La Chronique Agora

 
Il suffisait de ne pas imiter la BCE !

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 11 Décembre 2007
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*** Il suffisait de ne pas imiter la BCE !
Et la crise du subprime aurait été évitée...

*** De passage en Inde
Dans les journaux ou dans les rues, la croissance est partout à Mumbai...

*** Des dettes extraordinairement populaires (2)
Un point sur le zoo-capitalisme...

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Alors que les blue chips s'enlisent... certaines "valeurs oubliées" continuent leur croissance en toute discrétion !

Il existe un moyen simple et direct de profiter de ces valeurs SOLIDES aux cours abordables, souvent ignorées par la plupart des investisseurs... mais qui pourraient vous rapporter des gains de 74%... 53,8%... 35,14%... 43,17%... 60%... et bien d'autres encore...

Pour en savoir plus, continuez votre lecture...

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Bonjour,

*** IL SUFFISAIT DE NE PAS IMITER LA BCE !

** La crise du subprime n'existe plus, la Maison-Blanche l'a abolie verbalement jeudi dernier. La source du problème étant gelée, le flux des catastrophes financières va donc cesser de s'écouler ; la bulle de dettes américaine est redevenue une menace aussi légère qu'une brise de printemps soufflant sur les parasols du Central Park Boat House.

Toute information alarmante concernant des pertes sur les dérivés de crédit -- immobilier ou consommation -- fait désormais autant d'effet à Wall Street qu'un avis de tempête de neige sur Chicago auprès d'un investisseur occupé à se protéger des coups de soleil au volant de sa Porsche décapotable entre Miami Centre et West Palm Beach.

La journée boursière de lundi s'était inaugurée par un communiqué d'UBS qui se retrouve contraint de procéder à une nouvelle dépréciation massive sur son portefeuille de créances subprimes, à hauteur d'environ 10 milliards de dollars. Ces derniers viennent s’ajouter aux 4,2 milliards de dollars déjà annoncés cet automne. Et la série noire n'est probablement pas terminée...

Le géant helvétique prévoit désormais d'accuser des pertes de plusieurs milliards de francs suisses au titre de son quatrième trimestre. Il  risque même de terminer dans le rouge sur l'ensemble de l'exercice 2007.

UBS a choisi de lever des fonds dans l'urgence, ce qui constitue une grande première dans l'histoire de cet établissement. En effet, 11 milliards de francs suisses d'obligations convertibles (en 2010) seront émis au profit d'un investisseur singapourien puis proche-oriental, à hauteur respectivement de neuf millions et deux millions de francs suisses.

Cette augmentation de capital à peine déguisée se fait au prix fort. Les convertibles sont assortis d'un juteux coupon de 9%, soit plus de quatre fois le montant du taux au jour le jour actuellement en vigueur en Suisse (il est de 2,20%).

Ce n'est peut-être pas aussi cher payé que l'entrée en force de Dubai dans le tour de table de Citigroup -- 7,5 milliards de dollars rémunérés à 11% -- mais ce n'est pas le genre de conditions consenties d'ordinaire à des banques d'affaires en bonne santé !

Mais l'essentiel est ailleurs, aux yeux des marchés. Ce qui importe n'est pas que l'argent coûte cher, dès lors qu'un établissement de crédit en éprouve un besoin vital, c'est que les prêteurs potentiels répondent présents et disposent de réserves de cash colossales.

Rien de plus facile que de se procurer cinq ou 10 milliards de dollars auprès de fonds souverains proche-orientaux ou d'investisseurs asiatiques. Ils croulent sous des dizaines de milliards de réserves libellées en dollar qui leur brûlent les doigts.

De plus, il n'est jamais très agréable de découvrir que les actifs déposés dans les coffres d'une banque helvétique pourraient être appelés en garantie de passif. Alors autant participer à sa recapitalisation et s'offrir un strapontin au conseil d'administration, histoire d'être renseigné un peu plus efficacement sur ce qui s'y passe. Et puis, ça débarrasse de liasses de billets verts dont l'épaisseur a déjà diminué de 12% ou 13% cette année !

** En d'autres termes, Wall Street peut continuer de pousser -- à crédit cela va de soi -- les cours boursiers à la hausse, ce qui arrange tout le monde et en particulier l'administration républicaine. La Maison-Blanche va pouvoir s'enorgueillir d'avoir propulsé les indices boursiers vers de nouveaux sommets, preuve que l'Amérique est bien le pays le plus prospère au monde. Juste histoire de clouer le bec aux détracteurs d'un système basé sur l'avidité, la tricherie, le cynisme, le recours systématique à la dette, et au besoin, la coopération involontaire du contribuable...

Certains commentateurs, comme l'inénarrable Larry Kudlow, n'hésitent pas à prétendre que la crise du subprime aurait pu être évitée si la Fed s'était montré plus prévoyante et moins stricte sur le contrôle des pressions inflationnistes. Mais qu'est-ce qui lui a pris de suivre le mauvais exemple stratégique de la BCE depuis 2005 et jusqu'à mi-2007 ?

Tous les désagréments que nous vous avons décrits par le menu -- et annoncés bien avant qu'ils ne surviennent -- ne seraient que la conséquence d'un mauvais réglage passager de la politique monétaire américaine ! La Fed a compris la leçon, elle va réduire de 50 points supplémentaires ses taux directeurs dès ce soir et tout va rentrer dans l'ordre au cours des prochaines semaines, ou au plus tard d'ici la fin du premier trimestre 2008.

Wall Street, qui ne saurait commettre la moindre erreur de jugement, anticipe donc une fin d'année 2007 en fanfare... Et vive le Dow Jones à 14 000 points, prélude à une belle année 2008 où l'effondrement des dérivés de crédit et des prix immobiliers ne seront bientôt plus qu'un mauvais souvenir !

Si la situation prend parfois une mauvaise tournure, c'est à cause de l'incompétence des autorités qui ne comprennent rien au libéralisme -- autrement dit, des fonctionnaires, catégorie à laquelle Ben Bernanke appartient également. La seule chose à redouter d'ici fin 2008, c'est l'élection d'un président qui succomberait à la tentation d'accroître la pression fiscale pour réduire les déficits abyssaux du système de santé ou des retraites.

** Encouragé par ces perspectives d'un avenir radieux, le CAC 40 s'est offert une progression de 0,6%, refranchissant au passage la résistance des 5 750 points. L'indice n'a pas clôturé au zénith du jour mais aligne une quatrième séance de hausse consécutive, pour un gain cumulé de 3,5% qui reste un des plus amples observés d'une seule traite depuis le 15 août dernier.

Les volumes ont été assez étoffés pour un lundi, plus de 5,95 milliards d’euros traités sur les valeurs du CAC 40. Les échanges se sont nettement accélérés après l'ouverture en nette hausse de Wall Street, qui était pourtant anticipé en repli de 0,2% à 0,3% lundi matin.

Fort des joyeuses convictions exposées ou cours des paragraphes précédents, les indices américains apparaissent soudain comme aspirés vers leurs sommets annuels ou historiques : 0,75% sur le Dow Jones qui retrace 13 735 points. S'il subsistait encore un débat entre le scénario d'un assouplissement monétaire de -25 points ou de -50 points, celui-ci paraissait clairement tranché lundi soir, en faveur de la seconde proposition.

** Les cambistes et Wall Street jouent le scénario d'un prime rate à 4% dès ce soir 20h15... Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, ils se souviendront que la veille, la National Association of Realtors (NAR) avait dévoilé une hausse symbolique de 0,6% des promesses de ventes de logements neufs aux Etats-Unis au mois d'octobre.

L'indice de la NAR s'inscrit toutefois en baisse de 18,4 points par rapport au mois correspondant en 2006, ce qui reste sans précédent...

Faut-il d'ailleurs se réjouir qu'un rabais massif de 6% sur le prix moyen des maisons ait abouti à une progression de 0,6% des intentions d'achat ? A ce rythme, les 8,5 mois de stocks de logements neufs ne sont pas prêts de disparaître comme par enchantement ! Les promoteurs et les établissements de crédit n'ont pas fini de licencier. Mais ce n'est que notre humble avis, et Wall Street, manifestement, ne le partage pas !

Si seulement nous pouvions nous contenter de la magie du verbe... mais nous avons entendu tellement de mensonges depuis le 26 février dernier !

Philippe Béchade,
Paris

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JUSQU'OU IRA LE METAL JAUNE ?
Au cours des deux prochaines années, vous assisterez à la plus grande hausse du cours de l'or  de toute l'histoire des marchés... 

Une envolée qui a toutes les chances d'emmener le métal jaune jusqu'à 2 000 $.

Continuez votre lecture pour découvrir pourquoi... et surtout pour savoir exactement comment profiter de cette hausse sans plus attendre !

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Inde

*** DE PASSAGE EN INDE

** Que disions-nous l'an dernier ? Nous nous rappelons notre visite en Inde. Et nous nous souvenons avoir émis un commentaire sur le marché boursier indien -- lorsque l'indice Sensex était sous les 15 000 points. Nous espérons avoir dit qu'il grimperait... parce que c'est ce qu'il a fait. Il a atteint les 20 000 la semaine dernière -- un nouveau record.

* Et maintenant ?

* Nous avons rencontré un groupe d'une dizaine d'analystes. Tous ou presque pensaient que 2008 serait une nouvelle année de croissance pour les actions indiennes.

* Que nous regardions dans les journaux ou par la fenêtre, la croissance est partout :

* Partout, on construit de nouveaux immeubles résidentiels. Les automobiles encombrent les routes. Les salaires grimpent. Et la croissance du PIB dépasse les 9% par an ; seule la Chine se développe plus vite.

* "L'Inde est un sujet brûlant", nous a dit un collègue hier. "L'économie se développe très rapidement. Bien entendu, si vous passez quelques jours ici, vous vous demanderez peut-être comment elle fait pour se développer. Rien ne fonctionne comme ça le devrait, donc on passe beaucoup de temps à essayer de résoudre les petits inconvénients du quotidien. Mais les fondamentaux sont très solides. L'économie se développe en dépit du gouvernement. Et elle se développe rapidement. A présent, nous avons les ingrédients de la croissance -- l'argent, les compétences, les gens... ça devrait continuer, à moins que le gouvernement ne trouve le moyen d'y mettre fin".

* "Vous savez, les terroristes responsables du 11 septembre ont fait leurs armes ici. Ils se sont introduits dans le congrès il y a des années de ça. Ils voulaient tuer autant de politiciens que possible, mais ils ont raté leur coup. Le plus drôle, c'est que la majeure partie des gens étaient déçus que ça n'ait pas réussi !"

* "Depuis, on a abandonné le pire des réglementations qui dataient de l'époque de Staline... et la planification centrale à la soviétique... Les Indiens ont à nouveau le droit de gagner de l'argent. Et c'est ce qu'ils font"...

** Nous avons rencontré les analystes samedi matin. Aux Etats-Unis ou en Europe, il aurait été difficile de rassembler un groupe de professionnels de la finance un samedi. Mais les Indiens ont encore faim...

* ... et sont encore étranges.

* A la télé, un homme écrasait des pastèques avec sa tête. L'émission était dans la langue locale, mais l'individu semblait vouloir battre un record. Il donnait des coups de tête dans une pastèque après l'autre, passant à peine deux secondes par fruit. Puis, après en avoir explosé quelques dizaines, il commença à fatiguer. Sa tête s'abaissa... et rebondit. Il essaya une deuxième fois... puis une troisième... et finit par abandonner ; il était à bout.

** Les rues de Mumbai sont pleines de gens -- incroyablement pleines. Pleines d'autochtones... mais aussi d'entrepreneurs chinois et japonais qui font des affaires.

* "Quand j'était petit, dans les années 70, Bombay était un paradis -- enfin, c'est ce qu'il me semblait à l'époque. Il n'y avait que deux millions d'habitants ; aujourd'hui, on en est à 11 millions -- sur la même superficie. Bombay est une péninsule étroite... si bien qu'il n'y a pas de place pour se développer. Ils ont construit sur les zones ouvertes... donnant les terrains aux gens ayant des amis politiciens. A présent, le prix du mètre carré est aussi élevé qu'à Manhattan. Il faudra un peu de temps pour que les constructeurs rattrapent leur retard... mais ils construisent des millions de mètres carrés d'espace habitable supplémentaire, donc les prix vont sans aucun doute chuter".

* "On peut compter sur une chose, en tout cas : les promoteurs, les banquiers et les agriculteurs en feront toujours trop. Ils feront faillite tous les dix ans environ".

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*** La Chronique Agora présente ***

Depuis hier, Bill Bonner se penche sur l'évolution du crédit, des dettes... et du capitalisme... ces dernières années. La suite de ses réflexions ci-dessous...

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DES DETTES EXTRAORDINAIREMENT POPULAIRES -- 2ème PARTIE
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Oubliez les banques centrales ; leur rôle est si évident ! Mais pensez à la Nouvelle Ere inaugurée dans les 80 -- grâce à la révolution concoctée par Mme Thatcher et M. Reagan. Ils apportèrent une nouvelle idée : on pouvait déchaîner le capitalisme... et il servirait l'homme avec autant d'obéissance qu'un cocker spaniel. Nous ne nions pas qu'il y avait un grain de vérité dans cela. Mais ce n'était pas aussi vrai qu'on le pensait -- surtout sous la nouvelle forme, si grotesque.

Où trouve-t-on, dans le capitalisme, l'idée qu'on peut dépenser plus qu'on ne gagne ? Où, dans la vision d'Adam Smith, se cache l'idée que les étrangers subventionneront votre niveau de vie -- indéfiniment ? Où, dans le concept de "laisser faire", trouve-t-on la notion que les banques centrales empêcheront les corrections en contrôlant le prix de la monnaie ? Qu'est-il arrivé à tout le sturm und drang ? Où est la "destruction créative" de Schumpeter ?

Les nouveaux capitalistes offraient la création sans la destruction... la résurrection sans la crucifixion ! Ils proposaient non seulement d'exposer d'inoffensifs investisseurs à leurs mauvaises idées... mais également de ressusciter des booms avant qu'ils n'expirent, et de mettre fin aux corrections avant que quoi que ce soit ait été corrigé.

Ce n'était pas là le capitalisme de nos grands-parents. Les anciens s'en méfiaient... ils savaient que le marché libre était dangereux et imprévisible. L'ancien capitalisme était une jungle... avec des crocs acérés et des griffes tranchantes. Il fallait se tenir à l'affût. Le nouveau capitalisme est un zoo ; tous les fauves dangereux sont censés être derrière les barreaux. C'est presque trop beau.

La culture du zoo-capitalisme s'est répandue à tous les niveaux de la société. Au sommet, on avait une telle confiance dans ces doctrines qu'on a réduit les taux d'imposition... dans l'idée qu'une augmentation du capitalisme augmenterait aussi la base fiscale (malheureusement, les dépenses ont grimpé plus vite). Mais ne vous inquiétez pas : "les déficits, ça ne compte pas", a déclaré Dick Cheney. En d'autres termes, l'économie capitaliste dynamique se tirera toute seule de tous les problèmes.

A la base aussi, les gens ont été victimes des mêmes illusions. Les ménages ont emprunté et dépensé de l'argent qu'ils n'avaient pas encore gagné. Pourquoi pas ? Leurs maisons, leurs actions et leurs revenus grimperaient éternellement, non ? Et l'épargne ? Qui a besoin d'épargne quand on vit dans l'économie la plus forte, la plus flexible, la plus mondialisée, la plus avancée technologiquement parlant et la plus éclairée en termes fiscaux de toute l'histoire ?

C'est bien là le problème avec l'être humain. Pour commencer, il fait. Ensuite, il en fait trop. Son progrès le force à reculer. Chaque bénédiction devient une malédiction... et à chaque révolution, il finit par monter à l'échafaud.

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l'auteur des livres "L'inéluctable faillite de l'économie américaine" et "L'Empire des Dettes".

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