La Chronique Agora

 
La marée se retire... ou pas

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La Chronique Agora
Paris, France
Jeudi 15 Novembre 2007
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*** Après El Nino, réchauffez votre épargne avec El Besdeto
Ben Bernanke devient Monsieur Météo sur les marchés...

*** La marée se retire... ou pas
Bill Bonner a peut-être crié victoire un peu trop tôt...

*** Les diamants sont eternels (1)
Une histoire de You Koun-Koun...

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Bonjour,

*** APRES EL NINO, RECHAUFFEZ VOTRE EPARGNE AVEC EL BESDETO

** Si le cycle des saisons s'applique aux marchés financiers, nul ne saurait nier qu'ils subissent un automne frais et pluvieux, après un été orageux. Cela ne devrait pas aller en s'arrangeant, même si l'observatoire météorologique de la Fed prévoit un début d'hiver plus clément avec un réchauffement ponctuel du climat lié au passage d'un front tropical vers le 20 décembre.

Il s'agit à l'origine d'un phénomène affectant d'énormes masses de liquidités... une variante nord-Atlantique du phénomène "El Niño", baptisé "El Besdeto". Il devrait atteindre une amplitude de 25 points, selon les estimations des spécialistes des bons du Trésor US.

La thématique météorologique de ce début de Chronique n'est ni gratuite ni innocente : Ben Bernanke s'exprimait aujourd'hui devant le Congrès US pour expliquer comment la Fed s'y prend pour informer les marchés... et comment elle envisageait de combler certaines lacunes de communication qui pourraient engendrer des malentendus indésirables, comme ce fut le cas au cours des six premiers mois ayant suivi le départ en retraite d'Alan Greenspan.

Le remède dévoilé ce mercredi consiste dans le doublement de la fréquence des bulletins de météorologie économique de la Fed puis des prévisions étendues à trois ans au lieu de deux -- grâces en soient rendues aux "modèles" qui permettent de mieux cerner l'évolution des fronts dépressionnaires ou anti-cycloniques qui affectent la croissance américaine.

** Comme vous le savez, nous adorons les modèles : il suffit d'en prendre le contre-pied pour s'éviter les pires galères avec nos économies, à l'image des "nouveaux emprunts russes" de l'après communisme en 1997/98... de la "nouvelle économie" de 1999 à l'an 2000... ou des "nouveaux propriétaires immobiliers" (avec zéro apport et zéro garanties) de 2003 à 2006.

Heureusement, les meilleures escroqueries reposent sur un potentiel de naïveté du grand public qui démontre une capacité de régénération prodigieuse : chaque crise, chaque krach jette les rescapés -- ou ceux qui en ont partiellement réchappé -- dans les bras de beaux parleurs faisant autorité (monétaire ou non) qui viennent leur promettre fortune et félicité grâce à la mise au point de nouveaux modèles ayant intégré les erreurs du passé.

Et quand le temps tourne à l'orage malgré des bulletins qui prédisaient du beau fixe jusqu'au printemps prochain, il se trouve toujours des "experts" bien intentionnés pour rassurer les épargnants, leur certifier qu'il ne s'agit que d'une averse ponctuelle isolée... même si l'heure de la mousson a sonné.

** Cette année, il semblerait que Goldman Sachs (dont l'ex-CEO est récemment devenu le bras droit de George Bush pour les questions économiques) se soit vu confier la délicate tâche de calmer les esprits au sujet des conséquences néfastes de la crise du subprime. Lorsqu'il s'agit de remettre en cause les évidences et d'en nier la portée, tout est question de crédibilité.

Qui mieux qu'une banque d'affaires influente -- dont sont issus de nombreux secrétaires d'Etat américains au Trésor -- pouvait convaincre les investisseurs que les banques américaines ont les reins assez solides (nul n'en sait rien, chacun l'espère) pour endosser sans risquer de s'effondrer les retombées financières de l'anéantissement pur et simple de nombreux "conduits" bourrés de CDO et autres ABS désormais sans valeur ?

Goldman Sachs va même plus loin : alors que toutes les projections démontrent que le pic des défaillances devrait survenir d'ici juin 2008 (et nous parions que la bulle des cartes de crédit aura à son tour éclaté d'ici-là aux Etats-Unis), la direction affirme crânement qu'aucune nouvelle dépréciation d'actifs obligataires n'est envisagée d'ici la fin de l'année.

Voilà une attitude qui ne manque pas de panache alors que dans le même temps, Bear Stearns annonce 1,2 milliards de dollars de provisions supplémentaires et Bank of America pas moins de trois milliards de dollars sur son portefeuille de CDO.

Le plongeon de 60% d'E-Trade survenu lundi (toujours à cause des dérivés) est déjà oublié : le titre reprend encore 20% après +36% mardi soir. Car même à 6 $ contre 3,45 $ 48 heures auparavant, la firme de courtage reste une cible de choix pour un éventuel prédateur.

Mais il serait abusif de prêter à Goldman Sachs le pouvoir de faire remonter à sa guise les indices boursiers : les thèses les plus optimistes n'ont aucun impact positif sur les cours si les circonstances du moment ne se prêtent pas à un retour en force des acheteurs -- qui pourraient n'être, en l'occurrence, que les vendeurs à découvert des séances précédentes.

** Après 6% à 12% de repli en l'espace d'une semaine (selon les indices), Wall Street était mûr pour un rebond. Ce dernier affichait mardi soir des proportions en rapport avec la débâcle qui avait précédé : l'heure des rachats à bon compte avait bel et bien sonné, comme nous l'avions clairement indiqué dès lundi sur le Téléphone Rouge, au 0899 781 961*.

Les valeurs françaises ont suivi le mouvement ce mercredi -- quoique de manière un peu moins spectaculaire -- après avoir testé à trois reprises le palier des 5 500 points, à 10 ou 15 points près. Quelques statistiques macro-économiques plus "agréables", associées à des actualités favorables sur une poignée d'entreprises, ont permis à 90% des titres composant le CAC 40 de clôturer dans le vert.

La séance a été active, avec 7,3 milliards d'euros échangés sur les 40 plus grosses capitalisations parisiennes. L'indice phare s'est adjugé 1,35%, surperformant très largement les indices paneuropéens puisque l'Eurotop 100 se contente de +0,45% et l'Euro-Stoxx 50 de +0,6%.

Les marchés asiatiques avaient donné le ton dès le milieu de la nuit (+2,5% à Tokyo, +5% à Hong Kong en clôture) ; la hausse initiale des valeurs françaises a été confortée par une série de chiffres américains qui ont reçu un excellent accueil en début d'après-midi.

Les ventes de détail ont ainsi progressé de 0,2% en octobre aux Etats-Unis (la consommation se maintient à des niveaux dignes des meilleures années du siècle naissant). Les prix à la production, quant à eux, ont augmenté de 0,1% -- seulement -- durant la même période (ils sont même restés stables hors alimentation et énergie). C'est comme si la flambée des prix du pétrole (il vient juste de rechuter sous les 92 $) n'était répercutée qu'avec un retard notable par les entreprises.

Nous expliquions mardi que la fin de l'année s'annonce peu souriante en Europe. Cependant, le troisième trimestre fut de bonne facture : il a été marqué par une accélération de la croissance en France et en Allemagne, ainsi que dans l'ensemble de la zone euro (+0,7% en rythme séquentiel dans les trois cas). C'est comme si les turbulences de l'été n'avaient eu aucun retentissement sur "l'économie réelle" -- par opposition à la sphère "virtuelle" où se traite l'endettement des ménages et des entreprises.

** Mais rien ne résume (ou ne justifie) mieux l'embellie survenue mercredi que la consolidation du yen sous les 111,5 $ et les 163,5/euro. Avec 109 sur le $/yen, nous tenons à la fois un excellent support et un niveau de référence majeur dont la préservation ou l'enfoncement va largement conditionner la poursuite du rebond actuel de Wall Street... ou au contraire la rechute du Dow Jones sous les 13 000 points (et du Nasdaq 100 sous les 2 000 points).

Gardez ceci constamment à l'esprit, quels que soient les "papiers" que vous lirez par ailleurs.

Quelques beaux jours ou un été indien à retardement ne peuvent que différer l'approche inexorable des conditions hivernales : mieux expliquer la météo, et plus fréquemment, comme le propose Ben Bernanke, ne change strictement rien aux climat !

Philippe Béchade
Paris

*(1,35 euros l'appel + 0,34 euro/minute)

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PREPAREZ-VOUS AU "PEAK GOLD" !
Les facteurs motivant la hausse de l'or sont nombreux -- mais un en particulier est encore plus implacable que les autres : il pourrait emmener le métal jaune à de nouveaux sommets.

Et l'or ne sera pas le seul touché ! Un autre métal précieux est en bonne place pour profiter de cette envolée spectaculaire. Pour savoir comment vous positionner, continuez votre lecture...

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LA MAREE SE RETIRE... OU PAS

** Le marché US a fait un tel retour en force, mardi, que nous en avons été déprimé.

* Nous avions pourtant tout compris. "Enfin", avions-nous pensé, "la marée se retire".

* Nous aimions bien cette expression. Elle semblait d'une solidité pleine de bon sens. Une fois que la marée se retire, on ne peut pas discuter... ou l'analyser. La liquidité part dans l'autre direction, point à la ligne.

* Et que s'est-il passé ? Le Dow a grimpé de 319 points sur la journée de mardi.

* Soit nous avons tout faux... soit dix millions d'investisseurs n'ont pas la moindre idée de ce que fait la marée.

* A la Chronique Agora, nous avons rarement tout faux... mais nous faisons souvent des erreurs. Quelque chose qui doit se passer se passe, en général, mais pas nécessairement quand nous l'attendons. Le dollar devrait baisser. Les actions devraient baisser. L'épargne devrait grimper. La maison moyenne devrait baisser. Le ménage moyen devrait arrêter de dépenser autant d'argent. Notre dernier livre (à paraître en France dans quelques mois) devrait gagner un prix. Il y a des choses sur lesquelles on peut compter, cher lecteur. Mais ne nous demandez pas de suivre un planning.

* Bien entendu, il y a sur Terre et sous les cieux bien plus que ce que contient notre philosophie -- mais pas beaucoup plus ! Par conséquent, si nous pensons que les actions devraient baisser... c'est qu'elles devraient sacrément baisser... sinon tôt, du moins tard.

* De notre point de vue, la grande bulle du crédit a des fuites. Selon une estimation, la crise du subprime pourrait finir par coûter jusqu'à un demi-millier de milliards de dollars. Hier, on a découvert de nouvelles estimations -- l'une à 200 milliards de dollars, l'autre à 400 milliards. Quelle que soit la facture au total, cent milliards par ici... cent milliards par là... ça finit vite par faire de vraies sommes. Et lorsque cet argent disparaît, il faut bien s'attendre à ce que les gens aient moins d'argent à distribuer de droite et de gauche.

* "Le bain de sang sur les marchés financiers et de crédit va se poursuivre et s'aggraver radicalement", écrit Nouriel Roubini.

* Selon Roubini, les banques n'ont confessé que leurs pertes du troisième trimestre 2007. Mais rappelez-vous : le problème, avec les prêts subprime, c'est que le nantissement -- les maisons -- perd de sa valeur. Plus il perd de valeur, plus la crise empire. Nous ne connaîtrons pas l'ampleur des pertes pour 2007 avant que les rapports annuels ne sortent, au printemps 2008. Et à ce moment-là, les pertes pour 2008 pourraient être pires encore.

* Pendant ce temps, un article sur CFO.com avertit les investisseurs :

* "Ne vous attendez pas à voir les retombées de la crise du crédit subprime s'arrêter de sitôt"...

* Mais cette semaine, Wall Street a agi comme si tout était déjà oublié.

** Des corrections, des corrections, des corrections...

* La glissade des actions corrige... la hausse du Dow est probablement une correction dans ce qui finira par être considéré comme un marché baissier. L'or a corrigé également, chutant de plusieurs dollars avant de se reprendre un peu. Le pétrole corrige aussi... à un peu plus de 90 $ à l'heure où nous écrivons ces lignes. Les matières premières -- et le cuivre en particulier -- corrigent également. La seule chose qui ne corrige pas encore, c'est le dollar.

* Des corrections, des corrections, des corrections... ou alors est-ce que tout ceci marque une nouvelle phase ? La déflation généralisée dont nous parlons est-elle déjà arrivée ?

* Probablement pas. Jusqu'à présent, ce ne sont que de petites corrections... qui arrivent bien en retard, pour la plupart. Rappelez-vous les bases :

* L'immobilier US chute parce qu'il n'est plus abordable...

* L'industrie financière chute parce que tout le monde a déjà bien assez de dettes...

* Les actions chutent parce que les bénéfices -- provenant en majeure partie de la finance et de la dette -- ont dépassé leur sommet...

* Le dollar chute parce qu'il y a trop de dollars et pas assez de véritables biens et services à acheter en échange...

* L'or grimpe parce qu'il constitue un refuge naturel et traditionnel en temps de crise monétaire.

* Alors tenons-nous en à la formule habituelle, du moins pour l'instant : vendez les actifs libellés en dollars lors des rebonds... achetez l'or durant ses creux.

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Le CAC 40 à 6 500 points... ou à 4 600 ?
Le pétrole à 45 $... ou à 100 $ ?
Economie mondiale en plein boom... ou krach globalisé ?

2008 pourrait être une année agitée : vos investissements sont-ils prêts à tout ?

Avec une performance moyenne de 92,34% depuis 1992... et des gains de 69,77%, 35,52%, 29,56%, 42,90% (entre autres) en 2006... voici le moyen d'affronter tout ce que l'avenir boursier peut nous réserver !

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*** La Chronique Agora présente ***

Emmanuel Gentilhomme revient sur une affaire qui a défrayé la chronique dans le petit monde du diamant, l'été dernier. Un incident digne d'un film hollywoodien...

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LES DIAMANTS SONT ETERNELS -- 1ère PARTIE
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Par Emmanuel Gentilhomme (*)

Le You Koun-Koun est de retour. Pardon ? Serait-ce un cousin du chicungunya ? Ou aurions-nous perdu la raison ?

Pas encore, du moins pas tout à fait. Rappelez-vous Le Corniaud, ce film de 1965 où Louis de Funès -- alias M. Saroyan -- campait un trafiquant international de drogue et de pierres précieuses, dont "le plus gros diamant du monde" : le You Koun-Koun. Dans ce film, le diamant était censé être vrai. Dans notre histoire aussi, du moins au début... 

Retour sur le canular minier de l'année !

Faire du faux avec du vrai
C'était le 28 août dernier. En pleine crise du subprime et vers la fin d'un été pourri, la nouvelle était séduisante : d'obscurs mineurs sud-africains, André Harding et Oom Tienie, annoncent par l'intermédiaire de leur représentant Brett Jolly, homme d'affaires anglais et promoteur immobilier de son état, la découverte d'un diamant gigantesque de 7 000 carats -- soit 1,4 kilogramme.

7 000 carats !
Ce serait le plus gros diamant brut au monde depuis la découverte du Cullinan, toujours en Afrique du Sud, en 1905. Le Cullinan, du haut de ses 3 100 carats (soit 621 grammes), tirait son nom du propriétaire de la mine.

Ce gros caillou est toujours visible aujourd'hui, en pièces détachées : il a été taillé en plusieurs morceaux dont le plus gros, le Cullinan I (530 carats), orne le sceptre des rois d'Angleterre. Le Cullinan II (320 carats) a été monté sur la couronne impériale de Sa Majesté britannique, qui régnait alors sur l'Afrique du Sud et ses "Boers" récalcitrants...

L'effet d'une traînée de poudre...
La nouvelle est joyeusement reprise par la presse dans le monde entier, même si personne n'a vu le fameux diamant. Peu importe : dès le 2 septembre, le président de la Fédération mondiale des Bourses du diamant d'Anvers, Ernest Blom, propose de soumettre le caillou à des tests d'authenticité.

Dès le 7 septembre, Ernest Blom inscrit provisoirement la pierre sur le registre des diamants d'Anvers, sous réserve de vérification.

Brett Jolly n'a pas vu la pierre. Il fait confiance à Harding, qui lui a déjà vendu 10% de sa mine de Potchefstroom, à 110 km de Johannesbourg. La première rencontre des deux hommes n'intervient que le 25 septembre. Manifestement, la confiance règne, mais pas pour longtemps... comme nous le verrons demain.

Meilleures salutations,

Emmanuel Gentilhomme
Pour la Chronique Agora

(*) Journaliste et rédacteur financier, Emmanuel Gentilhomme a déjà collaboré à plusieurs reprises avec le Journal des Finances et la Société Générale. Il suit de près les marchés boursiers européens et étrangers, mais s'intéresse également à la macro-économie et à tous les domaines de l'investissement -- et notamment aux ressources naturelles. 

[NDLR : Isabelle Mouilleseaux et toute son équipe vous communiquent quotidiennement les dernières nouvelles du marché des matières premières, et vous expliquent comment profiter de ce qui promet d'être le plus grand boom du 21ème siècle... Pour profiter de leurs conseils, rien de plus simple : il suffit de vous inscrire à L'Edito Matières Premières. Cliquez simplement ici, laissez-vous guider... et n'oubliez pas : c'est entièrement GRATUIT !]

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