
Rien ne va plus sur les marchés !
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La Chronique Agora
Paris, France
Mercredi 14 Novembre 2007
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*** Comme une rave party interdite par arrêté préfectoral
La crise du subprime met un coup d'arrêt aux marchés des dérivés
*** Leçon de français au congrès US
Le Général de Gaulle nous donne une petite leçon sur le dollar et la dévaluation... sous la plume d'Adrian Ash
*** Comme un lapin traversant la route
Quels réflexes financiers causeront notre perte ?
*** Rien ne va plus sur les marchés !
Peak Oil et énergies renouvelables...
----------------------------- (publ.)
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Bonjour,
*** COMME UNE RAVE PARTY INTERDITE PAR ARRETE PREFECTORAL
** La crise du subprime s'étale maintenant à la une de tous les journaux. Elle est présente dans toutes les rubriques économiques (leurs auteurs ont juste entre neuf et 12 mois de retard sur la Chronique Agora)... et l'un des thèmes les plus en vogue concerne le caractère contagieux (si, si !) de la débâcle des dérivés de crédit. Elle n'épargne pratiquement aucun secteur de la cote parce que les institutions financières ont cessé de constituer le moteur principal de l'activité dans les pays où les services sont la clé de voûte de la croissance.
Avec le serrage des boulons tous azimuts qui se profile, de nombreux fournisseurs des établissements financiers peuvent se préparer à une période de vaches maigres. A commencer par les SSII (maintenance informatique), les spécialistes des réseaux télécom, du storage, les voyagistes (adieu les confortables marges sur les billets d'avion de catégorie first et business class), les loueurs de flottes de véhicules d'entreprise, les sociétés foncières spécialistes des baux commerciaux haut de gamme...
Les prix atteignent des sommets stratosphériques dans les quartiers d'affaires les plus huppés des grandes capitales occidentales. Mais avec les compressions d'effectifs qui se préparent dans les banques et les compagnies d'assurances, puis dans leurs filiales spécialisées dans l'asset management, les mètres carrés vacants vont affluer sur le marché de l'immobilier et contribuer à le déprimer encore davantage aux Etats-Unis -- tandis que les prix ont baissé pour la troisième fois consécutive à Londres au mois d'octobre.
Les avocats d'affaire voient s'effondrer les revenus découlant des fusions/acquisitions. Le secteur est sinistré depuis trois mois, les opérations à effet de levier (LBO) sont au point mort ; le célèbre fonds Blackstone -- supposé pouvoir racheter à coup de méga-emprunts la moitié des valeurs du CAC 40 -- s'est effondré de 8% lundi soir. Le titre a déjà perdu un tiers de sa valeur depuis son introduction fin juin dernier...
Les avocats spécialistes des affaires matrimoniales risquent également de revoir leurs prévisions de chiffre d'affaires à la baisse. Les traders et brasseurs d'argent devenus moins riches généreront des divorces moins juteux, les honoraires étant généralement assis sur le chiffre d'affaires.
** En ce qui concerne les spécialistes de la titrisation de créances (immobilières ou cartes de crédit, qui se confondent désormais), les négociateurs d'ABS, CDO, CDS, MBA et autres produits dérivés très en vogue jusqu'à la mi-février se trouvent confrontés à une situation difficile à décrire, tellement elle ne ressemble à rien de ce que la profession a pu connaître depuis la fin des années 90 (même en pleine affaire LTCM).
Comment dire... l'ambiance qui règne dans les locaux où se traitaient les fameux conduits obligataires ressemble un peu à celle d'une station de ski sans neige, à une fête foraine un soir de neige en pleine grève des transports publics, à une rave party frappée d'interdiction préfectorale.
Les moniteurs, les forains, les DJ, tous les techniciens (quelle que soit leur spécialité) sont bien présents à leur poste, mais ils contemplent, désabusés, une météo uniformément grise, des écrans de contrôle où il ne se passe plus rien. Il n'y a plus de clients, plus d'activité, plus un bruit. Le marché des dérivés de crédit semble figé par un hiver sibérien...
Les téléphones, durant les heures d'ouverture des bureaux, sont devenus inutiles (sauf pour commander des pizzas), les opérateurs se morfondent en attendant qu'il se passe enfin quelque chose. Mais rien ne vient...
Heureusement, les marchés financiers sur lesquels se traitent des produits tangibles et compréhensibles pour le commun des mortels -- emprunts d'Etat, devises, matières premières, actions -- continuent de fonctionner normalement. Mais une question lancinante les taraude. Tous ces conduits obligataires bouchés ne risquent-ils pas de priver dans un deuxième temps la bourse des précieuses liquidités qui font grimper les indices (quelle que soit la conjoncture) ?
** La consolidation amorcée au lendemain de la seconde baisse de taux consentie par la Fed (à l'unanimité moins une voix) a déjà effacé la moitié des gains annuels sur le Nasdaq et la totalité des gains du marché parisien. Un rebond s'amorce, sous l'impulsion de rachats de découvert mais il s'avère laborieux, et les écarts sont limités.
Mardi, le CAC 40 a ainsi grappillé 0,06% après avoir testé une seconde fois le palier des 5 485/5 490 points ; il s'agit en réalité d'une reprise en trompe l'œil. Le SBF 120 affichait -0,02% en clôture et le SBF 80 (qui exclut les poids lourds du CAC 40) s'est encore replié de 0,45%.
** Le sursaut de Wall Street n'a même pas suffit à ranimer la flamme de l'espoir. Le Dow Jones et le Nasdaq Composite reprenaient respectivement 1,5% et 2% à la mi-journée grâce, notamment, à la publication des solides résultats trimestriels du géant de la distribution Wal-Mart (qui s'envolait de 6,5%). Les bancaires, quant à elles, retrouvaient des supporters malgré l'inscription de trois milliards de dollars de provisions supplémentaires par Bank of America (toujours les subprimes). J.P. Morgan et Citigroup affichaient 5,5%, AMEX et l'assureur AIG 3,5%.
Nous ne sommes pas loin de penser que si la séance de mercredi était de la même eau, il ne faudrait pas tarder à reprendre des positions contrariennes sur les banques et les technologiques américaines.
** Mais oublions un peu les déboires des marchés dérivés américains et concentrons-nous sur ces solides fondamentaux que J.C. Trichet nous vante à chacune des réunions de politique monétaire de la BCE. Ignorait-il l'imminence de la publication d'une série de statistiques macroéconomiques plutôt défavorable en Europe?
La production industrielle a en effet diminué de 0,7% et de 0,5% dans l'Union européenne en septembre 2007 par rapport au mois d'août (en données CVS). La progression globale, par rapport à septembre 2006, est loin d'avoir confirmé les prévisions des économistes.
Elle n'a progressé que de 3,5% dans l'Eurozone et de 3,1% dans l'Union européenne, contre une attente voisine de 4,5 et 4% respectivement.
Ce ne serait pas si grave si l'inflation se montrait inexistante... Mais voilà qu'en France, nous découvrons une bien mauvaise surprise au mois d'octobre : l'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,2% (contre -0,2 % en octobre 2006), soit une variation annuelle de +2,0% (contre +1,5% en septembre 2007).
Enfin, nous achevons le relevé exhaustif des statistiques européennes du jour avec l'indice ZEW qui mesure le moral des investisseurs allemands. Il a dévissé à 32,5 points au mois de novembre (à comparer avec un score de -18,1 points en octobre), ce qui nous apparaît réellement de mauvais augure à six semaines de la fin de l'année 2007.
** Si seulement le yen pouvait retomber comme par la magie du carry trade sous les 170 euros et les 114 $... Mais Ben Bernanke a beau faire tourner la planche à billets, rien n'y fait ! Et la devise nippone poursuit son redressement...
Les lois de la gravité semblent bel et bien de retour sur le marché des changes. La bulle du crédit américain -- en apesanteur depuis six ans -- ne va pas résister à une rentrée brutale dans l'atmosphère terrestre. Il va y avoir de sérieux dégâts des eaux dans la capsule dollar...
Philippe Béchade
Paris
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Adrian Ash vous donne les dernières nouvelles de Wall Street
*** LECON DE FRANCAIS AU CONGRES US
** Le président français était à Washington la semaine dernière, s'exprimant en français devant le Congrès US et demandant aux Etats-Unis d'arrêter de dévaluer le dollar -- dévaluation qui risque de précipiter une crise financière mondiale.
* Oh là là... c'est comme au bon vieux temps...
* Le dollar ne peut pas rester le problème des autres, déclarait en substance Nicolas Sarkozy devant le Congrès mercredi dernier, reprenant peut-être la plaisanterie de John Connally, secrétaire au Trésor US de Richard Nixon au début des années 70.
* Connally avait déclaré que le dollar était la devise des Etats-Unis, mais "votre problème". Au contraire, a déclaré notre président cette semaine.
* Si nous ne faisons pas preuve de prudence, a-t-il continué, la débâcle monétaire pourrait se transformer en guerre économique. Nous en serions tous les victimes.
** Oh là là, bis ! Les remarques de Sarkozy rappellent celles d'un précédent président français, Charles de Gaulle.
* "Ce que [les Etats-Unis] doivent [à l'étranger], ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu'il ne tient qu'à eux d'émettre...", a grondé De Gaulle durant une conférence de presse qui ferait date, en février 1965. "Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l'Amérique contribue à faire s'estomper l'idée que le dollar est signe impartial et international des échanges, alors qu'il est un moyen de crédit approprié à un Etat".
* Mais De Gaulle a fait bien plus que grommeler et se plaindre. Contrairement à Nicolas Sarkozy, il a eu la possibilité d'échanger ses dollars contre un actif bien réel et tangible -- l'or physique.
* L'or "ne change pas de nature", affirma De Gaulle dans son discours de 1965, comme s'il annonçait au monde une nouvelle inédite. "[L'or] qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n'a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comma la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence".
* Comment obtenir ce parangon des actifs ? Dans les années 50 et 60, les gouvernements de la planète pouvaient simplement venir à la Réserve fédérale, toquer à la "fenêtre de l'or" et échanger leurs dollars contre du métal jaune.
* Et c'est bien ce qu'a fait De Gaulle.
* Dès 1958, il a ordonné à la Banque de France d'accélérer le rythme auquel elle transformait ses réserves de nouveaux dollars en or physique. Rien qu'en 1965, il a envoyé la Marine française de l'autre côté de l'Atlantique pour emporter 150 millions de dollars en or ; en 1967, les proportions des réserves nationales françaises détenues en or étaient passées de 71,4% à 91,9%. La moyenne européenne n'était qu'à 78,1% à l'époque.
* En 1968, De Gaulle s'était retiré du Gold Pool de Londres -- un cartel gouvernemental qui travaillait activement à contrôler le prix de l'or, pour le maintenir en ligne avec les 35 $/once ordonnés par le gouvernement US. Trois ans plus tard, alors que l'or était transporté par voie aérienne depuis Fort Knox vers New York pour répondre à la demande étrangère de paiement en or, Richard Nixon mit fin au petit jeu de De Gaulle. Il cessa purement et simplement de payer en or.
* De Gaulle appela le dollar "le privilège exorbitant de l'Amérique", reprenant une phrase de son économiste préféré, Jacques Rueff. Ce privilège donnait aux Etats-Unis le droit exclusif d'imprimer le dollar, la "devise de réserve" de la planète, et de l'imposer au reste du monde en paiement de leurs dettes. Selon les accords d'après-guerre de Bretton Woods, en 1946, le dollar ne pouvait pas être refusé.
* En fait, aux côtés de l'or -- contre lequel le dollar était parfaitement interchangeable jusqu'en 1971 -- la devise US était du véritable argent, quelque chose de solide. Tout le reste pâlissait, à côté du dollar impérial. Tout, sauf l'or.
* Et qu'en est-il aujourd'hui ? C'est ce que nous verrons au prochain numéro...
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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres
*** COMME UN LAPIN TRAVERSANT LA ROUTE
** "C'est comme un lapin traversant la route".
* Elizabeth est venue à Londres le week-end dernier. Nous discutions dans un petit café.
* "Instinctivement, le lapin fait des zigzags", avons-nous expliqué. "Il voit venir un loup... il bondit d'un côté, puis oblique soudain de l'autre côté. Le loup qui le poursuit est plus lourd. Son élan l'entraîne dans la même direction, si bien qu'il manquera probablement le lapin. C'est l'instinct de survie... les lapins zigzaguent, parce que les lapins qui ne savaient pas zigzaguer étaient mangés par les loups avant d'avoir une chance de se reproduire"...
* "Mais nous voilà en 2007 : un lapin voit une voiture arriver sur la route. Au lieu de s'écarter de son chemin, il prend la voiture pour un loup et part en zigzags. Résultat : un lapin mort. L'instinct qui représentait une adaptation utile dans un précédent environnement est désormais mortel"...
* "Hmm...", déclara Elizabeth... "Je me demande lesquels de nos instincts étaient autrefois utiles -- mais se révèlent dangereux aujourd'hui"...
* "Tu en as un exemple sous les yeux -- la manière dont les hommes partent en guerre... ils se battent comme si la survie de l'espèce était en jeu. Et la manière dont ils se nourrissent ? Ils mangent comme s'ils étaient au bord de la famine -- parce que durant la majeure partie de son évolution, l'homme était au bord de la famine. Et... ah oui... la manière dont ils investissent".
** Mais laissons là notre conversation de comptoir, et revenons-en aux marchés financiers.
* Le Dow a encore été mis à mal cette semaine. Et, cher lecteur, à peine avions-nous prévenu que l'or était prêt à corriger qu'il perdait 27 $. Il était aux environs de 804 $ hier soir à Londres.
* Le dollar a baissé. Mais même le dollar doit corriger, de temps en temps. Il a sévèrement chuté, ces derniers temps... si bien que nous nous demandons quand il va corriger cette tendance -- avant de reprendre sa chute.
* Quant à votre serviteur, bien entendu... il aimerait voir une correction de l'or et du dollar. La vie devient simplement trop chère pour nous. Nous sommes retournés voir la pièce de Maria hier soir. Elle s'est améliorée, durant les quelques semaines écoulées depuis notre première visite. Les acteurs sont plus détendus... plus à l'aise avec leurs rôles. Hier soir, le public a crié et applaudi... et les acteurs ont eu droit à trois rappels.
* Après la représentation, nous avons fait un trajet en taxi de 10 minutes -- 21 $. Puis nous sommes allés diner dans un petit restaurant chinois. Nous étions huit... et l'addition se montait à 425 $.
* Pendant ce temps, chaque jour, nous perdons plus que nous gagnons. Notre salaire n'a pas bougé depuis 2001. Mais, puisque nous vivons en Europe, il a été divisé par deux. Et chaque jour où le dollar chute, nous perdons un peu plus de pouvoir d'achat.
* Dans la mesure où ils vivent aux Etats-Unis, les Américains sont moins attentifs au dollar. Mais ils voient tout de même les prix grimper... et ils finiront par réaliser combien ils ont perdu.
* Pendant ce temps, nous espérons des corrections. En partie parce que nous aimerions voir le coût de la vie baisser... et en partie parce que nous aimerions profiter de l'occasion pour nous dégager encore plus du dollar.
* Depuis le début du siècle, notre approche a été très simple : acheter de l'or durant ses creux, vendre les actions (et les actifs libellés en dollars d'une manière générale) durant leurs rebonds. Cela nous semble encore être une formule gagnante.
* "Je met l'économie US au même rang que n'importe laquelle au monde en termes de compétitivité", déclare Henry Paulson. Mais c'est là le même homme que celui qui disait que les Etats-Unis s'engageaient pour un dollar fort. Si les USA s'engagent pour un dollar fort, nous n'en voyons guère de preuves. Un dollar fort nécessiterait un homme fort à la Fed pour augmenter les taux. Nous ne pensons pas qu'il y ait quiconque d'assez vigoureux pour s'en charger. Au lieu de cela, la politique financière US est entre des mains faibles depuis de nombreuses années. Les déficits ont été tolérés... excusés... puis acceptés. A présent, "les déficits n'ont pas d'importance", déclare Dick Cheney. On a laissé le dollar flotter... libre de tout lien avec le monde réel et les vraies choses. Le monde a été saturé de billets verts... inondé... trempé jusqu'aux os. Voilà pourquoi la valeur du dollar baisse ; nous ne voyons personne d'assez fort pour inverser la politique.
* Au lieu de cela, les dépenses gouvernementales ont échappé à tout contrôle. Le dollar a échappé à tout contrôle. La dette a échappé à tout contrôle. La balance commerciale a échappé à tout contrôle.
** Et imaginez un peu ça : aux Etats-Unis, les présidents d'université gagnent désormais plus d'un million de dollars par an. Fut un temps où la présidence d'une université était considérée comme un honneur. Les gens appréciaient le prestige. Ils aimaient les bâtiments couverts de lierre... les grands penseurs... les livres... les petites étudiantes. Ils n'attendaient pas d'argent.
* Mais à présent... c'est l'argent, encore l'argent, toujours l'argent... partout où on pose le regard -- alors que la valeur de l'argent lui-même disparaît.
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Un véritable séisme énergétique pourrait mettre fin pour toujours à l'ère du pétrole bon marché, effaçant plus de 150 ans de prospérité occidentale et oblitérant la richesse de millions d'investisseurs... quasiment du jour au lendemain.
PANNE SECHE !
LE JOUR OU LE MONDE SE RETROUVERA A COURT D'ENERGIE
Restez les bras croisés et perdez tout... ou agissez AUJOURD'HUI et engrangez des gains de deux, voire trois chiffres sur des valeurs parfaitement positionnées pour grimper en flèche alors que le chaos s'installe.
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*** La Chronique Agora présente ***
Jean Chabru, spécialiste des petites valeurs, se penche sur les récents bouleversements boursiers -- plus précisément sur la hausse du pétrole... Et ses conclusions pourraient faire une différence majeure pour votre portefeuille
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RIEN NE VA PLUS SUR LES MARCHES !
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Par Jean Chabru (*)
Un baril de pétrole à près de 100 $... Des banques américaines qui n'en finissent pas d'annoncer des pertes liées aux subprimes... Une récession annoncée aux Etats-Unis à cause de la crise immobilière... Autant de raisons pour que les marchés financiers corrigent violemment et pourtant... ils tiennent !
C'est à y perdre son jargon d'analyste
C'est très étonnant, voire même incompréhensible de mon point de vue d'analyste financier : deux des principales banques américaines -- Merrill Lynch la semaine dernière et Citigroup lundi -- ont annoncé une aggravation de leurs pertes liées aux subprimes. Une énième douche froide pour les investisseurs.
Les pertes annoncées sont gigantesques, mais au-delà des chiffres, chaque nouvelle annonce de ce type pèse un peu plus sur la confiance des investisseurs. Or la confiance est le carburant des marchés financiers. Et pourtant... pourtant, contre tout entendement, les marchés s'accrochent à leurs niveaux. Mais s'il n'y avait que cela...
Pétrole : spéculation et fondamentaux tirent le marché à la hausse
A quasiment 100 $ le baril, l'or noir n'a jamais aussi bien porté son nom. Il bat ses records atteints lors des chocs pétroliers des années 70 et 80. Sauf qu'il y a 30 ans, ces niveaux résultaient des décisions politiques prises par l'OPEP.
Aujourd'hui, l'OPEP apparaît plus divisée que jamais et semble incapable de parvenir à un consensus. Par ailleurs, les fonds considèrent que, dans ce contexte de croissance mondiale très forte, l'effet de rareté conduira à une poursuite de la hausse des cours. Alors ils spéculent... Mais au-delà de la simple spéculation, il existe des raisons évidemment plus structurelles.
Le Peak Oil, vous connaissez ?
Alors, cher lecteur, j'ai mené mon enquête et... surprise ! Le 22 octobre dernier, un rapport des Experts d'Energy Watch Group (EWG) publié à Londres a mis le feu aux poudres -- ou plutôt aux réserves de pétrole -- en annonçant que le pic pétrolier (le fameux Peak Oil), ce point culminant où la moitié des réserves de brut de la planète a été épuisée, aurait été atteint en 2006 !
Voilà qui n'a rien pour vous surprendre. Mes collègues et rédacteurs de La Chronique Agoravous en parlaient depuis déjà bien longtemps. L'extraction de l'or noir serait désormais sur une pente déclinante de 3% par an. Si ces conclusions alarmantes sont à relativiser au vu de la couleur politique de ce groupe d'experts (créé par un député vert allemand), leurs estimations donnent à 854 milliards de barils les réserves restantes. Ce qui contredit les estimations "officielles" qui évaluent les réserves mondiales à 1 200 milliards de barils !
Si le niveau exact des réserves est invérifiable, il est clair que certains pays producteurs utilisent cette arme pour se maintenir au centre du jeu politique internationale. Mais ils se retrouvent déjà face à une baisse de leur production. Cette thèse rappellera sans doute à mes lecteurs les plus fidèles celle de La Face Cachée du Pétrole d'Eric Laurent dont je vous avais recommandé la lecture durant l'été 2006.
Quand il n'y aura plus de pétrole, d'autres énergies prendront le relais !
Ce rapport sert clairement la cause de l'EWG, dont les responsables militent pour les énergies renouvelables et pour un renforcement de l'efficacité énergétique, seuls capables de résoudre la crise à leurs yeux. Mais le plus étonnant, c'est que ce discours a été relayé par Georges David, le patron d'United Technologies l'un des plus importants conglomérats industriels américains. Il a expliqué sans ambages lors d'un entretien accordé aux Echos, le 5 novembre, que "la crise pétrolière est bonne pour le monde. Pendant des années, on a bénéficié d'une énergie bon marché sans vraiment faire attention à notre consommation. Maintenant, cette énergie est moins disponible et plus chère. Cela va nous forcer à trouver des solutions".
Le renouvelable, le nouveau moteur des économies et de votre portefeuille ?
Si les grands industriels commencent à être d'accord avec les activistes écologistes, il y a sûrement des raisons d'espérer. Et c'est là que nos économies trouveront les ressources nécessaires pour transformer leur dépendance au pétrole vers davantage d'énergies renouvelables. Mais tout cela doit se faire au travers de très forts investissements.
Je reviendrai sur ce sujet dans les prochains numéros, car je peux déjà vous dire que nous placerons 2008 sous le signe du renouvelable !
Meilleures salutations,
Jean Chabru
Pour la Chronique Agora
(*) Depuis plusieurs années, Jean Chabru est à la tête de Small Caps Profits, une lettre d'information consacrée uniquement aux petites valeurs. S'appuyant sur l'une des plus grandes bases de données françaises sur les petites valeurs, Jean Chabru déniche les pépites cachées des marchés pour le plus grand profit de ses lecteurs. Pour plus de détails
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(c) Les Publications Agora France, 2002-2007
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Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
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