La Chronique Agora

 
Le pourquoi du comment d'un mini-krach

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LA CHRONIQUE AGORA
Paris, France
Jeudi 18 mai 2006
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*** Le pourquoi du comment d'un mini-krach
Philippe Béchade revient sur la journée d'hier, fort mouvementée...

*** Sortez couvert
Eric Fry nous parle d'une stratégie permettant de jouer sur la baisse de l'or...

*** Le taureau par les cornes
Bill Bonner nous rappelle quelques principes de base de l'investissement boursier...

*** Sail in May (2)
Qui n'a jamais assisté à une régate de devises ne peut s'imaginer l'intensité du spectacle...

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Bonjour,

*** LE POURQUOI DU COMMENT D'UN MINI-KRACH

** Voilà, c'est arrivé ! Il s'est produit ce que nous pressentions depuis plus de deux mois... et tout se déroule conformément au scénario que nous vous avions exposé dans nos chroniques et sur notre audiotel depuis vendredi dernier. Nous recommandions de solder toutes les positions, à l'exception de France Télécom et de Vivendi, qui a gagné plus de 5% au cours des premiers échanges hier avant de finir à l'équilibre -- tandis que le CAC 40 dévissait de 3,18%.
[NDLR : Philippe Béchade recommande d'ailleurs aujourd'hui l'achat de calls, que nous ajoutons à nos positions put afin d'être couverts quoi qu'il arrive ! Pour connaître tous les détails de cette stratégie, composez le 0899 707 009*...]

Mais il faut avoir le triomphe modeste -- et même reconnaître que c'est une victoire à la Pyrrhus. Après tout, depuis le 10 mars dernier, tous les arguments que nous avancions pour vous inciter à vous méfier d'une hausse boursière totalement anachronique -- voire d'une rare absurdité -- ont été systématiquement pris en défaut par des investisseurs littéralement affamés de papier, et qui voyaient les OPA fleurir comme un cerisier japonais au cours des semaines suivantes.

Le CAC 40 a enregistré ce mercredi sa plus forte chute en trois ans (moins une semaine). Il faut remonter jusqu'au 19 mai 2003 pour trouver trace d'une débâcle supérieure à -3% : l'indice n'avait perdu "que" 3% le 11 mars 2004 et 2,6% le 10 mai de cette même année. Tiens, encore une date anniversaire !

La bourse de Paris ne fait que retracer ses niveaux planchers du 9 mars dernier. Nous estimions alors que le franchissement des 5 000 points quelques jours auparavant constituait déjà un exploit, et que la hausse des taux et la consolidation du dollar devaient conduire à un reflux du CAC 40 sous les 4 950 points.

** Il aura donc fallu pas moins de 11 semaines pour que les évènements nous donnent enfin raison. Vous comprendrez que nous n'ayons pas le coeur à pavoiser, car nous venons de revivre pratiquement le même cauchemar que lors de la spirale haussière observée de janvier à mars 2000, lorsque éclata la bulle Internet.

Les day traders avaient alors pris possession des indices boursiers, et la hausse de la veille devenait chaque jour la meilleure garante de la hausse du lendemain. Les opérateurs possédant deux sous de jugeote et un maigre bagage de notions économiques étaient priés de les laisser tassés au fond d'un tiroir, sous une pile de vieux extraits de comptes-titres, lorsqu'ils rallumaient leur ordinateur pour passer une rafale d'ordres d'achats en ligne.

Aujourd'hui, c'est à une rafale d'ordres de vente que nous avons assisté. Et cette précision ne manque pas de sel ! En effet, depuis le début du mois de novembre, ce sont des program trading qui règnent sans partage sur la tendance ; ils étaient paramétrés de telle sorte qu'ils demeuraient systématiquement acheteurs tant que le CAC 40 ne perdait pas plus de 150 points, et pour être encore plus précis, tant que l'indice se maintenait au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours.

Cela a naturellement commencé à se gâter vendredi dernier -- d'où la diffusion d'un message d'alerte sans équivoque sur notre audiotel -- lorsque le CAC 40 est retombé sous les 5 165 points, un seuil sur lequel nous n'avions cessé d'attirer votre attention depuis le 26 avril dernier et le second échec du marché parisien sous les 5 260 points.

Avec la cassure des 5 060 points (plancher de la mi-avril et niveau proche de la MM 100), nous avions la conviction que le temps allait franchement se gâter et tourner à l'orage. Cependant, nous n'avions pas cerné de timing précis s'agissant de la dégringolade du CAC 40 sous les 5 030, et nous étions loin d'imaginer que la bourrasque de ce mercredi emporterait dans sa fureur dévastatrice la toiture et les murs porteurs... puis le plancher des 5 000 points et, dans la foulée, celui des 4 970 du 9 mars dernier.

Est-il besoin de beaucoup s'étendre sur le pourquoi de cette purge ? Il y avait tellement d'épines susceptibles de faire éclater la bulle ! Sachez pour l'anecdote que tout s'est déclenché à 14h30, suite à la parution des statistiques américaines concernant l'inflation. Une hausse de 0,3% du core rate en avril succède à une progression équivalente en mars, ce qui propulse le taux central à +2,3% en rythme annuel, bien au-delà de la "fourchette de confort" de la Fed -- sans oublier que l'indice global des prix à la consommation grimpe de 0,6% au lieu des 0,5% attendus.

Il n'en fallait pas davantage pour relancer les spéculations sur un nouveau tour de vis de la Fed fin juin, car si les chiffres de l'inflation concernant le mois de mai sont de la même teneur que ceux des deux mois précédents, Ben Bernanke sera contraint d'agir en conséquence. La BCE se fera un devoir de suivre le mouvement, même si elle s'en défendait par avance -- et vous n'y croiriez pas une seconde, puisque l'inflation atteint 2,4% en zone euro en avril après 2,2% en mars.

** Les T-Bonds US abandonnaient hier soir 0,4%, soit 5,17% de rendement sur le 10 ans et 5,3% sur le 30 ans. De leur côté, les marchés obligataires européens ont été emportés par la tourmente, avec un Bund qui décroche de 0,55% et dont le rendement se retend au-delà des 4,045% (3,97% mardi). Le 2 ans a re-franchi mercredi le cap des 3,33%, ce qui valide l'anticipation de trois resserrements de +75 points des taux en Europe d'ici fin 2006.

Le différentiel de rémunération reste quasi stable de part et d'autre de l'Atlantique, à environ 112 points de base sur les bons du Trésor de maturité 2016. Cependant, le dollar a repris +1,5% en l'espace d'un après-midi, revenant d'un plus-bas de 1,2920 : il re-franchit les 1,2750/euro et se rapproche des 110,50 yens.

Les chiffres américains des prix à la consommations n'expliquent pas ce mouvement -- ou alors très marginalement ; c'est en fait l'euro qui a été victime de lourds dégagements, alors que Thierry Breton, évoquant la chute du dollar (-7% en un mois), a averti que ce genre de dérive méritait une ferme vigilance et "que tout sera fait pour que cet écart ne s'élargisse pas".

Les cambistes y ont vu un sérieux avertissement et n'excluent pas une intervention concertée des banques centrales. Nous retenons surtout que du point de vue du gouvernement français, qui se fait probablement l'écho de récentes conversations avec Christian Noyer (le gouverneur de la Banque de France) ou Jean-Claude Trichet, l'appréciation de l'euro commence à poser problème.

Les marchés, eux, ne s'en étaient pas aperçu -- ou ils avaient retourné les théories économiques classiques comme de vieilles chaussettes -- et considéraient désormais que le dollar et les indices boursiers de la zone euro devaient évoluer non plus en parallèle... mais de façon symétrique et inversement proportionnelle.

A force de marcher sur la tête, et même muni d'un bon casque (renforcé par un épais matelas d'options de vente, de puts warrants et autres credit default swaps), la pression sanguine finit toujours par causer des vertiges et des étourdissements... Et lorsque l'on perd l'équilibre et que l'on retombe sur ses pieds, on flirte avec l'évanouissement -- ou, dans de nombreux cas, avec le fameux "trou noir", où l'on ne contrôle plus rien, et surtout pas sa chute.

** Si le "pourquoi" de la chute des marchés trouve mille explications, jugées jusqu'à présent inutiles et non pertinentes, le "comment" d'un plongeon de 3,3% résulte d'un facteur bien précis ; nous évoquions dans un chapitre précédent le program trading et la question des paramétrages.

Il est évident que le seuil de déclenchement des ordres de vente automatisés sur le CAC 40 était la moyenne mobile à 100 jours, soit 5 035 points environ. La déferlante a été d'autant plus spectaculaire que les traders ont collectivement identifié les mêmes paliers de rupture.

La question subsidiaire à mille milliards d'euros -- et à laquelle nous ne pouvons vous proposer que le timide éclairage (à la bougie) de l'analyse technique --, c'est : "jusqu'où peut se perpétuer cette débâcle" ?

Nous avons beaucoup traité du CAC 40, mais nous nous sentons un peu à l'étroit au milieu des 40 blue chips de la cote parisienne. Nous préférons à présent nous intéresser à l'Euro-Stoxx 50. Il s'est effondré de 3,35%, à 3 605 points, pulvérisant le support oblique moyen terme des 3 680 points, puis, dans la foulée, la MM 150 (3 640 points), ce qui ne s'était plus produit depuis mai 2004 !

Avec la cassure des 3 650 points puis des 3 638 points (le plus bas du mois de février), l'Euro-Stoxx s'expose maintenant à une chute libre en direction du plancher annuel de 3 540 points, puis du support oblique long terme qui transite vers 3 460 points. Il est difficile d'imaginer que l'Euro-Stoxx puis remonter fermer le gap des 3 750,44 (MM100), et encore moins celui -- plus spectaculaire -- des 3 837.

Par construction, vous en déduirez que si l'Euro-Stoxx doit encore chuter de 4%, le CAC 40 pourrait alors fort bien tutoyer les 4 726 points dans un avenir relativement proche ! Si ce niveau précis ne vous "parle" pas, sachez qu'il s'agit tout bonnement du plancher annuel du 23 janvier.

Rejoindre un tel niveau présenterait un inconvénient majeur : la tendance haussière de long terme pourrait être facilement invalidée... et il n'y pas un programmateur de logiciel de gestion indicielle qui ignore l'importance décisive d'un tel seuil de soutien.

Philippe Béchade,
Paris

*(1,35 euros l'appel + 0,34 euro/minute)

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Et si, au lieu de subir les caprices actuels du CAC 40...
... vous pouviez les prédire -- et surtout, les transformer en profits ?

C'est exactement ce que ce système vous permet de faire... et avec 105,8% de gains cumulés, la différence pourrait être notable pour votre portefeuille.

Pour tout savoir...

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Eric Fry nous donne les dernières nouvelles de Wall Street

*** SORTEZ COUVERT

** "En attendant le délicieux Armageddon qui pourrait propulser l'or à 2 000 ou 3 000 $ l'once", avions-nous écrit vendredi dernier, "les haussiers de l'or subiront certainement un bon nombre de 'jours à la baisse'. Nous souffrirons de déclins de prix épuisants qui produiront des pertes conséquentes... et beaucoup d'angoisse."

- C'est bien l'une de ces périodes que nous sommes en train de traverser... Le prix de l'or a dégringolé de plus de 50 $ par rapport à son sommet de jeudi.

- "Les vrais croyants parmi nous diront 'achetez pendant les creux'", avions-nous également déclaré, "... mais bon nombre de nos camarades paniqueront et vendront. Heureusement, il se pourrait qu'il y ait une troisième voie : vendre des options 'couvertes'."

** Aujourd'hui, nous examinons une tactique risquée (mais peut-être plus adaptée aux conditions actuelles) permettant de vendre des options couvertes. Rappelez-vous, cependant, que de telles ventes peuvent être TRES DANGEREUSES. Seuls les traders en options les plus expérimentés devraient se lancer dans de telles opérations. En quelques mots, vendre des options couvertes consiste pour un vendeur d'options à accorder à l'acheteur le droit d'exercer une option à un certain prix et à une certaine date. Si le pari "perd", le vendeur garde son option. Mais si le pari est gagnant, le vendeur doit payer, et y ajouter la cote. En Bourse, cette cote n'est pas fixée d'avance ; elle est ouverte. Voici un exemple hypothétique permettant d'illustrer cette méthode.

- Imaginons que je vous vende l'option put Octobre 80 sur IBM pour 2,00 $. Dans la mesure où IBM est actuellement à 82,90 $, l'action est à 2,90 $ du prix d'exercice. Tant qu'IBM reste au-delà des 80 $ entre aujourd'hui et octobre, je peux garder les 2 $. Mais si l'action chutait à 70 $, par exemple, je serais obligé d'acheter la valeur pour 80 $ à l'acheteur du put. Je subirais donc une perte de 8 $ (c'est-à-dire que je recevrai 2 $ pour le put, mais je serai contraint de payer 80 $ pour une valeur qui n'en vaut que 70). Si l'action chutait à 60 $, je perdrais 18 $, et ainsi de suite. Voilà pourquoi il est si dangereux de vendre des options put couvertes.

- Même ainsi, si un investisseur voulait vraiment posséder IBM, vendre des options put pourrait être une bonne mise en route. En suivant un exemple identique à celui-ci, si je me contentais d'acheter l'action, je paierais 82,90 $ l'action. Mais si je vendais un put couvert, et que l'action chutait, mon prix effectif d'achat ne serait que de 78 $ [c'est-à-dire que je paierais 80 $ moins les 2 $ reçus de l'acheteur de puts]. D'un autre côté, si l'action grimpait à 120 $ entre aujourd'hui et octobre, je souhaiterais avoir simplement acheté l'action. Dans l'ensemble, vendre des options couvertes est un moyen efficace d'acheter des actions qui vous inquiètent à court terme, mais que vous adorez à long terme... ce qui nous rappelle assez bien les actions aurifères.

- A la Chronique Agora, nous parlons depuis quelques temps d'une vague de vente prochaine sur toutes les ressources naturelles. On dirait bien qu'elle est en en train de se produire. Mais notre angoisse de court terme ne diminue en rien nos affinités de long terme pour les actions de matières premières. Vendre des options couvertes semble donc une tactique raisonnable... à condition d'avoir le coeur bien accroché.

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Bill Bonner, co-fondateur de La Chronique Agora, à Londres

*** LE TAUREAU PAR LES CORNES

** La seule chose plus frustrante qu'un long marché baissier, c'est un long marché haussier. Enfourcher un bull market, c'est comme enfourcher un véritable taureau. On risque toujours de se faire désarçonner. Et une fois à terre, il est difficile de remonter en selle.

* La semaine dernière, nous avons examiné le marché de l'or. Nous avions acheté tandis que le métal se vendait aux environs de 300 $ l'once. Puis, sur une période de quatre ans, nous avons pu augmenter nos positions lentement et prudemment, chaque fois que le prix baissait. Ensuite, lorsque le marché haussier a vraiment écrasé le champignon, il y a un an de cela, il nous a dépassé à toute vitesse. Nous attendions une pause qui nous permettrait de remonter -- au lieu de cela, l'animal a accéléré. A présent, il court si rapidement que nous avons presque peur de le toucher.

* Mais en matière d'investissement, on ne gagne pas vraiment en boursicotant et en restant sur le banc de touche. Les gens qui gagnent vraiment, ce sont ceux qui ont le courage de prendre le taureau par les cornes -- et de tenir bon ! Dans le marché haussier des actions 1982-2000, par exemple, le Dow est passé de moins de 1 000 à près de 12 000. Le dernier marché haussier de l'or a vu le prix grimper d'à peine plus de 40 $ à 850 $ -- un gain de plus de 2 000%. Et le marché haussier plus récent du pétrole a déjà fait grimper le prix de 700%.

* Non, cher lecteur, ce n'est pas en faisant des allers et retours qu'on gagne beaucoup d'argent. Ce n'est qu'un moyen de s'amuser en faisant la fortune des courtiers. Pour profiter au mieux d'un marché haussier, c'est un peu comme le tabac : il faut commencer tôt et persévérer sans relâche -- jusqu'à ce qu'il ait votre peau.

* Le moyen de gagner beaucoup d'argent, c'est de prendre une grosse position sur un mouvement majeur, d'acheter très bas et de vendre très haut. Et cela signifie enfourcher le marché haussier du début à sa fin. Ce qui pose des questions assez embarrassantes. Comment savoir quand on approche de la fin d'un marché haussier ? Comment savoir quand il est temps de monter... ou de descendre ?

* Si nous avions une réponse à toute épreuve, nous ne serions pas en train d'écrire la Chronique. Nous ne serions même pas humain. Il n'est pas donné aux hommes de connaître le destin des marchés. Le mieux que nous puissions faire, c'est regarder par-dessus notre épaule les exemples de l'histoire -- et d'en tirer des suppositions. Notre meilleure supposition, actuellement, c'est que le marché haussier de l'or a encore beaucoup de chemin à parcourir. Et votre meilleur pari, c'est de tenir bon. Ne vous laissez pas déstabiliser par les corrections, les reculs et les soubresauts douloureux qui se produiront en chemin.

** Un autre grand marché haussier est en train de se produire en Inde. L'indice de Bombay est en hausse de 300% sur les trois dernières années. Les principaux fonds indien ont gagné 80% au cours des 12 derniers mois. Les lecteurs vont peut-être vouloir savoir : est-ce le début ou la fin ? A nouveau, nous n'avons pas de réponse sûre. Mais nous allons faire des suppositions.

* La hausse du marché boursier indien fait partie d'une tendance à laquelle il reste probablement 50 ans de vie. Peut-être 100. L'Inde est pauvre. L'Europe occidentale et les Etats-Unis sont riches. Ce déséquilibre s'est développé ces 300 dernières années seulement. Avant cela, un travailleur moyen sur les rives du Gange gagnait à peu près autant par jour qu'un homme sur le bord de la Seine ou du Potomac. Nous aurions tendance à supposer que la disparité actuelle est temporaire plutôt que permanente.

* La semaine dernière, un entrepreneur indien est venu au bureau. "Oui, les prix des actions ont beaucoup grimpé", a-t-il expliqué. "Mais nos entreprises grimpent de 30% par an. Si l'on ajuste ce chiffre à la croissance, elles sont encore peu chères."

* Notre visiteur a commencé à construire des automobiles en Inde. Avec un investissement de 4,5 millions d'euros seulement, il a mis en place une usine. Les moteurs viennent de Renault. Les composants de la carrosserie sont fabriqués sur place, à partir de matériaux composites.

* "Il nous suffit de 1 000 voitures par en pour rentrer dans nos frais", a-t-il expliqué. "Bien entendu, nous n'avons pas à payer des salaires ou des charges sociales élevés."

* Quelqu'un devrait le dire à General Motors. Peut-être que quelqu'un l'a déjà fait, d'ailleurs. Nous apprenions hier matin que GM embauchait en Inde, alors même que l'entreprise licencie des milliers de personnes aux Etats-Unis. C'est en gros la raison pour laquelle les salaires augmentent notablement en Inde tandis qu'ils ralentissent en Occident.

* Mais est-ce que cela va continuer ? Le marché boursier indien va-t-il poursuivre sa hausse ? Ou bien va-t-il dégringoler, victime d'une correction vertigineuse ? Et là, nous somme si heureux de pouvoir être utile que nous vous donnons une réponse tonitruante et tranchée : Oui !

* Hélas, nous ne pouvons pas vous dire dans quel ordre.

* En fait, il y a mieux : ne vous en inquiétez pas.

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Consterné par les manœuvres en tous genres qui faussent les marchés ?
Exaspéré par l'absence totale de transparence dans la gestion de vos actifs ?
Effaré par le manque d'indépendance de certains conseillers financiers ?

Eh bien... voici votre antidote personnel à l'industrie financière !

Un antidote qui aurait pu vous rapporter des gains cumulés de 165% en 2005...
Pour en savoir plus...

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*** La Chronique Agora présente ***

Après quelques réflexions bien senties sur la navigation et la finance, le Banquier Central passe enfin aux choses concrètes.

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Le Journal d'un Banquier Central
SAIL IN MAY -- 2ème PARTIE
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Accompagné d'Egisthe, mon fidèle Analyste technique, j'ai pris le train pour la côte atlantique -- en seconde, les finances de l'Agioteur beauceron ne nous permettant aucune folie. Une fois de plus, l'organisation de l'événement s'est révélée à sa mesure : du tracé des épreuves à l'encadrement des équipes, rien n'avait été laissé au hasard. Il faut dire que pour parvenir à ses fins, le Club La Pérouse mobilise des fonds considérables, issus pour l'essentiel de donateurs anonymes, et mis à sa disposition par une chambre de compensation luxembourgeoise.

L'association escompte, à travers cette initiative, inculquer aux participants de salutaires leçons sur la conduite des affaires mondiales : de tels espoirs se voient démentis d'année en année, mais l'insuccès ne décourage nullement le président du Club, et son âme, le bouillant contre-amiral Lefennec, à qui trente ans de Royale ont appris les vertus de l'obstination. Nous l'avons retrouvé sur le port, où il prenait en mains la jeune équipe internationale du trois-mâts Taux d'intérêt.

Revue de détail
"Hardi les gars ! tonnait le contre-amiral. Larguez en grand la ganse ! Débittez-moi le croupiat, qu'on puisse enfin débouquer !"

Les concurrents regardaient tout autour d'eux avec inquiétude.
"Qu'est-ce que c'est que le croupiat, mon amiral ? interrogea un énarque.
- On dit monsieur, moussaillon ! rugit Lefennec. La marine n'appartient à personne ! Le croupiat, c'est l'embossure ! C'est l'aussière, c'est le grelin que tu as sous les yeux, là, juste à côté de l'étambot, et que la paille empêche de décapeler ! Alors vas-tu bien me le paumoyer ? On m'en fichera, tiens, de ces hâle-boulines qui confondraient même une bitte et un bollard !"

Tant bien que mal, donc, on débitta le croupiat ; et le trois-mâts Taux d'intérêt finit par débouquer, sous les imprécations du redoutable contre-amiral. Quelques minutes plus tard, devant un rhum hors d'âge à la capitainerie, nous passions en revue les participants de cette année.

Surfin' USA
L'après-midi même, nous en avions confirmation en suivant, pour le compte de l'Agioteur Beauceron, l'épreuve reine de cette journée de voile économique : la régate des devises.

Qui n'a jamais assisté à une régate de devises, cher Journal, ne peut s'imaginer l'intensité du spectacle. Les voiliers s'affrontent bord à bord, manoeuvrés par des équipes d'arbitragistes qui s'échinent frénétiquement sur les manoeuvres. Pendant ce temps, des traders, munis d'un porte-voix, se crient d'un pont à l'autre des ordres d'achat et de vente, qui ont pour effet de régler leurs allures respectives. Enfin, dans les cales, des banquiers centraux ne cessent d'ajuster le tirant d'eau monétaire en délestant, ou bien en lestant, la quille de valeur qui stabilise la coque. (Comment ils arrivent à le faire à partir de rien, c'est une chose que je n'ai jamais bien comprise. Cela me semble défier le principe d'Archimède : il est vrai que comme banquier central, je manque d'expérience maritime.)

Bien entendu, la devise plus faible se révèlera la plus rapide sur les eaux du commerce mondial : gare, pourtant, au démâtage. Et à ce jeu, force fut de constater, une fois encore, la supériorité de la recherche américaine. Surfing The Deficits, catamaran révolutionnaire du dollar, conjugue deux gigantesques patins de dette (publique à bâbord, commerciale à tribord), ultra-glissants, avec des gréements d'une souplesse économique remarquable pour atteindre des vitesses et un degré de manoeuvrabilité sans précédent. Autant dire qu'il a taillé des croupières à ses grands concurrents. Face à cette merveille de haute technologie, notre Euro 1999, solide vaisseau qui souffre d'une conception un peu archaïque, n'avait aucune chance. Malgré ses traditions décennales de dévaluation, la jonque nippone du yen, Toujours Plus Bas, devait laisser le dollar -- l'ayant doublée d'un magnifique gap baissier -- filer vers les bottoms sans parvenir à le rattraper. Quant au fier destroyer de la livre sterling -- baptisé non sans humour This Is Not The Euro --, les Américains l'ont littéralement laissé sur place avec une accélération de près de 6% en quelques jours.

Suite et fin de nos aventures nautiques dès demain...

Meilleures salutations,

Le Banquier Central
Pour la Chronique Agora

(*) Derrière le Journal d'un Banquier Central, on trouve toute une équipe d'experts de la finance, de l'économie, de l'analyse technique et de la bourse -- qui mettent à votre service leur expérience boursière aussi affûtée que leur sens de l'humour pour vous proposer des recommandations claires, fiables... et surtout profitables !

Pour découvrir toutes les analyses et recommandations du Journal d'un Banquier Central, continuez votre lecture...

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