La Chronique Agora

 
Qui, du drapeau rouge ou du pavillon contrarien, flottera fièrement ?

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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 21 Novembre 2007
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*** Désastres... qui illuminent Wall Street
Freddie Mac et Fannie Mae ne sont guère en forme, ces jours-ci...

*** La Chine, entre matières premières et dollars
Dan Denning nous donne quelques nouvelles de l'Australie et de son rôle-clé sur le marché des matières premières...

*** Méditation sur le "contrarianisme"
Et pourquoi il ne faut jamais trop s'éloigner du genre humain...

*** Qui, du drapeau rouge ou du pavillon contrarien, flottera fièrement ?
... et pourquoi pas le pavillon de la marine marchande australienne ?

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Le Trader Fou continue de faire des siennes !
Depuis le début du mois d'octobre, il a déjà récolté des gains de 70%... 25%... 45%... 23%... 90%... et même 100% !

Le secret de tels gains ? Une technique de sélection ultra-affûtée -- et une forme d'investissement pas comme les autres. Pour percer son secret, continuez votre lecture...

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Bonjour,

*** DESASTRES... QUI ILLUMINENT WALL STREET

** Le jeu de mot est de circonstance car Fannie Mae et Freddie Mac, tels des astres morts -- après avoir brillé comme des supernovae de 1996 à 2004 -- sont en train de s'effondrer sur eux-mêmes en illuminant Wall Street. Mais cette illumination provient du spectre des rayons X, lesquels révèlent l'ampleur des risques systémiques liés à la bulle du crédit immobilier aux Etats-Unis.

Afin que vous saisissiez pleinement la gravité de la situation, rappelez-vous que le portefeuille de prêts de ces deux établissements para-publics contient au moins 25% de subprime et autres emprunts à mensualités aménagées. Rappelons également que la gestion et le champs d'action de ces deux établissements sont sous le contrôle du Congrès américain et représentent 1 600 milliards de dollars. Ajoutez-y les lignes de crédit pourries de Countrywide puis de Novastar -- tous deux soupçonnés d'une faillite imminente -- et vous obtenez une masse d'argent équivalent au PIB de la France, exprimé en dollar.

Multipliez maintenant cette valeur par quatre et vous obtenez le montant de l'endettement des ménages américains lié à l'immobilier. Prenez 15% de ce total qui est constitué de subprime et 15% supplémentaires de créances à haut risque (taux révisables) et vous obtenez 2 000 milliards de dollars de créances titrisées (une nouvelle fois le PIB de l'Hexagone). Cette somme, à terme,  pourrait devoir être passée par "pertes et pertes" -- car aucun profit n'est envisageable ! -- si les prix de l'immobilier devaient corriger globalement de -25%, une hypothèse plausible, d'ici janvier 2010. Quatre ans de consolidation, c'est une période "moyenne" dans le secteur de l'immobilier. La décrue s'est amorcée fin 2005, début 2006 : il va falloir faire le dos rond pendant encore deux ans...

Et chaque trimestre qui passe va se conclure par l'inscription de nouvelles provisions pour pertes potentielles ou avérées. Une perspective qui n'enchante pas les investisseurs détenant les actions de spécialistes du crédit hypothécaire, comme en témoigne l'effondrement de Freddie Mac hier soir (33% d'un coup, 65% en six mois) en réaction à l'annonce de huit milliards de dollars de dépréciation d'actifs, de deux milliards de dollars de perte sèche.

Les analystes s'attendent à une division par deux du dividende et une augmentation de capital imminente. Freddie Mac a mandaté Goldman Sachs pour lever massivement des fonds.

Son plus grand rival, Fannie Mae, plongeait de 25% mardi soir (à mi-séance), soit une débâcle de 43% en une semaine et plus de 50% en une quinzaine de séances de cauchemar.

Dans le même temps, Northern Rock était à l'agonie à la bourse de Londres. Le titre, qui était remonté au-delà de 240 livres début octobre sur l'anticipation d'offres de reprise multiples (Virgin Financial, JC Flowers, Apollo Management, the Blackstone Group) est retombé sous les 100 livres dès l'ouverture mardi matin, Cerberus jetant l'éponge. Puis ce fut rapidement l'hallali, le vent de panique se traduisant par une chute de 40% et l'inscription d'un nouveau plancher historique de 65 livres (soit 50% de baisse en 48 heures).

** Nous n'avons pu nous empêcher de juger surréaliste le rebond de 1% de Wall Street au cours des deux premières heures de cotations. Les opérateurs ont contemplé sans sourciller l'effondrement de Fannie Mae, de Freddie Mac, de l'assureur crédit Ambac Financial, de son homologue MBIA et autres AIG...

Le Dow Jones, qui affichait jusqu'à 150 points de hausse (entre 12 950 et 13 100) n'a pas tardé à déchanter. A la mi-journée, il abandonnait 0,5% dans le  sillage de Citigroup, J.P. Morgan et American Express. Pendant ce temps, le S&P 500, lui, décrochait sous le support des 1 430 points. Grâce au sursaut des indices américains, le rebond des places européennes s'est accéléré tout au long de l'après-midi. Le CAC 40 (1,36%) a clôturé non loin des plus hauts du jour (5 516 points) après avoir testé le support des 5 415 points, un niveau équivalent à celui affiché en octobre 2006.

** Pour que le rebond s'amorce en Europe, il aura fallu que la rumeur d'une intervention de la Fed circule dès hier soir, lors de la publication des "minutes" de sa dernière réunion de politique monétaire. Il s'agirait d'un plan d'urgence, une réplique du 17 août en quelque sorte... à ceci près que ce plan contiendrait de forts relents de LTCM car l'enjeu consiste non plus à sauver un fonds spéculatif géré par des "potes" des membres de la Fed et des plus grandes firmes de courtage de Wall Street, mais bien de sauver des établissements de crédit hypothécaires -- et leurs millions de clients et actionnaires -- de la faillite.

Les spécialistes des marchés obligataires sont au bord de la crise de nerfs. Si le rendement des T-Bonds se détend, le coût des refinancements à deux ans sur les émissions du secteur privé atteint un plafond de 18 ans !

** La rumeur d'un coup d'éclat de la Fed aura peut-être fait rebondir Wall Street, l'espace d'une demi-séance. Mais elle envoie le dollar par le fond aussi sûrement qu'une torpille frappant une vedette iranienne frôlant de trop près un pétrolier en route pour le Texas. Ce 20 novembre, le billet vert vient d'inscrire un nouveau plancher historique sous les 1,4810 euro.

L'explication n'est guère difficile à appréhender : le rendement des T-Bonds américains et des Bunds (bons du Trésor Allemand) 2017 est maintenant à parité à 4,07%.

** L'actualité chiffrée du jour se résumait à la publication d'une hausse surprise de 3% des mises en chantiers de logements aux Etats-Unis au mois d'octobre, à un rythme annualisé de 1,23 million d'unités. Rappelons que les économistes tablaient en moyenne sur un chiffre de 1,17 million...

Cette bonne nouvelle a été contrebalancée par le net repli (6,6%) des demandes de permis construire, considérées comme un indicateur de l'évolution future de l'activité de la construction . A 1,18 million d'unités en rythme annualisé, il s'agit de leur plus bas niveau depuis 1993 et les experts s'attendent à l'enfoncement de la barre du million dès le début de l'année 2008.

Paradoxalement, et alors que les organismes de financement immobilier s'effondraient outre-Atlantique, le secteur des foncières s'envolait à Paris avec Unibail Rodamco, Klépierre ou Foncière des Régions (en hausse moyenne de 6%).

** Tout aussi curieusement, le sursaut initial du Nasdaq ne profitait nullement aux technologiques du CAC 40. Alcatel-Lucent a reperdu 0,6% et enfoncé un nouveau plancher annuel à 5,22 euros, un plus bas depuis mars 2003. Même punition pour ST-micro (-1,75%) qui dévissait sous les 10,8 euros (son plancher de mai 2006 et de décembre 1998).

Il semble que les "habillages de bilans" ont commencé. Les gérants ramassent encore, par réflexe, les titres les plus performants dès que la tendance se raffermit... mais ils se débarrassent sans ménagement des canards boiteux, car la priorité est maintenant donnée à l'élimination du risque sous toutes ses formes !

Philippe Béchade,
Paris

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Dan Denning vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LA CHINE, ENTRE MATIERES PREMIERES ET DOLLARS

** "Dans les économies en pleine expansion du nord est de l'Asie, la ruée vers la sécurité énergétique a généré une formidable percée dans le marché -- un contrat à long terme d'exportation de GNL entre Woodside et l'imposant CPC Corporation de Taiwan, qui pourrait participer à hauteur de 45 milliards de dollars", indiquait hier Nigel Wilson dans le journal The Australian.

- Quelqu'un a dit sécurité énergétique ? L'OPEP ne semble pas encline à utiliser le pétrole comme une arme, selon les souhaits d'Hugo Chavez qui aimerait en faire un instrument contondant permettant d'humilier et punir les Etats-Unis. Mais de toute façon, à quoi bon ? Le pétrole est déjà une arme, ne serait-ce que par l'endroit où il se trouve... et la manière dont il parvient à ceux qui le veulent le plus.

- Un graphique de l'OCDE (établi à partir des données de l'AIE) montre les principales voies d'échanges pétroliers dans le monde : pour les importateurs asiatiques de brut du Golfe Persique, le pétrole doit traverser le détroit d'Hormuz et les détroits de Malacca avant d'atteindre le Japon, la Corée, Taiwan et la Chine.

- Dans un monde normal, ce ne serait pas un problème. Mais nous ne vivons pas dans un monde normal. Nous vivons dans un monde où la demande en énergie va bientôt exploser les limites de l'offre. Et nous vivons dans un monde où le marché de l'énergie constitue l'un des plus grands enjeux géopolitiques.

- Il est essentiel de mettre les capitaux énergétiques de l'Australie sous cette perspective. L'Australie est relativement proche de l'Asie. Et le pays possède un portefeuille d'actifs énergétiques qui devraient prendre de la valeur à mesure que le pétrole se raréfie. Le GNL est en tête de liste. Le charbon thermique le suit de près. Et il se peut que -- lorsque la réalité géopolitique aura rattrapé la politique locale --, l'uranium soit aussi de la partie.

- Et le minerai de fer ? Les pièces du puzzle sont elles enfin réunies pour que puisse avoir lieu une expansion structurelle du secteur du minerai de fer australien ? Nous pensons que la réponse est oui. Mais la nouvelle tombée fin de semaine dernière, annonçant que la Chine a "gelé" tous les prêts bancaires jusqu'à la fin de l'année, laisse supposer que le boom spectaculaire de la Chine est sujet au même genre d'inconstance que celle qui caractérise tout développement économique galopante.

- Cela signifie qu'à long terme, la montée de l'Extrême-Orient en tant que moteur de la croissance mondiale est quasi-certaine. A court terme, les juniors du secteur du minerai de fer à l'Ouest de l'Australie pourraient être sérieusement ballottées. Accrochez-vous !

** Puisqu'on parle de la Chine, ses malheurs avec le dollar sont de plus en plus prononcés. "Nous n'avons jamais eu à affronter une telle pression", a déclaré Wen Jiabao aux journalistes. Il parlait de la grande inquiétude concernant le déclin du dollar US, devise que la Chine possède en grande quantité (environ 1,4 milliers de milliards de dollars). "Nous nous inquiétons de savoir comment nous allons pouvoir protéger nos réserves".

- Et en effet, il y a de quoi s'inquiéter. C'est d'ailleurs un souci pour beaucoup de gens. Existe-t-il une réponse ? Ce n'est pas aussi simple que de se tourner tout bonnement vers autre chose.

- Vous ne pouvez pas déplacer autant d'argent si rapidement (en vendant des dollars) sans occasionner ce qui, justement, vous inquiète : une chute encore plus importante.

- Pourtant, les ronds-de-cuir et les bureaucrates du monde entier tentent de vanter le dollar. "Nous assistons en ce moment à une intervention verbale non-coordonnée", affirme Stephen Jen de Morgan Stanley. "C'est utile puisque sans ça, les investisseurs et les spéculateurs auraient pensé que les autorités fermaient les yeux sur ce qui se passe sur le marché des changes", ajoute-t-il.

- Si les gens pensaient réellement que le dollar était sous-évalué, ils en achèteraient, plutôt que de discuter des raisons pour lesquelles il devrait être fort. Mais il n'est pas fort. Et personne n'en achète.

- "Nous ne parlerons bientôt plus du dollar, parce que le dollar perd de la valeur et que son empire s'écroule", a affirmé le volubile Hugo Chavez. Lui et son super copain Mahmoud Ahmadinejad racontaient des histoires de guerre à la presse, concernant leur guérilla pour le cœur de l'OPEP.

- "Naturellement, le krach du dollar va entraîner le krach de l'empire américain", a ajouté Chavez. Il n'a probablement pas tort, mais tout le monde n'est pas d'accord...

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, en Irlande

*** MEDITATION SUR LE "CONTRARIANISME"

** Nous voilà en Irlande où nous marchons... nous flânons et nous cogitons... et les idées s'entrechoquent.

* Notre sujet de méditation, c'est le "contrarianisme" -- dont Simone Wapler nous parle d'ailleurs ci-dessous. Nous savons que cela fonctionne dans le monde de l'investissement. "Achetez lorsque le sang coule dans les rues", disait Nathan Rothschild.

* Mais si ça fonctionne pour l'investissement, pourquoi pas dans le reste de la vie ? "Vous êtes soit contrarien... soit victime", déclare notre vieil ami Rick Rule. Ceux qui suivent les foules sont victime des marchés financiers.

* Nous avons regardé un peu la télévision durant notre séjour en Irlande. Un groupe d'Anglais a attiré notre attention. Ils bondissaient comme des enfants... hurlant et applaudissant. De quoi se réjouissaient-ils ? Leur équipe venait de gagner. Ils avaient gagné. Ils étaient des gagnants. Ils faisaient une tête de plus que le reste de l'humanité. Ils étaient plus fiers. L'allégresse régnait à Lambdaville.

* Ces gens n'avaient rien des gagnants. Ils avaient l'air de perdants. Ils n'étaient pas en forme... mal habillés, en t-shirts et en jeans... avec des expressions stupides sur le visage. Et pourtant, comme par un miracle tenant de la transsubstantiation, ils étaient transformés en valeureux vainqueurs... Qu'avaient-ils fait ? Rien. De quel mérite ou compétence avaient-ils fait preuve ? Aucun. Et pourtant, ils se sentaient comme des vainqueurs simplement parce que leur équipe avait marqué plus de buts que ses opposants. Il s'agissait de supporters absolus... émotionnellement et intellectuellement. Dans le monde, on consacre bien plus d'énergie mentale à deviner la prochaine décision des arbitres durant les matches qu'à écouter les concertos de Brandebourg ou à lire Guerre et Paix.

** "Tu sais", nous a dit Elizabeth, "tu risques de t'isoler à tel point que tu ne pourras plus participer à ces choses... et en profiter. En réfléchissant de cette manière, on risque de s'éloigner de tout le monde à tel point qu'on ressemble à un homme ayant le nez collé à une vitre... comme le monstre de Frankenstein... observant la race humaine. Ce sera très solitaire"...

* "On pourrait aussi penser à Rhett Butler, dans 'Autant en emporte le vent'. En voilà, un vrai contrarien. Il savait que la Guerre de Sécession était une cause perdue. Il a conseillé à ses camarades sudistes de ne pas partir en guerre. Puis, au lieu de les rejoindre, il a profité de la guerre... Il forçait les blocus, tu te souviens ? Mais même lui n'a pas pu rester longtemps en dehors. Près de la fin, alors que la Grande Cause était quasi-perdue, il a rejoint l'armée confédérée. Il n'en avait pas besoin. Il savait que c'était sans espoir. Mais il l'a fait".

* "C'est très bien d'être contrarien... mais nous sommes aussi humains. Et les humains fonctionnent à l'instinct... et nombre de ces instincts sont nobles et bons. Il vaudrait mieux ne pas prendre trop de distance par rapport à ces instincts... ou tu cesseras d'être humain tout court".

* Un philosophe grec -- nous ne nous souvenons plus lequel -- a affirmé que la plus grande malédiction pour un homme était d'être marié à une femme intelligente. Elle rira de ses prétentions et trouvera la faille dans ses arguments. Non, ce dont un homme a besoin, c'est d'une femme bonne, disait ce philosophe -- une femme qui fasse des biscuits et regarde son mari avec adoration, comme un cocker.

* Mais les Grecs se sont trompés sur pas mal de choses. Une femme intelligente, c'est la meilleure protection qu'un homme puisse trouver contre sa propre logique absurde et sa propre vanité ridicule. Elle soulignera qu'il est idiot... et il verra qu'elle a raison.

* Le contrarianisme, en tant que philosophie, ne nous amène pas plus loin -- et au passage, nous ne sommes pas exactement contrariens... ceux qui subissent la Chronique Agora depuis longtemps se rappelleront que nous sommes des essentialistes. Distillez la transaction jusqu'à atteindre son essence, disons-nous. Ensuite, trouvez les règles qui la dirigent. Nous vous en dirons plus quand nous aurons une minute à nous...

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Le CAC 40 à 6 500 points... ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $... ou à 100 $ ?
Economie mondiale en plein boom... ou krach globalisé ?

2008 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?

Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992... et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006... voici le moyen d'affronter tout ce que l'avenir boursier peut nous réserver !

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*** La Chronique Agora présente ***

Simone Wapler se demande où investir, en ce moment... et trouve une piste de réponse potentielle, de l'autre côté de la Terre.

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QUI, DU DRAPEAU ROUGE OU DU PAVILLON CONTRARIEN, FLOTTERA FIEREMENT ?
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Par Simone Wapler (*)

J'ai l'impression étrange de revenir à la fin des années 2000.

Notre drapeau rouge flotte encore... et toujours
Scrutant la marée montante de liquidités, il me semble apercevoir de moins en moins d'îlots accueillants, de ports susceptibles de nous abriter contre un ouragan, une lame de fond. Et, comble de malheur, à la marée habituelle s'ajoute la marée noire du pétrole.

Le drapeau rouge de la baignade dangereuse commence à être un peu effiloché : cela fait si longtemps qu'il flotte. Mais pourtant, aucune vraie vague n'est venue tout emporter... ou pas encore.

Et rien n'est suffisamment délaissé pour sortir le drapeau contrarien
Mon drapeau contrarien en revanche est très présentable, mais je ne peux pas encore le hisser. C'est qu'il y a si peu d'actifs vraiment délaissés en ce moment ! Vous savez, ces investissements qui font ricaner ceux qui sont "dans le vent" au moment où les contrariens les choisissent. Par exemple : trouver aujourd'hui quelque organisme de crédit sur la côte ouest des Etats-Unis ou un équivalent californien des ciments Lafarge, tellement massacré par la crise du bâtiment qu'on le paierait 2 $ (avec un euro). Non, rien encore ne justifie la sortie du pavillon contrarien. Ce que je vois n'est encore ni assez hideux, ni assez dégoûtant.

Et pourtant, tout le monde sait qu'un investisseur avisé investit en permanence, indifférent aux hauts et bas des marchés. Le terme "avisé" s'applique non pas au moment, mais au choix du couple "quoi et quand". Lorsque les rats fuient le navire, l'investisseur avisé et contrarien cherche les trésors dans les épaves. C'est donc que je ne dois pas assez bien scruter. Je reprends ma lorgnette.

L'Australie, Terre Promise du contrarien ?
Très, très loin à l'horizon, je vois une terre étrange.

La monnaie y est forte, l'Etat excédentaire et un relèvement des taux directeurs de la Banque Centrale y est âprement discuté. Ce pays médite de passer son taux d'intérêt de 6,5% à 7% en 2008. L'inflation y est sérieusement discutée. Non je n'ai pas rêvé, il ne s'agit pas d'un Contrariland mythique. Cette terre lointaine s'appelle l'Australie.

Pourquoi ne pas faire un peu de carry trade, cher lecteur ? Il suffirait de prendre quelques euros, de les transformer en dollars australiens et de les mettre sur l'équivalent d'un livret de Caisse d'Epargne. On dort paisiblement en encaissant 7% l'an et en profitant de l'essor du dollar australien par rapport à l'euro. Eh oui : en septembre, la parité euro/dollar australien était de 1,70 ; elle est maintenant de 1,60. Le dollar australien a gagné 6% en deux mois.

Mais j'ai honte, cher lecteur, de vous proposer ce marché d'épicier. En plus, vous allez me dire qu'il est vraiment trop compliqué d'ouvrir un compte d'épargne à Sydney.

En fait, je ne vous ai parlé de l'Australie que pour vous faire savoir qu'il y a des endroits où l'inflation est prise plus au sérieux que sous nos latitudes. Et pour vous signaler, en passant, que la force de l'euro était bien relative.

A l'heure où j'écris ces lignes, les marchés actions enregistrent quelques secousses et il est encore trop tôt pour déterminer s'il s'agit d'une vraie correction salutaire (qui nous laissera des épaves pleines de trésors) ou d'un incident de parcours qui sera encore trop vite oublié.

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart's... Spécialisée dans les valeurs technologiques et industrielles, elle est analyste en chef de L'Investisseur Or et Matières et se penche aussi sur l'or et les valeurs étrangères dans le cadre de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine. Elle participe également régulièrement à L'Edito Matières Premières

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