
Balance commerciale : les hostilités sont ouvertes entre le dollar et le yuan
par Addison Wiggin
Lundi 08 Février 2010
▪ Nous écrivons la chronique d'aujourd'hui avec les fantômes de Smoot et Hawley qui rôdent dans nos bureaux. Et Winston Churchill qui nous chuchote qu'il vaut mieux parlementer que se battre.
Parlementer, c'est ce qu'ont fait les Etats-Unis et la Chine en fin de semaine dernière. Enfin, ils ont surtout tourné autour du pot, mais c'est quand même une façon de parlementer.
Il y a quelques jours, le président Obama a dit aux démocrates du Sénat US qu'il espérait pouvoir faire pression sur la Chine pour qu'elle se conforme aux accords commerciaux, sans préciser quels accords la Chine avait rompus, ni comment. Puis il a laissé entendre que la balance commerciale entre les Etats-Unis et la Chine devait être détraquée puisque que le yuan est surévalué par rapport au dollar, mais à aucun moment il n'a mentionné le nom de la Chine.
"L'un des défis auxquels nous devons faire face au niveau international, ce sont les taux de change", a déclaré le président américain, "et la façon dont ils s'accordent, pour s'assurer que les prix de nos produits ne sont pas artificiellement gonflés, et que les prix des leurs ne sont pas artificiellement baissés".
▪ Jeudi dernier, la Chine a riposté, avec des coups tout aussi étincelants. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que la valeur du yuan n'était pas la raison principale du surplus commercial avec les Etats-Unis, sans pour autant préciser quelle en était ladite raison principale. Il a seulement dit : "pour l'instant... le yuan est à un niveau raisonnable et il est équilibré".
En temps normal, nous aurions laissé tomber. Il y a un an, le futur secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a lâché le terme incendiaire de "manipulation de la devise" pendant son discours de confirmation au Sénat. Puis il est revenu sur ses propos. Et les étudiants chinois se sont moqués de lui. Vous vous souvenez tous de ça.
A l'époque, les partisans d'Obama étaient en pleine forme. Ils allaient sauver de la ruine des millions de propriétaires immobiliers. Ils pensaient avoir déjà réglé le problème du chômage. Et ils détenaient une super-majorité qui allait leur permettre de faire passer la réforme de l'assurance-maladie.
Les choses peuvent changer radicalement en un an. Aujourd'hui, l'électorat est ronchon. Il n'y a rien de mieux que de démarrer une bagarre avec vos plus gros créanciers pour énerver les électeurs. Ajoutez à ça les autres facteurs de tension -- surtout la vente d'équipements militaires américains à Taiwan -- et nous voilà en plus mauvaise posture qu'il y a un an.
Quel désordre. Mais qu'est-ce que c'est amusant !
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