vibrer la bonne corde : -50 points sinon rien ! Mais la Fed ne consent qu'à un abaissement limité à 25 points de base de son taux directeur. Il en résulte une chute de 2,15% du Dow Jones, de 2,45% du Nasdaq et surtout de 2,5% du côté du S&P 500, la chute la plus forte depuis le 1er novembre dernier, avec 95% de titres clôturant dans le rouge.

Les derniers acheteurs avaient intérêt à serrer leurs stops, car en tenant compte des niveaux tutoyés avant le communiqué final de la Fed, les indices américains ont dévissé en ligne droite de 2,8% à 3% -- en l'espace de moins de deux heures -- dans le sillage des valeurs financières et immobilières qui, elles, chutaient de 5% en moyenne.

Les promoteurs et leurs partenaires spécialistes du crédit hypothécaire ont été passés au laminoir avec 12% et plus sur Pulte Homes, Centex, Washington Mutual, et 10% à 11,5% sur Kaufman & Broad, DR Horton ou Countrywide.

Faux pas ce mardi ou faux espoirs lundi ? Les marchés américains ont tranché sans ambiguïté mardi soir. Il leur reste maintenant à revoir à la baisse leur optimisme démesuré concernant la progression des bénéfices en 2008 et 2009.

** Le faux pas, c'est la Fed qui l'a commis en prenant une décision que Wall Street a perçue comme une demi-mesure. Une baisse de taux "standard" dont l'efficacité est plus que douteuse... mais Ben Bernanke a estimé qu'il n'y avait pas urgence à faire davantage.

Dans le détail, l'analyse macro-économique de la Fed pouvait amplement justifier un abaissement du prime rate vers 4%. Voici en substance les moments forts du communiqué publié à 20h15 : "La récente détérioration des conditions sur les marchés financiers accroit l'incertitude au sujet des perspectives de croissance et d'inflation aux Etats-Unis. La croissance économique ralentit pour cause d'intensification de la correction dans le secteur immobilier, ce qui entraîne un certain affaiblissement des dépenses des ménages et des entreprises."

Wall Street aurait pu considérer que la Fed a voulu garder quelques munitions pour le début de l'année 2008. Mais avec un retour du Dow Jones à 2,5% de son zénith annuel et historique -- 13 750 points en début de séance ce mardi --, les opérateurs avaient largement pricé un geste de -0,5%... qui n'est pas au rendez-vous ! Le dollar ne profite qu'à peine de la prudence de la Banque Centrale puisqu'il grappille 0,3% seulement à 1,4660 euro. Et le pire, c'est que le pétrole ne reperd qu'un petit peu de terrain à 89,3 $ le baril, après avoir repris 2 $ en début de journée. Ce n'est pas comme cela que Wall Street pourra écarter l'hypothèque inflationniste associée à la flambée de l'énergie.

** En ce qui concerne le risque de récession, la Fed a en partie ignoré la teneur des derniers communiqués du FMI et l'OCDE. Ces derniers ont effectivement revu à la baisse leurs prévisions de croissance au cours des 24 prochains mois, dans les trois principales zones économiques que sont l'Amérique, l'Europe et l'Asie du Sud-Est -- de façon symbolique pour la Chine et avec des perspectives maintenues pour le Japon.

Le ralentissement le plus brutal est anticipé aux Etats-Unis, ainsi qu'en France où l'on risque ainsi de travailler plus pour gagner moins...

Cela ne se présente pas très bien non plus pour l'Allemagne où les excédents commerciaux ne suffisent plus à soutenir le moral des milieux d'affaires. La chute du dollar commence à peser lourd et les principales industries exportatrices estiment avoir mangé leur pain blanc.

** L'indice ZEW s'avère donc très décevant outre-Rhin. Il plonge de 4,7 points début décembre -- jusque sur 32,5 points -- et affiche son plus bas niveau depuis 15 ans, enregistré au plus fort de la récession fin 1993. Il n'y a plus qu'à espérer que le baromètre de l'institut francfortois IFO apporte un bémol au climat psychologique négatif qui s'impose depuis septembre.

La bourse allemande s'est repliée de 0,3%, mais le DAX 30 s'est maintenu au-dessus du seuil psychologique des 8 000 points. Il garde ainsi le contact avec son zénith annuel (et historique) des 8 150 points, affichant au passage une performance de 21,5% depuis le 1er janvier. Cela demeure sans équivalent en Europe puisque Madrid gagne au mieux 12,5% et Paris 3,3%. La rechute de 0,45% du CAC 40 n'a effacé qu'une partie des gains de la veille et le palier des 5 700 points a été préservé in extremis.

La lanterne rouge est toujours tenue d'une main ferme par Bruxelles : le Bel 20 recule de 5,3% cette année, alors que la Belgique fêtait ce 11décembre son sixième mois sans gouvernement. Voilà un cas de figure inhabituel en Europe mais qui fait quelques envieux aux Etats-Unis, puisque les ultra-libéraux n'hésitent pas à imputer la responsabilité de la crise du subprime au manque de discernement des politiques qui n'ont rien vu venir.

** Ah ! Si seulement la Maison-Blanche avait donné carte blanche aux marchés pour se dépêtrer de la bulle immobilière ! Les prix des maisons auraient chuté plus rapidement, le "bois mort" des spéculateurs mal inspirés serait entassé par terre, et les investisseurs étrangers se précipiteraient déjà pour investir dans les firmes les plus rentables ! Pour cela, il n'y a qu'à constater le succès rencontré par les plans de recapitalisation de Citigroup fin novembre puis d'UBS, MBIA ou Washington Mutual ces dernières 48 heures.

Au lieu de cela, les dernières mesures de gel des remboursements d'emprunts à géométrie variable vont prolonger les souffrances des emprunteurs imprudents et peut-être même les encourager à charger encore davantage leurs cartes de crédit. Au final, tout cela risque de déboucher sur une épidémie de faillites personnelles au cours des prochains mois.

Le remède pourrait donc s'avérer pire que le mal : pour une fois, nous sommes d'accord avec Larry Kudlow !

L'euphorie des quatre dernières séances avait permis aux indices américains d'engranger plus de 3,5%. Le bilan penche encore en faveur des acheteurs d'un mercredi sur l'autre -- gain résiduel de 1% -- mais le rally de fin d'année et le retracement des 14 000 points par le Dow Jones espéré à l'horizon du 21 décembre prochain constituait peut-être le miracle de trop... quand bien même la Fed aurait choisi de rester sur la même longueur d'onde que Wall Street.

Mais de quoi les gérants peuvent-ils se plaindre depuis le 21 novembre dernier ? Le S&P 500 a repris 8% et le lundi 10 décembre, le Nasdaq affichait une performance de 21% en 50 semaines. Auriez-vous cru cela possible alors que les subprimes ont déjà coûté plus de 100 milliards de dollars aux banques, assureurs, SIV, hedge funds américains ? Et pendant ce temps, la fraction immobilière du patrimoine des ménages américains s'est dépréciée de 12% en moyenne et de 30% dans certains comtés de Californie, de Floride ou du Nevada.

La récolte de bois mort s'annonce encore plus abondante en 2008... Mais il n'est pas certain que les marchés américains en prennent encore prétexte pour flamber !

Philippe Béchade,
Paris

   PS : Retrouvez Philippe Béchade dès cet après-midi au 0899 781 961. Ne manquez pas cette nouvelle mise à jour du Téléphone Rouge -- vous y retrouverez une vision claire et lucide des conditions boursières actuelles, et des conseils pour y adapter votre portefeuille.
(1,35 euros l'appel + 0,34 euro/minute)

------------------------------------------------------

Dan Denning vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** UNE LIVRE DE CHAIR POUR UBS

** Le crédit continue de se resserrer. Une autre grande banque a dû payer pour ses péchés de subprime avec plusieurs livres de chair financière. "UBS a annoncé une réduction de 11,3 milliards de dollars et une injection d'urgence de fonds provenant de Singapour et du Moyen-Orient, ce qui en fait la plus grave crise du subprime en date pour les principales banques européennes", rapporte Reuters.

- "Le plus important gestionnaire financier du monde a prévenu ses actionnaires qu'il risquait une perte globale sur l'année, et que les dividendes seraient supprimés", ajoute Christine Seib dans le Times of London.

- Le plus important gestionnaire du monde ? Le plus important gestionnaire du monde subit une perte de 11,3 milliards de dollars ? Avec ce type de gestion, ne pensez vous pas qu'il ne restera plus très longtemps "plus important gestionnaire du monde" ?

- En plus de cette lourde perte, l'entreprise a regonflé son capital en vendant des valeurs à un autre fonds monétaire souverain. La Corporation d'investissement du gouvernement de Singapour a ouvert son porte-monnaie aux banquiers suisses. En échange de cette injection de capital pour renflouer le bilan de la banque, elle a pris une part de 9% dans l'entreprise.

- Dans cette affaire, il y a également eu un autre partenaire, plus petit, et resté secret. Les rapports de l'agence de presse annonçaient initialement que le fond de réserve général de l'Etat d'Oman pourrait avoir pris une part de 1,5% d'UBS en échange de liquidités. Oman a démenti la rumeur.

- Le fond monétaire souverain d'Oman n'est constitué que de six milliards de dollars, ce qui est relativement peu comparé à d'autres géants qui parcourent en ce moment le monde à la recherche de capitaux en perdition et de capitaux tangibles. Une part d'UBS serait un gros investissement pour un si petit fonds. Mais comme l'a si bien fait remarquer Omar Fell d'ABN Amro, "c'est une tendance qui se développe. Les investisseurs souverains d'Asie et du Moyen-Orient possèdent énormément de liquidités et ont une perspective à beaucoup plus long terme que l'investisseur lambda".

** Quand vous avez à la fois de l'argent et du temps, vous pouvez vous permettre d'être patient. C'est ce qui rend les dettes si catastrophiques. Elles accélèrent le temps, vous font prendre des décisions hâtives que vous ne prendriez pas si vous aviez de l'argent. Mais soyons clair sur la situation. Les principales banques mondiales ont dilapidé le capital dans des prêts non-productifs et non-performants. Pour être vraiment limpides, elles ont vendu des parties d'elles même à des fonds qui ont déjà de l'argent.

- Le résultat final, c'est que les actifs mondiaux produisant de la richesse sont transférés des débiteurs aux créditeurs. C'est la conséquence d'un excès de dettes. Cela génère un transfert de propriété des éléments producteurs de richesse. Les débiteurs n'accumulent pas de revenu passif des capitaux qu'ils possèdent. Ils paient les intérêts et le reste aux propriétaires.

- C'est un sacré renversement, n'est-ce pas ? Mais nous avions tort, maintenant qu'on y pense, de comparer les fonds monétaires souverains à Shylock. Dans Le Marchand de Venise, Shylock tient Antonio par une promesse contractuelle. Shylock veut faire payer à Antonio des intérêts s'élevant à 3 000 ducats. Mais si Antonio ne peut pas payer, Shylock peut lui réclamer une livre de chair.

- Au final Shylock, trompé par une ruse, n'obtient pas sa livre de chair. A l'époque comme aujourd'hui, un contrat n'avait guère de valeur s'il était peu pratique de s'y tenir. On dit à Shylock qu'il peut avoir de la chair, mais pas de sang. Si jamais il fait couler le sang en prenant la chair, il sera accusé de meurtre. En plus de s'être fait arnaqué, il doit aussi se convertir au christianisme. Rien ne se passe comme il l'avait prévu.

- Cela nous rappelle la phrase de Benjamin Franklin : "ne soyez jamais ni emprunteur ni prêteur".

- Mais revenons au marché. Les rapports du journal du matin concernant UBS semblaient plutôt optimistes, comme si vendre des valeurs pour se sortir d'un mauvais investissement était une bonne affaire. Le marché aimerait penser que de telles manœuvres relèguent le crime des subprime au passé. Nous n'en sommes pas si sûr.

------------------------------------------------------

Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Inde

*** NOUVEAU CAPITALISME... VIEILLES SOTTISES

** Nous continuons de penser à cette idée de capitalisme d'une Nouvelle Ere. Dans l'ancienne version du capitalisme, les propriétaires étaient radins. Leur idée, c'était d'exploiter la main d'œuvre... pas de se faire exploiter par elle. Mais ça a changé aussi. Les capitalistes semblent avoir perdu la tête ; ils pensent que le Zoo-capitalisme n'a que de bons côtés. Et puisqu'il n'y a que de bons côtés, il n'y a pas de raisons de s'inquiéter des mauvais. Contrôle des coûts ? Bah, tout le monde va s'enrichir -- pourquoi se donner la peine d'être un grippe-sou ? Ils placent également une confiance démesurée dans l'argent et les compensations financières. Ils pensent donc qu'en payant grassement des dirigeants... ou des gestionnaires financiers... ils obtiendront des rendements spectaculaires. Donnez aux dirigeants des stock options géantes, pensent-ils, et ils feront de gros profits. De même, donnez un gros pourcentage des gains aux gestionnaires de hedge funds... et ils feront de gros gains.

* Du point de vue purement logique, cela semble absurde. Si un dirigeant n'arrive pas à faire des profits avec un salaire d'un million de dollars par an, comment y parviendra-t-il avec deux millions de dollars ? Et pourquoi les gestionnaires compétents devraient-ils être payés beaucoup plus cher qu'avant l'avènement de la Nouvelle Ere ? Toutes les générations doivent avoir un certain nombre de gestionnaires compétents ; si les salaires n'étaient que d'un million de dollars par an, plutôt que 10, que feraient-ils ? ...routiers ?

* Et les gestionnaires de hedge funds... ou les autres professionnels de la finance ? Même si leurs salaires étaient divisés par deux, ils ne changeraient probablement pas de profession pour devenir cuisiniers de fast-food.

* Toute l'idée du Nouveau Capitalisme n'est qu'une escroquerie. On ne peut pas abandonner le bon sens et les critères de prudence simplement parce qu'un fêlé vous annonce que le nouveau marché libre vous rendra riche. Le vieux marché libre peut vous rendre riche, mais pas si vous ignorez les anciennes règles qui l'accompagnent.

** Pour terminer, un lecteur nous écrit :

* "J'apprécie vraiment vos Chroniques, et je les attends avec impatience tous les jours. J'aimerais vous raconter une petite histoire sur le roi Canute.

* "Loin d'être un idiot, Canute était en fait considéré comme un roi sage et bienveillant. Son empire couvrait une bonne partie de la Scandinavie, du nord de la France et de l'Angleterre. Grâce à une devise commune (basée sur du métal, bien entendu) et des échanges relativement libres, il a considérablement développé l'économie anglaise. En signant en 1016 un accord avec Edmond "Côte-de-Fer", qui était alors roi d'Angleterre, précisant qu'ils règneraient ensemble jusqu'à ce que l'un d'entre eux meure (Edmond était gravement blessé à l'époque, suite à une bataille), il évita un bain de sang. Mais il reste le mythe..."

* "On raconte toujours l'histoire de Canute comme si, faisant étalage de son arrogance, il s'était rué dans les vagues en ordonnant à la marée de se retirer. En fait, c'est l'inverse qui s'est passé. Canute, lassé des flatteries et des attentes irréalistes de sa cour, mit son trône dans le sable, et demanda à la marée de se retirer".

* "Evidemment, la mer continua de monter ; il se tourna donc vers ses courtisans et leur expliqua qu'il y a une limite à tout -- même aux pouvoirs d'un roi. Je pense que c'était une excellente leçon de choses, bien expliquée".

* "Une fois encore, j'apprécie vraiment vos écrits ; je me demandais si vous ne pourriez pas corriger cette mauvaise lecture de l'histoire de Canute, d'autant que la véritable histoire semble particulièrement appropriée à la situation actuelle, notamment en ce qui concerne les prêts subprime. Tous les courtisans -- les banques, les médias, les garants obligataires, les débiteurs noyés sous les dettes -- s'attendent à ce que le 'roi' (Bernanke ? Paulson ? Bush ?) fasse refluer la marée. Mais vous savez aussi bien que moi que cela ne peut pas arriver."

----------------------------- (publ.)

Le CAC 40 à 6 500 points... ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $... ou à 100 $ ?
Economie mondiale en plein boom... ou krach globalisé ?

2008 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?

Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992... et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006... voici le moyen d'affronter tout ce que l'avenir boursier peut nous réserver !

------------------------------------------------------

*** La Chronique Agora présente ***

La fin de l'année approche, et les investisseurs se demandent à quelle sauce ils vont être mangés en 2008. La mauvaise nouvelle, c'est que la visibilité sur les marchés est nulle. La bonne nouvelle, c'est que certains secteurs restent incontournables malgré des conditions difficiles : Jean Chabru nous dit tout...

============
LES 2 SECTEURS PHARES QUI NOUS GUIDERONT EN 2008
============

Par Jean Chabru (*)

 

Les marchés sont dans le brouillard ; ils ne savent ni quelle direction prendre, ni comment anticiper 2008. Dans ce cas de figure, une seule solution : adapter notre stratégie, chercher des petites valeurs sûres, et détecter les secteurs qui se dégageront de tout ce marasme ! C'est ce que je vais faire pour vous dès maintenant, et tout au long de 2008. Auparavant, faisons le point.

Les anticipations pour 2008 de la société de gestion mondiale Schroders -- qui gère plus de 200 milliards d'actifs ! -- est sans équivoque : la visibilité sur les marchés est nulle. Du coup, inévitablement, les investisseurs et gérants devront être plus prudents, plus raisonnés et plus sélectifs dans leurs choix d'investissement pour 2008. Et c'est une bonne chose pour nous.

Les petites valeurs sont délaissées... pour l'instant !
Le phénomène est bien connu et ne m'inquiète pas : lorsque l'incertitude prévaut, les gros investisseurs préfèrent choisir des grosses valeurs liquides qui leur permettent de sortir rapidement, et surtout qui peuvent être shortées -- c'est-à-dire "vendues à découvert". Une manière d'accompagner le mouvement de baisse et d'aller dans le sens du vent. Je vous préviens tout de suite : ce n'est pas faisable sur nos petites valeurs, et "shorter un titre" ne correspond pas à ma philosophie d'investissement. Je cherche des valeurs saines, que nous accompagnerons dans la hausse.

C'est pour cela que nos small et mid caps subissent plus fortement les craintes actuelles. Mais leur potentiel et leurs fondamentaux ne sont pas remis en cause pour autant : ce sont ces mêmes petites valeurs qui regagneront rapidement le terrain perdu. Il faut donc tenir bon et ne pas s'inquiéter de ces fortes variations de cours. Nous investissons à moyen/long terme : Rome ne s'est pas faite en un jour.

Du verre à moitié plein au scénario catastrophe
Pour en revenir à Schroders, ce qui m'a interpellé c'est que son équipe de stratégistes est désormais réduite à faire des suppositions et doit échafauder plusieurs scénarios pour l'année à venir. Le fonds a donc dégagé deux scénarios probables.

Le premier, plutôt optimiste, s'intitule "scénario du verre à moitié plein" et table sur un retour à la confiance des investisseurs. En deux mots, nos économies ne dépendent plus uniquement des Etats-Unis : d'autres leviers relaieront notre croissance. "L'Asie et l'Europe sont toutes deux parvenues à une certaine forme de découplage par rapport à l'économie américaine et affichent désormais une dynamique positive qui leur est propre."

Le deuxième scénario est beaucoup plus pessimiste. Il est fondé sur le principe que nous sommes déjà dans "une phase de récession déclenchée par la crise financière de cet été et par l'extrême faiblesse du marché du logement américain". Dans cette hypothèse, "le risque d'inefficacité des politiques monétaires est réel".

Voilà ce que nous, analystes financiers, appréhendons : un scénario catastrophe dans lequel le système financier ne reprend pas confiance malgré les nouvelles interventions des Banques centrales et les réductions des taux d'intérêt. Et pourtant, dans l'attente d'un nouveau geste de la Fed, on assiste depuis quelques jours à un rebond des principaux indices boursiers... Mais pour combien de temps ?

Visons la sécurité et le rendement
Vous le constatez : les deux scénarios ne comptent plus sur les USA pour tirer l'économie mondiale. Le point positif pour nous, c'est que nos petites valeurs sont sur des marchés restreints et ne dépendent pas des Etats-Unis. Elles tireront leur épingle du jeu.

Mais face à un environnement toujours plus incertain, nous ne pouvons plus prendre de risque : il faut nous mettre à la recherche de sociétés assurant un bon dividende et positionnées dans des secteurs sur lesquels le marché ne pourra faire l'impasse.

L'environnement et la santé : les deux clés du succès en 2008 !
Je pense que les valeurs qui évoluent dans le secteur de la santé ou de l'environnement seront les plus propices à maintenir notre surperformance annuelle. Ces secteurs deviennent incontournables !

Je mets donc au point ma liste et vous livrerai l'intégralité de ma réflexion sur le sujet au début de l'année prochaine. D'ici là, gardez le cap !

Meilleures salutations,

Jean Chabru
Pour la Chronique Agora

(*) Depuis plusieurs années, Jean Chabru est à la tête de Stratégie Small Caps, une lettre d'information consacrée uniquement aux petites valeurs. S'appuyant sur l'une des plus grandes bases de données françaises sur les petites valeurs, Jean Chabru déniche les pépites cachées des marchés pour le plus grand profit de ses lecteurs. Sa dernière trouvaille pourrait d'ailleurs faire parler d'elle... Pour plus de détails

==========================================
(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
--------------------------------------------------------
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
==========================================

La Chronique Agora est une lettre électronique quotidienne gratuite distribuée par les services financiers des Publications Agora. Si vous désirez appliquer les conseils et évoqués dans cet e-mail, n'hésitez pas à vous abonner à l'une de nos lettres.

Pour plus d'informations :
http://www.publications-agora.fr