La Chronique Agora

 
Bon marché, le pétrole à 100 $ ? (1)

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La Chronique Agora
Paris, France
Lundi 19 Novembre 2007
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*** Ne vous fiez pas à l'apparente stagnation des indices !
Le CAC 40 a terminé la semaine dans le rouge... mais Philippe Béchade parie sur un sursaut

*** Leçon de français aux congrès US... la suite !
Adrian Ash continue de nous parler du statut de devise de réserve mondiale du dollar

*** Panique sur les pâtes
Les pâtes, le blé, l'or, le pétrole... tout grimpe. Quelle coïncidence...

*** Bon marché, le pétrole à 100 $ ? (1)
"Une chose est claire : l'époque du pétrole facile est révolue…"

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Comment accumuler jusqu'à 600% de gains grâce au DEUXIEME boom de l'Inde !

Jusqu'à présent, seule une poignée de grands patrons profitait des milliards générés par la révolution industrielle indienne... Aujourd'hui, à votre tour de vous inviter à la fête !

Profitez de l'arrivée massive de capitaux en Inde... sans bouger de chez vous
Il suffit de continuer votre lecture...

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Bonjour,

*** NE VOUS FIEZ PAS A L'APPARENTE STAGNATION DES INDICES !

** Tout un symbole ! A 17h29 vendredi, il ne manquait qu'un tout petit point d'indice au CAC 40 (5 523,6) pour ne pas terminer la semaine sur un score globalement négatif... Mais les opérateurs n'ont pas su profiter du fixing pour donner ce minuscule coup de pouce qui aurait évité de terminer sur une performance hebdomadaire de -0,01%.

Le SBF 120 (-0,84% vendredi dernier) ne s'en tire pas mieux et affiche -0,35% d'un vendredi sur l'autre. Les valeurs moyennes du SBF 80 ont connu une véritable débâcle jeudi et vendredi (chutant de 1,85% à deux reprises), ce qui se traduit par une correction de 2,65% (après -4,15% la semaine précédente).

Le SBF 80 enfonce ainsi ses planchers de la mi-septembre et se retrouve à 2% de son plancher annuel de clôture du 16 août dernier.

Il est difficile de nier que tout se passe comme si une rotation sectorielle s'exerçait au détriment des mid caps -- jugées plus vulnérables à un ralentissement conjoncturel en Europe -- que les blue chips du CAC 40 qui surfent sur la croissance mondiale.

Mais cette dernière risque d'être affectée à son tour par la crise du subprime, même si la consommation des ménages américains se maintient à un bon niveau, à moins d'une semaine de la célébration de Thanksgiving.

** Jeudi dernier, Wall Street avait clairement pâti des incertitudes concernant la croissance américaine et les questionnements au sujet de la santé des établissements de crédit américains n'ont pas arrangé les choses...

Une inquiétude alimentée par les commentaires très alarmistes de Mellon Bank, qui compare la crise de l'immobilier actuelle à 1929. Quant à Goldman-Sachs, il évoque des retombées négatives de "grande ampleur" de la crise immobilière sur l'économie américaine et l'activité des banques du pays.

Connaîtraient-elles collectivement de sérieuses difficultés de trésorerie à six semaines de la fin de l'année fiscale ? C'est ce que semble induire l'injection massive de 47,25 milliards de dollars de liquidités opérée jeudi par la Fed, soit trois fois le montant moyen pour ce genre d'opération. Qui a eu besoin d'autant d'argent dans l'urgence et surtout, pourquoi ?

** Les chiffres macro-économiques publiés la semaine dernière aux Etats-Unis n'ont pas détendu l'atmosphère, puisque la production industrielle en octobre reculait de 0,5% (au lieu de +0,1% anticipé). D'autre part, la balance des capitaux n'enregistre aucune embellie après les 150 milliards de dollars qui avaient quitté le sol américain au mois d'août (chiffres officiels publiés par le département du Trésor).

Un rééquilibrage était attendu (60 milliards de dollars) mais les étrangers continuent de se détourner des actifs libellés en dollar. Le mois de septembre se solde par 14,7 milliards de dollars de sorties de capitaux supplémentaires. Quant à la Chine, elle a réduit de quatre milliards de dollars son exposition sur les T-Bonds américains.

Mais vendredi, Wall Street s'est ressaisi en fin d'après-midi après que le Dow Jones a de nouveau tutoyé le seuil psychologique des 13 000 points en début de séance. Le Nasdaq 100, lui, au bout d'un quart d'heure de cotation, a effectué un passage en rase-motte au-dessus des 2 000 points.

A la mi-séance, le tableau avait bien changé puisque le Dow Jones affichait 0,6% à 13 200 points tandis que le Nasdaq Composite se redressait de 0,5%.

** Deux membres de la Fed se sont exprimés pour avertir les marchés que, de leur point de vue, les taux directeurs n'avaient pas besoin d'être modifiés et ne le seraient que si l'économie américaine véhiculait des signes de ralentissement beaucoup plus brutaux que ceux décelables cet automne. De surcroît, le renforcement des pressions inflationnistes ne se prête guère à un nouvel assouplissement monétaire d'ici trois semaines.

Le dollar en a profité dans un premier temps pour rétrograder sous les 111,3 yen mais il est rapidement retombé sous les 110,80 puis les 1,4660 euro.

** En fin de journée, le baril de pétrole est brusquement remonté au contact des 94 $ alors que l'OPEP a fait savoir qu'elle se montrerait réticente à ouvrir davantage les vannes pour des raisons écologiques.

L'OPEP -- qui a réuni les chefs des Etats membres samedi à Ryad -- affecte de se préoccuper des conséquences écologiques de la combustion du précieux liquide dans les centrales thermiques. Et pendant ce temps, la Chine inaugure chaque semaine une nouvelle unité fonctionnant au charbon,ce qui s'avère largement plus polluant en terme de rejet de CO2 !

Mais notre étonnement provient de la passivité des pays développés, tant au niveau de la neutralisation des émissions de gaz à effet de serre que du développement de carburants alternatifs, moins nuisibles à l'environnement. Malgré l'échec du protocole de Kyoto -- torpillé par le cartel pétrolier qui avait financé la campagne de Georges W. Bush --, la plupart des experts affirmaient que le franchissement durable du cap des 50 $ le baril provoquerait une révolution comportementale. Selon eux, cette révolution allait se traduire par le biais d'une ponction devenant rapidement intolérable en termes de pouvoir d'achat pour des populations grandes consommatrices d'énergie.

L'or noir a triplé de valeur en trois ans, quintuplé en cinq et les 50 $ ne sont plus désormais qu'un lointain souvenir... Mais à part quelques éoliennes disgracieuses supplémentaires dans les pays nordiques et des biocarburants qui créent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent -- surtout ceux extraits du maïs --, les pays développés n'ont pris aucune mesure stratégique, de type Airbus ou "plan atome", pour épargner aux pays producteurs de pétrole l'épuisement de leurs ressources.

** L'Amérique ne craint pas non plus d'épuiser leur patience en sabotant le dollar. L'Iran presse l'Arabie Saoudite de faire pression sur Washington pour obtenir la stabilisation de la valeur du billet vert ou, le cas échéant, de changer de devise de référence. Mais Ryad ne veut pas prendre le risque d'évoquer le problème au moment où les détenteurs de réserves en dollars n'attendent qu'un signe d'impuissance (ou de refus) des Etats-Unis pour liquider massivement leurs positions.

Une des réalités bien cynique d'une époque qui ne l'est pas moins, c'est que la consommation effrénée de pétrole (et de ses dérivés) constitue une mine d'or pour les gouvernements occidentaux. En France, la taxe sur les carburants (ou TIPP) rapporte autant que l'impôt sur le revenu. Aux Etats Unis, cela enrichit les majors et les marchands d'armes. Alan Greenspan reconnaît lui-même que l'invasion de l'Irak avait comme principal motif la prise de contrôle du pétrole le moins cher du monde (en terme de coût d'extraction).

Et combien a coûté l'aventure irakienne au contribuable américain ? Plus de 1 000 milliards de dollars en quatre ans (ou bientôt cinq ans en comptant les préparatifs). La "sécurisation" de l'Afghanistan est estimée à 500 milliards de dollars. Cela représente une facture de 5 000 dollars par citoyen américain, plus de 20 000 dollars par famille... De quoi faire quelques pleins à la pompe de son quartier et remplir plusieurs fois sa cuve de fioul pour l'hiver !

** Mais il est grand temps d'oublier ces sombres considérations car le rush de Thanksgiving se profile. L'orgie de consommation annuelle requiert une contribution positive de Wall Street durant cette semaine décisive pour la grande distribution et le commerce de détail.

Il serait du plus mauvais effet de voir les indices américains dévisser comme ils l'avaient fait en début de semaine dernière. Nous parions donc -- et nous l'avons largement expliqué sur le Téléphone Rouge, au 0899 781 961* -- sur un sursaut du Dow Jones et du Nasdaq au cours des prochaines heures... sursaut qui sera probablement le dernier cette année.

En ce qui concerne les opérations d'habillage des bilans, nous pressentons que la mode sera à la sobriété et au dépouillement (dans tous les sens du terme !) en cette fin d'année 2007...

Philippe Béchade
Paris

*(1,35 euros l'appel + 0,34 euro/minute)

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Adrian Ash vous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** LECON DE FRANCAIS AUX CONGRES US... LA SUITE !

** "Imprimer un billet de 100 $ ne coûte presque rien au gouvernement américain", a écrit l'année dernière Thomas Palley, économiste à Washington, "mais les étrangers doivent donner plus de 100 $ de leurs propres ressources pour obtenir ce billet".

- "C'est un joli profit pour les contribuables américains".

- Ces profits -- versés en pétrole des pays arabes... en jouets de Chine... et en vacances dans des capitales européennes décrépites -- ont grimpé en flèche depuis que les Etats-Unis ont fermé la "fenêtre de l'or" à la banque centrale américaine, refusant de donner quoi que ce soit en échange de leurs dollars.

- Désormais le monde doit se contenter du dollar, un point c'est tout. Jusqu'ici tout va bien. Mais l'arnaque ne fonctionnera pas indéfiniment.

- "Le déficit extérieur des Etats-Unis s'est réduit de façon tout à fait inattendue en septembre", rapportait Bloomberg il y a quelques jours, parce que "les consommateurs étrangers se sont jetés sur les produits américains -- du coton aux semi-conducteurs -- compensant ainsi la crise du logement qui ne cesse d'amplifier et entame sérieusement la confiance des consommateurs américains".

- "Les exportations ont atteint des niveaux record pour chacun des sept derniers mois -- la plus longue période de hausse consécutive depuis 2000", continue Bloomberg, "ce qui pourrait contribuer à expliquer le fait que l'administration Bush a suggéré qu'il ne fallait pas s'inquiéter de la chute du dollar. Bien qu'il ait été constamment en baisse ces cinq dernières années, sauf une, le gouvernement continue de clamer son engagement pour un dollar 'fort'."

- Cependant, ce que Bloomberg oublie, c'est l'augmentation en parallèle du prix des importations américaines. Elles ont augmenté de 9,2% d'une année sur l'autre en octobre, a affirmé mercredi le département US du Travail, plus haut que le taux d'inflation des importations de 5,2% un mois plus tôt.  

** Certes, la hausse du prix du pétrole est en grande partie responsable de cette augmentation -- et la hausse du cours de l'or noir dans le monde fait peut-être plus que refléter uniquement la faiblesse du dollar. La théorie du Peak Oil commence à faire les gros titres un peu partout. Les craintes de pénurie énergétique n'avaient pas été aussi importantes depuis que le Club de Rome avait annoncé une crise de l'économie mondiale en 1972.

- Mais si vous -- une nation produisant du pétrole -- étiez inquiets de voir un jour prochain vos puits à sec, ne souhaiteriez vous pas obtenir le prix maximum pour les barils que vous vendez aujourd'hui ? Particulièrement si le dollar lui-même perdait dangereusement de sa valeur ?

- "Fin 2006, les réserves de change de la Chine étaient de 1 066 milliards de dollars, ou 40% du PIB du pays", constate Edwin Truman dans un nouvel article pour l'Institut Peterson. "En 1992, les réserves étaient de 19,4 milliards de dollars, soit 4% du PIB. Elles ont franchi le seuil des 100 milliards de dollars en 1996, celui des 200 milliards en 2001 et celui des 500 milliards en 2004".

** Que faire de tous ces dollars ? "... On peut même se demander jusqu'où irait le trouble si les Etats qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or ?" avait averti Charles de Gaulle en 1965. "Lors même, d'ailleurs, qu'un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu'il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental".

- "Etant donné la secousse universelle qu'une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons des souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l'éviter", affirmait le président français. Mais le moyen choisi par Washington -- abroger le droit de tous les autres états nations d'échanger leurs dollars contre de l'or --  n'a fait qu'encourager la production de dollars.

- La stratégie de Nixon a entraîné une crise de confiance d'une telle ampleur à la fin des années 1970 que le prix de l'or a dépassé les 800 $ l'once -- et il a fallu des taux d'intérêt à deux chiffres pour renflouer le billet vert et restaurer la confiance que le monde avait mis dans les promesses en papier de l'Amérique.

- La véritable crise, cependant -- la crise construite à l'intérieur même d'un système qui autorise les Etats-Unis à imprimer une devise que personne ne peut refuser -- a simplement été retardée. Et nous pourrions aujourd'hui nous trouver confrontés à la phase finale de ce jeu de domination monétaire d'après-guerre que jouaient les Etats-Unis.

- Si les fonds monétaires souverains -- propriété des gouvernements nationaux, souvenez-vous -- ne peuvent pas se rabattre sur la Fed pour échanger leurs billets verts, il se peut qu'ils les échangent contre d'autres capitaux. BCA Research, à Montréal, pense que les "fonds monétaires souverains" appartenant aux gouvernements asiatiques et arabes seront à la tête de près de 13 milliers de milliards de dollars d'ici 2017. "Une somme équivalente à la valeur actuelle des entreprises du S&P 500".

- Si la Chine ne veut pas acheter les sociéts du S&P500 -- si le Congrès US n'autorise pas les entreprises arabes à racheter des capitaux intérieurs américains comme des installations portuaires -- les fonds monétaires souverains vont tout simplement échanger leurs dollars contre des mines de cuivre en Afrique, des réserves de pétrole en Amérique Latine, du blé Australien... n'importe quoi qui ait une valeur réelle, intrinsèque.

- Ils pourraient aussi se contenter d'acheter de l'or. Après tout, c'est "éternellement et universellement [...] la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence", comme l'a dit un jour un président français.

- Charles de Gaulle a également affirmé qu'une crise amenée par une ruée vers la sortie -- hors du dollar -- pourrait mener le monde à sa perte. C'était moins une en 1980. Et aujourd'hui, où en sommes-nous ?

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** PANIQUE SUR LES PATES

** "Panique sur les pâtes en Italie", titre le magazine Fortune

* Oh là là, cher lecteur... les choses deviennent sérieuses.

* "Si les prix continuent à grimper, je ne serais pas surpris de voir des émeutes pour de la nourriture", déclarait Jacques Diouf, directeur de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture il y a quelques semaines seulement..

* Peut-être devrions nous appeler M. Diouf et lui demander son avis sur les marchés boursiers.

* La semaine dernière, nous avons entendu parler d'une bousculade en Chine. Trois personnes ont été tuées lors d'une ruée sur l'huile de friture.

** Voilà ce que nous lisons à présent :

* Les fabricants de pâtes de Parme ne savent plus à quel tortellini se vouer devant la spirale haussière des prix du blé, rapporte Fortune.

* "Le prix du blé a grimpé de 60% cette année, et en Italie, les gens descendent dans la rue... le prix des pâtes a augmenté de 20% environ cette année selon les variétés, déclenchant des protestations nationales. Mais cette hausse des prix est en fait due à une saga mondiale impliquant les politiques agricoles, la spéculation sur le marché des matières premières, l'utilisation croissante de l'éthanol comme carburant alternatif et la sécheresse australienne".

* Ah oui ? Vraiment ?

* D'une manière ou d'une autre, Fortune a ignoré un petit détail. Le magazine a ignoré ce qui est probablement la raison la plus importante de la hausse des prix de l'alimentation -- une raison qui n'a rien à voir avec la météo.

* Mais revenons à Fortune :

* "Certes, le prix du blé a grimpé, mais il est simplement revenu à ses niveaux de 1985..." déclare Rosario Trefiletti, en faisant allusion à une conspiration. Trefiletti est le président de l'association de consonmmateurs Federconsumatori, à Rome. Il appelé à la grève des pâtes en septembre.  

* "Le gouvernement ne peut pas imposer des prix plus bas", déclare Carlo Pileri, qui dirige un autre groupe de consommateurs, "mais il peut faire de la persuasion morale".

* De quel gouvernement parle-t-il ? De celui dont les politiques et les prédilections ont causé la hausse des prix elle-même ?

* Fortune continue : 

* "La hausse des prix du pain et de la farine a déclenché des manifestations au Maroc, frappé par la sécheresse, où la récolte de blé a été réduite de 76% cette année. Des troubles publics ont également été déclarés au Yémen, au Niger et en Côte d'Ivoire".

* "Et le blé n'est pas seul à grimper. Les prix du lait sont à des sommets record, idem pour le riz... Au Japon, où le gouvernement est l'unique importateur de blé, les prix du pain ont grimpé pour la première fois en deux décennies. La Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan ont imposé des restrictions sur leurs exportations de blé pour s'assurer que leurs marchés intérieurs ne perdront pas au change durant la ruée des traders souhaitant gagner de l'argent à l'étranger".

* "Les grands gagnants de tout cela, pour l'instant : les agriculteurs américains cultivant du blé. La production est en hausse de 14% environ, tandis que les exportations, soutenues par l'affaiblissement du dollar, devraient grimper de plus de 25% cette année. Les stocks sont à leur niveau le plus bas depuis la fin des années 40. Mieux encore, les prix ont grimpé au prix annuel moyen de 249 $ par tonne métrique pour le blé rouge d'hiver, plus du double de ce qu'il était en 2000".

* Nos lecteurs noteront immédiatement la coïncidence. Vous dites que le blé a plus que doublé depuis 2000 ? Eh bien ça alors... l'or et le pétrole aussi. Aucune sécheresse n'assaille les mineurs d'or. Aucune poplitique agricole ne freine les exploitants pétroliers. N'est-il pas remarquable que tous grimpent ensemble... comme mis en lévitation par une force inconnue et invisible ?

** Eh bien, pas si remarquable que ça, en fait. Le pétrole, l'or et les aliments réagissent avant toute chose non pas à une pénurie de pluie aux antipodes... mais à une inondation de cash et de crédit sur toute la surface du globe.

* Jamais, depuis le Déluge, la planète n'avait vu telle quantité de liquidités. Les Etats-Unis achètent des choses qu'ils ne peuvent pas se permettre avec de l'argent qu'ils n'ont pas. Ils impriment simplement des dollars supplémentaires et les exportent vers leurs partenaires commercieaux. Ces pays, à leurs tour, impriment leurs propres devises pour racheter les dollars. Ils terminent avec d'énormes tas de billets verts dans leurs coffres. Rien que cette année, la Chine a ajouté 367 milliards de dollars à ses réserves de change (en dollars pour la majeure partie). Tout cet argent fait exactement ce qu'on attend de lui : il achète des choses. Généralement, plus il y a d'argent, plus il en faut pour acheter quelque chose.

* Personne ne s'en plaignait tant que les prix des actifs grimpaient. Mais aujourd'hui, on voit de plus en plus de figures tristes... comme un jour sans pain. Les prix des actifs ne grimpent pas tous. Au lieu de cela, ce sont les pâtes qui grimpent.

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*** La Chronique Agora présente ***

La Terre commence à manquer de pétrole de bonne qualité et facile à extraire... Chris Gilpin examine la situation de plus près -- tout en cherchant les moyens d'en tirer parti.

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BON MARCHE, LE PETROLE A 100 $ ? -- 1ère PARTIE
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Par Chris Gilpin

Vous vous rappelez quand la plupart des investisseurs professionnels grognaient parce que le baril de brut à 40 $ était "surévalué", que le brut à 60 $ était "insoutenable" et qu'un baril à 80 $ "n'arriverait jamais" ? Mais nous voilà avec un pétrole dépassant les 90 $ -- et montrant beaucoup de motivation pour atteindre les 100 $.

Nous pensons que le brut va effectivement franchir les 100 $, et qu'il continuera à grimper ensuite. Certes, le brut pourrait baisser à court terme, mais sa destination finale est claire : des prix bien plus élevés. Ce sont peut-être de mauvaises nouvelles pour l'économie US, mais ce pourrait être de bonnes nouvelles pour vous, si vous êtes correctement positionné. Oui, mais où ? Commençons par regarder l'ensemble du tableau...

Très simplement, la Terre est en train de se retrouver à court d'un cocktail magique : du pétrole qui soit à la fois de bonne qualité et facile à extraire.

Il y a 20 ans, une douzaine de champs produisaient un million de barils et plus par jour. A présent, ils sont quatre, et l'un d'entre eux, le champ Cantarell, au Mexique, dans la Baie de Campeche, est en train de s'effondrer. PEMEX, la société pétrolière nationalisée mexicaine, prévoit que la production de Cantarell déclinera de 14% par an à partir de maintenant. C'est le scénario optimiste. La production réelle du champ, en 2006, a en fait chuté de 26% ! Si les pires craintes de PEMEX se réalisent, Cantarell passera bientôt sous le million de barils quotidiens, ce qui ne laissera plus que trois champs à un million de barils par jour sur la planète d'ici la fin de l'année.

A la place de ces anciens gros producteurs, on trouve des dépôts compliqués et peu économiques : les sables pétrolifères d'Alberta, les schistes bitumineux des Etats-Unis, le pétrole lourd du Venezuela et les ressources d'Arctique. Ces sources non-conventionnelles sont très coûteuses à exploiter.

Pour remettre les choses en perspectives : les réserves pétrolières conventionnelles d'Afrique du Nord peuvent être extraites pour 4 $ le baril seulement. Mais le coût moyen des sables pétrolifères est estimé à 28 $ le baril, tandis que les coûts des schistes bitumineux peuvent dépasser les 40 $ le baril. Inutile d'être un génie de la finance pour voir que plus nous dépendons du pétrole "non-conventionnel", plus les prix devront grimper.

Et vous savez déjà que la concurrence pour acheter ces barils va en augmentant. La Chine et l'Inde se fraient un chemin sur la scène mondiale, et font monter les enchères pour assurer leur part du pétrole moyen-oriental. Un super-tanker plein de pétrole brut est désormais aussi populaire qu'un taxi un jour de grève : tout le monde essaie de le héler.

Nous avons atteint un tournant en termes de fondamentaux offre/demande pour le brut. Même le PDG de Chevron, David O'Reilly, l'a récemment annoncé : "une chose est claire : l'époque du pétrole facile est révolue".

N'importe quel économiste vous dira qu'une fois corrigés en fonction de l'inflation, les prix du brut ont atteint leur sommet en 1980, durant la crise énergétique provoquée par la guerre Iran-Irak. Entre avril et juillet de cette année, un baril de pétrole se vendait 39,50 $. En utilisant les chiffres gouvernementaux US de l'indice des prix à la consommation (IPC), ce prix record pour le baril est estimé à 90 $-102 $, en dollars actuels.   

Mais ces chiffres de l'IPC sont extrêmement douteux.

John Williams, de Shadow Government Statistics, fait partie des spécialistes qui suivent de manière indépendante les données financières afin de tenter de fournir une image plus honnête de l'état de l'économie. Williams a recalculé l'IPC de manière à ce qu'il suive ses versions précédentes -- contrairement au gouvernement, qui bidouille la formule chaque fois qu'il le juge nécessaire. A défaut d'autre chose, défaire les nombreux changements appliqués à la formule de l'IPC au cours des ans nous permet de comparer des pommes à des pommes, en matière d'inflation, plutôt que des pommes à des citrouilles génétiquement modifiées.

Si l'on suit l'IPC tel qu'il était calculé en 1980, le taux d'inflation actuel aux USA est 7% plus élevé que l'annoncent les statistiques "officielles". Donc au lieu d'avoir une inflation ne dépassant pas les 3%, comme voudrait le faire croire le gouvernement américain, si l'on se base sur les calculs de Williams, on se rapproche plutôt de 10%.

Nous verrons dès demain ce que cela signifie pour le pétrole...

Meilleures salutations,

Chris Gilpin
Pour la Chronique Agora

(*) Chris Gilpin est membre de l'équipe de recherche sur l'énergie de Casey Research, LLC. Energy. Il contribue également à la lettre d'information américaine Casey Energy Speculator. Et pour en savoir plus sur la hausse des prix du pétrole... et tous les moyens d'en profiter, continuez votre lecture.

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