La Chronique Agora

 
Un fort rebond du dollar nous guette !

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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 07 Décembre 2007
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*** Privatisation des gains, nationalisation des pertes
C'est la nouvelle pratique du capitalisme moderne...

*** Dépenses discrétionnaires contre dépenses essentielles
En période de vaches maigres, certains détaillants s'en sortent mieux que d'autres

*** Plan B
Il faut toujours avoir un plan B, cher lecteur, c'est un Sud-Africain qui le dit...

*** Un fort rebond du dollar nous guette !
De l'intérêt d'avoir un compte Forex...

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Avez-vous l'une de ces bombes à retardement financières dans VOTRE portefeuille ?
De véritables bombes sont désormais enclenchées sur les marchés... et elles pourraient causer des dégâts spectaculaires pour des centaines de milliers d'investisseurs.

Sauf que vous n'êtes pas obligé d'en souffrir avec tout le monde...

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Bonjour,

*** PRIVATISATION DES GAINS, NATIONALISATION DES PERTES

** Ne vous fiez pas à l'aspect anodin des scores de clôture jeudi soir (le DJ EuroStoxx 50 terminait inchangé, l'Eurotop 100 en hausse de 0,06%, Francfort en repli de 0,05%, Londres cédait 0,13%) : la volatilité était bel et bien présente, avec par exemple presque 100 points d'écart entre les extrêmes du jour à Paris -- le CAC 40 grappillant in extremis 0,25%.

Un célèbre dicton boursier postule qu'il faut "acheter la rumeur et vendre la nouvelle". Ce fut une rude leçon pour les opérateurs outre-Manche, car le FT 100 est en effet retombé en moins de deux heures d'horloge de +1,5% jusque vers -0,8%, avant un retour à l'équilibre.

L'euphorie initiale s'est volatilisée dès que la Banque d'Angleterre eut confirmé qu'elle réduisait -- comme la City l'anticipait joyeusement depuis 48 heures -- son taux directeur de 25 points de base, à 5,5%. Les économistes et les commentateurs ont rapidement exprimé leurs interrogations concernant l'imminence d'un ralentissement de la croissance et les risques d'éclatement de la bulle immobilière en Angleterre ; à Londres les prix baissent depuis quatre mois et Newcastle -- la ville d'origine de Northern Rock -- est littéralement sinistrée.

Côté zone euro, la BCE annonçait sans surprise qu'elle maintenait son taux directeur inchangé à 4%. Lors de sa conférence de presse, J.C. Trichet s'est montré beaucoup plus préoccupé par la maîtrise des pressions inflationnistes que par les risque de ralentissement de la croissance -- alors même que l'OCDE revoit à la baisse ses prévisions 2008 concernant le PIB européen, à 2,3% au lieu de 2,7% estimé précédemment.

** Pendant ce temps, Wall Street continue de miser à fond sur une baisse des taux mardi prochain. Après une entame de séance légèrement négative, marquée par des ajustements techniques, les indices US sont gaillardement repartis à la hausse : à mi-séance, le Dow Jones (+0,5%) débordait les 13 500 points, le S&P 500 s'adjugeait +0,65% et testait la barre psychologique des 1 500 points, le Nasdaq Composite gagnait +0,8% avec les 2 700 points en ligne de mire.

En ces temps d'habillages de bilans, nombre de gérants n'hésitent plus à viser un retour du Dow Jones vers les 14 000 (il ne s'en faut plus que de 3,5%)... et pourquoi pas l'inscription d'un nouveau record historique absolu, au-delà des 14 100, pour clôturer en beauté l'an de grâce 2007 ?

** Et la crise du subprime dans tout ça ? Mais de quelle crise parlons nous ?

Wall Street apprécie au plus haut point d'être exonéré, par décision prise au plus haut niveau de l'Etat, du paiement cash des erreurs du passé. Les dérives et les excès du système et de ses principaux acteurs ne seront pas sanctionnés, au nom du too big to fail ["Trop gros pour faire faillite", ndlr.].

Le rôle des marchés est de pousser des pratiques apparemment rationnelles (et parfois délictueuses, s'agissant du subprime) jusqu'à leurs conséquences les plus absurdes... Le rôle de la Fed et de l'administration fédérale -- notamment d'Henry Paulson, à qui Wall Street envisage déjà d'élever une statue -- est de trouver des parades aux désastres qui surviennent inéluctablement.

Le message du secrétariat d'Etat au Trésor et des membres du Congrès US est clair : l'urgence ne consiste pas à rechercher puis punir des coupables... elle consiste à sauver la mise des victimes, y compris celle des pompiers pyromanes. Ce fut déjà le cas avec LTCM en 1998, cela recommence moins de 10 ans plus tard avec la crise du subprime -- à une toute autre échelle !

La Maison-Blanche va donc accorder à ses propres institutions financières et aux citoyens américains les plus avides et les plus inconséquents ce qu'elle refuse aux pays en voie de développement -- surendettés ou économiquement exsangues -- depuis des décennies.

George Bush avalise le déversement d'un flot de liquidités à des conditions préférentielles -- la Fed est là pour y veiller -- au profit des banques, ainsi que l'adoption d'un moratoire sur les teasers inclus dans les plans de financement à taux variable (qui permettent de ne   rembourser durant deux ou trois ans que des montants dérisoires avant de payer "plein pot").

Ces conditions éminemment favorables (qui prévoient le versement initial de petites mensualités à taux fixes pour l'emprunteur) vont ainsi pouvoir être prorogées pour une période totale de cinq ans. Nous parions que si la situation ne s'améliore pas, le Congrès US autorisera une extension à sept, voire 10 ans de tels avantages -- ce qui devrait laisser le temps aux propriétaires menacés de saisie imminente de pouvoir revendre leur bien une fois la conjoncture immobilière redevenue plus favorable.

** Selon le spécialiste des prêts hypothécaires Freddie Mac, le taux d'"incidents" (défauts de paiement durant plus de deux mois) atteint le montant record de 5,6% des dossiers de prêts -- c'est le plus élevé observé depuis 21 ans. Le taux de saisies, expulsions/ventes aux enchères atteint 0,8%, mais les procédures de foreclosure concernent en fait 1,7% des dossiers.

Selon Moody's, pas moins de deux millions d'emprunteurs sont d'ores et déjà à haut risque (potentiellement insolvables), et 500 000 saisies/revente de logements individuels (le double du total attendu en 2007) sont envisageables en 2008.

C'est une menace mortelle pour le marché immobilier US puisque ce montant représenterait entre 8% et 10% de la totalité des transactions (neuf +ancien) attendues l'an prochain ; un ratio propre à faire s'effondrer les prix et aggraver la crise dans des proportions incontrôlables.

** L'administration républicaine ne peut prendre le risque de voir le mandat de G.W. Bush s'achever par un désastre -- qui serait non seulement militaire et diplomatique, mais également financier. L'Amérique usera de tous les artifices pour éviter l'effondrement de tout un système basé sur une succession de bulles d'actifs et de dettes.

Hillary Clinton est sur la même longueur d'onde, et elle appelle également au sauvetage des ménages les plus fragiles, par le biais du gel des taux fixes qui leurs ont été consentis ces derniers mois et via la coopération des organismes parapublics.

En réalité, ce sont surtout les grandes banques américaines et leurs filiales spécialisées dans la structuration de dérivés de crédit qu'il s'agit de sauver. L'engloutissement de la Nouvelle-Orléans et le déplacement de centaines de milliers d'Américains pauvres n'avaient suscité aucun plan d'aide de la part des banques américaines aux populations en détresse, leur poids économique s'avérant dérisoire.

L'impact de l'ouragan Katrina n'a pas le moins du monde affecté la rentabilité des Big Five de Wall Street au quatrième trimestre 2005... mais c'est une toute autre musique avec la crise du subprime : les conséquences sont si profondes que les banques se retrouvent empêchées de prêter !

** Pour résumer la situation : si les prêteurs ont besoin d'argent, la Fed va leur en offrir en quantité -- bon marché naturellement. Si les emprunteurs ne peuvent pas payer, ils verseront ce qu'ils peuvent (après enquête, d'après la rumeur). Si des logements vides ne trouvent pas preneur -- des rues entières sont couvertes de panneaux "A Vendre" --, le secrétaire d'Etat au Développement immobilier et urbain Alphonso Jackson va autoriser les municipalités à étendre leurs programmes de rachat de créances en déshérence, avec le soutien diligent des spécialistes du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac.

Les municipalités américaines vont être autorisées à émettre des paquets d'obligations garanties par l'Etat, assorties de coupons entièrement défiscalisés pour les souscripteurs. Cela équivaut à nationaliser les junk bonds (créances pourries) détenues par les banques.

Pour éponger les mauvaises dettes, quel meilleur moyen que d'en émettre de nouvelles, assimilables à des Bons du Trésor ? Il s'agirait alors d'emprunts adossés -- c'est un juste retour des choses -- aux impôts versés par les ménages américains, premiers bénéficiaires supposés des nouvelles mesures de soutien au marché immobilier.

Voici une nouvelle illustration du principe qui sous-tend le capitalisme moderne : privatiser les gains (et rester entre soi pour la distribution des méga-bonus)... nationaliser les pertes.

** A propos de nationalisation, celle qui se profile pour la banque britannique Northern Rock nous fait beaucoup sourire. Vous souvenez-vous des cinglantes leçons de "bonne conduite" administrées par le gouvernement (puis toute la presse financière) britannique aux responsables français lorsqu'ils osèrent avancer quelques malheureux milliards d'euros --remboursables à terme échu -- à France Télécom ou Alstom pour leur éviter un rachat à vil prix et un dépeçage par des fonds d'investissement anglo-saxons ?

S'agissant de Northern Rock, ce sont des dizaines de milliards de livres sterling qui ont été injectés en urgence par la Banque centrale britannique -- sans préavis et en toute opacité -- pour empêcher une réaction en chaîne catastrophique qui aurait dévasté la City.

Que n'avions-nous entendu entre 2002 et 2004 au sujet de ces intolérables entorses françaises aux règles de la libre concurrence, de ces interventions étatiques qualifiées d'illégales, de cette incapacité médiévale à nous débarrasser de nos pratiques colbertistes !

Nous nous tenons les côtes en découvrant les solutions mises en place par tous les donneurs de leçons de morale économique qui se retrouvent aujourd'hui confrontés à la crise du subprime : n'importe quel expédient vaut mieux que la ruine, n'importe quel déni de la réalité vaut mieux que le chaos !

Mais le hasard -- auquel nous ne croyons guère, pas plus qu'au libre-arbitre de Wall Street -- tient peut-être sa revanche : il pourrait bien se charger de leur infliger ces deux fléaux !

Philippe Béchade,
Paris

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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street

*** DEPENSES DISCRETIONNAIRES CONTRE DEPENSES ESSENTIELLES

** Durant le boom immobilier, le prix des maisons a augmenté dans quasiment tous les coins des Etats-Unis, offrant un cadeau merveilleux aux propriétaires : l'augmentation de la valeur de leurs biens immobiliers. Les Américains, épargnants malins, on su profiter de ce cadeau du marché et ont continué à avancer sur le chemin de l'indépendance financière en remboursant leurs emprunts en avance, tout en continuant à mettre de l'argent de côté. C'est ça, non ?

- Oh... si seulement c'était vrai. Mais pas du tout. Au lieu de rembourser leurs emprunts, les Américains n'ont pas cessé d'augmenter le montant de leurs hypothèques. Au vu de l'augmentation du prix des maisons -- au cours de laquelle on a vu le prix de petites maisons familiales doubler ou tripler -- qui a précédé la crise actuelle, on pourrait penser que l'Américain moyen possède un gros pourcentage de sa maison. Alors qu'en réalité, le pourcentage de propriété de valeur immobilière est au plus bas ! Comment est-ce arrivé ?

- C'est arrivé parce que pendant cette augmentation du prix des maisons, les gens ont contracté de plus en plus de prêts hypothécaires -- pensant que, puisque "les prix ne baissent jamais", c'était de l'argent gratuit. Ils ont donc utilisé l'argent pour redécorer leurs maisons, les remeubler, acheter des appareils ménagers, des nouvelles voitures, se payer des dîner en ville, et toutes ces autres choses qui ne sont en rien indispensables, mais tellement amusantes.

- Les dépenses entretenues par la valeur immobilière ont augmenté de centaines de milliers de dollars par an entre 2002 et 2006, contribuant largement à l'augmentation du PIB. Les prêteurs sur hypothèque étaient plus qu'heureux de fournir une seconde hypothèque ou une ligne de crédit sur valeurs immobilières qui atteignait, voire dépassait la valeur de la maison, puisque tout le monde savait que le prix augmenterait encore l'année suivante. Le boom de l'immobilier résidentiel a mis les prêteurs et les emprunteurs en confiance, et les a encouragés à augmenter l'endettement sur leurs maisons, ce qui a financé un vaste boom de la consommation, malgré la stagnation des salaires.

- Cette stratégie est très amusante... jusqu'au jour où le prix des maisons cesse d'augmenter. Il ne reste ensuite que des millions de gens avec des traites plus élevés sur des hypothèques plus grandes que celles qu'ils avaient précédemment, sur des maisons dont la valeur chute dans une économie qui court à la crise. Quelle est la première chose à oublier lorsqu'il n'y a plus la moindre goutte de valeur à tirer de votre maison ? La réponse est simple : les dépenses discrétionnaires.

** Il existe deux catégories de détaillants, sur les marchés actions : il y a ceux qui vous vendent des produits de base, ces choses dont nous avons besoin, comme la nourriture et l'équipement domestique essentiel. Les valeurs de ce genre d'entreprises sont considérées comme des positions défensives, puisque leurs ventes ne sont pas touchées par la récession.

- Puis il y a ceux qui vendent des produits discrétionnaires. Ces entreprises vendent des produits dont les gens n'ont pas besoin, mais qu'ils ont tendance à acheter quand la conjoncture est favorable. Des choses comme un écran plasma 60 pouces, un nouveau jet-ski, et peut-être des vacances de rêve à Branson, dans le Missouri.

- Une bonne façon de reconnaître la différence parfois subtile entre les sociétés fournissant des produits de consommation essentiels et les sociétés vendant des produits de consommation discrétionnaires, c'est de regarder de plus près la composition de leurs ventes. Si on compare les ventes de Target avec celles de Wal-Mart, on peut constater que Wal-Mart tire bien mieux son épingle du jeu en période difficile.

- Par exemple, la plus grande partie des ventes de Wal-Mart se fait sur l'alimentation et le tabac, des catégories plutôt insensibles aux aléas de l'économie. A contrario, le plus gros des ventes de Target se fait sur les nouveaux appareils électroménagers, les petits ustensiles et les vêtements. Quand il faut se serrer la ceinture, les gens vont repousser l'achat d'un nouveau mixer KitchenAid avant de restreindre leurs achats de céréales pour le petit-déjeuner ou de cigarettes, ce qui explique pourquoi Target est considéré comme valeur discrétionnaire, alors que Wal-Mart entre dans la catégorie des valeurs essentielles.

- Maintenant que le prix des maisons baisse et que le "distributeur automatique" de la valeur immobilière a été fermé, il n'est pas surprenant que les valeurs discrétionnaires soient sérieusement à la traîne sur le marché. Alors que la crise du crédit/du logement s'aggrave, ce n'est plus qu'une question de temps avant que les ventes et les bénéfices de ces vendeurs discrétionnaires ne chutent considérablement.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en transit depuis l'Afrique du Sud

*** PLAN B

** Pas grand'chose à dire aujourd'hui... et pas beaucoup de temps pour le dire. Nous avons fait nos valises, et nous nous préparons à entamer une nouvelle partie de notre tour du monde.

* Qu'avons-nous appris en Afrique du Sud ?

* Qu'il faut avoir un plan B, cher lecteur... comme nous allons le voir dans quelques lignes.

* Cette semaine, le Dow a maintenu le suspense, et grimpé. Selon nous, la marée se retire. Le cycle du crédit a atteint son sommet au printemps dernier... et la vague de liquidités et de crédit s'en va.

* Mais si nous avons raison, les prix des actifs devraient baisser. Jusqu'à présent, les prix des maisons baissent. Les derniers chiffres que nous ayons vus faisaient état d'une baisse de 13% aux Etats-Unis. Robert Shiller, qui en sait probablement plus long que n'importe qui sur les cycles immobiliers, déclare qu'ils baisseront probablement de 30% - 40%.

* Vous pouvez compter sur une baisse des prix des maisons, cher lecteur -- au moins en termes réels. Parce qu'une maison ne peut absolument pas rester hors de portée de l'acheteur moyen pendant bien longtemps. Les maisons sont des biens de consommation, non des investissements. Leur prix chutera jusqu'à ce que le consommateur puisse les acheter.

* Les actions, par contre, ne sont pas des biens de consommation. Ce sont des investissements qui grimpent et baissent en fonction de diverses choses -- l'esprit animal, le crédit, les bénéfices, etc. Les bénéfices baissent (ils reviennent toujours à la moyenne)... et le cycle du crédit est probablement devenu négatif.

* Cette semaine, le numéro un de Legg Mason a déclaré que les marchés du crédit étaient au plus mal depuis 47 ans. Et un rédacteur du Washington Post est d'avis qu'il s'agit du "plus gros pétrin depuis 1929".

* Ne reste plus que "l'esprit animal" -- le terme employé par Keynes pour désigner le sentiment des investisseurs. Les animaux sont encore croyants. Ils en sont venus à penser que le capitalisme allait les rendre riches... et que les gardiens du capitalisme s'assureraient que rien ne tournerait mal. Chaque fois qu'ils ont des doutes, Ben Bernanke et ses camarades gardiens de zoo leur jettent un morceau de viande rouge. Une baisse des taux arrive... ainsi qu'un plan de sauvetage pour le marché hypothécaire -- c'est bon, les secours sont là !

* Mais les autorités peuvent-elles toujours protéger les investisseurs de leurs propres erreurs ? Peuvent-elles s'assurer que les actions resteront éternellement en hausse ? Peuvent-elles protéger le dollar... et remettre sur pied des prêts qui ont mal tourné ?

* Non, bien entendu... mais cela ne signifie pas qu'elles n'essaieront pas ! Les animaux seraient très déçus, sans cela.

* La Fed va-t-elle y parvenir ? Va-t-elle renverser la marée... ou, comme le roi Canute, finira-t-elle simplement par se rendre ridicule ?

* Nous verrons bien, n'est-ce pas ?

** "Il faut toujours avoir un plan B. C'est ce que nous avons appris en vivant en Afrique", nous a déclaré un collègue hier soir. "Les Américains sont si naïfs. Enfin, je suppose qu'on devrait dire qu'ils sont naïfs en toute félicité... et jusqu'à présent, ils ont pu être naïfs sans conséquences négatives... une situation qui est probablement en train de changer".

* "Vous pensez qu'on peut appuyer sur l'interrupteur... et que la lumière s'allumera toujours. Vous pensez qu'on peut marcher dans la rue sans se faire agresser ou voler (enfin, peut-être que vous avez des doutes sur le sujet). Vous pensez que le système social prendra soin de vous durant votre retraite... que vos dirigeants seront plus ou moins honnêtes... et que le dollar gardera sa valeur (enfin, là aussi, vous vous posez peut-être des questions)..."

* "Mais ici, en Afrique, nous avons bien appris notre leçon. Les choses ne se passent pas toujours comme elles le devraient. Les gouvernements changent. Les conditions changent. On ne peut compter sur rien. On a vu ce qui s'est passé en Ouganda... en Côte d'Ivoire... au Nigeria... et ce qui arrive au Zimbabwe en ce moment. Le Zimbabwe était un pays magnifique. A présent, c'est un désastre. Un désastre complet".

* "Voilà pourquoi, si vous êtes intelligent, vous aurez un plan B. On a tous un plan B... c'est-à-dire qu'on a un autre passeport... un compte en banque hors du pays... ou quelque chose, de manière à ne pas nous retrouver coincés si les choses tournent vraiment mal".

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Gagner 679% en une semaine sur une action qui ne grimpe que de 33%...
... IMPOSSIBLE ?

Croyez-le ou non, mais des choses de ce genre sont tout à fait possibles pour quelques personnes bien informées. Des gains de 102,94%, 90,48%, 101,94%, 93,06%, 180,96% et même 679% s'accumulent, permettant à ces "initiés" d'engranger de véritables fortunes.

Et aujourd'hui, il ne tient qu'à vous de rejoindre ces privilégiés : un clic suffit...

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*** La Chronique Agora présente ***

Le dollar, tout le monde s'accorde à dire que sa chute est inéluctable. Certes, mais le chemin ne sera peut-être pas rectiligne... Isabelle nous donne ses impressions sur l'avenir du billet vert à court terme.

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UN FORT REBOND DU DOLLAR NOUS GUETTE !
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Par Isabelle Mouilleseaux (*)

Petite devinette...
EADS et Dassault menacent de délocaliser une partie de leur production en zone dollar ; Abu Dhabi achète 7% du capital de Citigroup ; les avions de Boeing et Airbus s'arrachent comme des petits pains ; Baosteel met 200 milliards sur la table pour racheter Rio Tinto... à votre avis, quel est le point commun entre tous ces évènements ?

Eh oui ! Le dollar... encore et toujours...

Plongeon violent et généralisé du dollar
Le dollar est dans une grande tendance baissière qui dure depuis des années et durera encore des années. L'euro est ainsi passé de 0,86 $ à 1,49 $ en quelques années. Le dollar a déjà perdu plus de la moitié de sa valeur dans cette histoire. Pire, la devise américaine s'effondre contre toutes les monnaies.

Depuis le début de l'année, il a perdu 5% par rapport à la livre sterling, 10% par rapport au yen et au franc suisse, 12% par rapport à notre euro et jusqu'à 18% par rapport au dollar canadien !

Et je ne parle même pas de l'or. Dire qu'il y a quelques années, il fallait 285 $ pour acheter une once... Aujourd'hui il faut mettre 800 $ sur la table pour obtenir la même chose !

La dépréciation du dollar va beaucoup trop vite !
Il ne fait aucun doute pour moi que la baisse du dollar est structurelle et qu'elle va se poursuivre à long terme. En revanche, je suis d'avis que les choses vont beaucoup trop vite ces derniers mois. Le risque ? Déstabiliser le très fragile équilibre économique mondial, et par ricochet l'ordre mondial tout court !

En clair : il faut à tout prix freiner la spirale dollar destructrice de valeur.

Que pensez-vous qu'il se passera au Proche-Orient si en un rien de temps la valeur du dollar était réduite à néant ? C'est l'implosion de toute la région assurée ! Il faut laisser le temps au temps -- sans quoi pas d'adaptation possible, ni pour les entreprises, ni pour les Etats.

Pensez-vous un instant que la Chine va laisser se déprécier ses milliards de dollars de réserves les bras croisés ? Vendre massivement ses dollars contre des euros conduirait à un krach assuré de la devise US. Personne n'y a intérêt... La diversification des réserves de change a ses limites !

Alors que faire ?

Un front est en train d'émerger pour soutenir le dollar !
Les détenteurs de dollars ont trouvé la parade ! A savoir réussir à soutenir le dollar en neutralisant la destruction massive de valeur de leurs actifs libellés en dollars.

Abu Dhabi vient d'acheter 7% de Citigroup, dont le cours a dévissé de plus de 45% en un an. En clair, ces 7% valaient 120 milliards de dollar de plus l'an passé qu'aujourd'hui. Et alors ?

Et alors c'est un symbole fort, une nouvelle stratégie qui se dessine : dorénavant, les Américains vont payer leur facture pétrolière en actions sonnantes et trébuchantes.

Ils auront le brut, mais en échange ils paieront en actions. Et pas n'importe quelles actions : de belles actions à prix sacrifiés, temporairement délaissées et si peu chères du fait d'un dollar tellement déprécié.

Un deal "win-win"
Le rachat potentiel de Rio Tinto par Baosteel relève (entre autres) de la même stratégie. Même chose pour Essilor qui est en train de finaliser des rachats d'entreprises aux Etats-Unis.

Les détenteurs de dollars vont faire leurs emplettes pour des clopinettes en zone dollar. Un deal "win-win". Ca soutient la devise américaine et permet aux prédateurs d'acquérir de vrais bijoux pour trois fois rien !

Le dollar pourrait bien rebondir...  
La longue descente aux enfers du dollar pourrait momentanément s'interrompre. Tout simplement parce que sa chute a été trop rapide ces derniers temps. Il faut qu'il reprenne son souffle. Plus le rebond tardera, plus il sera fort.

Et les investisseurs qui l'auront vu venir pourraient bien encaisser des gains de change significatifs sur ce revirement de tendance. [NDLR : Vous avez un compte Forex et souhaitez obtenir des recommandations détaillées pour profiter de ces gains de change au plus vite ? Il suffit de cliquer ici...]

Quand ? Très prochainement...
Ce rebond pourrait avoir lieu à la fin de l'année/début de l'année prochaine. D'ici quelques semaines donc...

Retenez juste cette statistique : dans 80% des cas depuis 1996, le dollar rebondit au mois de janvier. 

Mieux maintenant : le rebond risque d'être fort !
Si rebond il devait y avoir, il y a une forte probabilité pour qu'il soit significatif !

Sur les 25 dernières années, on constate que lorsqu'il y a dans le cycle du dollar un changement de tendance de la baisse vers la hausse, le rebond est de 27% en moyenne la première année et de 14% la seconde !

Meilleures salutations,

Isabelle Mouilleseaux
Pour la Chronique Agora

(*) Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d'être le plus grand boom du 21ème siècle... Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L'Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici, laissez-vous guider... et n'oubliez pas : c'est entièrement GRATUIT !

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