La Chronique Agora

 
Les dures lois de la physique

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 10 Décembre 2007
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*** Mécanique newtonienne ou potion magique ?
Problème de dette et d'excès de liquidité ? Il suffit de déverser encore plus d'argent dans le système...

*** Remue-ménage dans l'acier
Dan Denning se penche sur les événements qui secouent le marché de l'acier

*** Les dures lois de la physique
Sans pétrole, notre niveau de vie se trouve mis à mal : est-ce la fin d'une ère ?

*** Des dettes extraordinairement populaires (1)
Ne vous inquiétez pas, Mme McMurphy, vous me paierez la semaine prochaine...

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DES PROFITS EN 2008 ?
C'est simple... il suffit de compter jusqu'à 4 :
Un marché encore ignoré de la plupart des investisseurs...
Deux pays en lutte pour la domination mondiale...
Trois tendances irréversibles...
Quatre trades incontournables...
pour des gains de 100%... 127,5%... ou encore 180%...

Continuez votre lecture pour tout savoir...

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Bonjour,

*** MECANIQUE NEWTONIENNE OU POTION MAGIQUE ?

** Depuis fin octobre, nous n'avons cessé de nous extasier sur le caractère presque miraculeux du niveau de valorisation des indices américains, revenus à 3% de leurs records annuels (Nasdaq) ou historiques (Dow Jones). Après le trou d'air des deux premiers tiers du mois de novembre, la situation semblait se normaliser. Par normaliser, nous entendons redevenir plus conforme aux perspectives induites par la crise du subprime, laquelle se chiffre déjà en centaines de milliards de pertes pour les intermédiaires financiers et les nombreuses entreprises ayant opté pour des placements monétaires dynamiques.

La presse économique n'a pas tardé à aller piocher dans nos chroniques quelques sombres scénarios préfigurant une année 2008 "de tous les dangers". Mais comme la mécanique newtonienne continue de fonctionner (action/réaction), Wall Street n'a pas tardé à parier sur le fait que la Fed et Hank Paulson concoctaient une potion magique pour tirer le système du bain de goudron dans lequel il commençait à se débattre.

Et le principe du too big to fail (expliqué dans notre chronique de vendredi dernier) dicte la conduite de la Maison-Blanche, qui veut éviter qu'après le désastre diplomatique et militaire de l'après-11 septembre et le désastre humanitaire de l'après-Katrina, l'Amérique connaisse un désastre économique de l'après-bulle du crédit.

Comme nous le soupçonnions, le moyen choisi pour éponger les mauvaises dettes et contenir les dérives engendrées par les excès de liquidités va consister à créer encore plus de dettes -- à la charge des collectivités locales américaines, c'est-à-dire des contribuables -- et à déverser encore plus d'argent dans le système bancaire via un cycle de baisse de taux.

** C'est le genre de recette qui plaît à Wall Street et ce qui est bon pour le S&P 100 l'est également pour l'Eurotop 100 (0,65%vendredi dernier).

Les places européennes alignent donc une série gagnante de trois séances (pour un bilan hebdomadaire de 0,85%), après une entame de mois de décembre plutôt décevante.

Avec la hausse des cours, le concept de "rally de fin d'année" a commencé à refleurir dans certaines analyses. Et s'il faut tenir les cours jusqu'au 21 décembre -- journée des Quatre Sorcières --, la baisse des taux anticipée mardi prochain aux Etats-Unis devrait largement y contribuer. Nous parions que la tournure des évènements ne tardera pas à dissiper cette illusion...

Cela fait 15 jours que des vents porteurs soufflent incontestablement depuis les Etats-Unis. Si les 2,7% de hausse de la dernière semaine du mois de novembre s'expliquaient par une succession d'interventions de membres de la Fed prônant une grande flexibilité -- autre manière de signifier son intention d'assouplir autant que nécessaire sa politique monétaire --, les 1,2% gagnés par l'Euro Stoxx 50 et les 1,8% engrangés par Wall Street début décembre s'expliquent par la divulgation de mesures d'aide aux emprunteurs subprime, pressenties depuis mardi dernier et annoncées officiellement par G.W. Bush jeudi.

Les investisseurs sont persuadés que le gel (c'est-à-dire le maintien) de formules de remboursement de prêt très avantageuses durant cinq ans (au lieu de deux) vont considérablement réduire l'exposition des banques américaines à un risque systémique -- de type "effet domino" -- découlant de la crise du subprime.

Les dernières notes de Moody's et de Goldman Sachs évoquaient de lourdes pertes liées au crédit immobilier, puis une chute de l'activité économique avec le ralentissement symétrique de la consommation en 2008. S'il s'agit de se rassurer à bon compte sur la santé de l'économie, Wall Street pourra invoquer les statistiques du marché du travail au mois de novembre. Les Etats-Unis auraient -- le conditionnel s'impose en la matière, vues les spectaculaires "corrections" qui sont effectuées d'un mois sur l'autre -- créé 94 000 emplois non-agricoles au mois de novembre.

C'est un chiffre supérieur au consensus qui tablait en moyenne sur 50 000 en début de semaine et 85 000 la veille de la parution de ces chiffres. Le taux de chômage est, comme prévu, resté stable à 4,7%.

** Ces bons chiffres éclipsaient l'annonce de statistiques moins favorables en Europe, avec un creusement du déficit commercial de la France à 3,637 milliards d'euros en octobre et une baisse de 0,3% de la production industrielle en Allemagne pour le même mois.

L'OCDE juge également que les prévisions de croissance du gouvernement français (2,2% à 2,5% en 2008) sont trop optimistes : notre PIB ne devrait progresser que de 1,8% à 1,9% l'an prochain.

Autre bémol, mais passé largement inaperçu vendredi soir, l'indice de confiance des consommateurs du Michigan en décembre est ressorti à 74,5 (contre 76,1 en novembre).

Tout ne va donc pas si bien que cela dans la machine économique américaine, et le plan Bush pour résoudre la crise du subprime doit surtout être apprécié pour ses vertus psychologiques. Ses effets réels et sa faisabilité sont une toute autre affaire sur laquelle Wall Street évite de s'étendre.

Le principal suspens concernant la seconde semaine de décembre qui s'ouvre aujourd'hui concerne l'ampleur du geste anticipé de la Fed. Une réduction de 0,25% à 4,25% serait jugée décevante, une baisse plus radicale de 50 points (après -25 points fin octobre) signalerait une situation d'urgence... hypothèse largement occultée depuis 10 jours.

Les économistes commencent en effet à réfléchir aux motivations de la Banque d'Angleterre qui a réduit son taux directeur de 25 points jeudi dernier. Cette dernière ne dissimule pas que la situation exige une poursuite du cycle d'assouplissement monétaire. L'exemple japonais au début des années 90 démontre que cette stratégie est totalement inefficace pour stopper un retournement conjoncturel dans l'immobilier. Il pourrait s'avérer dévastateur en Angleterre et en Espagne d'ici 2010...

Plus les taux baissent, plus les (rares) consommateurs solvables -- et acheteurs potentiels de biens immobiliers -- diffèrent leurs intentions d'achat. Mais c'est précisément le genre de mise en garde que les marchés ne veulent pas entendre ! Raison de plus pour se méfier...

Philippe Béchade,
Paris

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Dan Denning vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** REMUE-MENAGE DANS L'ACIER

** Baosteel aurait-il vraiment intérêt à faire une offre pour Rio Tinto ? Le président de Baosteel, Xu Lejiang, a sérieusement fait marche arrière dans les médias. Il a dit au Shanghai Securities News que non, il n'avait jamais dit que Baosteel pourrait vouloir faire une offre. "Je n'ai jamais dit ça. C'est une invention des médias".

- Il a dit. Elle a dit. Sa voix contre celle des médias. Qui sait ? Une question intéressante, à présent, serait de savoir qui d'autre pourrait remporter le morceau ? Cela pourrait-il être un consortium comme celui mentionné (ou inventé) récemment dans les médias ? La valeur publiquement inscrite de Baosteel atteint un plafond boursier de près de 43 milliards de dollars australiens. L'offre de BHP Billiton évalue (ou dévalue) Rio à 150 milliards de dollars US. Baosteel envisageait, si l'on en croit les rapports, une offre de près de 220 milliards de dollars.

- Voyons... où peut-on trouver 175 milliards de dollars US en ce moment ? Le China Investment Corporation (CIC), la branche officielle d'investissement de l'Etat, possède près de 200 milliards de dollars. Mais vous ne voulez pas mettre tous vos œufs dans le même panier, n'est-ce pas ? La Chine adorerait investir dans des capitaux stratégiques comme l'énergie et les ressources -- au juste prix, bien entendu.

** D'ailleurs, vous vous souvenez du mois de mai, quand la société de private equity Blackstone a été introduite en Bourse ? Le CIC a investi trois milliards de dollars d'un seul coup. C'était, si ma mémoire est bonne, le premier investissement du CIC. Qu'est-ce que ça donne maintenant ?

- Le prix d'introduction de Blackstone était à 38 $. Il était à 21,93 $ vendredi dernier. Sur le papier, c'est donc une perte d'environ 40%. Mauvais début pour le fonds. Mais depuis, ils se sont concentrés sur des choses plus proches de chez eux... comme par exemple les chemins de fer.

- Le CIC a investi 780 millions de dollars hong-kongais dans le China Railway Group Ltd., le plus gros entrepreneur asiatique en chemins de fer et en tunnels. Voilà pour le boom des chemins de fer ! L'entreprise est cotée à Shanghai ; elle a été introduite en Bourse cette semaine. Ses parts sont montées de 69%... en une seule journée. La bourse de Hong Kong devrait être renommée King Kong, avec respect, bien entendu. De toute évidence, elle vit actuellement dans une sorte de bulle périphérique, loin de la Chine "métropolitaine", avec les introductions de sociétés chinoises qui grimpent ensuite en flèche.

** Mais dernièrement, tout n'a pas été tout rose pour les introductions chinoises et la bourse de Shanghai. L'indice composite de Shanghai a perdu 18,2% en novembre. PetroChina -- après avoir été, brièvement, l'entreprise ayant la plus grosse capitalisation boursière de la planète -- a chuté de 37%. Et deux autres IPO, le constructeur de camions Sinotruck et l'entreprise de logistique Sinotrans, ont tous deux perdu 13% juste après leur entrée en bourse.

- Pendant que nous écrivons à propos d'entreprises dont les noms commencent par Sino, nous avons vu dans The Australian vendredi matin que Sinosteel et peut-être Fortescue comptent écraser l'offre de Murchison pour la junior du minerai de fer Midwest.

- "Le géant chinois de l'acier, Sinosteel Corporation, et la nouvelle puissance australienne du minerai de fer, Fortescue Metals, semblent avoir commencé la chasse à un milliard de dollars australiens pour mettre la main sur la mini-minière Midwest Corporation, déjà convoitée par d'autres", rapportait Matthews Stevens.

- Imaginez la région du Pilbara comme un champ de bataille par procuration entre les fabricants d'acier japonais et chinois. La production annuelle d'entreprises comme Midwest et Murchison est minuscule comparée à celle de BHP ou de Rio. Murchison prétend pouvoir produire 25 millions de tonnes par an pendant 15 ans avec sa base de 400 millions de tonnes de Jack Hills, tandis que Midwest vise les 20 millions de tonnes par an à Weld Range.

- Par comparaison, Rio Tinto a produit 200 millions de tonnes de fer l'année dernière, et BHP 140 millions de tonnes. Les deux entreprises -- comme vous le savez sans doute -- ont des plans ambitieux pour accélérer la production à Pilbara. Mais cette production est verrouillée dans des ventes avec des fabricants d'acier chinois, coréens et japonais.

- Les plus petits producteurs du Pilbara et du Midwest ont de nombreux clients et partenaires. Il s'agit donc d'économies d'échelle. En parlant de ça, le Bureau australien de l'agriculture et de l'économie des ressources a publié ses statistiques annuelles cette semaine.

- En voici un résumé : la Chine est le plus gros client, le Japon est second, loin derrière. La Chine a augmenté sa production de minerai de fer de 40% entre 2005 et 2006, mais reste un importateur net. L'Australie, malgré une production de près de 46 millions de tonnes de moins que le Brésil en 2006, a exporté exactement une tonne de plus (grâce à un taux de consommation domestique plus bas dans le secteur de la fabrication d'acier).

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+55,71% en 9 séances... +51,67% en 5 jours... +31,33% en 2 jours... +20,86% en 4 jours...
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Inde

*** LES DURES LOIS DE LA PHYSIQUE

** Une pensée rôde : l'époque actuelle marque la fin d'une ère.

* Nous soupçonnons que nous arrivons au minimum à la fin de la bulle du crédit... et la fin de la bulle de spéculation sur les actifs qu'elle a engendrée. Nous arrivons probablement à la fin de l'Ere Dollar dans le système monétaire mondial. L'empire américain semble lui aussi entamer sa descente ; il gaspille ses ressources à un rythme si rapide qu'il est difficile de voir où il trouvera l'argent pour se développer.

* L'un des thèmes de la Chronique Agora, c'est ce qu'on pourrait appeler le "pic" de la civilisation occidentale. Le pouvoir et l'argent bougent, de l'Occident vers l'Orient.

* "C'est incroyable", nous dit un ami de retour de Shanghai. "Les bâtiments... les gens... on dirait une ville du futur... et tout est si incroyablement grand. J'en ai eu le souffle coupé".

* Nous le ressentons aussi... chaque fois que nous voyageons en Orient. Tant de gens... tant d'énergie.

* L'Occident n'a triomphé sur le reste du monde que récemment -- durant les 18ème, 19ème et 21ème siècles. Avant cela, une personne en Inde ou en Chine avait à peu près le même niveau de vie -- voire plus élevé -- qu'une personne en France ou dans le reste de l'Europe. Puis l'Occident a décollé. Quelle était exactement la source du succès occidental ? Personne ne le sait. Mais une innovation a peut-être été essentielle : l'Ouest a transformé la matière en énergie... puis à nouveau en matière... à un rythme plus rapide que jamais auparavant. En Orient, seul le Japon s'est approché de cela -- mais pas avant que des navires de guerre américains ne montrent au pays combien de retard il avait pris. Puis, après une période vertigineuse d'imitation et de croissance, au début du 20ème siècle, la machine militaire japonaise a pu défier les Russes -- avec succès --, et les Américains -- sans succès.

* L'échec du Japon durant la Seconde guerre mondiale était en majeure partie une question d'énergie. Les Etats-Unis en possédaient en abondance. Durant la bataille cruciale du golfe de Leyte, les navires japonais furent quasiment immobilisés par un manque de carburant.

** Oui, cher lecteur, notre civilisation... et notre puissance hégémonique... dépendent de l'énergie. Un collègue nous a envoyé un graphique montrant le lien entre l'énergie et le PIB. Plus on utilise d'énergie, plus le niveau de vie est élevé. Bien entendu, au sommet en termes de niveau de vie, on trouve les Etats-Unis... qui sont également les premiers en matière de consommation énergétique. Le fait de les retrouver première puissance militaire n'est peut-être pas une coïncidence.

* Nous avons montré ce graphique à notre intrépide correspondant, Byron King.

* "Hmm", a-t-il dit. "On dirait que sans énergie, il n'y a pas de PIB. La corrélation n'est pas toujours la causalité. Mais parfois... oh là là".

* Bien entendu, cela semble logique. Il faut de l'énergie pour fabriquer des choses... pour les transporter... pour cultiver... pour construire... pour cuisiner... pour voyager. Et pour s'armer d'un gourdin. Nous nous rappelons de notre brève rencontre avec la science physique que la somme totale d'énergie est constante... et que l'énergie et la matière sont interchangeables. Le pétrole, c'est un liquide noir et visqueux. Il existe en tant que matière, que nous transformons en énergie... et nous utilisons cette énergie pour transformer d'autres choses en d’autres sortes de matières -- des camions et des voitures, par exemple. Puis nous mettons encore un peu d'énergie dans nos réservoirs pour faire bouger cette matière.

* Nous n'avons pas de problème avec ce programme. Et nous avons la conscience plus légère en sachant que, lorsque nous la quitterons, nous laisserons la Terre dans le même état -- en termes purement énergétiques. D'une manière ou d'une autre, il doit y avoir autant d'énergie lorsque nous irons fumer les mauves par la racine que lorsque nous avons poussé notre premier braillement.

* Non, le problème n'est pas macro-philosophique. Il est pratique. Les gens veulent plus de choses. Et il faut de l'énergie -- notamment sous la forme du liquide noir et visqueux dont nous parlions plus haut -- pour fabriquer des choses. Ils voudront donc plus d'énergie. En d'autres termes, il faudra plus d'énergie pour augmenter leur niveau de vie.

* Le problème, c'est que la quantité de pétrole est assez limitée. On ne produit pas de nouveau pétrole aussi facilement qu'on produit de nouveaux dollars. On peut donc s'attendre à voir le prix du pétrole grimper. Même en termes réels, ce prix a toutes les chances de grimper simplement parce que de plus en plus de gens en veulent... et que le liquide facile se trouvant près de la surface dans des régions hospitalières a déjà été consommé.

* Revenons à notre graphique. Alors que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays riches et développés sont au sommet -- tant en termes de PIB per capita que de consommation énergétique per capita --, au bas de la pyramide, on trouve des pays n'ayant guère de choses, mais ayant beaucoup de gens. La Chine, par exemple. Il faudra beaucoup d'énergie pour propulser la Chine du bas de la pyramide vers le haut. Mais c'est exactement là qu'elle à l'intention d'aller. Et de ce que nous savons, elle y parviendra probablement... ce qui signifie que les Chinois devront utiliser beaucoup d'énergie qui serait, autrement, consommée par les habitants des pays riches. A moins d'une révolution technologique, on s'attendrait à ce que les habitants des pays riches paient bien plus cher leur baril de pétrole. Sauf que les niveaux de vie actuels dépendent d'un pétrole à 20 $ le baril... 40 $ le baril... voire 80 $ le baril. A 200 $ le baril, la civilisation devient tout à coup beaucoup plus chère... et le coût du poste de roi du monde grimpe lui aussi. Le coût de la richesse augmente, en d'autres termes. Toutes choses étant égales par ailleurs, cela signifie que les pays riches ne seront plus aussi riches qu'ils ne l'étaient. Et le prix lié au fonctionnement d'une machine militaire augmente lui aussi -- sachant que l'armée américaine est le plus grand consommateur de pétrole au monde...

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*** La Chronique Agora présente ***

Les dettes n'étaient pas censées aller si loin. Mais un peu par ici... un peu par là... et on se retrouve vite avec une grande quantité. Comme l'explique Bill Bonner, la dette tient désormais beaucoup de gens à la gorge, et on cherche le coupable...

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DES DETTES EXTRAORDINAIREMENT POPULAIRES -- 1ère PARTIE
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Par Bill Bonner (*)

En dépit des révolutions Thatcher et Reagan... les déficits comptent toujours.

Le crédit à la consommation est né sur un simple acte de bonté :

"Ne vous inquiétez pas, Mme McMurphy, vous me paierez la semaine prochaine".

Mais le crédit à la consommation a grandi et est devenu méchant. Jusqu'en 1980, la dette totale des marchés du crédit, aux Etats-Unis, n'avait jamais dépassé les 130% du PIB. A présent, elle est supérieure à 330%. Et les contrats dérivés basés sur le crédit ont crû encore plus rapidement. Il y a actuellement l'équivalent de 45 000 milliards de dollars de credit default swaps, par exemple ; ils ont été multipliés par neuf au cours des trois dernières années.

Que s'est-il passé ? Il se trouve que le crédit atteint rapidement le point où les rendements diminuent. Durant toute la période précédant 1980, il fallait environ 1,40 $ de crédit supplémentaire pour produire un dollar de PIB. Depuis, ce ratio s'est détérioré... et les chiffres récents montrent jusqu'à 7 $ de nouveau crédit par dollar additionnel de production.

Et à présent... il semble que nous ayons passé le sommet du cycle du crédit -- avec un secteur financier rechignant à rassembler de nouveaux capitaux... et une production en baisse. John Crudele, qui va peut-être plus vite que la musique, déclare que l'économie US pourrait déjà être en récession.

Qui est le coupable ? On peut accuser les banques centrales... ou le monde de la finance... ou les politiciens. On pourrait aussi accuser la race humaine dans son ensemble.

Le mieux est l'ennemi du bien, mais l'humanité semble incapable de s'en contenter, concluons-nous. L'être humain s'empare d'une idée, et les choses vont en empirant. Il la prend maladroitement, comme un nouvel outil. Puis il commence à la déformer... à la marteler... à l'étirer... à l'affûter... jusqu'à ce qu'il puisse l'utiliser pour se couper la gorge.

Toutes les innovations se retournent contre lui. Sa télévision lui montre des émissions de télé-réalité. Ses automobiles le mènent à des embouteillages. Et une génération après qu'il les ait inventés, ses avions lâchent des bombes sur Londres.

Ces petits champignons de crédit n'ont pas fait exception. Ils ont grandi en serre -- nourris par d'extraordinaires illusions populaires... enrichis par le fumier gras de la politique... et abondamment arrosés par les liquidités des banques centrales. Les gens les sont absorbés ; leurs dettes ont enflé, devenant aussi grosses que leurs hallucinations. 

La suite dès demain...

Meilleures salutations,

Bill Bonner
Pour la Chronique Agora

(*) Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Publishing, maison-mère des Publications Agora aux Etats-Unis. Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs), il intervient dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning. Il est également l'auteur des livres "L'inéluctable faillite de l'économie américaine" et "L'Empire des Dettes".

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