
Morts pour l'huile de friture
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La Chronique Agora
Paris, France
Vendredi 16 Novembre 2007
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*** La Fed a-t-elle voulu trop bien faire ?
Avec une injection de 47 milliards de dollars... elle s'est surpassée !
*** Silicium Rally
Le silicium n'est pas un métal rare... mais il est de plus en plus demandé
*** Morts pour l'huile de friture
... ou pourquoi l'inflation est un vrai problème
*** Les diamants sont eternels (2)
Le canular minier de l'année sert finalement les intérêts de De Beers...
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Le Trader Fou continue de faire des siennes !
Depuis le début du mois d'octobre, il a déjà récolté des gains de 70%... 25%... 45%... 23%... 90%... et même 100% !
Le secret de tels gains ? Une technique de sélection ultra-affûtée -- et une forme d'investissement pas comme les autres. Pour percer son secret, continuez votre lecture...
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Bonjour,
*** LA FED A-T-ELLE VOULU TROP BIEN FAIRE ?
** Le rebond des places boursières s'est soudain enrayé ce jeudi, alors que la thématique du subprime revenait au premier rang des préoccupations des opérateurs. Ceci fait suite à l'annonce par Barclays de nouvelles dépréciations d'actifs obligataires à hauteur de 1,3 milliard de livres sterling (au lieu des cinq milliards de livres redoutés).
Il n'en fallait pas davantage pour ranimer les rumeurs d'initiatives du même ordre chez Royal Bank of Scotland ou Citigroup (3,5% à Wall Street à mi-séance), alors que General Electric connaît des difficultés au sein d'une de ses filiales spécialisée dans la gestion des fonds de retraite -- laquelle se retrouve victime d'une sortie massive des investisseurs. Nous aimerions bien connaître le montant global des engagements de GE dans les produits de trésorerie à haut rendement de type CDO et MBS...
** Pour varier un peu les déplaisirs, la BCE n'a pu manquer l'occasion (dès jeudi matin) de souligner à quel point la lutte contre l'inflation restait la priorité du moment. L'inflation en zone euro a en effet été mesurée à 0,5% au mois d'octobre, soit 2,6% en rythme annuel (contre 1,6% au mois de novembre 2006).
Hors alimentation et énergie, la dérive des prix en taux central ressort à 2,2%, toujours bien au-dessus des objectifs de la BCE. Jürgen Stark -- un de ses membres les plus intransigeants en matière d'ancrage des anticipations inflationnistes -- s'est empressé de réaffirmer que ses collègues et lui-même allaient surveiller la situation de très près et se tenaient prêts à prendre les mesures appropriées.
Autrement dit, la parité du loyer de l'argent de part et d'autre de l'Atlantique pourrait être effective dès la fin de l'année 2007, ou au plus tard d'ici la fin janvier 2008. Il n'en fallait pas d'avantage pour plomber le dollar (revenu sous les 1,4650/euro) et stopper sa bienfaisante remontée face au yen. Il ricoche sous les 111,75 et retombe de 1% dans la zone des 110,60.
** Paris s'est également retourné à la baisse sous les 5 638 points puis très vite sous les 5 600 points, et jusque sur 5 526 points à la mi-journée. Cela ne nous a guère surpris, en cette veille de séance d'expiration des options et contrats à terme sur indice CAC 40 échéance novembre.
Nous espérions que le rebond amorcé mardi matin se prolongerait au moins jusque vers 5 660 ou 5 685 points (résistance horizontale issue des plus hauts du début du mois de septembre). Mais les impératifs du calendrier repoussent ce scénario à la période des 18 et19 novembre, avec les achats techniques de contrats millésimés décembre, correspondant aux premiers habillages de bilans de fin d'année.
L'Euro-Stoxx 50 rechutait de 0,85%, l'Eurotop 100 de 1%, ce qui efface plus que largement les gains accumulés depuis le plancher inscrit lundi soir. Les indices paneuropéens nous administrent une nouvelle preuve de leur vulnérabilité...
Le CAC 40 s'en tire finalement mieux que la moyenne, avec un handicap de -0,93% au lendemain d'un sursaut de +1,35%. Mais le sort de la semaine va se jouer ce vendredi et il faudrait que les cours progressent de 0,35% pour que l'année 2007 redevienne positive.
** Wall Street, dont les velléités haussières s'étaient déjà étiolées la veille, n'a procuré aucun soutien aux places européennes en fin de journée. Le Dow Jones s'apprêtait en effet à chuter de 0,9% dans le sillage de Citigroup et JP Morgan, tandis que le S&P dévissait de 1,3% dans le sillage de Fannie Mae (-10%), Countrywide (-8,7%) et de la plupart des grandes banques d'affaires qui affichaient -4% en moyenne.
Les opérateurs ont d'abord été intrigués puis paniqués par le montant proprement colossal de 47,25 milliards de dollars de liquidités injectés dans le système bancaire, du jamais vu depuis septembre 2001. Serait-ce une mesure d'urgence destinée à sauver certains établissements d'une asphyxie financière causée par le subprime, à l'image du spécialiste des crédits Novastar qui s'est effondré de -55% à 2,08 $ ?
** En ce qui concerne les statistiques américaines du jour, elles étaient si nombreuses qu'il était bien difficile d'en extraire des lignes directrices. Cette confusion des genres permet cependant de bien cerner l'état d'esprit général, puisque tout est affaire de ressenti. Lorsque le marché veut grimper ou baisser, il sait inventer des interprétations -- même complètement tordues -- qui justifient la perpétuation de la tendance sous-jacente.
Si les investisseurs cherchaient à se faire peur avec l'inflation, ils ont été servis : les prix à la consommation ont progressé de 0,3% au mois d'octobre (soit +3,5% en rythme annuel, énergie incluse) tandis que le "taux central" (hors variables volatiles) s'établit à +2,2% -- ce qui reste bien au-delà des objectifs de la Fed.
Ceux qui avaient inscrit au marqueur fluorescent sur leur calendrier une baisse du prime rate vers le 19 décembre pour cause de tassement de croissance aux Etats-Unis auraient mieux fait de se servir d'un crayon à papier et de ne pas appuyer trop fort sur la mine : l'indice d'activité Empire State de la Fed de New York fléchit moins fortement qu'anticipé (à 27,4 contre 28,8) et le "Philly Fed" rebondit de 6,4 à 8,2 (au lieu d'une rechute anticipée sous le seuil des 5 points).
Enfin, le chômage en données hebdomadaires a fait un bond de +20 000 du 5 au 10 novembre. Nous avons beau savoir que le tout-Hollywood se retrouve au chômage technique du fait de la grève des scénaristes, la tendance à la dégradation observée depuis trois semaines ne fait que se confirmer.
** Et ne trouvez-vous pas troublante, au passage, cette épidémie de grèves des transports en France et en Allemagne (une situation exceptionnelle outre-Rhin car le droit de grève ne figure pas dans la Constitution et reste soumis à l'approbation d'un juge au cas par cas)... auxquelles vient s'ajouter celle des auteurs d'oeuvres de fiction -- qui "transportent" les spectateurs -- aux Etats-Unis ?
Faute de scénaristes, faute de fil conducteur, les marchés américains font la grève de la tendance : ils font durer le suspens et l'issue de la semaine s'annonce très indécise. Le Dow Jones pourrait conserver une avance de 0,6% tandis que le S&P 500, plus représentatif, accuse une perte symbolique de 0,15%... Le Nasdaq 100 ne se remet pas de son plongeon de 6,5% du 5 au 9 novembre puisqu'il lâche encore -0,5% depuis lundi : un second basculement sous la barre psychologique des 2 000 points avant le week-end pourrait lui être fatal.
Philippe Béchade
Paris
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Nos spécialistes vous donnent les dernières nouvelles de Wall Street
*** SILICIUM RALLY
** Investir dans les entreprises de traitement du silicium pourrait bien représenter le meilleur moyen de participer au boom de l'énergie solaire.
- Le silicium n'est pas un élément rare. En fait, c'est le second métal le plus abondant sur Terre. 25,7% de la croûte terrestre sont constitués de silicium. Et pourtant, le silicium raffiné est rare, suite au boom du secteur du photovoltaïque.
- Le processus de raffinement du silicium est plutôt cher. Pour commencer, toutes les impuretés doivent être purgées. L'oxygène est extrait du silicium grâce à une réaction au carbone. Ce processus est généralement effectué par l'ajout d'une forme de charbon ; on chauffe le produit ainsi obtenu dans un four spécial, à des températures entre 1 400 et 1900° Celsius. Le silicium qui en ressort est pur à 98%.
- Pour fabriquer du silicium adapté aux semi-conducteurs, d'autres traitements sont nécessaires. Il doit être mélangé à du HCl, ce qui élimine des impuretés comme l'aluminium et le fer. L'étape finale prend du SiHCl3 et le fait réagir avec de l'hydrogène durant 200 à 300 heures à 1 000°C, afin de produire une forme très pure de silicium.
- Le silicium pur est ensuite coulé en barres mesurant deux mètres de long et 30 centimètres de diamètre. Ces barres sont coupées en tranches épaisses d'un demi millimètre -- et nous avons là le produit final, utilisé pour les cellules photovoltaïques.
- Il est facile de voir pourquoi les coûts de l'énergie nécessaire pour la fabrication du silicium sont si élevés. Et le processus lui-même n'est pas le seul à être très cher : il coûte également cher d'augmenter la capacité de raffinement.
- Prenons le raffineur allemand Wacker Chemie, par exemple. La société s'est lancée dans un projet visant à étendre sa capacité de raffinement, la faisant passer de 5 500 à 9 000 tonnes. Prix de ce projet ? Plus de 270 millions de dollars. Le coût élevé du raffinement et des capacités de raffinement peut freiner les entreprises souhaitant se lancer dans le silicium... et c'est d'ailleurs exactement ce qui s'est passé.
- Il faudrait un gigantesque choc de la demande pour faire passer les prix du silicium à des niveaux suffisamment élevés pour rentabiliser une augmentation de la capacité de production.
** Mais c'est bien là l'idée fondamentale motivant un super-cycle des matières premières. Dans un tel cycle, augmenter l'offre pour répondre à la demande croissante prend du temps et de l'argent. Il faut évaluer le marché, lever des fonds, obtenir des permis, et, enfin, le projet doit être lancé et mené à bien. Ce délai est meublé par un déficit d'offre, lequel est compensé par une hausse des prix. La pénurie et l'augmentation des prix peuvent également être évaluées ou prédites par la taille du choc de la demande. Et le choc de la demande pour le silicium est très significatif.
- La question qui ne manquera pas de suivre, c'est pourquoi ce choc sera si considérable ? C'est très simple : là où vont les énergies renouvelables... on peut entendre les pas des subventions gouvernementales non loin derrière.
- Regardons quelques chiffres concernant la croissance de l'énergie solaire. Entre 1000 et 2004, le nombre d'installations photovoltaïques a quasiment quadruplé. Durant la même période, le prix du silicium est passé de 9 $/kg à près de 30 $/kg.
- On estime que le marché du silicium solaire représente environ 2,3 milliards de dollars par an actuellement. D'ici 2010, les installations photovoltaïques devraient quadrupler une nouvelle fois, tandis que le marché du silicium solaire devrait grimper à 10,4 milliards de dollars. Alors que l'énergie solaire prend un pourcentage de plus en plus élevé du marché du silicium, on peut s'attendre à voir une corrélation encore plus forte entre la croissance du marché de l'énergie solaire et l'augmentation du cours du silicium.
- Envisageons une situation hypothétique concernant le marché du silicium : les installations photovoltaïques ont été multipliées par quatre entre 2000 et 2004, comme je le disais plus haut. L'augmentation du prix du silicium, sur la même période, a été de 230%. Mais il est intéressant de constater qu'en 2000, il y a avait en fait un excès de capacité de raffinement. L'augmentation de la demande a été absorbée par cette capacité inoccupée, mais les cours ont tout de même grimpé de 230%. Que se passera-t-il si les installations photovoltaïques quadruplent une nouvelle fois... et que cette fois-ci, la capacité ne peut répondre à la demande croissante ?
- Je ne sais pas plus que vous ce que sera le prix réel. Mais j'imagine que la pénurie de silicium, due à une explosion de la demande sur le marché de l'énergie solaire et une capacité de raffinement sans la moindre marge de manœuvre, entraînera des mouvements spectaculaires sur le marché du silicium.
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** MORTS POUR L'HUILE DE FRITURE
** L'inflation n'est pas censée être un problème. Si elle n'est pas assignée à résidence, du moins porte-t-elle un bracelet électronique à la cheville. Pourtant, les preuves de son évasion s'accumulent.
* Quant à la raison pour laquelle elle est censée être sous contrôle, l'explication habituelle veut que l'entrée de l'Asie dans l'économie mondiale a réduit les coûts de main d'œuvre. Dans la mesure où la main d'œuvre est une part importante des biens comme des services, il serait raisonnable de penser qu'une baisse des salaires mènerait à une baisse des prix.
* Quant à pourquoi l'inflation pourrait être galopante, nous avons une explication : les Asiatiques doivent manger, eux aussi.
* Les salaires, en Chine continentale, seraient en hausse de 20% par an. En d'autres termes, la main d'oeuvre bon marché n'est plus si bon marché que ça... et elle le devient de moins en moins chaque année. Et maintenant que tous ces salariés grimpent l'échelle sociale, ils veulent un peu plus de viande dans leur soupe.
* L'argent, comme nous le savons tous, pousse sur les arbres. Pas la nourriture. (Les lecteurs peuvent essayer de trouver un sens à cette métaphore quand ils en ont le temps). Et mettre plus d'Asiatiques au travail n'augmente pas automatiquement l'offre de terres agricoles... de ce qui y pousse... ou de ce qu'on y trouve en sous-sol. Nous assistons donc exactement à ce à quoi il fallait s'attendre. Alors que l'augmentation de la production industrielle a réussi à maintenir des prix pas pour les biens manufacturés, l'augmentation de la masse monétaire a forcé à la hausse les prix des choses qui ne sortent pas des usines. L'or, l'art contemporain, le terrain et l'huile de cuisine nous viennent en tête.
* L'huile de cuisine, c'est parce qu'elle a fait les gros titres cette semaine :
* "... Samedi dernier à Chongqing", rapporte le New York Times, "les gens ont commencé à faire la queue avant l'aube devant un magasin Carrefour offrant une réduction sur des bidons d'huile de friture, une denrée essentielle pour bon nombre de plats chinois. Lorsque les portes se sont ouvertes, une bousculade a eu lieu, durant laquelle 31 personnes ont été blessées et trois personnes tuées. Le ministre du Commerce chinois a réagi lundi en interdisant les promotions à durée limitée".
* Officiellement, les prix grimpent au taux annuel de 6,5% en Chine. Même au taux officiel, les Chinois n'ont pas vu une telle inflation depuis près de 11 ans. Mais la nourriture grimpe plus vite... au rythme de 17,6%. C'est un gros problème en Chine. Les gens ne gagnent pas beaucoup d'argent -- ils doivent donc en dépenser une bonne partie en denrées alimentaires. Voilà pourquoi quelques-uns se sont fait tuer en essayant de faire une bonne affaire sur l'huile de cuisine.
* Nous nous rappelons que Jacques Diouf, directeur de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, avait prédit il y a quelques semaines de ça : "si les prix continuent à grimper, je ne serais pas surpris de voir des émeutes pour de la nourriture".
* Eh bien voilà, M. Diouf. Vous aviez raison.
** Maintenant, revenons à l'ensemble du tableau.
* "Le trou noir des prêts hypothécaires est pire, je pense, que ce qu'on a vu", a déclaré Tony James, président de Blackstone, société de private equity. "Il est plus profond, plus sombre, plus effrayant. [Les banques] cherchent désormais de nouvelles réserves et à mon sens... elles n'ont pas une idée claire de la manière dont les choses vont évoluer, et la confiance est basse".
* A notre sens à nous, il s'est produit un changement en profondeur dans les marchés mondiaux. Et les preuves continuent de s'accumuler...
* Les prix de l'immobilier, en Californie du Sud, sont redescendus assez bas pour effacer les 2,5 dernières années de gains, nous dit le Los Angeles Times.
* A Atlanta, 5 244 maisons seront vendues aux enchères le mois prochain ; 53 365 d'entre elles ont déjà été vendues cette année... le total se montant à 26% environ par an.
* Quant au Chicago Tribune, il nous parle d'une étude réalisée par le Centre américain pour les prêts responsables, prédisant "une vague de saisie" équivalant à 223 milliards de dollars.
* Une centaine de milliards par ici... une centaine de milliards par là... ça fait vite de vraies sommes.
* Les Américains sont les plus grands dépensiers de la planète -- avec 20% de la consommation mondiale totale. Ce sont les plus gros utilisateurs de pétrole au monde. Ce sont également les gens les plus endettés sur Terre. Et voilà qu'ils se trouvent à court d'argent. La valeur de leurs maisons chute. Leurs salaires stagnent ou diminuent. Leur dollar est si déprimé qu'il n'arrive plus à se lever le matin.
* Cette semaine, en fait, il a de nouveau été mis à mal. Quand pourra-t-il faire une pause ?
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Avez-vous l'une de ces bombes à retardement financières dans VOTRE portefeuille ?
De véritables bombes sont désormais enclenchées sur les marchés... et elles pourraient causer des dégâts spectaculaires pour des centaines de milliers d'investisseurs.
Sauf que vous n'êtes pas obligé d'en souffrir avec tout le monde...
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*** La Chronique Agora présente ***
La Chronique Agora présente : Emmanuel Gentilhomme nous conte la suite -- et la fin -- de la rocambolesque histoire du "plus gros diamant du monde"...
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LES DIAMANTS SONT ETERNELS -- 2ème PARTIE
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Par Emmanuel Gentilhomme (*)
Le scoop d'une vie !
Melody Brandon, reporter du Times sud-africain, est la première à être convoquée pour voir le fameux caillou. Elle doit retrouver Brett Jolly à Johannesburg, le 4 octobre au matin. "C'est le scoop de votre vie", affirme Jolly. Jolly embarque la journaliste vers la mine supposée.
En route, il reçoit un coup de fil paniqué d'Harding, qui prétend être suivi par quatre BMW pleines à craquer de gens patibulaires. La journaliste se demande dans quelle affaire elle s'est embarquée : X-Files ou Pieds Nickelés ?
Deux heures plus tard, Melody Brandon et Jolly arrivent à la mine au nom imprononçable. Harding y est aussi, manifestement stressé, prétendant avoir « semé » ses poursuivants. Puis tout ce beau monde s'enfonce plus profondément dans le domaine minier. Harding part de son côté pour aller chercher le diamant avec son associé, Oom Tienie.
Il se dit trop nerveux pour dévoiler la pierre
Jolly et Melody Brandon attendent son retour. La journaliste a les yeux bandés "pour des raisons de sécurité"... Jolly fait part de son impatience à la journaliste : "cela m'a déjà coûté pas mal de temps et d'argent", indique-t-il. L'appât du gain a encore frappé.
Vers midi, Harding revient les mains vides et prétend que lui et Oom Tienie -- 75 ans aux prunes... -- ont surpris des photographes qu'ils ont chassés. Il se dit trop nerveux pour dévoiler la pierre. Jolly s'impatiente : "nous allons juste tester le diamant en vitesse. La journaliste prendra des photos et l'affaire sera dans le sac. Je veux savoir aujourd'hui si c'est un diamant ou non !", peste le promoteur.
C'est bien léger pour un diamant
Harding fait à nouveau traîner les choses. Enfin, la journaliste peut prendre des photos d'Harding en train de tester la pierre : le voyant de son testeur indique "diamant". Harding tente d'utiliser l'appareil de son associé Jolly, mais, nerveux et tremblant, n'y parvient pas.
De plus en plus curieux. Soupesant la pierre, Melody Brandon constate que "c'est bien léger pour un diamant"... Harding la lui arrache des mains et repart en voiture à toute vitesse.
Dans le véhicule de Jolly, la journaliste lui fait remarquer qu'Harding a truqué son testeur -- dont le cache n'a pas été enlevé ! S'ensuit une course-poursuite en voiture dans le désert sud-africain (!), une dispute homérique entre Jolly et Harding et des menaces en tous genres. La journaliste, perdue au milieu de nulle part, craint comme elle l'écrit d'être "témoin d'un meurtre, ou alors victime"...
Rentrée à Johannesburg, la reporter termine son article : "les diamants sont les meilleurs amis d'une femme ? En tout cas, le 'plus gros' d'entre eux a été mon pire cauchemar !"
Son verdict est sans appel
Le 5 octobre, le Times publie les photos rapportées par la journaliste. Ernest Blom, le patron de la Bourse mondiale du diamant, les étudie avec attention. Son verdict est sans appel : les photos suffisent à démontrer que cette pierre déjà taillée est transparente, alors que le diamant réfléchit la lumière. Le fameux diamant a tout du "répugnant bout de résine", assène Blom !
De Beers tire ses diamants du feu
Le mot de la fin revient au porte parole du numéro un mondial du diamant, De Beers, filiale de l'omnium minier AngloAmerican de la famille Oppenheimer : Tom Tweedy a exprimé son soulagement que le Cullinan n'ait pas été détrôné. Philosophe, il conclut : "la recherche de diamants est si romantique... Voilà qui illustre toute la mystique du diamant auprès des gens".
Dans cette histoire, De Beers ne retire que des avantages grâce à son image de respectabilité et de professionnalisme du diamant.
Meilleures salutations,
Emmanuel Gentilhomme
Pour la Chronique Agora
(*) Journaliste et rédacteur financier, Emmanuel Gentilhomme a déjà collaboré à plusieurs reprises avec le Journal des Finances et la Société Générale. Il suit de près les marchés boursiers européens et étrangers, mais s'intéresse également à la macro-économie et à tous les domaines de l'investissement -- et notamment aux ressources naturelles.
[NDLR : Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d'être le plus grand boom du 21ème siècle... Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L'Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici , laissez-vous guider... et n'oubliez pas : c'est entièrement GRATUIT !]
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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