La Chronique Agora

 
L'or s'enflamme

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La Chronique Agora
Paris, France
Mardi 13 Novembre 2007
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*** Un rebond ?
Les vétérans ne s'y laisseront pas prendre...

*** Il y a des choses sur lesquelles on peut compter
Et elles ne sont pas toutes roses, on dirait...

*** L'or s'enflamme
Et il est encore temps d'en profiter...

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Bonjour,

*** UN REBOND ?

** Les raisons de continuer de privilégier un scénario de consolidation moyen terme des places boursières sont nombreuses, et nous allons vous faire l'économie d'une déclinaison des arguments que nous vous avons exposés tout au long de la semaine passée. Cependant, le rebond auquel nous avons commencé à assister lundi après-midi ne nous surprend pas

Certes, la journée avait bien mal commencé dans le sillage des places asiatiques, elles-mêmes victimes d'un trou d'air sur les indices américains vendredi. Tokyo chute de 2,5%, le Nikkei a enfoncé son plancher annuel, tandis que Hong Kong plongeait à nouveau de 1 000 points, soit -3,8%).Mais avec un score fleuve de -7,5% sur le Nasdaq 100 en une semaine -- un record depuis fin septembre 2001 -- et un test des 13 000 points sur le Dow Jones, il fallait s'attendre à ce que les gérants ayant opté pour une stratégie offensive à la baisse commencent à matérialiser leurs gains. Ce qui, je vous le rappelle est également notre cas, comme vous pourrez le constater sur le Téléphone Rouge, au 0899 781 961*.

Après plusieurs déconvenues causées par de fausses amorces de consolidation (survenues depuis la mi-octobre), le moment est venu d'effacer les pertes sur les positions baissières constituées en anticipation d'une inéluctable correction sur les technologiques américaines et les actions chinoises (et le bon "timing" ne fut pas facile à appréhender cet automne).

Les bears viennent de se régaler avec une chute de 10% de Hong Kong, de 17% à Shanghai et de 9% sur le Nasdaq Composite (ajoutez-y -3% sur le dollar). C'est le genre d'écart qui mérite d'être matérialisé en attendant de remettre le couvert.

** Une nouvelle fenêtre de tir pourrait s'ouvrir très rapidement cette semaine car la séance des "Trois sorcières" (elle aura lieu ce vendredi même) devrait remobiliser les vendeurs à découvert. Ils devraient bénéficier cette fois-ci du renfort des trend followers, passés maîtres dans l'art d'amplifier en fin de mois la tendance sous-jacente -- peu importe qu'elle soit positive ou lourdement négative comme ce sera le cas pour l'échéance novembre avec un écart de -6,5%.

De nombreux analystes estiment que les indices ne sont pas près de repartir à la conquête des sommets annuels : la Fed, le FMI, la BCE et la plupart des économistes des grandes banques d'affaires, reconnaissent que la crise des subprimes va causer de gros dégâts sur la croissance américaine et se solder par une contraction des liquidités à l'échelle mondiale.

Ce phénomène est largement corroboré par la rechute du dollar jusque vers 109,3 yen, le billet vert se redressant ensuite vers 110. Ce qui confirme (s'il en était encore besoin) qu'un vaste mouvement de rachat des ventes à découvert sur la devise nippone s'est amorcé avec le dernier assouplissement monétaire effectué par la Fed.

Le carry trade euro/yen subit le même sort puisque la monnaie unique rechute sous les 160 (soit -3,5% en 48 heures). C'est spectaculaire -- et ce n'est pas sans rappeler le plongeon observé en pleine débâcle des marchés du 13 au17 août dernier.

** Mais le CAC 40, qui vient de chuter de 400 points en moins d'un mois (-6,8%), a bénéficié ce lundi d'un coup de pouce de Wall Street au cours de la dernière heure de cotations. Les indices américains, eux, ont bénéficié de rachats à bon compte après une entame de séance bien hésitante.

La séance été active à Paris puisque plus de sept milliards d'euros ont été échangés sur les seules vedettes du CAC 40. Les valeurs bancaires ont fait la différence avec une progression d'ensemble voisine de 3%. BNP Paribas signait la plus forte hausse (avec 4,05%), ex aqueo avec Dexia (3,8%) tandis que Crédit Agricole (2,8%) et Société Générale (2,3%) complétaient le quinté gagnant du jour (lequel inclut EADS avec ses 2,8%).

Le marché parisien affichait au final un gain symbolique de 0,2% après avoir testé 5 484 points au cours des premiers échanges puis de nouveau vers 13h30, lors de la publication du profit warning de l'Américain E-Trade. Ce dernier essuie de lourdes pertes sur les dérivés de crédit de type ABS et CDO (le titre s'effondre de 53%, à tout juste 4 $ alors qu'il valait encore 25 $ le 6 juin dernier).

Les financières se redressaient également outre-Atlantique, à l'image de Citigroup qui rebondit de 5%, suivi de J.P Morgan à 3%, permettant au Dow Jones d'afficher 0,5% à la mi-journée. Mais il ne faut pas s'emballer prématurément à propos du rebond de Wall Street car les volumes restaient anecdotiques en ce lundi semi-férié, marqué par les célébrations du Veteran's Day (l'équivalent américain de notre 11 novembre).

** Les premiers chiffres américains importants ne paraîtront que jeudi, avec les ventes au détail pour le mois d'octobre, les prix à la consommation et l'indice de la Fed de Philadelphie.

Sans attendre d'en avoir pris connaissance, les analystes d'UBS ont abaissé à 2% leurs anticipations de croissance du PIB américain en 2008, soit 0,5% de moins que précédemment. Parallèlement, ils ne prévoient plus que +1,6% en Europe l'année prochaine, soit une révision de -0,25%.

De quoi calmer la spéculation sur le marché pétrolier... d'autant que l'OPEP annonce qu'elle envisage d'accroître sa production d'ici la fin de l'année. Hier, le pétrole affichait un repli de 2,5% à New York (93,65 $ au plus bas sur le NYMEX) avant de se redresser vers 94 $.

** L'or en profite -- c'est une image car c'est plutôt nos lecteurs qui devraient profiter de l'occasion ! -- pour se replier de 4% jusque sur 800 $. Le précieux métal subit le même type de reflux que celui qui affecte la plupart des matières premières depuis 48 heures.

Cette consolidation pourrait se prolonger durant quelques séances, surtout si la masse d'argent liquide disponible sur les marchés continue de se contracter. L'or devrait retrouver du soutien dans la zone des 750 $ l'once (moyenne mobile à 50 jours). Il ne serait pas mauvais qu'un brusque coup de vent contraire fasse lâcher prise aux "mains fragiles" : la prochaine vague n'en sera que plus puissante et prometteuse !

Philippe Béchade
Paris

*(1,35 euros l'appel + 0,34 euros/minute)

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Avez-vous l'une de ces bombes à retardement financières dans VOTRE portefeuille ?
De véritables bombes sont désormais enclenchées sur les marchés... et elles pourraient causer des dégâts spectaculaires pour des centaines de milliers d'investisseurs.

Sauf que vous n'êtes pas obligé d'en souffrir avec tout le monde...

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** IL Y A DES CHOSES SUR LESQUELLES ON PEUT COMPTER

** En dépit de la confusion et de la désinformation habituelles de la presse financière, vous pouvez compter sur un certain nombre de choses.

* Premièrement, les prix de l'immobilier baissent. En théorie, ils doivent baisser -- parce que la famille moyenne ne peut plus se permettre d'acheter une maison moyenne. Cette situation ne peut pas durer longtemps. Si la famille moyenne n'achète plus la maison moyenne, qui le fera ? Personne. Son prix baissera donc jusqu'à ce que la famille moyenne soit à nouveau en mesure de l'acheter. Plutôt simple, non ?

* Bien entendu, cela ne signifie pas pour autant qu'elle baissera en termes nominaux. Les prix pourraient rester les mêmes tandis que l'inflation augmente les autres prix -- ainsi que les revenus familiaux. Mais en termes réels, l'effet est le même : le prix de l'immobilier doit baisser.

* Deuxièmement, les profits des entreprises baissent. Ils baissent parce qu'ils baissent toujours après avoir grimpé. C'est comme ça que va le monde. Chaque fois que vous pouvez gagner une somme exceptionnelle, vous trouverez un nombre exceptionnel de gens voulant vous l'enlever. La concurrence réduit les marges. Certaines entreprises font des profits exceptionnels parce qu'elles ont pu sous-traiter en Asie... mais les coûts de main d'œuvre grimpent en Asie aussi. D'autres entreprises ont fait des profits exceptionnels parce qu'elles se sont aventurées dans le secteur de la finance -- comme General Motors. Mais tout à coup, la finance n'est plus ce qu'elle était il y a quelques années. D'une manière ou d'une autre, les marges vont diminuer.

* Troisièmement, les prix des actions vont baisser. Là aussi, ils pourraient baisser en termes nominaux... ou ils pourraient être laminés par l'inflation. D'une manière ou d'une autre, les actions vont chuter. Pourquoi ? Parce que les marges baissent. Parce que les primes de risque grimpent. Et parce que la marée d'argent qui faisait flotter les cours est en train de se retirer.

* Quatrièmement, la classe moyenne américaine va devoir se débrouiller avec moins d'argent. Le niveau de vie chutera pour la plupart des gens. Leur actif principal -- la maison -- baisse. Ils sont déjà profondément endettés, alors que le prix de la dette grimpe. Leur seul espoir de progrès, c'est de gagner plus. Mais avec deux milliards de travailleurs en Asie, une hausse des salaires ne semble guère probable. Pour y parvenir, il faudrait des investissements colossaux dans l'équipement et la formation -- de l'argent que l'on gaspille pour l'instant entre consommation et guerre.

** Qu'en est-il de l'or ? Le métal jaune semble prêt pour une correction. Il a grimpé très haut, très vite ; il a sans doute besoin de faire une pause.

* Ceci dit, l'or, lui aussi, a quasiment toutes les chances de grimper à long terme. C'est l'anti-dollar... l'antidote aux manipulations financières, à la dette, aux dérivés, et aux devises papier en général. C'est ce que les gens achètent lorsqu'ils commencent à douter du fait que les autorités financières savent ce qu'elles font. Notre supposition : grimper sera un jeu d'enfant pour l'or.

* Mais attendez un instant, cher lecteur. Nous sommes également confrontés à une crise financière potentielle aux proportions monumentales. A mesure que les actions, les maisons et les instruments financiers sophistiqués perdent leur valeur... la "richesse" disparaît. Les gens ont de moins en moins de dollars à perdre... et ont de moins en moins envie de s'en séparer. En termes de dollars, le prix de l'or pourrait se stabiliser... voire chuter. Malgré tout, étant donné la rareté de l'or... et son historique de valeur refuge en temps de crise, nous pensons que le prix réel du métal jaune va grimper... même en cas de déflation généralisée à la japonaise.

* Enfin, nous n'en sommes pas encore là. Pour la majeure partie des gens, nous sommes toujours en plein boom... les prix grimpent... et l'or semble une bonne couverture contre l'inflation. Juste une supposition : attendez-vous à une correction à court terme... puis une autre hausse qui mettra l'once à plus de 1 000 $.

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+55,71% en 9 séances... +51,67% en 5 jours... +31,33% en 2 jours... +20,86% en 4 jours...
+42,11% en 24 heures... +40,35% en 6 jours... +37,50% en 24 heures...
... et tous les autres !

Comment avons-nous accumulés de tels gains ?
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*** La Chronique Agora présente ***

Simone Wapler passe au crible les déclarations d'un analyste sur la tendance de l'or... et assortit ses découvertes de conseils nets et clairs pour les investisseurs aurifères.

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L'OR S'ENFLAMME
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Par Simone Wapler (*)

On connaissait le Peak Oil... voici venir le Peak Gold.

Lundi 5 novembre, le Crédit Suisse publiait un avertissement selon lequel "la dynamique entourant l'offre et la demande d'or a commencé à tendre inexorablement vers une diminution de l'offre et un accroissement de la demande d'investissement qui aura en final un impact sur le prix de l'or", écrit l'analyste David Davis.

Les analystes, conscients du pouvoir des mots qu'ils choisissent, ont pour habitude de bien les peser. Le propos mérite donc qu'on s'y attarde.

Inexorablement : la tendance décrite est irréversible. Le mot est très fort pour les observateurs financiers prudents qui édulcorent souvent leurs pronostics de verbes au conditionnel.

Diminution de l'offre : le rapport décrit un phénomène déjà familier aux lecteurs de l'Edito Matières Premières pour s'inscrirepuisque mon confrère Emmanuel Gentilhomme et ma consoeur Isabelle Mouilleseaux l'ont plusieurs fois décrit. L'or "facile" a déjà été trouvé. Pour extraire du nouvel or, la situation est la même que pour le pétrole : il faut aller plus loin,plus profond, dépenser plus d'énergie, utiliser plus de main d'oeuvre. Le nouvel or coûte plus cher que l'ancien, qui pouvait se trouver avec une simple bêche. C'est pour cela que les grosses minières peinent tant à augmenter leur production.

Accroissement de la demande d'investissement : il s'agit de l'or sous forme de pièces, lingots et barres. Bien sûr, ce n'est pas la demande des banques centrales qui augmente puisque celles-ci vendent ! Elles vendent d'ailleurs de moins en moins, mais elles vendent toujours, à part les BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui doivent se créer des réserves.

La semaine dernière, en revanche, deux banques centrales européennes ont mis sur le marché 10,6 tonnes. Du côté des demandeurs, on trouve des investisseurs institutionnels et privés, des vendeurs de pétrole et matières premières, certaines populations. Ainsi, l'or reste l'investissement préféré des Indiens : 1 250 tonnes d'importation sont prévues pour 2008, une augmentation de 250 tonnes par rapport à 2007. Près d'un tiers de ce volume se transforme en or d'investissement. Ainsi les bullions cumulent-ils maintenant près de 781 tonnes d'or. Cette réserve privée est désormais supérieure à celle de la Banque centrale du Japon. Et seulement six banques centrales possèdent plus de réserves que l'ensemble des bullions. Les bullions sont un phénomène nouveau, qui a largement contribué à la démocratisation de la possession d'or. Depuis le début de l'année, 150 tonnes supplémentaires sont rentrées dans leurs coffres. Ils constituent la Banque Centrale du Peuple qui n'entend pas se faire confisquer son épargne par l'inflation.

Impact sur les prix : on reconnaît ici le langage habituel d'un analyste. Traduisez évidemment impact par hausse.

Tout cela, cher lecteur, n'a rien de nouveau pour vous. Ce qui est nouveau c'est qu'un analyste le dise et considère cette tendance comme inéluctable. Et lorsqu'il le dit, la hausse de l'or s'accélère.

En d'autres temps, je vous aurais conseillé de prendre partiellement des bénéfices et de vous replacer après la prochaine consolidation de parcours.

Mais il semble que les temps changent. La hausse s'accélère. J'incite donc ceux qui n'ont pas (encore) d'or à en acquérir. Qu'ils conservent en tête que l'objectif final est à 1 800 $ et que d'ici un an, ils auront oublié si leur première acquisition s'est faite à 820 ou 850 $. Et j'incite ceux qui en ont déjà à le conserver. Il sera toujours temps de renforcer la position par la suite...

Meilleures salutations,

Simone Wapler
Pour la Chronique Agora

(*) Analyste, journaliste et ingénieur de formation, Simone Wapler a déjà contribué à des publications telles que Le Point, Enjeux les Echos, Chart's... Spécialisée dans les matières premières et les valeurs technologiques et industrielles, elle est rédactrice au sein de Vos Finances - La Lettre du Patrimoine et analyste en chef de L'Investisseur Or et Matières. Elle se penche aussi sur les ressources naturelles dans L'Edito Matières Premières

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