
Rupture de stock, pénurie, le cours du sucre flambe. Du jamais vu (2)
par Isabelle Mouilleseaux
Mardi 26 Janvier 2010
Une pénurie de sucre guette les pays importateurs de cette matière, comme nous l'avons vu hier. Mais qu'en est-il du reste du monde ?
Le pire dans tout ça ?
Pendant que les pays émergents crient famine, nous autres Européens sommes la seule région à avoir enregistré une production record cette année. Nous sommes assis sur des surplus de stocks de sucre dont nous ne savons que faire ! Surplus que nous n'avons pas le droit d'exporter. Indécent...
Car conformément aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, et dans le but de stopper la concurrence déloyale qui prévalait par le passé, l'Union européenne n'a pas le droit d'exporter plus de 1,3 million de tonnes de sucre par an.
Des négociations sont en cours pour voir s'il est possible de contrevenir à la règle !!! Résultat la semaine prochaine. L'Union a quelque 800 000 tonnes de sucre sous le coude à exporter (en plus du million trois règlementaire !)
Que dit le graphique ?
Hausse !
Cours du sucre en cents la livre à New York
Il faut probablement s'attendre à un repli vers les 27 cents (pull back), surtout si l'Union est autorisée à exporter son surplus. Mais ensuite, je m'attends à un rebond en direction des 30 cents, voire 35 cents en extension.
En effet, vous remarquerez que le violent rebond du dollar, qui a pesé lourdement sur les matières, n'a pas freiné d'un iota la hausse du sucre.
Les fondamentaux sont fortement porteurs. Et bien entendu, et comme toujours en pareil cas, la spéculation vient se greffer dessus, exacerbant d'autant la hausse.
Moi, je vous déconseille de jouer la hausse. Un minimum de morale dans ce monde ne nuira pas
En revanche, je peux vous dire que je jouerai le cours du sucre à la baisse de toutes mes forces. Faites-en autant. C'est éthiquement salutaire et votre portefeuille ne s'en plaindra pas. Croyez-moi. Mais pour l'instant, il est encore trop tôt...
La pression haussière devrait rester forte encore quelques semaines. Jusqu'à ce que la récolte de sucre brésilienne arrive sur le marché. Ensuite, tout déprendra des caprices d'El Niño sur la saison prochaine...
Note : Cet article vous a plu ? Pour recevoir tous les jours l'édition complète de La Chronique Agora par e-mail, il suffit de vous inscrire.
Autres articles sur le même thème :
Rupture de stock, pénurie, le cours du sucre flambe. Du jamais vu (1)